• 29 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Front irakien

    Le général Souleimani agace les Américains
    A peine quelques heures après la chute de Mossoul, un avion privé à bord duquel se trouvait le commandant de la brigade des forces spéciales iraniennes al-Qods, Qassem Souleimani, a atterri à Bagdad. Il était accompagné par des experts militaires iraniens et libanais. La délégation a été accueillie par les chefs des forces populaires, un groupe de brigades soutenues par l’Iran.
    Celles-ci avaient été formées en 2003 pour lutter contre l’occupation américaine. Il s’agit notamment de: Asaib Ahl al-Haqq (ligue des vertueux), les brigades Badr, le Hezbollah irakien, les brigades de l’Imam Ali, les brigades de l’Imam Hussein, et le mouvement Risalat.
    « Toutes ces brigades étaient prêtes et n’avaient besoin que d’une personne qui puisse commander la bataille contre l’Etat Islamique en soutien des unités de l’armée irakienne.
    Des milliers d’Irakiens ont répondu à l’appel des plus hautes références religieuses (Marjaiya) en rejoignant les camps d’entrainement mis en place par les forces populaires et l’armée irakienne.
    La priorité était de protéger Bagdad et ses alentours dès le début de l'offensive jihadiste du mois de juin 2014.
    Mais le premier ordre que Qassem Souleimani a donné aux milices chiites a été de sécuriser la route reliant Bagdad à Samarra, une ville située à 110km au nord de Bagdad. La ville possède un mausolée chiite, le mausolée al-Askari. Ce mausolée avait été la cible d’un sanglant attentat le 22 février 2006, lequel avait déclenché une guerre confessionnelle entre sunnites et chiites qui a fait des dizaines de milliers de morts dans les années suivantes.
    Les chefs des forces populaires n’étaient pas très chauds, prétextant qu’ils n’étaient pas encore prêts pour mener une bataille dans les circonstances actuelles. Mais, le général iranien a insisté et a participé en personne aux combats pour la sécurisation de la route.
    L’armée et les forces populaires ont rapidement enregistré des progrès face aux Jihadistes de Daech. Elles ont sécurisé Bagdad et ses alentours, évité à Samarra de tomber entre les mains de l’EI, protégé Doujail et Balad. Elles ont repris Tal-Afar, Amerli, Souleiman Bek et de larges territoires de la province de Salaheddine.
    Le général iranien, Qassem Souleimani a joué un rôle crucial pour remonter le moral des combattants à un moment où tout semblait perdu. Il a été  présent lors des principales batailles contre Daech dans la région occidentale d’Al-Anbar, dans les régions kurdes de Diyala (est), dans la région pétrolière de Kirkouk et dans la récente bataille pour la libération de la raffinerie de Baïji. Il a également participé cet été aux combats d’Amerli, au nord de Bagdad, et près d’Erbil, capitale de la région du Kurdistan irakien.
    On prétend que les photographies de Souleimani prises lors des scènes de combats en Irak ont irrité le président américain.

    Bataille de Ramadi (province sunnite d’al-Anbar)
    L'armée irakienne, appuyée par des tribus, résistait toujours dans le centre-ville, samedi 29 novembre. "D'intenses combats opposant les forces de sécurité et des unités tribales à l'EI ont lieu dans les quartiers d'Al-Hoz, Mouallimine et El-Bakr".
    Le quartier d'Al-Hoz, au sud de Ramadi, était tombé aux mains de l'EI cette semaine. Selon cheikh Omar al-Alwani, chef de l'une des tribus sunnites en guerre contre l'EI, l'armée et les combattants tribaux progressent, mais "lentement". "Ils contrôlent l'entrée du quartier" d'Al-Hoz, a-t-il précisé.
    "Il y a beaucoup de pièges et nous n'avons pas d'équipe de déminage avec nous, donc nous ne pouvons prendre position dans les bâtiments qu'après avoir lancé des grenades dedans pour vérifier s'ils sont piégés avec des explosifs ou non", a ajouté M. Alwani.
    "Si l'armée reste avec nous, nous pourrons reprendre entièrement le quartier bientôt", a-t-il encore dit, ajoutant que des raids aériens de l'armée irakienne avaient détruit des positions de snipers et des véhicules blindés de l'EI.
    A noter que cheikh Omar al-Alwani appartient à la même tribu que le député Ahmad al-Alwani qui vient d’être condamné à mort par la cour criminelle centrale.
    Vidéo des combats menés avec l’aide de l’aviation irakienne par les milices chiites et les tribus sunnites contre les Jihadistes de l’EI :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b3f4067cc50d
    Vidéo du ministère de la défense montrant des bombardements aériens contre des cibles de l’EI dans la province sunnite d’al-Anbar :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=374cd8d7955f

    Kurdistan irakien – region de Kirkouk
    Les Peshmergas, aidés par la Golden Brigade de l’armée irakienne et des miliciens chiites ont repris la localité d'al-Heliwa.
    Vidéo :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=5134c95d404a

    Front syrien

    Une révolution manquée - Mais comment en est-on arrivé là ?
    Les manifestants de la première heure, qui défilaient pacifiquement dans les rues des grandes villes syriennes en 2011 pour réclamer plus de démocratie ont disparu. La plupart sont morts, emprisonnés, ont choisi l’exil ou se cachent autant des forces de sécurité que des milices islamiques.
    Pour eux, le rêve a viré au cauchemar. Ils se sont retrouvés marginalisés par l’horreur d’une guerre sans merci entre l’Armée Arabe Syrienne (AAS) et les Jihadistes pour le contrôle de portions du territoire syrien. Même les héros de l’Armée Syrienne Libre (ASL), qui ont un temps nourri les espoirs des révoltés, ne jouent plus qu’un rôle marginal, se transformant la plupart du temps en seigneurs de la guerre régnant sur de minuscules fiefs. Ils ne font pas le poids face à la pression des brigades jihadistes bien organisées et fortement armées
    La communauté internationale est tout aussi désemparée. En proie aux luttes d’influence entre grandes puissances et entre ténors du monde islamique (Turquie et Qatar – Arabie saoudite et Emirats arabes unis), elle n’a jamais réussi à se mettre d’accord sur le choix du chef providentiel, capable de fédérer l’ensemble de l’opposition pour être une alternative à Bachar el-Assad.
    Conscient de l’impuissance de la communauté internationale, Bachar el-Assad et ses forces de sécurité on pu poursuivre en toute impunité les campagnes impitoyables de bombardements et d’arrestations.
    C’est dans ce contexte de pessimisme absolu que les organisations jihadistes ont pu fédérer un nombre sans cesse croissant de combattants. C’est tout d’abord le Front al-Nosra, le représentant officiel d’al-Qaïda en Syrie, qui est apparu sur la scène syrienne. Mais il a été très vite concurrencé par une organisation encore plus aguerrie et impitoyable : l’Etat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL) devenu l’Etat Islamique après son offensive en Irak de juin 2014. Les combattants de l’Etat Islamique avaient des années d’expérience des combats contre l’armée américaine lorsque celle-ci occupait l’Irak.
    Américains et Saoudiens ont sans doute cru qu’ils pourraient instrumentaliser l’EIIL pour venir à bout du premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, qui avait eu le tort de dresser la communauté sunnite d’Irak contre lui en menant une politique trop favorable aux Chiites et qui était également soupçonné de faire la part belle à l’Iran. Mais le poulain est devenu une bête féroce indomptable.
    Il a bien fallu parer à la menace, d’où la mobilisation internationale contre l’EI, tant en Irak qu’en Syrie, pays dans lequel l’organisation salafiste s’était fortement implantée. Et face à la cruauté et à la menace de l'État islamique, il semble que l’administration Obama se soit résignée à laisser Bachar el-Assad au pouvoir. 

    Nouvelle offensive jihadiste à Aïn el-Arab (Kibané en Kurde)
    De violents combats opposaient samedi 29 novembre, pour la première fois, les Jihadistes de l’État islamique (EI) aux forces kurdes au poste-frontière entre la ville syrienne de Kobané et la Turquie.
    L’assaut a débuté par trois attaques suicides, l’une à la voiture piégée et une autre avec une ceinture explosive. L’un des kamikazes s’est fait sauter au poste frontière de Mursitpinar. Il aurait gagné le poste frontière à partir du territoire turc selon des témoins. Une accusation extrêmement grave contre le gouvernement turc si ce fait se révèle exact.
    Les attentats ont aussitôt été suivis par de violents affrontements entre les Jihadistes et les Unités de protection du peuple kurde (YPG).
    Les combats se sont déroulés à partir de 5h du matin à une vingtaine de mètres du poste-frontière. Il semble qu’il soit désormais entre les mains des Jihadistes. On a également appris que le mont Sheir serait aussi entre les mains des combattants de l’EI. D’autres informations font état de la présence de miliciens jihadistes sur la place Azadi, au centre de Kobane.
    Les combattants kurdes semblent être en grande difficulté et seraient encerclés par les Jihadistes qui ont lancé leur nouvelle offensive sur quatre axes.
    Cette video kurde montre la résistance des miliciens kurdes de l’YPG au poste frontière :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2e2447dc1aac

    Vidéo de Russia today sur la situation à Kobané (langue arabe):
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=m4o2Voaq30c

    Alep
    Une gigantesque explosion a eu lieu, le samedi 29 novembre, à Zahra, une des deux localités chiites encerclées par l’Etat Islamique. Un BMP (transport de troupes blindé) bourré d’explosifs, conduit par un kamikaze s’est fait exploser contre une position de l’AAS. On voit le BMP dans la première vidéo :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4c3c8295a279
    et une autre vidéo de la scène :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8a0fbdb49b7d

    Damas et sa banlieue
    Toujours des combats à Jobar – Nouvelle vidéo russe :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=110ad670c7de

    Jean René Belliard

  • 27 et 28 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Front irakien

    L’Etat islamique n’occupe plus que la moitié du terrain conquis en juin 2014 en  Irak
    Partout, les opérations menées par l’armée irakienne ou les Peshmergas kurdes et les milices chiites, avec l’assistance de l’armée de l’air irakienne et la coalition internationale, finissent pas porter leurs fruits.  Après leur déroute au début de l'offensive jihadiste en juin 2014, les forces gouvernementales tentent depuis quelques mois de regagner du terrain avec l'aide des combattants kurdes, de milices chiites et de tribus sunnites, et avec le soutien aérien de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Elles ont réussi à reprendre Jurf al-Sakhr, au sud de Bagdad, Baïji, au nord de la capitale, et faire reculer l'EI dans des zones situées plus au nord. Mais trois des principales villes du pays – Mossoul, Tikrit et Falloujah – restent toujours aux mains des jihadistes.

    Ramadi et Kirkouk
    Les forces irakiennes et des tribus alliées ont pour l’instant réussi à repousser l’offensive de l'État islamique (EI) contre le centre de Ramadi, le chef-lieu de la province sunnite  d'al-Anbar.
    À Ramadi, « nous avons été en mesure de stopper (mercredi soir 26 novembre) l'avancée des combattants près du siège du gouvernement régional », qui était l'objectif de l'assaut de l'EI, a indiqué hier le colonel Haytham al-Daraji, des forces irakiennes. Il a précisé que plus de dix raids aériens avaient visé les troupes jihadistes et que des renforts avaient été envoyés par Bagdad.
    Dans le nord, les combattants kurdes font face à une attaque de l'EI dans la province pétrolière de Kirkouk. Les jihadistes « visent Kirkouk et veulent prendre les sites pétroliers », a précisé un commandant peshmerga Westa Rasul.

    Un commandant de l’Etat Islamique tué au cours d’un bombardement à Mossoul
    Et à Mossoul, plusieurs sources ont indiqué qu'un commandant de l'EI, Abou Chehab al-Souri, avait été tué hier dans cette ville contrôlée par le groupe. Ces mêmes sources ont aussi indiqué que le principal hôpital de la ville avait reçu une trentaine de corps de jihadistes, peu après des bombardements de la coalition internationale dans la région.

    Ne pas crier victoire
    Un peu comme en Syrie, il serait prématuré de crier « victoire » à chaque succès de l’armée irakienne ou des Peshmergas. Ceux-ci ont du mal, en effet, a conserver leurs acquis territoriaux dans les régions sunnites. Chacune de ces victoires est acquise au prix d’exactions et de drames humains qui exaspèrent un peu plus les populations sunnites locales. C’est un problème que connaissent toutes les armées du monde en lutte avec une insurrection populaire.

    La condamnation à mort d’un député sunnite enflamme la communauté sunnite
    La cour criminelle centrale a condamné Ahmad al-Alwani à mort ", a déclaré le porte-parole judiciaire Abdel-Sattar Bayraqdar.
    Le député était accusé de terrorisme par la justice irakienne et notamment tenu responsable pour la mort de deux soldats.
    Les Sunnites irakiens se sentent trahis par la condamnation à mort du député sunnite de Ramadi, Ahmed al-Alwani. Il avait été enlevé lors d'un raid contre son domicile à la fin de Décembre 2013, raid au cours duquel son frère Ali et 15 gardes du corps avaient été tués. Le député sunnite était l’une des grandes voix de la protestation sunnite contre le gouvernement du Chiite Nouri al-Maliki. On s’attendait à plus de clémence de la part du gouvernement de Haydar al-Abadi. Cette condamnation va poser un gros problème au pouvoir irakien car Ahmed al-Alwani est membre du clan Albu Alwan de la tribu Dulaim, la plus grande tribu de la province sunnite d’al-Anbar. Ce jugement va relancer la colère de la tribu contre le gouvernement chiite que beaucoup de sunnites considèrent comme génocidaire. L'enlèvement d’al-Alwani avait déjà été l'une des principales raisons qui avaient dressé les hommes armés des tribus sunnites contre les forces de sécurité dans la province d’al-Anbar, les poussant finalement à faire alliance avec l’Etat Islamique.
    Le condamné a un mois pour interjeter appel de la décision.
    Vidéo en anglais :
    https://www.youtube.com/watch?v=ZAh6x5bctbo&feature=player_embedded

    Les Jihadistes sont encore capables de lancer de violentes offensives
    La raffinerie de Baiji, dont on avait annoncé la libération des mains de l’EI à grands cris de victoire, est toujours menacée par les Jihadistes comme en témoigne cette vidéo. Les combattants de l’EI ont à nouveau réussi à prendre pied à l’intérieur du site industriel. L’opération a débuté par l’attaque kamikaze de deux camions bourrés d’explosifs. L’un des véhicules aurait été conduit par un Marocain, Abou Hamza al-Moughrabi. L’autre kamikaze, est un « Britannique » identifié sous le nom d’Abou Hajar al-Britani. L'explosion de son véhicule, chargé de 1800 kg d'explosifs, a détruit plusieurs chars et pièces d'artillerie.
    LiveLeak-dot-com-fb7_1417193951-B3idQMTCcAAzyId_1417194054_jpg_resized.jpg

    Abu Hajar al-Britani

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Une fois le périmètre de défense de l’armée irakienne anéanti par les deux énormes explosions, les Jihadistes se sont lancés à l’assaut et ont réussi à pénétrer dans l’enceinte. Remarquez l’air martial des Jihadistes comparé aux Peshmergas ou aux soldats irakiens.
    La vidéo a été tournée par l’Etat Islamique (exceptionnel) :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=d603cec4cd66

    Un Jihadiste tchétchène capturé par l’armée irakienne dans la région de Tikrit
    Surprise des soldats : Il sait à peine parler l’arabe :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=68a74318f0e6

    Le général iranien Qassem Soleimani à Jalawla
    souleimani.jpgLe général Qassem Soleimani (assis à droite)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La ville de Jalawlaa, dans la province de Diyala, au nord de l’Irak, a été libérée il y a quelques jours. A cette occasion, on a remarqué la présence du général iranien Qassem Soleimani, le commandant de la force al-Qods, les forces spéciales des Gardiens de la Révolution. Qassem Soleimani peut être considéré comme l’homme fort du Moyen Orient avec autorité sur l’Irak, le Liban et la Syrie.
    Les images de Qassem Soleimani, montrant sa présence physique à Jalawla et largement diffusées dans la presse, sont destinées à montrer le rôle joué par l’Iran dans la lutte contre Daech.

    Lutte d’influence entre l’Iran et les Etats-Unis
    Preuve que l’Iran et les Etats-Unis sont en compétition au Moyen Orient, le  général de brigade Mohammad Reza Naghdi, commandant en chef des  forces de mobilisation, les Bassiji,  a une nouvelle fois menacé  les Etats-Unis. S’adressant directement aux  dirigeants américains, il a déclaré : «Si vous voulez prolonger la durée de vie de votre immonde système pendant un certain temps, vous devez supprimer vos bases militaires dans  les pays islamiques, et abandonner tout soutien à l'entité sioniste. »

    Les Chiites irakiens enjeux de la lutte d’influence entre Téhéran et Washington
    Lorsque l’administration Bush junior a lancé son armée à l’assaut de Bagdad, les Chiites irakiens ont vu dans cette offensive la fin du calvaire qu’ils subissaient de la part de Saddam Hussein et ses sbires. A l’époque peu d’entre eux sentaient une quelconque affinité envers l’Iran. Il y avait peut être une communauté confessionnelle mais les différences de mentalité, l’animosité séculaire entre Perses et Arabes, l’acceptation d’une autorité des chefs religieux dans la vie politique, comme en Iran, empêchaient les Chiites irakiens de se sentir proches de l’Iran, à part peut être quelques étudiants en religion.
    Cela ne veut pas dire que l'Iran n’exerçait pas une influence, mais elle n’avait pas réussi à gagner les cœurs et les esprits des Chiites irakiens et à faire de leur pays une succursale de la révolution islamique iranienne.
    Les choses vont brutalement changer avec l’invasion de larges portions de l’Irak par les Salafistes sunnites de l’EI (Daech). La débandade de l’armée irakienne, notamment des soldats sunnites, en juin 2014, avait laissé Mossoul tomber entre les mains de l’organisation jihadiste. Pire, les Salafistes n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres du sanctuaire des deux Imams Askari à Samarra, au nord de Bagdad, un haut lieu de la religion chiite.
    L’Iran est alors apparu, aux yeux de beaucoup de Chiites irakiens, désespérés par la situation de leur pays après l’effondrement de l’armée, comme le seul pays capable de défendre l’Irak.
    Un responsable chiite irakien a déclaré : "Hajj Qassem Soleimani [le commandant de la Force al-Qods] et ses hommes ont montré que l'Iran se souciait de l'Irak en tant que nation. Le commandant emblématique est allé lui-même se battre avec les volontaires irakiens qui se sont réjoui de sa présence". Il poursuit : "Si Hajj Qassem et ses hommes n’avaient pas été présents, Daech aurait aujourd'hui détruit les sanctuaires de la maison du Prophète Muhammad, et c’est pourquoi aujourd'hui est un autre jour."
    C’est à partir de l’attaque de l’Etat Islamique contre l’Irak que l'Iran a entrepris un effort généralisé pour accroître son influence politique et religieuse en Irak. Les Iraniens ont été actifs sur le plan militaire, mais également sur le plan religieux. Un chef religieux chiite  irakien, Hashem al-Sayed Haidari, a fait son apparition sur la scène politique et militaire, un peu comme Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah au Liban. Haidari est un fidèle du  guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et tout comme Nasrallah, il sait galvaniser les foules chiites par ses discours enflammés.
    Aujourd’hui, les Iraniens apparaissent comme ceux qui combattent sur le terrain alors que la coalition internationale, pour l’instant, se borne à exécuter des raids aériens sans aucune présence physique au sol.  Et les quelques militaires occidentaux présents sur le terrain se bornent, pour la plupart, à jouer un rôle de conseiller, bien à l’abri dans la zone verte de Bagdad ou à Kirkouk.
    Pour l’instant, l’implication des militaires iraniens sur le terrain est encore limitée en nnombre, mais l'Iran est prêt à renforcer sa présence si le gouvernement irakien lui demande.

    L’Iran ne cesse d’accuser les Etats-Unis de collusion avec l’Etat Islamique
    Hossein Amir-Abdollahian, le ministre des Affaires étrangères, n’y va pas par quatre chemins en ce qui concerne les Etats-Unis. Pour lui,  la coalition internationale conduite par les USA soutient l’Etat Islamique. Les pays occidentaux visent seulement, à son avis, à protéger leurs intérêts dans la région.
    "L'Iran à mis plusieurs fois en garde les Etats-Unis et les pays occidentaux contre les menaces de l’EI et la présence croissante des terroristes dans la région sensible du Moyen-Orient. Ces groupes terroristes poursuivront leurs opérations, sauf si les Etats-Unis et l'Occident adoptent une approche claire pour combattre le terrorisme, " a déclaré Amir-Abdollahian.
    Les responsables iraniens soupçonnent, en effet, la coalition de jouer un double jeu en Irak et en Syrie, même s’ils savent bien que seule une coopération avec la coalition pourra  mettre fin plus rapidement à la bataille avec l’EI.
    Washington s’abstient pour l’instant de répondre aux accusations iraniennes. Les Etats-Unis savent qu’ils ne peuvent se permettre le luxe de rompre le dialogue avec l’Iran en ce moment. Il y a trop d’enjeu actuellement. 
    Les deux pays ont négocié sur le dossier nucléaire avec les yeux rivés sur la Syrie et l'Irak.  C’est peut-être la raison pour laquelle ils ont décidé de continuer les négociations même s’ils n’ont pas réussi à s’entendre pour l’instant.

    Le Hezbollah libanais est présent en Irak
    On sait que des dizaines d'experts militaires hautement qualifiés du Hezbollah libanais sont arrivés en Irak pour aider à la gestion militaire de la bataille.
    "Ils ne se battent pas, mais ils aident avec les tactiques, car ils sont bien expérimentés dans ces batailles. Ils comprennent la mentalité des combattants mieux que quiconque sur le terrain », a révélé un dirigeant irakien. Pour autant, les combattants du Hezbollah ne sont pas directement impliqués dans la guerre.

    Front Syrien

    Batailles en cours
    Deux grandes batailles ont lieu actuellement. La première est celle d’Alep, dans le nord, et la seconde a lieu autour de la base de Cheikh Maskin, au Sud.

    Gouta orientale (à l’est de Damas)
    L’agence officielle SANA affirme que les soldats de l’Armée Arabe Syrienne, renforcés par des éléments du Hezbollah libanais, avaient tué 50 rebelles dans une embuscade mercredi soir 26 novembre, à l'est de Damas. Les rebelles avaient quitté le village de Medaa (dans la Ghouta orientale) pour gagner Dmeir », plus au nord-est.
     
    Alep
    Sur le plan militaire, il semble que les forces d’auto-défense des localités chiites encerclées de Noubboul et Zahra aient réussi à repousser le dernier assaut des Jihadistes de l’EI.
    Vidéo :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=0ebe17b72d69
    La brigade rebelle Hazm, armée et financée par les Etats-Unis, a mis en ligne une vidéo de son activité militaire dans le secteur d’Handarat, à Alep. Peu spectaculaire, mais remarquez le fusil du sniper :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9211aa691ef9
    Sur le plan politique, Damas et Moscou ont affiché pour la première fois leur appui aux « efforts » de l'émissaire de l'ONU, Staffan De Mistura, de « geler » les combats en cours à Alep. C'est ce qu'a affirmé le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, le 27 novembre 2014. En octobre, l'émissaire de l'ONU avait proposé d'instaurer des zones de cessez-le-feu pour permettre la distribution de l'aide humanitaire dans ce pays et estimé qu'Alep pourrait être « une bonne candidate » pour ce type de zone.

    Bataille de Cheikh Maskin (province de Deraa - Sud)
    Une vidéo intéressante montre des missiles anti-chars américains aux mains des combattants rebelles :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=4d05ed4ae489

    Damas et sa banlieue
    J’ai souvent montré des vidéos (côté AAS), tournées par une équipe russe, montrant l’activité des chars contre les positions rebelles.
    Aujourd’hui, c’est une vidéo tournée par les rebelles filmant l’arrivée d’une relève de combattants dans les ruines de Jobar :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=75dd2b357188

    Vidéos de la Brigade rebelle Noureddine az-Zanki
    La brigade rebelle de Noureddine al-Zanki poursuit sa mise en ligne de vidéos impressionnantes mettant en scène l’utilisation de puissants mortiers et de missiles antichars TOWS :
    Vidéos :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=iauqtDMBw3s&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng
    Combats dans le quartier d’al-Rashidin:
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=uvWqZZtKQC4&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng

    Les autorités syriennes fournissent des renseignements sur Daech aux Américains
    L’institut Stratford, proche des services de renseignement américain, a fait une révélation surprenante. Il affirme que les autorités syriennes fourniraient des informations cruciales aux Américains, via les Irakiens.
    Ces informations se rapportent aux organisations jihadistes qui opèrent  sur le sol syrien, Daech (Etat Islamique), et le groupuscule Khorassan, proche d’Al-Qaïda et donc du front al-Nosra.
    Malgré la pression des alliés sunnites et de la Turquie, qui voudraient que les Etats-Unis élargissent leur mission contre Daech pour renverser le régime syrien de Bachar al-Assad, « l’administration américaine préfère éviter ce risque et reste attachée à sa mission principale qui consiste à frapper les groupuscules armés et en même temps à préserver ses liens avec l’Iran. Le gouvernement syrien a bien lu les priorités américaines dans ce conflit et profitent de l’occasion pour se rapprocher des Etats-Unis en s’échangeant les renseignements sensibles », écrit l’institut.
    Selon lui, il est question d’une quantité impressionnante d’informations qui parvient à Washington à travers le gouvernement irakien sur les dépôts d’armes de Daech, leurs centres d’entrainement et leurs sièges de commandement dans le gouvernorat d’Alep, Deir ez-Zhor et Raqqa.
    Toujours selon l’institut, les Américains ont rejeté une proposition de la part des responsables irakiens pour participer à des rencontres des membres des services de renseignement irakiens, américains et Syriens. « L’Iran et ses alliés à Bagdad et Damas pourraient profiter de l’augmentation de la prise de conscience dans la région que les USA ne sont plus liés à leurs partenaires arabes traditionnels et que la carte du renversement d’Assad n’est plus sur la table », estime Stratford.
     « Les USA exploitent leurs performances dans la collecte des informations des services de renseignement pour surveiller l’Etat Islamique et pour vérifier toute information qui lui est fournie d’une partie tierce. En géopolitique, il est préférable qu’ils utilisent leurs relations pour se concentrer sur leur mission et faire l’équilibre entre les différents acteurs du Proche-Orient, quoique la coopération publique avec le régime d’Assad puisse être considérée comme un facteur politique explosif pour l’administration américaine », conclut le centre américain.

    Front égyptien

    Des centaines de militaires et policiers tués par les Salafistes depuis juillet 2013
    Des centaines de policiers et militaires ont été tués au cours d’attaques terroristes depuis que l'armée a destitué et arrêté le président islamiste élu Mohamed Morsi, le 3 juillet 2013. Ces attentats sont revendiqués par des groupes d'insurgés islamistes qui disent agir en représailles à la sanglante répression menée par le nouveau gouvernement contre les partisans du président déchu.
    La dernière victime en date est un général de brigade de l'armée égyptienne tué vendredi 28 novembre au Caire par des inconnus qui ont ouvert le feu sur lui et les deux soldats qui l'accompagnaient.
    Le général sortait d'un hôtel accompagné de deux gardes du corps quand des hommes armés à bord d'une voiture ont ouvert le feu sur le petit groupe. L'officier supérieur a été tué et les deux soldats ont été blessés.
    Ce vendredi 28 novembre, les partisans du président déchu, Mohamed Morsi, sont à nouveau descendu dans la rue à l'appel des Frères Musulmans et d’autres mouvements salafistes. Le pouvoir, interdisant toute manifestation qui ne serait pas préalablement "autorisée" par le ministère de l'Intérieur, les forces de sécurité sont aussitôt intervenues, arrêtant plus d’une centaine de personnes qualifiées de « frères musulmans » par la police.
    Depuis le mois de juillet 2013, date à la quelle le président Morsi a été renversé, plus de 1 400 manifestants islamistes ont été tués par la police et l'armée, essentiellement au Caire, et plus de 15 000 Frères musulmans ou sympathisants ont été emprisonnés.

    Israël

    Israël se prépare à la guerre dans le Golan
    L’armée israélienne se prépare pour combattre à la frontière avec la Syrie, a révélé la Deuxième chaine de télévision israélienne.
    « L’armée est parfaitement consciente que la guerre en Syrie pourrait très bien se retourner ultérieurement contre Israël », rapporte la télévision. Et il est question d’une manœuvre qui a été entreprise par une brigade du Rassemblement pour le combat baptisé Ayt et qui est chargée de collecter des informations sur le terrain et de développer la banque de cibles. Durant cet exercice qui a eu lieu dimanche 23 novembre 2014, toutes les unités œuvrant dans le Golan ont participé à une manœuvre destinée à simuler une situation d’escalade et de combats contre l’armée syrienne et des opposants.
    Une partie de ces manœuvres simulaient des activités clandestines des unités israéliennes réalisées à partir de positions situées derrière les lignes de l’adversaire. Elles consistaient à collecter des renseignements, à « cuisiner des cibles » qui permettent à l’armée israélienne de disposer d’importantes performances, sans oublier les cibles collectées via des moyens électro-optiques qui prennent des photos en profondeur dans le territoire syrien.
    Pourtant, «  depuis que le front al-Nosra a pris le contrôle de cette région frontalière, la situation est très calme et l’Etat Islamique (Daech) est encore loin, voire il n’y a aucune hypothèse pratique chez l’armée sur une éventuelle arrivée de Daech à la frontière », a ajouté la télévision israélienne.
    Soucieux de protéger leur frontière avec la Syrie, il semble que les Israéliens aient pris contact avec les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie).  Ils auraient autorisé le transport vers les hôpitaux israéliens de blessés du Front. Ils ont même, à plusieurs occasions, ouvert le feu sur des positions de l’armée syrienne proches du Golan, offrant ainsi un appui aux Jihadistes qui n’en demandaient sans doute pas tant.

    Liban

    Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie et au Liban) menace d’exécuter un des soldats libanais qu’il détient en otage si la Jihadiste Jumana Hamid, actuellement emprisonnée au Liban, n’est pas libérée. Jumana Hamayyid est une Jihadiste capturée au volant d’une voiture piégée à proximité d’Ersal, dans la Bekaa.

    Yémen

    L’organisation chiite Ansarullah a repris son offensive
    La milice chiite armée d'Ansaruallah a repris son offensive vers le sud, se rapprochant de la ville d'Aden.
    Un convoi de 16 véhicules transportant quelque 200 miliciens armés de mitrailleuses a pénétré dans la nuit dans la banlieue est de la ville de Taëz, chef-lieu de la province de Taëz, où ils se sont déployés non loin de l'aéroport et de la radio locale. La ville a une population de 500 000 habitants et est située à 250 km au sud-ouest de la capitale.
    Les miliciens chiites, qui avaient pris la province d’Amrane en juillet 2014, ont occupé Sanaa, le 21 septembre, et se sont aussi emparés de nombreuses localités de l'ouest et du centre du Yémen et notamment du port stratégique de Hodeida, sur la mer Rouge, qui commande la voie vers le détroit de Bab al-Mendeb, à l'embouchure du Golfe d'Aden.
    Mais ils n’avaient pas poursuivi vers  Taëz en vertu d'un accord avec les autorités locales.
    "Cet accord ne tient plus car les autorités locales n'ont pas honoré leurs engagements d'arrêter 14 extrémistes dans la province de Taëz", a déclaré à l'AFP une source proche d'Ansarullah.
    Les partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh auraient aidé les Houthis à parvenir jusqu'à Al-Janad", la banlieue de Taëz où se trouve une caserne de la Garde républicaine, dont plusieurs officiers sont restés fidèles au fils aîné de l'ex-président qui commandait ce corps d'élite.

    Etat Islamique et al-Qaïda

    L’Etat islamique poursuit son expansion planétaire
    L’organisation jihadiste al-Qaïda, dirigée par Ayman Zawahiri, sent qu’elle perd de terrain au profit de l’Etat islamique (Daech), qui s’étend de plus en plus et pose une menace existentielle pour le premier.
    L’Etat Islamique a clairement annoncé son intention de s’implanter dans la province syrienne de Deraa, voisine de la Jordanie. L’organisation salafiste a également reçu l’allégeance de deux importants groupes « jihadistes » du Caucase. Il s’agit du groupe « Awkhiya », dirigé par « le prince Souleimane » et « Rabani Qalaa » au Daghestan. Le ralliement de ces deux groupes à Daech provoque un état de confusion parmi les groupes jihadistes de la région. Une division avait déjà eu lieu en 2010 et les répercussions sont toujours sensibles aujourd’hui. 

    Al-Qaïda bien décidé, cette fois, à réagir
    Ayman Zawahiri a cette fois décidé de réagir. Il a chargé le dirigeant de la branche d’al-Qaïda au Yémen (AQPA), Nasser Wahichi, de s’opposer aux tentatives d’expansion de Daech dans plusieurs pays arabes.
    La branche d’al-Qaïda au Yémen s’est aussitôt mise en marche pour découvrir les dirigeants et les cellules ayant prêté allégeance à Abou Baker al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l’Etat Islamique.
    A cette fin, Wahichi s’est réuni avec les « dirigeants » qui ont prêté allégeance à Daech pour les mettre en garde contre les risques de division que leur allégeance n’allait pas manquer de provoquer entre les « Jihadistes ».
    Cette rencontre ne va sans doute pas suffire pour convaincre les partisans de l’EI de revenir sur leur décision.  Un partisan de Daech,cheikh Maamoun Hatem, a même conseillé aux branches d’al-Qaïda au Yémen de prêter allégeance à « l’Etat islamique qui a imposé sa domination sur terre », selon un enregistrement sonore posté sur son compte Twitter.
    Il semble qu’al-Qaïda au Yémen ne se laissera pas intimider par les déclarations des partisans de l’Etat Islamique. Qassem Rimi, le commandant militaire d’al-Qaida au Yémen, est fermement déterminé à confronter l’expansion de l’EI. 
    Une lutte qui pourrait se révéler plus difficile que prévue, sachant que l’Etat islamique (Daech) est connu pour sa capacité à s’infiltrer dans les rangs des adversaires, enrôler les agents et former des cellules dormantes en attendant le moment décisif.

    Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) craint pour sa survie en Syrie
    Le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) est de plus en plus inquiet de l’expansion à ses dépens de l’Etat Islamique.
    Après avoir  été chassé de toute la région de l’Est syrien, qui constitue une importante ressource pétrolière et gazière, al-Nosra est actuellement menacé dans la province de Deraa, la plus importante ville contrôlée par lui.
    Les dirigeants d’al-Nosra craignent des activités militaires et sécuritaires de Daech dans la région de Bir el-Qassab jusqu’à Lojat aux abords de Deraa. Plusieurs assassinats de dirigeants de groupes armés ont eu lieu récemment dans cette région, alors que des renseignements font état d’une mobilisation militaire en masse de Daech depuis quelques mois.

    L’Egypte également sous la menace de l’Etat Islamique
    Les prémices d’un conflit armé entre les deux branches jihadistes, al-Qaïda et Daech, apparaissent également dans ce pays le plus peuplé du monde arabe.
    On dispose d’informations révélant un rapprochement entre le groupe « les soldats de l’Egypte » (Ajnad Misr en arabe) et le commandement d’al-Qaïda international.
    Ce dernier fournirait le soutien nécessaire à Ajnad Misr pour freiner le groupe « Ansar beit el-Maqdess » qui a prêté récemment allégeance à Daech.

    Jean René Belliard


     

     

     

     

     

  • 26 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient et d’Afrique du Nord

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    L’Etat islamique

    L’Etat islamique persécute les minorités religieuses
    A Mossoul, les Jihadistes ont détruit à l’explosif le monastère de la Victoire qui abritait des religieuses. Les Jihadistes avaient pris l’habitude de se servir du monastère comme résidence et comme base pour leurs véhicules.
    Vidéo :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=2f410359355e
    Les persécutions contre les Chrétiens d’Irak ne leur laissent pas d’autre choix que de prendre, eux aussi, les armes contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Il en est de même pour les Yazidis et les Turkmènes irakiens. Tous ont demandé aux Peshmergas de se joindre à la lutte.
    Vidéo en langue anglaise :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bf33cdcbafc4
    Les Chrétiens du Nord de la Syrie ont également décidé de former leur propre milice comme l’affirme le site Weltspiegel (vidéo en allemand)
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=tTOgZ5vD4Pk
    Les Jihadistes détruisent aussi les bâtiments religieux de la communauté chiite.
    Vidéo (en langue arab) de la destruction d’autres sanctuaires religieux dans la province de Salah ed-Dine :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=bffb313973c4

    Un Ismaélien décapité pour apostasie en Syrie
    L’Etat Islamique (Daech) a annoncé mardi 25 novembre 2014 avoir décapité en Syrie un membre de la minorité ismaélienne, un courant de l'islam proche des musulmans chiites. ll était accusé d'apostasie".
    "Hier (lundi 24 novembre), la police islamique dans la province de Homs (centre de la Syrie) a appliqué la sentence pour apostasie contre un ismaélien", a annoncé le groupe salafiste dans un communiqué, indiquant que l'exécution avait eu lieu "devant un groupe de musulmans".
    "C'est ce qui attend tous les apostats", proclamait une pancarte manuscrite placée sur le corps de la victime.
    La communauté ismaélienne compte environ 200.000 personnes en Syrie, la plupart vivant à Salamiyeh, une ville de la province de Hama (centre).
    Aux yeux de Daech, tous les musulmans qui n'adhèrent pas à son interprétation de l'islam sont des apostats.

    Le Front al-Nosra exécute aussi pour blasphème
    L’Etat Islamique n’est pas le seul à exécuter des gens pour blasphème ou apostasie. Le Front Al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda, a exécuté mercredi 26 novembre, à Erbine, une localité située à l'est de Damas, un dénommé Mohammad al-Mir. Il était accusé "d'avoir insulté le prophète (Mahomet) et sa famille".
    On avait jusqu’ici tendance à considérer le Front Al-Nosra comme moins radical que l'Etat Islamique.

    Afrique du Nord
    L’Etat islamique s’étend en Afrique du Nord. Le dirigeant de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, a récemment vanté dans un enregistrement audio l'expansion du « califat » annonçant avoir accepté les serments d'allégeance émis par des jihadistes de Libye, d'Égypte, du Yémen, d'Arabie saoudite et d'Algérie. Après Jund al-Khilafa en Algérie et Ansar Beit al-Maqdess en Égypte, l’Etat Islamique est maintenant implanté dans la ville libyenne de Derna.

    Derna (Libye) est une place forte islamique
    Derna est une place forte islamiste qui fait peu de cas de la « démocratie à l’occidentale » que rêvaient d’imposer les Occidentaux en aidant au renversement de Mouammar Kadhafi. Cette ville portuaire de 150.000 habitants située dans l’est libyen est depuis longtemps un haut lieu du jihad international. Ce que les Islamistes de Derna réclament, c’est l’application de la Charia…et une part des revenus pétroliers. On estime leurs effectifs à plusieurs centaines de miliciens rompus à la lutte armée. Derna a été la plus grande pourvoyeuse d’hommes pour les guérillas afghane, irakienne et syrienne.
    L'idéologie de l'État Islamique (EI) ne pouvait qu’attirer des sympathisants dans les milieux radicaux en Libye. C’est pourquoi ce n’est pas une surprise d’apprendre que la ville de Derna, s’est transformée en «émirat islamique ».
    En avril 2014, une branche d'Ansar ach-Charia avait annoncé qu'elle allait instaurer la justice selon la loi islamique à Derna. Se faisant appeler « Majless Choura (Conseil consultatif) des jeunes de l'islam à Derna », elle y a instauré des tribunaux islamiques et une police religieuse.

    Lutte entre partisans d’al-Qaïda et partisans de l’Etat Islamique ?
    Il se pourrait qu’on assiste en Libye, comme cela est déjà le cas au Yémen à une lutte sourde entre les chefs traditionnels du Jihad, membres d’al-Qaïda et les partisans de l’Etat Islamique, ce qui ne manquerait pas de rajouter de la confusion à un pays qui n’en a pas besoin. Rappelons que le pays est en proie au chaos où deux Parlements et deux gouvernements se disputent le pouvoir sur fond de violences meurtrières. Pour l’instant, on a encore du mal à savoir quel est le poids de ceux qui se réfèrent à al-Qaïda et ceux qui ont fait allégeance à l’Etat Islamique. .
    Jeffrey Rathke, le porte-parole du département d'État américain s’est déclaré inquiet face aux «informations selon lesquelles des factions extrémistes violentes (en Libye) ont prêté allégeance à l'EI et cherché à s'associer à lui ».

    La vallée de Pankisi (Georgie)
    Les gorges de Pankisi sont situés en Géorgie. Les six villages de cette vallée sont peuplés de Kistes, des descendants de Tchétchènes ayant émigré en Géorgie.
    L’Orient-le-jour du 26 novembre 2014 rappelle que la vallée de Pankissi est apparue dans les médias géorgiens dès le début de la première guerre de Tchétchénie (1994-1996). Elle était devenue à l’époque le refuge des indépendantistes tchétchènes et plus de 10 000 civils s’y étaient réfugiés. Avec l'aide des États-Unis, le gouvernement pro-occidental géorgien de l'ancien président Mikheïl Saakachvili avait réussi en 2004 à chasser hors de son territoire les séparatistes, qui y organisaient encore des attaques contre l'armée russe.
    Mais leur présence prolongée a influencé la population, dont les traditions religieuses soufies ont été remplacées par des pratiques salafistes, une branche rigoriste de l'islam. « Le salafisme est désormais la forme dominante de l'islam en Pankissi », explique le journaliste Soulkhan Bordzikachvili, qui vit dans un des villages des gorges, Jokolo. Le salafisme menace, raconte un habitant de la vallée, « l'existence même de l'identité culturelle des Kistes ». Un autre témoigne : « La jeunesse kiste est majoritairement salafiste, les jeunes ne se considèrent plus désormais comme Kistes ou Géorgiens mais uniquement comme des musulmans. »
    Pour Khaso Khangochvili, membre du conseil des aînés de Pankissi, « c'est la pauvreté et le chômage qui font partir les jeunes Kistes de Pankissi. Ils cherchent du travail en Turquie et certains finissent à combattre en Syrie », à seulement une journée de voiture de la Géorgie.
    C’est d’ailleurs une raison économique que donne Temour Batirachvili, le père d’Omar al-Chichani (le Tchétchène en arabe), le célèbre jihadiste à la barbe rousse, l’un des chefs des Tchétchènes qui luttent dans les rangs de l’Etat Islamique en Syrie. Il explique : « Quand Tarkhan (Omar al-Chichani) a guéri (de sa tuberculose), il était prêt à rejoindre à nouveau l'armée (géorgienne). Ils lui ont promis un travail, mais ils n'ont jamais tenu leur promesse », il continue, « si mon fils avait eu ne serait-ce qu'un peu d'espoir de vivre une vie meilleure en Géorgie, il ne serait jamais parti ».
     

    Turquie

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé mercredi 26 novembre 2014, "l'impertinence" des Etats-Unis dans la crise syrienne. La visite de Joe Biden, le vice-président américain, n’a donc pas contribué à aplanir les divergences entre les deux alliés sur le dossiersyrien.
    "Je veux que vous sachiez que nous sommes contre l'impertinence et les demandes sans fin", a déclaré M. Erdogan en référence aux requêtes adressées par Washington à la Turquie dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).
    Malgré les pressions exercées par les Etats-Unis, le gouvernement islamo-conservateur turc, proche des Frères musulmans, refuse toujours d'intervenir militairement au profit des forces kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobané assiégée par les jihadistes, à la frontière turque.
    Ankara oppose également une fin de non-recevoir à la demande américaine d'ouvrir sa base d'Incirlik aux avions qui bombardent les positions de l'EI en Irak et en Syrie.
    La Turquie juge ces raids inefficaces et plaide pour que le départ du président syrien Bachar al-Assad soit la priorité de la stratégie de la coalition dans la région.
    "Ils (les Américains) sont restés simples spectateurs lorsque le tyran (le président syrien) a massacré 300.000 personnes. Ils sont restés silencieux face à la barbarie d'Assad et maintenant ils jouent sur la mauvaise conscience (de l'opinion internationale) autour du sort de Kobané", a regretté M. Erdogan.
    "Nous ne résoudrons pas nos problèmes avec l'aide d'un « esprit supérieur » mais avec celle de notre propre peuple", a conclu le président turc.
    Lundi 24 novembre, M. Erdogan avait déjà accusé les Américains d’avoir une politique destinée uniquement à protéger leurs intérêts pétroliers dans la région.

    Front irakien

    Kirkouk
    Vidéo tournée par les Peshmergas sur la ligne de front dans la région de Kirkouk :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ed2baf5e6106

    Front syrien

    Alep
    Vidéo de la brigade Noureddne al-Zanki montrant une attaque kamikaze contre une position de l’AAS à Alep :
    https://www.youtube.com/watch?v=ElbzzXfJqV4&feature=player_detailpage&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng

    Damas et sa banlieue
    Une vidéo (langue russe) montre la destruction d’une position rebelle dans la localité de Zamalka, voisine de Jobar (Exceptionnel) :
    https://www.youtube.com/watch?v=2LhAIIsV1xk&feature=player_detailpage&list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8IeNA

    Raqqa
    Le bilan des bombardements de la ville de Raqqa par l’aviation syrienne, le mardi 25 novembre, s’est encore alourdi. On parle maintenant de 95 morts, dont une majorité de civils. En représailles, l’Etat Islamique menacerait d’exécuter des soldats de l’AAS détenus prisonniers.

    Vidéo de la brigade rebelle Souqour esh-Sham (les faucons de Syrie)
    Cette brigade est armée par le Qatar et la Turquie. Elle fait partie du Front Islamique armé et financé par l’Arabie saoudite et les pays du Golfe :
    https://www.youtube.com/watch?v=2LhAIIsV1xk&feature=player_detailpage&list=UU3wZesPkjsxlnywLiT8IeNA

    Coalition internationale

    Des effets négatifs des raids de la coalition internationale en Syrie
    Les raids menés par la coalition internationale ont pour résultat de pousser de plus en plus d’Irakiens et de Syriens dans les bras de l’Etat Islamique. Le mouvement est particulièrement net en Syrie où plusieurs formations rebelles ont tout simplement rejoint l’EI (Daech) tandis que d’autres ont noué des alliances tactiques ou convenu une trêve avec l’organisation salafiste. C'est notamment le cas dans la région d’Edleb. Les brigades en question sont Jeich al-Mujahidin, la brigade al-Sham, la brigade Ahrar ash-Sham, et même le Front al-Nosra. Plus de mille combattants du Front al-Nosra auraient rejoint l’Etat Islamique en une seule semaine au mois d’août 2014, affirme Ali Sa’eed, un porte-parole du Commandement Révolutionnaire de l’Armée Syrienne Libre.
    « L’Etat Islamique est un aimant qui attire un grand nombre de Musulmans » a déclaré au Guardian Abou Talha, le chef de la brigade Ansar al-Haq qui combat dans la Ghouta orientale. Lui et 200 de ses hommes ont rejoint l’EI. Il serait actuellement en négociations avec des combattants d’autres unités rebelles, comme le Front al-Nosra pour qu’ils rejoignent, eux aussi, l’Etat Islamique.
    Un autre combattant de l’ASL dans la région de Homs a affirmé au journal britannique qu’il était hors de question pour lui de se battre contre l’EI à présent que l’aviation américaine bombardait l’organisation islamiste. Il affirme que 600 combattants de la brigade al-Ribat, de la province de Homs, auraient fait avec lui allégeance à l’EI. La brigade al-Ribat avait pourtant reçu une promesse de la part de la brigade Hazm, soutenue par les Etats-Unis, de recevoir des armes sophistiquées si la brigade acceptait de rejoindre la lutte contre l’Etat Islamique.
    Tous les gens en Syrie, affirme Abou Zeid, un commandant de l’ASL, basé dans la région d’Edleb, se demandent pourquoi l’aviation US bombarde des cibles de l’EI et n’est jamais intervenue contre les mitrailleuses et les canons de l’Armée Arabe Syrienne.
    « Les Américains ne nous ont jamais donné d’armes pour combattre l’armée de Bachar el-Assad, ajoute Abou Talha. Les armes arrivent seulement maintenant pour combattre l’EI ».
    Abou Talha affirme que de nombreux commandants de brigades rebelles ont en secret confirmé leur allégeance à l’EI.

    Jean René Belliard

     

  • 24 et 25 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Front irakien

    Bagdad : toujours des attentats sanglants visant des quartiers chiites
    Au moins dix personnes ont été tuées et 31  blessées lundi 24 novembre dans une attaque à la voiture piégée visant un quartier majoritairement chiite de Bagdad. L'explosion s'est produite dans le quartier Chaab, dans un secteur où des minibus stationnent à proximité d'un marché.

    Ramadi
    La tactique des Jihadiste de l’Etat Islamique pour venir à bout de la résistance de l’armée est toujours la même : des attaques suicides. Le Kamikaze Abou Talha al-Jazrawi a lancé son Humvee bourré d’explosifs contre l’une des positions les plus fortifiées de l’armée.

    Selon al-Jazeera, le siège du gouvernement de la province sunnite d'al-Anbar à Ramadi serait tombé aux mains des Jihadistes de l'EI. On ignore le sort des défenseurs.
     

    Jalawla (province de Diyala)
    Après trois mois d’intenses combats, l’armée irakienne et les Peshmergas kurdes ont réussi à reprendre la ville de Jalawla occupée en juin par les Jihadistes de l’EI. Les Islamistes se sont échappés vers la rivière de Sirwan et les montagnes de Qaraj.
    Cette vidéo montre les Peshmergas kurdes entrant à Jalawla (langue kurde):
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=184b07a6c371
    Il reste que la province de Diyala reste très dangereuse pour l’armée irakienne ou les Peshmergas, comme en témoigne cette vidéo mise en ligne par l’Etat Islamique et qui montre la destruction d’un Humvee de l’armée par un IED (Improvised Explosive Device) :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=803e22fa7e1e

    Les milices chiites se vengent sur les Sunnites après leur conquête dans la province de Diyala
    Ils brûlent mosquées et maisons dans les localités conquises. Difficile de reconstruire une nation dans ces conditions :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=-266OZ-FU3Y

    Le député Qassem al-Araji dénigre l’assistance des Etats-Unis et encense l’Iran
    Une vidéo très intéressante de l’interview par Russia Today du député Qassem al-Araji qui explique la complexité du jeu entre Américains et Iraniens sur le théâtre irakien. Vidéo en langue arabe sous-titrée en anglais :
    https://www.youtube.com/watch?v=4HbX8ZzjnIk&feature=player_embedded

    Les propos d’al-Araji semblent faire écho à ceux du vice-ministre iranien des Affaires étrangères
    L'époque de l'hégémonie américaine dans le monde touche à sa fin, a déclaré lundi 24 novembre le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Hadi Soleimanpour.
    "La conclusion que l'on peut tirer sur la situation actuelle est que l'époque de l'hégémonie des Etats-Unis touche à sa fin. La force et la puissance de l'Europe diminuent elles aussi. C'est pour cette raison que les Etats-Unis refusent d'assumer la responsabilité internationale", a estimé le diplomate iranien.
    Selon lui, "des démarches unilatérales, telles que la création de coalitions, l'usage de la force en dehors du cadre des Nations unies, ainsi que le recours aux sanctions unilatérales figurent parmi les facteurs évidents des relations internationales de l'époque révolue".
    Dans le même temps, "la Russie, des forces émergentes et des Etats puissants dont l'Iran, leurs relations contribuent à former un nouveau monde multipolaire", a souligné le vice-ministre iranien.

    Les Peshmergas aussi critiquent l’activité américaine :
    Vidéo en langue anglaise :
    https://www.youtube.com/watch?v=U0VdOoIwwuc&feature=player_embedded

    Toujours aucun accord sur le nucléaire iranien
    Iraniens et Occidentaux n'ont toujours pas réussi à trouver un accord sur le nucléaire iranien malgré une semaine de discussions intenses  à Vienne. La pierre d’achoppement concernerait le nombre de centrifugeuses que l’Iran compte conserver, ainsi que la manière envisagée par les Occidentaux pour la levée des sanctions.
    Le fait que le groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne)  n’ait pas réussi à trouver un accord avec l’Iran ne semble pas inquiéter outre mesure le président iranien, Hassan Rohani. Celui-ci affirmait, lundi 24 novembre dans la soirée, que les négociations nucléaires avec les grandes puissances devraient aboutir à un accord définitif après l'annonce d'une prolongation des discussions jusqu'à l'été 2015.
    Une nouvelle réunion entre l'Iran et représentants du groupe 5+1 est programmée en décembre, en un lieu et à un niveau restant à préciser.

    La Russie place ses pions
    Pour Ali Ahani, l’ambassadeur d’Iran à Paris, Ali Ahani : "La politique ferme des pays occidentaux dans la coopération nucléaire avec l’Iran a offert à la Russie une opportunité favorable pour développer et renforcer ses coopérations avec l’Iran... Mise à part l’achèvement de la construction et la mise en marche du réacteur nucléaire de Bushehr, la Russie a finalisé dernièrement un contrat pour la construction de deux autres réacteurs nucléaires en Iran et est en train de préparer actuellement les préparatifs pour la construction de six autres réacteurs nucléaires. Dès lors, la Russie a dépassé les autres puissances nucléaires, ce qui ne doit pas être au goût de ces derniers. En effet, alors que l’économie de l’Occident est en crise et que le chômage croît de manière inquiétante, la Russie a réussi à priver les pays occidentaux d’excellentes opportunités en Iran".

    Front Syrien

    Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
    Les combattants de l’YPG (Unités de protection du peuple) ont avancé dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 novembre à Kobané, à la frontière turque. Ils ont attaqué autour de Souk al-Hal (le marché au coriandre), la municipalité et le secteur de la place Azadi à l’est de la ville. Les Kurdes se seraient emparés de bâtiments à la sortie de la ville et avanceraient vers le secteur nord.
    32 membres de l'EI ont été tués dans les affrontements à l’arme lourde, parmi lesquels deux chefs, dont un « Britannique ». Plusieurs combattants kurdes auraient également perdu la vie. Les Kurdes auraient également récupéré de grandes quantités d’armes et de munitions.
    Vidéo des armes capturées par les Kurdes :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=084bae522514
    La coalition internationale a mené cinq raids à Kobané durant la nuit du samedi 22 au dimanche 23 novembre.

    Alep
    Dans la région d'Alep (nord), les Jihadistes du Front al-Nosra et des rebelles de l’ASL, renforcés par huit chars du Front al-Nosra et de l’artillerie lourde, poursuivaient lundi 24 novembre leur attaque contre les localités chiites de Noubbol et de Zahra.
    Zahra.png

     

     

    La localité de Zahra

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    L’attaque contre le sud-est de Zahra a été lancée à partir de trois villages, Mayer, Bayanoun et Tamoura, obligeant les habitants chiites du sud-est du village à fuir vers le centre".
    Au moins huit rebelles et un civil ont été tués dans les combats, selon l'OSDH. Les habitants de Zahra ont indiqué de leur côté que 10 jihadistes d'Al-Nosra avaient péri et que deux avaient été faits prisonniers. Les combats auraient fait deux morts et 19 blessés parmi les civils.
    Les hélicoptères de l'armée syrienne ont largué ce mardi 25 novembre des armes et des munitions aux défenseurs de Noubbol et al-Zahra, deux localités assiégées depuis près deux ans. Les combattants qui défendent ce secteur sont au nombre de 17000. Ils sont bien armés, motivés, bien entrainées et savent qu’ils n’ont pas d’autre option que de combattre jusqu’à la mort.  Ils ont reçu ces dernières heures un renfort inattendu, celui des kurdes syriens de Hassaka Ces derniers ont allumé de grands feux pour aider les hélicoptères de l'armée nationale à retrouver leur chemin et larguer leurs charges ! La coopération entre l’AAS et les Kurdes semblent parfaitement fonctionner puisque ce sont les combattants kurdes syriens qui ont rassemblé une partie de ces armes avant de les transférer via des points de passage sûrs vers Noubbol et Al Zahra.
    L’enjeu principal pour les milices est de sauvegarder les principales voies d’approvisionnement en armes pour les quartiers est d’Alep, au moment où l’armée est en train de resserrer l’étau autour de cette ville. Il faut savoir que Noubbol et al-Zahra sont situées le long de l’autoroute qui donne accès à la Turquie.
    Le Front al-Nosra aurait dépêché d’importants renforts en provenance du gouvernorat d’Edleb. Le Front affirme que plus de 20 Kamikazes sont prêts à réaliser des opérations martyre pour infliger aux Nassiriens (Alaouites) et aux Rawafeds (appellation péjorative utilisée par les salafistes pour désigner les chiites) des pertes sur les divers fronts d’Alep.
    Le problème pour les Jihadistes est que les voitures piégées doivent nécessairement  traverser les régions sous le contrôle des défenseurs des deux localités de Noubbol et Zahra.
      
    L’AAS a beaucoup progressé à Alep
    A Alep même l’Armée Arabe Syrienne a beaucoup progressé. L’AAS est parvenue en quelques heures à prendre le contrôle de pans importants du quartier résidentiel de chababi et à couper la voie qui relie Hanano à la place Gondol. Celle-ci qui constitue la route la plus importante pour faire acheminer les armes aux quartiers est d’Alep contrôlés par les rebelles.
    L’armée se trouve désormais à 1.700 mètres du point prénommé Castello dont la prise lui permettrait de couper toutes les routes d’approvisionnement des rebelles. Et pour rendre encore plus difficile l’acheminement d’armes et de munitions en provenance de Turquie vers les quartiers d’Alep tenus par les rebelles, l’AAS soumet le pourtour de la ville à un déluge de feu.

    Le problème à Alep : l’approvisionnement
    Le problème à Alep est la sécurité des voies d’approvisionnement. Et ceci vaut pour les rebelles comme pour les soldats de l’AAS tant les positions des uns et des autres sont imbriquées. La vidéo ci-dessous montre des miliciens de la brigade Noureddine al-Zanki détruire un véhicule militaire transportant des approvisionnements à l’aide d’une mitrailleuse Douchka dans le district de Ramussa (Alep) :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8c0b0cab7279

    Fabius veut sauver Alep et créer des « safe zones » !
    Fabius, en tant que ministre des Affaires Etrangères, s’imagine pouvoir sauver la ville d'Alep et créer des "zones de sécurité" interdites à la fois à l'aviation du régime syrien et aux forces de l'organisation Etat islamique. Le problème est : comment et avec quel moyen ?
    "On travaille avec l'envoyé de l'Onu Staffan de Mistura pour essayer de sauver Alep et d'autre part de créer des zones qu'on appelle en anglais « safe zones » (des zones de sécurité), où il ne soit pas possible aux avions de Bachar el-Assad et aux gens de Daech (autre nom de l'Etat islamique) de poursuivre les Syriens", a déclaré Fabius sur France Inter.
    "On est en train de travailler à ça. Il y a pas de mal de gens à convaincre, les Américains bien sûr, d'autres encore, mais c'est la position de la diplomatie française, et je répète que l'objectif maintenant, c'est de sauver Alep", a-t-il ajouté.
    "Nous disons que nous avons deux adversaires, Daech bien sûr et al-Qaïda, et monsieur Bachar el-Assad, qui en profite, si je puis dire, pour avancer ses pions", a encore déclaré le ministre, face aux critiques selon lesquelles les frappes occidentales ne viseraient que le mouvement islamiste radical.
    "Nous disons qu'il faut qu'il y ait des frappes qu'on appelle en jargon des frappes ambiguës, qui permettent que Bachar el-Assad recule, et qu'il y ait au nord de la Syrie des zones de sécurité où la population syrienne puisse en paix se développer", a-t-il expliqué. "Il y a déjà plusieurs semaines dans la presse française et internationale, j'ai dit : Il faut sauver Alep, parce que je pressentais déjà qu'après Kobane, où Daech a été stoppé, la prochaine cible pour Daech et d'ailleurs aussi pour Bachar el-Assad, ce serait Alep. Or abandonner Alep, ce serait condamner la Syrie et ses voisins à des années, je dis bien des années, de chaos, avec des conséquences humaines terribles", a ajouté M. Fabius.

    Province d’Edleb (Nord syrien)
    L’Armée Arabe Syrienne (AAS)  s'apprête à lancer bataille pour reprendre Khan Cheikhoun situé dans le rif au sud d'Edleb. Cette ville, qui abrite quelques 70.000 personnes, se situe sur l'autoroute internationale Damas-Alep.
    Les unités de l’AAS déployées dans le rif au nord de Hama et placées sous le commandement du général quatre étoiles Suheil al-Hassan, alias « le Tigre » se préparent à attaquer Khan Cheikhoun, une région stratégique entre Damas et le nord syrien. La prise de Khan Cheikhoun permettrait de progresser vers Edleb et sa banlieue, situées au nord ouest de la Syrie et proches de la frontière turque. Cette importante région est toujours occupée par les rebelles. C'est le bastion des Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie).
    La perte de Khan Cheikhoun par les rebelles serait pour eux un coup fatal. Le rif nord de Hama, libéré depuis près d'un mois par « Le Tigre » et ses soldats est aujourd’hui pacifié,  bien que les rebelles tirent encore quelques roquettes de temps en temps en direction de Morek, une ville reprise par l’AAS.
    Morek, dans le rif nord de Hama, devrait être le point de départ de la grande offensive que « le Tigre », renforcé par des unités du Hezbollah libanais et les forces populaires, se prépare à déclencher : l'objectif étant la prise d'assaut et le nettoyage du rif sud d'Edleb, voisin du rif nord de Hama.

    Cela fait trois ans que la région d'Edleb est occupée par les rebelles syriens. L’Etat-major de l’AAS a déjà procédé à la phase préparatoire de l’offensive en soumettant les positions rebelles à l’est et au sud est de Khan Cheikhoun à d’intenses bombardements aériens. La tactique est de confier à l'aviation la mission d’ouvrir la voie à la progression des forces terrestres en direction de Khan Cheikhoun. Pour l’instant, les troupes de l’AAS campent dans la ville de Mahrada, proche de Khan Cheikhoun.
    Pour la rébellion syrienne, la défense de Khan Cheikhoun est une question de vie ou de mort.  La victoire de chacune des parties signifierait la débâcle de l'autre.
    Mais « le Tigre » ne vise pas seulement à libérer Khan Cheikhoun ! il veut également reprendre le contrôle de deux bases militaires de l'armée, celles de Wadi Deif et d’Al-Hamediya situées dans le rif de Maarat al-Numan.

    Raqqa – la place forte de l’Etat Islamique
    L’AAS continue sa progression dans la banlieue ouest de Hassaka et s'approcherait de Raqqa, la place-forte de l’Etat Islamique. 
    Les troupes syriennes se sont déployées près du terminal pétrolier d’Abyaz à Hassaka. Les forces de l'AAS occupent désormais les hauteurs d’Abdel Aziz dans la banlieue ouest de Hassaka. Cette zone donne accès à Raqqa.
    Par ailleurs, on apprenait qu’un bombardement aérien de la ville de Raqqa par l'aviation syrienne avait fait une entre 50 et 90 morts.
    Voir la vidéo (attention ! certaines images peuvent choquer) :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=79b0d8f9744b

    Front sud
    Les rebelles poursuivent leur harcèlement de la Brigade 82 de l’Armée Arabe Syrienne après que celle-ci se soit retirée de Sheikh Maskin. L’objectif des rebelles est d’anéantir la résistance de cette brigade pour ouvrir la route vers Damas et desserrer l’étau autour de la Ghouta occidentale. Pour l’instant, les soldats de la Brigade 82 résistent et ont même réussi à reprendre le contrôle du périmètre entourant leur base. Il y aurait eu 22 tués parmi les rebelles.
    Vidéo :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=043db3ecc8ca
    et à la tombée de la nuit – image impressionnante d’un projectile se dirigeant vers le cameraman :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=ce942f3157a5
    Arrivée de renforts de la rébellion :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9f055b9a95ba

    Province de Quneitra
    Les deux villes de Baas et Khan Arnaba attaquées depuis trois derniers jours par l’armée du Sud regroupant une trentaine de milices, dont la branche armée d’Al-Qaïda en Syrie, le front al-Nosra, seraient toujours entre les mains des forces gouvernementales, si on en croit le quotidien syrien al-Watan..
    Plus de 210 miliciens auraient été tués au cours des combats, dont 6 chefs de milices et 400 autres auraient  été blessés et évacués vers les hôpitaux jordaniens.
    Parmi les chefs tués figure Tariq al Zoubi, le chef des opérations de la milice Fajr al-Islam (proche du Front al-Nosra) qui a été tué  dans la ville de Baas.
    Zoebi_baas.png 
     

    Tariq al-Zoubi

     

     

     

     

     

     

     

    Coalition internationale

    USA
    Le sénateur Républicain Chuck Hagel, qui avait pris ses fonctions en tant que chef du Pentagone en février 2013, a annoncé sa démission lundi 24 novembre 20014 lors d'une intervention commune avec le président Barack Obama. Hagel a toujours été opposé à la politique américaine en Irak ou en Afganistan. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle Barack Obama l’avait choisi pour mettre un terme aux grandes opérations de combat de l’armée américaine en Afghanistan.
     
    Avec la montée en puissance de ses opérations militaires enIrak et en Syrie, il semble que Chuck Hagel ne soit plus en odeur de sainteté au sein de l'administration Obama. Il a pris son poste pour mettre fin à la guerre et non pour en déclencher une autre" a déclaré un proche du chef du Pentagone sortant.
    Selon le NYT, Michele Flournoy, l'ancien sous-secrétaire de la défense ; le sénateur Jack Reed, démocrate de Rhode Island ainsi qu'un ancien officier de 82nd Airborne de l'armée; et Ashton B. Carter, un ancien sous-secrétaire à la Défense, seraient tous des candidats possibles.

    Israël

    Jérusalem
    Nouvel incident sécuritaire à Jérusalem. Un Israélien a été grièvement blessé après avoir été attaqué par plusieurs individus et poignardé dans la Vieille ville à Jérusalem-Est, lundi 24 novembre dans la soirée. L’'un de ses agresseurs, un palestinien, a été arrêté. La victime est un étudiant dans une "yéshiva", une école talmudique, située dans la Vieille ville.

    Jean René Belliard

  • 22 et 23 novembre 2014 – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Front irakien

    Ramadi (100km à l’ouest de Bagdad)
    L'État islamique (EI) a lancé depuis la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 une offensive majeure pour s'emparer de la totalité de la ville irakienne de Ramadi dont la prise lui permettrait d'asseoir son autorité sur la province occidentale stratégique d'al-Anbar, frontalière de la Syrie.
    L’EI a lancé une sattaque surprise depuis le nord, l'ouest, l'est et le sud, en faisant notamment exploser des voitures piégées. 25 des 37 positions que l’armée irakienne et les milices pro-gouvernementales contrôlent à Ramadi ont été attaquées en même temps, ce qui donne une idée de l’ampleur de l’offensive.  Les jihadistes, qui ciblent le centre-ville visé par des tirs de mortier depuis la nuit, ont réussi à prendre le quartier de Madiq, mais « la police, l'armée et les forces tribales (alliées) sont parvenues à stopper l'attaque », a indiqué un responsable.
    Aux dernières nouvelles en date du dimanche 23 novembre, les Jihadistes encercleraient le siège du gouvernorat de la province d’al-Anbar à l’intérieur de Ramadi, prenant au piège des éléments de la police. Les policiers auraient appelé à l’aide, le bâtiment étant encombré de morts et de blessés.
    Pour sa part, un membre du conseil provincial, Azzal al-Fahdawi, a appelé à un « soutien de l'armée de l'air » irakienne ou des avions de la coalition internationale menée par les États-Unis. Pour rappel, la quasi-totalité de la province d'al-Anbar, qui jouxte aussi l'Arabie saoudite et la Jordanie, est contrôlée par les jihadistes et la prise de Ramadi, son chef-lieu, constituerait une importante victoire. De son côté, la coalition a mené plusieurs raids près de Ramadi au cours des dernières 72 heures, a annoncé hier le commandement américain chargé de la région (Centcom).
    Cette vidéo (langue arabe) tournée par l’armée irakienne nous fait faire un tour des quartiers de Ramadi encore aux mains de l’armée (Houz, Andalous, Mal’am, Mu’alimin) :
    https://www.youtube.com/watch?v=RV07oCgPeew&feature=player_detailpage

    Les Jihadistes de l’EI exécutent une vingtaine de membres de tribus près de Ramadi
    Le groupe takfiriste Daech a tué 23 membres des tribus Al-Bou Mahal et al-Bou Fahad lors d'une attaque à al-Sijariyah, à l’est de la ville de Ramadi, ont indiqué samedi 22 novembre un chef tribal et un officier de police. Les Jihadistes ont attendu que les combattants des tribus aient épuisé leurs munitions pour les capturer et les exécuter. Les Jihadistes seraient arrivés dans la localité d’al-Sijariyah sans armes en prétendant qu’ils étaient des étudiants. Ils auraient alors reçu des armes et commencé l’attaque, tuant 25 membres de la tribu Al-Bou Fahad.
    L’armée et les tribus ont réussi à reprendre la localité, tuant une vingtaine de Jihadistes.

    Vidéo d’une scène de combat dans le désert de la province sunnite d’al-Anbar
    Cette vidéo (côté jihadiste) prise par un cameraman qui semble être ouzbek montre des combattants de l’EI tenter de fuir dans une zone désertique avant d’être atteints par des tirs de l’armée irakienne :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=b6f3e1018444

    Violents affrontements à Jalawla (nord est de Bagdad) - Suite de la précédente parution
    L’armée irakienne poursuit son offensive pour tenter de reprendre aux Jihadistes de l’EI la localité de Jalawla, après avoir repris celle d’Imam Weiss. Cette région est proche de la frontière iranienne.
    Les résultats de la bataille sont confus. On annonçait, dimanche 23 novembre, que les Peshmergas kurdes se seraient rendus maîtres de 80% de la localité  de Jalawla au prix de lourdes pertes qui s’élèveraient à une vingtaine de tués et plus de quarante blessés. Selon certaines informations, les combats seraient finis et les Jihadistes se seraient enfuis. Selon d’autres informations, la bataille se poursuivrait.
    La vidéo suivante (langue kurde), mise en ligne par les Kurdes, ne semble pas prouver que les Peshmergas se soient rendus maîtres de la localité de Jalawla :
    https://www.youtube.com/watch?v=c4vknSJ6GAk&feature=player_embedded
    .
    Activité de la coalition internationale
    Le CENTCOM a mis en ligne les films de quatre frappes aériennes contre des cibles de l’Etat Islamique dans la region de Kirkuk (Kurdistan) :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=O8-T-JSqkuk

    Offensive de printemps de la coalition internationale ?
    Les Etats-Unis et leurs alliés prépareraient une grande offensive pour le printemps prochain dans le but de venir à bout de l’Etat Islamique.
    L’opération serait dirigée par un officier supérieur américain, le lieutenant-général James Terry. Il est possible que son commandant en second soit un officier supérieur britannique, le lieutenant-général Tom Beckett. Le mois prochain, le lieutenant-général Beckett prendra la relève comme conseiller principal de la défense pour le Moyen-Orient (DSAME), un poste laissé vacant par le lieutenant-général Simon Mayall, qui prend sa retraite après quatre ans dans le rôle.
    On a cependant quelques doutes sur la réussite d’une possible offensive pour le printemps prochain. Les Kurdes, pour commencer par eux, ne seraient pas en mesure de pousser plus au sud à l’intérieur de l’Irak sans une réaction négative de la part des tribus sunnites de la région. Quant à l'armée irakienne, elle est considérée par les Sunnites comme une milice chiite. Compte tenu de ces difficultés, les Américains réfléchiraient à la possibilité d’armer les tribus sunnites qui accepteraient de prendre les armes contre l’Etat Islamique. L’opération pourrait être menée conjointement avec l’Arabie saoudite et la Jordanie avec le risque toujours possible que certains groupes armés rallient soudain les Jihadistes de l’EI.

    Le lieutenant-général Tom Beckett

    Lieutenant-général Tom Beckett.jpg

    Lieutenant-général Tom Beckett

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le lieutenant-général Tom Beckett a été déployé en Irak en 2003. Il commandait le 1er Bataillon du Régiment de parachutistes auquel  les Red Caps, ou Royal military police, étaient attachés. Huit membres des Red Caps avaient été massacrés au début de l’insurrection contre la présence britannique dans les provinces du sud du pays. On a accusé à l’époque les officiers supérieurs, dont Tom Beckett, qui commandaient les Red Caps, de négligence ayant entraîné leur mort. 
    Le lieutenant-général Beckett prend la direction de la DSAME en raison du départ à la retraite du lieutenant-général Simon Mayall - un officier qui était considéré comme le principal expert de l'armée britannique sur les affaires arabes. Le lieutenant-général Mayall a dirigé la DSAME pendant quatre ans, mais sa retraite intervient seulement trois mois après que le Premier ministre l’ait nommé comme son envoyé spécial au Kurdistan - un rôle clé dans la guerre contre l'EI. Le départ du lieutenant-général Mayall est un coup dur en raison de sa compréhension de la politique moyen-orientale et du Jihad, selon Gareth Stansfield, professeur et expert du Moyen-Orient.

    Jordanie
    La campagne de marginalisation du mouvement des Frères Musulmans se poursuit. Après avoir été écarté du pouvoir en Egypte, déclaré organisation terroriste par les pays du Golfe, les Frères Musulmans devront faire désormais très attention à leurs propos en Jordanie.
    Bani Rsheid Zaki, le numéro deux du Front d’Action Islamique, la version jordanienne des Frères musulmans, a été arrêté jeudi 20 novembre après avoir critiqué avec virulence les Émirats arabes unis pour avoir classé le mouvement islamiste sur leur liste noire.
    Bani Rsheid avait qualifié sur Facebook le gouvernement émirati de « premier parrain du terrorisme ». « Les Émirats jouent le rôle de policier américain dans la région et (...) servent le projet sioniste (...) Ils agissent contre les mouvements de libération nationale, soutiennent les coups d'État et financent les groupes d'espionnage », a-t-il ajouté, en appelant à « chasser » ce pays du Conseil de coopération du Golfe, de la Ligue arabe et de l'Organisation de la coopération islamique.

    Les Frères musulmans rejetés vers l’Etat Islamique ?
    La persécution des mouvements revendiquant leur appartenance aux Frères Musulmans risque bien de pousser un grand nombre d’entre eux vers l’Etat Islamique. Plusieurs manifestations dans ce sens ont eu lieu ici ou là, comme en témoigne la dernière manifestation en date qui a eu lieu en Egypte. Les manifestants affichent ouvertement leur appartenance aux Frères Musulmans en faisant le signe de la Rabia (quatre doigt levés) :
    https://www.youtube.com/watch?v=Hg1k47N4lDU&feature=player_detailpage

    Front syrien

    Damas et sa banlieue
    Nouvelle vidéo russe des combats de Jobar (banlieue de Damas). Il s’agit d’une vidéo en langue russe dans le secteur VI de Jobar. Le cinéaste gagne la première ligne, séparée d’une dizaine de mètres des positions adverses – Exceptionnel :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9730e1bcbfa9
    La vidéo (langue russe) ci-dessous montre les combats dans le secteur VII de Jobar.
    L’infanterie de l’AAS s’est retirée de la ligne de front pour laisser manœuvrer les tanks accompagnés par les Marines pour les protéger des tirs des armes antichars des rebelles. La première partie de la vidéo est la suite de la vidéo ci-dessus – Exceptionnel :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=a11e85a99ddf

    Province d’Alep
    Le Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, a lancé, samedi 22 novembre 2014, une violente offensive contre deux villages chiites situés dans la province septentrionale d’Alep.
    "Offensive des moudjahidines (...) dans les villages de Nebbol et Zahra et leurs environs et prise de plusieurs positions importantes", a indiqué le groupe jihadiste sur son compte Twitter pour la région d'Alep.
    "Il s'agit de l'attaque la plus violente contre ces deux villages depuis le début de leur siège il y a un an et demi", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Alors que les rebelles avançaient dimanche au sud de Zahra, il a précisé que c'était la première fois qu'ils progressaient dans cette zone. Les villages sont défendus par des membres de la Défense nationale appuyés par le Hezbollah chiite libanais et des miliciens chiites irakiens.
    L’objectif de l’attaque est de provoquer un relâchement de la pression imposée par l’AAS contre les Jihadistes du Front al-Nosra dans la ville d’Alep.

    Nouvelle vidéo de la brigade Noureddine al-Zanki. La vidéo montre des combattants de la brigade de l’ASL (Armée Syrienne Libre) bombardant les positions de l’AAS dans le quartier de Salah ed-Dine avec leur gros mortier (exceptionnel) :
    https://www.youtube.com/watch?v=by1VE0Pzy7U&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng&feature=player_detailpage

    Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
    Les combattants kurdes de l’YPG progressent dans toutes les directions à l’intérieur de Kobane, ainsi qu’aux environs de la ville. Ils prennent les Jihadistes en embuscade jusqu’à 25km à l’ouest de la localité, à 15km au sud et jusqu’à 35km à l’est. Les Kurdes ne cherchent pas à réoccuper le terrain pour l’instant, se livrant seulement à des opérations de guerrilla contre les Jihadistes.

    Champ gazier d’al-Chaer – les combats se poursuivent
    Les combats entre l'Etat islamique et l’Armée Arabe Syrienne (AAS) se poursuivent dans le désert du centre de la Syrie pour le contrôle du champ gazier d’al-Chaer.
    L'État islamique a brièvement occupé le champ d’al-Chaer à deux reprises, une première fois en juillet 2014, exécutant des dizaines de membres du personnel et des forces de sécurité. L'armée syrienne en a repris le contrôle plus tôt ce mois-ci, mais les combats continuent à l'ouest de la ville de Palmyre.
    L'agence de nouvelles SANA dit laconiquement ce matin (22 novembre) : "Une unité de l'armée a ciblé des groupes terroristes et détruit leurs armes dans les environs du champ d’al-Cha'er, un gisement de gaz important utilisé pour alimenter les usines de production d'énergie." Selon des informations non confirmées, 21 soldats syriens et des miliciens auraient été tués.
    Le contrôle du champ gazier par le gouvernement syrien est très important à l’approche de l’hiver, saison où les besoins énergétiques sont plus élevés. En octobre, le gouvernement avait du réduire les subventions sur le carburant diesel et le mazout de chauffage, et augmenter les prix jusqu'à 33%.
    La vidéo montre le célèbre colonel Suhail al- Hassan (surnommé « le Tigre ») faire le tour du site gazier après sa reprise en novembre :
    https://www.youtube.com/watch?v=tfNjAN3SIns&feature=player_embedded

    La brigade islamiste  Fajr al-Islam perd son commandant
    Cette vidéo mise en ligne montre la dépouille de Tariq al-Zoubi, le commandant de la brigade. Rappelons que la brigade Fajr al-Islam coopère avec l’Etat Islamique :
    http://www.liveleak.com/ll_embed?f=9db2da6df9f0

    Yémen

    Al-Qaïda menace les Houthis chiites
    Qassem al-Rimi, le chef militaire d'el-Qaïda au Yémen (AQPA), a promis de frapper plus fort les houthis dans un message audio mis en ligne le 20 novembre sur des sites jihadistes. « Aux houthis, nous disons : attendez-vous à des horreurs qui feront blanchir les cheveux des enfants . « Ce qui s'est passé à Sanaa n'est qu'un échauffement qui précède le combat », a déclaré al-Rimi en référence aux nombreux attentats anti chiites revendiqués par el-Qaïda, dont celui qui a fait une cinquantaine de morts le 9 octobre dans la capitale yéménite. « Vous êtes notre cible aujourd'hui (...) et n'imaginez pas que vos crimes resteront impunis », a-t-il poursuivi à l'intention des miliciens chiites.

    Al-Qaïda se divise quant à sa position vis-à-vis de l’Etat Islamique
    Harith Nazari, le leader d’al-Qaïda au Yémen (AQPA), est apparu sur une vidéo pour réfuter  officiellement l’autorité de l’Etat Islamique. Il prête au contraire allégeance au Mollah Omar, le chef des Talibans pakistanais, comme en témoigne cette vidéo (langue arabe) :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=9a7RCvYRm28
    Ce message risque de diviser fortement les membres d’al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) car il apparaît que la base est très favorable au califat islamique proclamé par Abou Baker al-Baghdadi.
    Le message de Harith Nazari ne fait pas l’unanimité non plus au sein des instances dirigeantes de l’AQPA. Mamum Hatim, un membre influent de l’organisation jihadiste yéménite a exprimé publiquement son désaccord avec le communiqué de Nazari. Va-t-on assister à un début de dissidence au sein de l’AQPA entre partisans et adversaires d’une allégeance à l’Etat Islamique ? A suivre …

    Les Houthis clament leur amitié envers la Russie
    Saleh al-Samad, chef du bureau politique du mouvement Ansar Allah (Houthis) et conseiller du président yéménite, veut établir des relations avec la Russie pour faire face à la politique "agressive" des Etats-Unis. C’est ce qu’il a déclaré  dans une interview à RIA Novosti.
    "Nous apprécions énormément le rôle de la Russie soutenant l'axe de résistance au projet américain qui sème l'arbitraire depuis l'éclatement de l'Union soviétique", a indiqué al-Samad.
    "Nous souhaitons établir des relations avec les Russes pour s'opposer au projet des Etats-Unis qui cherchent à contrôler le monde entier", a dit le dirigeant chiite yéménite.
    Le mouvement chiite rebelle Ansar Allah (les partisans d'Allah) a pris pratiquement sans combats la capitale Sanaa, les provinces sud-ouest du Yémen et Al Hudaydah, ville portuaire sur la mer Rouge.
    Le président yéménite Abd Rabbu Mansour Hadi et la délégation des insurgés ont conclu, sous la médiation des Nations unies, un accord de règlement de la crise prévoyant la mise en place au Yémen d'un nouveau gouvernement.

    Califat islamique

    Les camps d’entraînement de l’Etat Islamique au Moyen Orient
    Cette carte montre l’étendue des centres d’entraînement de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie :
    EI training camps.png             
    Rouge : Etat Islamique
    Noir ; Front al-Nosra
    Bleu : Autres groupes jihadistes

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    550 « Allemands » ont rejoint le califat islamique
    Thomas de Maisière, le ministre de l’intérieur allemand, a révélé que 550 Allemands avaient rejoint l’Etat Islamique pour faire le jihad en Syrie et en Irak. 
    "D'après les dernières estimations dont nous disposons, le nombre a encore progressé. Nous tablons désormais sur 550. Il y a encore quelques jours nous avions dit 450", a déclaré M. de Maizière lors d'une interview vendredi 21 novembre 2014 à la chaîne de télévision allemande Phoenix.
    "En comparaison des dernières années, il s'agit d'une forte augmentation", a ajouté le ministre, précisant que si une majorité des candidats au jihad partis dans ces régions étaient des hommes, quelques femmes avaient également fait le voyage.
    "Ces jeunes gens (...) se sont radicalisés en Allemagne, au sein de cette société. (...) C'est pourquoi la prévention doit accompagner la répression", a poursuivi M. de Maizière.
    Sur le sol allemand, quelque 230 personnes sont actuellement considérées comme des menaces potentielles, dont "on ne peut pas exclure, et dans certain cas c'est même très probable, qu'elles préparent un attentat", a-t-il estimé.
    Le gouvernement allemand avait annoncé mi-octobre de futures mesures permettant le retrait des cartes d'identité de présumés islamistes radicaux pour les empêcher de partir combattre en Syrie ou en Irak.

    Plus de 500 jihadistes « britanniques » combattent dans les rangs de l’EI
    La plupart d’entre eux se trouveraient en Syrie. 35 d’entre eux auraient déjà perdu la vie dans les combats et les bombardements.

    Un Jihadiste « Britannique » et un « Français » tués dans les combats de Kobane
    Après le « Britannique » Abou Abdullah al-Habashi, tué dans des combats à Kobane (mon blog du 21 novembre), on a appris la mort d’un autre Jihadiste « britannique ». Il s’agit d’un dénommé Abou Dharda (20 ans). Dharda vient d'un milieu Colombien-somalien et a grandi à l'ouest de Londres. Il s’est rendu en Syrie en Décembre 2013, entrant par la Turquie. On croit que Dharda a été interrogé par la police antiterroriste dans un aéroport britannique au moment de son départ, mais il aurait été autorisé à poursuivre son voyage après avoir satisfait les agents sur le but de son voyage.
    Un « Français » a également été tué d’une balle dans la tête dans la même localité. Il s’agit d’Abou Suhayb al-Fransi :

    Abou Suhaib al-Fransi.jpg

     

    Abou Suhayb  al-Fransi
     

     

     

     

     

     

     

     

    Coalition internationale

    Etats-Unis
    La vision géopolitique d’Elliott Abrahms
    Elliot Abrahms, ex-consultant des présidents US Ronald Reagan  et Georges Bush junior, a fait un discours sur la politique américaine en Syrie devant la commission des relations étrangères de la Chambre des représentants.
    Au cours de son discours sur la stratégie que Washington devrait adopter en Syrie, Abrahms a souligné que le Hezbollah était la cible qu’il fallait absolument éliminer afin de pouvoir réaliser les intérêts américains dans la région.

    Deux axes en conflit
    Abrahms a divisé sa présentation autour de deux axes: «l’axe du Hezbollah, l'Iran, la Russie, qui soutient Assad, et l'axe des États-Unis, l’Europe et les pays du Golfe, qui veut son départ».
    Il a ensuite expliqué que « toute approbation de la part des États-Unis de permettre à Assad de faire partie du pouvoir durant la prochaine période sera considérée comme «une défaite pour Washington et une victoire pour Téhéran.»
    A la question de  « qui va gagner? » dans cette bataille du Moyen-Orient, il a répondu qu’il allait de soi que les Etats-Unis devaient en sortir victorieux. Le problème est comment ?

    Vaincre le régime syrien pour détruire le Hezbollah
    Pour Abrahms il faut «remplacer le régime d’Assad par un régime sunnite qui évoluera en un Etat sunnite, ce qui serait «une défaite pour la Russie, l'Iran et le Hezbollah.»
    Il a ajouté : «Vaincre le régime syrien permettra de détruire le Hezbollah au Liban» soulignant que  «la puissance du parti a augmenté au Liban durant ces dix dernières années, mais la transformation qui se produit en Syrie peut être le début de son déclin. Cela serait en notre faveur certainement ».

    Sécurité d’Israël
    Concernant la sécurité d’Israël, Abrahms a déclaré que «la Syrie assure un pont entre l'Iran et le Hezbollah, autrement dit,  l'Iran est aux frontières avec Israël via le parti, ce qui pose un grave problème, et donc si Assad tombe.. Tout  va changer».

    Et l’Etat Islamique (Daesh) ?
    Abrahms a fait remarquer que «pour vaincre Daech il faut changer l'équation en Syrie». Comment? «En plus de l'armement de l'opposition ... il faut frapper les forces de l’air syriennes»,  sous le prétexte qu’ «Assad utilise cette force pour bombarder son peuple».

    Participation du Liban
    Abrahms a déclaré au cours de l’audience qu’ '«une partie libanaise était  mécontente de la participation du Hezbollah en Syrie, en particuliers les chiites, qui se demandent pourquoi leurs fils meurent dans la défense de Bachar al-Assad?».
    L’intérêt d’Abrahms pour le Liban remonte à l’an 2000, époque au cours de laquelle des hommes politiques américains considérés comme des faucons, tels que Richard Perle (chef du comité consultatif sur les affaires de défense sous le règne de George W. Bush), Daniel Pipes, Paula Dobriansky, Douglas Viet et Jeane Kurkpatrick avaient noué des relations avec des hommes d’affaires libanais, tels que Ziad Abdelnour, Daniel Nassif, Nabil al-Haj, Habib Malik, Samir Boustani, Charles Sahioun. C’est à la suite de ces contacts que les Etats-Unis – et la France – ont exigé, quelques années plus tard, le départ des soldats syriens du Liban.

    France
    Des Mirage de l'armée française sont désormais "positionnés" en Jordanie pour lutter en Irak contre l'organisation Etat islamique (Daesh).
    La France avait annoncé mercredi le déploiement de six Mirage 2000-D en Jordanie, en plus des neuf Rafale basés aux Emirats arabes unis.

    Grande Bretagne
    Les commandos du SAS opèrent sur le terrain irakien
    Des commandos du SAS britanniques, opérant au sol, occasionnent des pertes sévères aux Jihadistes de l’Etat Islamique dans le désert irakien.
    Les commandos britanniques sont sur le terrain irakien depuis bientôt quatre semaines et font un véritable carnage parmi les Jihadistes. Ils ont tellement dépensé de munitions pour les mitrailleuses et les fusils des tireurs d’élite qu’on a été obligé de refournir les stocks prématurément.
    Les commandos, lourdement équipés, sont transportés avec leurs quads par les hélicoptères Chinook de la RAF en profondeur à l’intérieur du territoire du califat islamique. Ils sont déposés à 90km de leur cible et se positionnent dans le plus grand secret pour attendre l’ennemi.
     «Notre tactique est d’inspirer la terreur de Dieu au sein de l’Etat Islamique car ils ne savent pas où nous allons et ils ne peuvent franchement rien faire pour nous arrêter. »
     «Nous atteignons leur moral. Ils peuvent courir et se cacher quand ils voient des avions dans le ciel, mais ils ne peuvent pas nous voir ou nous entendre. Nos tireurs d'élite amènent le facteur de la peur à un autre niveau; les terroristes ne savent pas ce qui se passe. Ils ne voient que leurs collègues gisant dans le sable ».
    Les commandos du SAS visent principalement les voies d'approvisionnement à l’ouest de l'Irak et les check-points mis en place par les Jihadistes pour intercepter les véhicules et enlever les passagers pour extorquer de l'argent.
    Les opérations sont minutieusement préparées. Les images des sites potentiels faites par les drones et les UAV (véhicules aériens sans pilote) sont soigneusement étudiées au préalable. Les communications radio de l’adversaire sont également écoutées avec attention, ceci dans le but d’identifier les postes de commandement et les dirigeants.  
    Une fois que les officiers supérieurs du SAS ont identifié une cible, les commandos sont briefés pour recevoir les ordres opérationnels. Ils quittent alors leur base secrète et montent à bord d'une flotte d'hélicoptères - avec les quads déjà rangés dans la soute.
    Il ne reste plus, pour les pilotes, qu’à entrer les coordonnées de la zone de désert où ils devront poser les Chinooks. Une fois posés, les commandos débarquent leurs quads, préparent leurs GPMG (General Purpose Machine Guns) et les fusils Barrett des snipers.
    Les commandos n’ont plus qu’à s’approcher de leurs cibles dans le plus grand secret, les éliminer et disparaître à nouveau dans le désert pour gagner leur point de rembarquement.

    Les commandos du SAS autorisés à tuer les Jihadistes « britanniques » en Irak et en Syrie
    Les forces d'élite britanniques du SAS ont reçu l’ordre d'éliminer plutôt que de capturer les Jihadistes britanniques qui combattent aux côtés de l'État islamique et qui participent à sa terreur sanguinaire.
    Le SAS n’a plus la mission d’essayer de capturer les « Britanniques » qui se battent dans les rangs de l’ Etat islamique. L’ordre est à présent de les tuer – kill only.
    "Nous ne voulons pas les ramener au Royaume-Uni pour être jugés pour qu’ils se vantent des atrocités qu’ils ont commises et des vidéos qu’ils ont faites. Ils peuvent mourir dans la poussière en Irak. Ils ont semé la tempête, maintenant ils doivent la récolter.»
    L’élimination physique de terroristes « britanniques » combattant dans une guerre étrangère par des membres des forces armées pourrait potentiellement poser des problèmes légaux. Mais le gouvernement a donné son feu vert à l’action du SAS  après une série d'atrocités auxquelles des « Britanniques » ont joué un rôle central. 
    Jusqu'à présent, le SAS, en coordination avec les Américains, avait joué un rôle limité en Irak. Sa seule mission était de coordonner les frappes aériennes des bombardiers de la RAF et des Reaper Drones contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Ils avaient également pour mission de conseiller les forces irakiennes et de former les miliciens kurdes à mener des attaques contre l’Etat Islamique. Mais malgré des pertes importantes, les Jihadistes de l’EI restent une force importante et ils occupent toujours une vaste zone à cheval sur l’Irak et la Syrie.
    Les ordres viennent de changer et le SAS a maintenant la mission d’éliminer physiquement les dirigeants de l’EI et de pourchasser  les Jihadistes « britanniques » grâce aux renseignements (Sigint) et les mettre hors de combat.
    Dans un incident séparé, les super flics de l’anti-terrorisme ont monté à bord d’un avion en provenance de Jordanie, à l’aéroport de London Heathrow, jeudi 20 novembre, pour appréhender un homme âgé de 19 ans, originaire de Coventry, et soupçonné de préparer un attentat. Au début de l’année 2014, trois jeunes originaires de Coventry avaient rejoint les Jihadistes au Moyen Orient.

    Jean René Belliard