Libye : guerre aérienne dans le ciel libyen

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Les moyens utilisés pour mener l'attaque aérienne, menée entre les 4 et 5 juillet, contre la base aérienne d'al-Watiya, contrôlée par les forces de Tripoli et la Turquie, pourraient révéler l'implication militaire active en Libye de pays comme la France ou l'Egypte.
Selon des rapports publiés par l'Arab Weekly, certaines sources affirment que les avions de guerre qui ont frappé la base aérienne d'Al-Watiya, située dans l'ouest de la Libye, étaient des Rafale. Les pays qui possèdent ce type d'avion et qui sont à portée de la base attaquée sont la France et l'Egypte. Les sources ont également qualifié l'offensive de "réponse rapide" à la visite du ministre turc de la défense, Hulusi Akar, à Tripoli le 3 juillet.
La présence turque en Libye est une source de préoccupation pour le Caire et Paris, qui ont fortement critiqué Ankara pour son rôle dans le conflit libyen. L'Égypte a menacé d'intervenir militairement si les milices de Tripoli, soutenues par la Turquie, tentaient d'avancer vers Syrte. Le 20 juin, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sisi, a déclaré que le Caire avait le droit, en vertu de la Charte des Nations unies, d'entreprendre une action militaire en Libye pour protéger ses frontières. Pour sa part, Paris a qualifié d'"inacceptables" les agissements des Turcs, soulignant qu'il ne permettrait pas que cela continue.
Les tensions entre la France et la Turquie se sont accrues suite à l'incident du 10 juin dernier, lorsqu'un navire de guerre turc a empêché l'un des navires de la mission européenne chargée de faire respecter l'embargo sur les armes imposé en Libye, l'opération Irini, d'inspecter un cargo suspect au large des côtes libyennes. Paris a considéré la conduite turque comme un acte hostile selon les règles d'engagement de l'OTAN. D'autre part, Ankara a nié avoir causé des problèmes à la frégate française. De son côté, le Secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a annoncé, le 18 juin dernier, que l'Alliance allait lancer les enquêtes nécessaires pour établir les faits.
Arab Weekly explique que la récente attaque aérienne contre Al-Watiya prouvait que les "lignes rouges" dans l'espace aérien étaient différentes de celles qui valent au sol. Bien que la France ou l'Égypte ne soient pas intervenues militairement avec leurs troupes au sol, cela n'exclut pas qu'elles aient pu mener des attaques aériennes. En fait, les chasseurs et les drones positionnés sur la base d'Al-Watiya constituent une menace directe pour les unités de l'Armée Nationale Libyenne, commandée par le maréchal Khalifa Haftar et déployées à Syrte, sur la base militaire de Jufra et dans l'est libyen. Les sites de renseignement égyptiens ont publié des photos non datées de batteries de missiles et de radars Hawk, qui selon eux faisaient partie des cibles touchées lors de l'attaque du 4 et 5 juillet. Bien que les médias turcs et qataris aient nié qu'il y ait eu des victimes lors de l'attaque, une source libyenne a rapporté que les raids avaient causé la mort d'un nombre indéterminé de soldats turcs.
La base d'al-Watiya
La base d'al-Watiya, définie comme stratégique pour son emplacement, était considérée comme l'un des plus grands bastions de l'Armée nationale libyenne (LNA) et de son général, Khalifa Haftar, dans l'ouest de la Libye. Les forces de Tripoli, appuyées par la Turquie, ont pu prendre le contrôle de cette base le 18 mai et s'y installer.

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Le lendemain de l'attaque du 4 juillet, le gouvernement de Tripoli a accusé "une force aérienne étrangère" d'être responsable du bombardement de la base, sans donner plus de détails sur l'identité des avions ou des cibles touchées. Ibrahim al-Darsi, membre du Parlement de Tobrouk (HoR), a déclaré que "les attaques aériennes ont été lancées par des forces que nous connaissons" et a ajouté que l'assaut était "un message clair et constituait une gifle forte et douloureuse au visage du président turc Recep Tayyip Erdogan et de ses affidés en Libye, en particulier le gouvernement de milices dirigé par Fayez al-Sarraj".
Dans un entretien téléphonique avec Arab Weekly, al-Darsi a déclaré que les raids "confirment que l'arène libyenne n'est pas vide, mais qu'elle comprend des forces qui ont la capacité de frapper fort n'importe où, n'importe quand. Selon le député, le moment choisi pour les attaques est un avertissement direct à Erdogan et lui rappelle que les "lignes rouges" ne doivent pas être franchies, comme une éventuelle attaque contre la ville de Syrte et la base de Jufra. Le 3 juillet, le ministre turc de la défense Akar, s'adressant aux soldats turcs en Libye, a déclaré que le rêve de Haftar de contrôler toute la Libye n'avait pas été réalisé, grâce aux efforts des troupes turques, qui ont changé l'équilibre des forces et éliminé cette menace. Le même jour, Le maréchal Haftar lui répondait le même jour que ses forces restaient fermes. L'attaque du 4 juillet était finalement une confirmation des intentions de l'Armée Nationale Libyenne et de ses alliés de lutter jusqu'au départ complet des forces turques de Libye

 

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