ARABIE SAOUDITE

  • Arabie saoudite : Dix drones lancés par les rebelles yéménites interceptés

    Imprimer

    Les forces armées en Arabie saoudite ont intercepté dimanche 7 mars 10 drones lancés contre le royaume par les rebelles au Yémen voisin, ont indiqué les médias d'Etat, une escalade des attaques des insurgés. L'Arabie saoudite est à la tête d'une coalition militaire qui combat au côté du pouvoir yéménite, en guerre depuis 2014 contre les rebelles houthis.

    Un missile balistique aurait également été lancé par les rebelles yéménites houthis. Des fragments d'un missile balistique abattu par la la défense aérienne du Royaume sont tombés près du quartier résidentiel de Saudi Aramco dans la ville d'al-Khobar (Dhahran). 
    Vidéo

    Par ailleurs, on a appris que l'un des parcs des réservoirs pétroliers du port de Ras Tanoura dans la région orientale a été attaqué dimanhe matin par un drone venant de la mer.

    Les nouvelles attaques n'ont pas été revendiquées mais l'agence officielle saoudienne SPA a accusé les houthis qui ont multiplié les tirs contre le royaume saoudien ces dernières semaines et menacé ce pays de nouvelles attaques. Selon SPA, qui cite la coalition militaire, les drones étaient dirigés contre des cibles "civiles". Elle n'a pas précisé les lieux contre lesquels ils ont été tirés.

    L'escalade des violences intervient alors que l'administration américaine de Joe Biden a exhorté les houthis à la désescalade après les avoir retirés de la liste des "organisations terroristes" pour ne pas entraver selon elle l'acheminement de l'aide humanitaire au Yémen.
    "Le retrait des houthis de la liste des groupes terroristes a été interprété de manière hostile par la milice" des houthis, selon SPA.

    Parallèlement, les rebelles ont repris leur offensive contre la ville de Ma'rib, dernier bastion du nord du Yémen encore aux mains des loyalistes. Les "victoires" des forces progouvernementales face aux houthis à Ma'rib, ont poussé les rebelles à intensifier leurs attaques contre le royaume, a affirmé l'agence saoudienne, alors que la situation est assez floue sur le terrain. Des sources militaires gouvernementales ont fait état samedi d'au moins 90 combattants tués au cours des dernières 24 heures à Ma'rib, où les loyalistes sont soutenus par l'aviation saoudienne.

    Les rebelles sont soutenus par l'Iran, grand rival région de l'Arabie saoudite. Mais Téhéran dément fournir des armes aux houthis.

    La guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, d'après des ONG internationales.

  • Arabie saoudite : Destruction d'un nouveau drone armé des rebelles yéménites houthis lancé vers le royaume

    Imprimer

    La coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite a intercepté et détruit, vendredi 5 mars 2021, un drone armé tiré par les rebelles chiites houthis soutenues par l'Iran au Yémen vers l'Arabie saoudite.

    Le porte-parole de la coalition, le colonel Turki al-Malki, a accusé les Houthis d'avoir délibérément lancé le drone vers des lieux civils dans la région de Khamis Mushait.

    Il a qualifié les attaques répétées des Houthis contre des civils de «crimes de guerre».

    Le commandement conjoint de la coalition prend les mesures nécessaires pour protéger les civils conformément au droit international humanitaire, a-t-il souligné.

    Jeudi 4 mars, les rebelles houthis ont lancé en quelques heures deux missiles balistiques vers le Royaume. Le premier missile a pris pour cible une usine du géant saoudien de l'énergie Aramco. Le deuxième missile de la journée de jeudi, visait Jizane, (sud-ouest de l'Arabie saoudite). Il a été intercepté et détruit

  • Arabie saoudite : Les rebelles chiites houthis yéménites revendiquent une frappe de missile contre une usine d'Aramco

    Imprimer

    Les rebelles houthis yéménites ont revendiqué une frappe de missile, jeudi 4 mars 2021, contre une usine du géant saoudien de l'énergie Aramco  (photo de l'impact marqué d'un point violet sur la photo ci-dessus) à Jeddah, ville de l'ouest de l'Arabie Saoudite, dans un contexte d'escalade des attaques visant le royaume. Il n'y a eu aucune confirmation dans l'immédiat par le géant pétrolier ou les autorités saoudiennes d'une attaque contre un site d'Aramco.

    Un porte-parole des houthis, Yahya Sari, a affirmé sur Twitter que les rebelles avaient frappé une installation d'Aramco à Jeddah avec un missile de type Quds-2 à l'aube jeudi, en représailles aux interventions militaires de l'Arabie saoudite au Yémen en guerre depuis six ans.

    Les rebelles soutenus sur l'Iran ont déjà frappé des installations d'Aramco par le passé, soulignant la vulnérabilité des coûteuses infrastructures pétrolières de l'Arabie Saoudite. En novembre dernier, les houthis ont frappé une usine d'Aramco à Jeddah avec un missile de type Quds-2, faisant un trou dans un réservoir de pétrole et déclenchant une explosion et un incendie.

    La dernière revendication des rebelles intervient après que les Etats-Unis ont imposé mardi des sanctions financières à deux chefs rebelles houthis, accusés d'avoir "orchestré des attaques" contre des civils. Les rebelles ont multiplié les attaques contre le royaume ces dernières semaines, alors qu'ils intensifient leur offensive pour s'emparer de Marib, dernier bastion loyaliste du Nord. Les houthis ont revendiqué des tirs de missiles et de drones et ont menacé d'autres attaques contre l'Arabie saoudite.

    Autre missile sur la ville de Jizane et un drone kamikaze intercepté au-dessus de la ville de Khamis Mushait
    La coalition arabe a déclaré avoir intercepté un autre missile balistique tiré par les rebelles Houthi vers la ville saoudienne de Jizane située au sud du Royaume. On mentionne également un drone kamikaze chargé d'explosifs intercepté par l'armée saoudienne au-dessus de la ville garnison de Khamis Mushait où se trouve une importante base aérienne du Royaume.

    L'Iran contre l'Arabie saoudite
    La guerre civile au Yémen, qui dure depuis six ans, oppose les rebelles chiites houthis soutenus par l'Iran à un gouvernement reconnu internationalement et soutenu par une coalition militaire dirigée par les Saoudiens. Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, déclenchant la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.

  • Arabie saoudite : Cinq civils blessés par un projectile des rebelles houthis

    Imprimer

    Un projectile tiré par les rebelles houthis du Yémen a blessé cinq civils dans un village frontalier du sud de l'Arabie saoudite, a annoncé mardi un média d'Etat saoudien, dans un contexte de recrudescence des attaques contre le royaume.

    Ces rebelles soutenus par l'Iran ont intensifié leurs attaques contre l'Arabie saouditedepuis qu'ils ont repris le mois dernier leur offensive pour s'emparer de Marib, dernier bastion dans le Nord des forces loyales au gouvernement, appuyées par une coalition dirigée par Riyad.

    "Un projectile tiré par la milice terroriste des houthis soutenus par l'Iran vers l'un des villages frontaliers de la région de Jizan, est tombé sur la voie publique, blessant cinq civils: trois citoyens saoudiens et deux résidents de nationalité yéménite", a déclaré la défense civile, citée par l'agence de presse officielle SPA. "Les blessés ont été transférés à l'hôpital", a-t-elle ajouté. Les houthis n'ont pas immédiatement revendiqué la responsabilité de l'attaque.

    L'ambassade américaine à Riyad a condamné l'attaque de Jizan, et appelé les houthis à "cesser d'attaquer des civils innocents et à s'engager dans le processus diplomatique pour mettre fin à ce conflit". Samedi, de fortes explosions ont secoué la capitale Riyad. La coalition a déclaré avoir déjoué une attaque aux missiles balistiques lancée par les rebelles au Yémen voisin.

    La guerre civile du Yémen, qui dure depuis plus de six ans, a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, dans ce que l'ONU qualifie régulièrement de pire désastre humanitaire au monde. Lundi, une réunion virtuelle des donateurs s'est achevée par des promesses de don "décevantes" selon le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, ne récoltant que 1,7 milliard de dollars sur les 3,85 milliards espérés. Antonio Guterres a prévenu que le manque de financement de l'aide humanitaire équivaut à une "peine de mort" contre la population yéménite, qui se rapproche inexorablement du précipice de la famine.

  • Arabie saoudite: le géant pétrolier Saudi Aramco demande un délai à ses créanciers

    Imprimer

    Saudi Aramco, la compagnie pétrolière publique d'Arabie saoudite,  considérée comme l'une des plus importantes au niveau international, a demandé aux banques de prolonger un prêt de 10 milliards de dollars, accordé en mai 2020, pour une autre année. Ainsi,  le «géant pétrolier» n'a pas encore a réussi à réduire sa dette, contractée suite à la pandémie de Covid-19 et à la baisse des prix du pétrole.

    La nouvelle a été rapportée le lundi 1er mars par le quotidien al-Jazeera , sur la base d'informations révélées par des sources bien informées qui, à leur tour, ont confirmé un rapport  de Loan Pricing Corporation (LPC), propriété de Refinitiv, un fournisseur de données et informations sur les marchés financiers au niveau international. Comme spécifié par LPC, les banques décideront désormais de prolonger ou non le prêt accordé, mais les créanciers ne devraient pas faire face à des obstacles majeurs, car ils sont désireux de maintenir de bonnes relations avec Saudi Aramco, dans l'espoir de bénéficier d'avantages à l'avenir. .

    Selon l'une des sources, le prêt a été initialement accordé à 50 points de base au-dessus du LIBOR, un taux qui augmente à mesure que davantage d'argent est retiré de la facilité. Désormais, Saudi Aramco pourrait tenter de réduire ses prix de 10 à 15 points de base, arguant que les conditions du marché se sont améliorées depuis mai 2020, lorsque le coût du pétrole était beaucoup plus bas et qu'il y avait beaucoup d'incertitude découlant de la pandémie. Dans ce contexte, le 8 février, le Brent a atteint 60,03 $ le baril dans l'indice ICE, un chiffre qui n'avait jamais été atteint depuis le 26 janvier 2020. Puis, dans les semaines suivantes, il s'est établi à 66,13 

    Selon les mêmes sources, Saudi Aramco aurait utilisé le prêt demandé pour soutenir l'acquisition de 70% du capital de Saudi Basic Industries Corp (SABIC) auprès du fonds d'investissement public saoudien, avec un accord d'une valeur de près de 70 milliards de dollars. Loan pricing Corporation avait précédemment signalé, citant un banquier, que le prêt serait remboursé avec le produit d'une vente d'obligations d'ici le quatrième trimestre de 2020. Cela ne s'est pas produit, même si Aramco a levé 8 milliards de dollars dans un accord obligataire en novembre. 2020.

    Au cours de l'année écoulée, les bénéfices de Saudi Aramco ont diminué, mais sont restés fidèles au dividende annuel promis de 75 milliards de dollars, principalement destiné au gouvernement saoudien. Désormais, selon HSBC, les perspectives de Saudi Aramco semblent plus positives et prometteuses pour 2021, à la lumière d'une possible baisse de la dette nette et d'une éventuelle augmentation des dividendes.

    La société saoudienne, pour sa part, n'a pas encore publié de commentaires concernant la prolongation du prêt. Cependant, les propos du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, remontent au 28 janvier, qui, lors de la conférence Future Investment Initiative, avait rapporté que Saudi Aramco, après avoir réalisé la plus grande offre publique initiale au monde à la fin de  2019 , a levé 25,6 milliards de dollars et a par la suite vendu plus d'actions pour porter le total à 29,4 milliards de dollars. Pour le moment, le géant pétrolier, selon le gouverneur saoudien, est prêt à vendre davantage d'actions, dans le cadre d'un plan de renforcement du principal fonds souverain du Royaume, le PIF. 

    Malgré la solidité des actifs d'Aramco, la persistance de la récession sur les marchés mondiaux et la baisse du prix du pétrole ont poussé l'entreprise à recourir aux marchés internationaux pour obtenir des financements en cas d'urgence. Cependant, selon certains analystes, la compagnie pétrolière gouvernementale saoudienne semble être dans une situation financière solide par rapport à d'autres sociétés internationales, grâce à la stratégie d'expansion lancée ces deux dernières années. Le ratio dette / valeur marchande d'Aramco est tombé à moins 5% au premier trimestre 2020, contre une fourchette de 11% à 36% pour ses concurrents occidentaux.

    En 2019, l'Arabie saoudite a quoté environ 1,7% d'Aramco à la bourse locale, faisant de la société avec la plus grosse valeur boursière au monde. De plus, au fil des ans, Riyad a attiré des investisseurs avec une promesse de 75 milliards de dollars de dividendes au cours des cinq prochaines années. Cependant, comme l'ont expliqué certains analystes, la dette du Royaume est préoccupante, car la baisse des prix du pétrole entraîne une forte baisse des revenus saoudiens. 

    L'Arabie saoudite a également été touchée par les effets de la pandémie et la baisse des prix du pétrole depuis un an, qui s'est avérée difficile pour l'ensemble de l'économie mondiale. Les revenus s'élevaient à 770 milliards de riyals, tandis que les dépenses réelles en 2020 étaient de 1068 milliards, ce qui signifiait que le déficit s'élevait à 298 milliards de riyals, soit 12% du PIB. La dette publique saoudienne, en revanche, a atteint 34% du PIB en 2020. En outre, les dépenses du budget saoudien 2020 ont augmenté de 4,7% par rapport aux estimations initiales, tandis que les dotations supplémentaires sur le budget approuvé en 2020 s'élevaient à 159 milliards de riyals. Celles-ci concernaient principalement le budget  de la santé, dans le but d'accompagner le secteur pour faire face à la pandémie de coronavirus. En même temps, un niveau record a été atteint pour les revenus non pétroliers, égaux à 358 milliards de riyals, soit 46,5% des revenus totaux. Les ressources pétrolières, en revanche, s'élèvent à 412 milliards de riyals, contre 513 envisagés dans le budget 2020.

  • Arabie saoudite : La défense anti-aérienne détruit des missiles balistiques et des drones yéménites sur Riyad

    Imprimer

    Plusieurs explosions ont secoué Riyad samedi 27 février 2021, la télévision d'Etat saoudienne rapportant la mise en échec d'une attaque aux missiles balistiques lancée par les rebelles yéménites. Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran dans le conflit au Yémen, ont multiplié les attaques contre l'Arabie saoudite à la tête d'une coalition militaire appuyant le gouvernement yéménite.

    Les forces de défense aérienne saoudiennes ont déjoué "une attaque de missiles balistiques menée par les houthis" contre la capitale saoudienne Riyad, a indiqué la coalition militaire, citée par la télévision Al-Ekhbariya, sans préciser le nombre de missiles interceptés. Des correspondants de l'AFP et des habitants à Riyad ont entendu plusieurs fortes explosions. Quatre drones lancés par les houthis contre le sud du royaume saoudien ont également été interceptés, selon la coalition.
    Ces attaques n'ont pas été revendiquées dans l'immédiat.


    Elles interviennent au moment où l'Arabie saoudite accueille le championnat de Formule E en banlieue de Riyad, auquel le prince héritier Mohammad ben Salmane a assisté selon les médias d'Etat.

    Les houthis ont intensifié les attaques contre le royaume saoudien, malgré l'approche de la nouvelle administration américaine de Joe Biden qui a décidé de retirer ces rebelles de sa liste des "organisations terroristes".

    Vidéo publiée par les Houthis sur le lancement de missiles de croisières contre Riyad

  • Arabie saoudite : L'assassinat de Khashoggi approuvé par le prince héritier Mohammad Ben Salmane, selon les renseignements américains

    Imprimer

    salman-mhamad-salman-sodyah-elrttjrkejt655 (1).jpgLe prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (photo) est responsable du meurtre de Jamal Khashoggi, a révélé l'administration américaine dans un rapport très attendu détaillant les conclusions de la communauté du renseignement américain sur le meurtre.

    Le rapport modifiera probablement les liens des décideurs politiques américains avec l'Arabie saoudite et le prince héritier, connu sous les initiales de MBS, en particulier. 

    "Nous estimons que le prince héritier d'Arabie saoudite Muhammad bin Salman a approuvé une opération à Istanbul, en Turquie, pour capturer ou tuer le journaliste saoudien Jamal Khashoggi", indique le rapport, publié vendredi.

    Le président Joe Biden a déjà suggéré qu'il renoncerait à avoir des relations avec le prince héritier et traiterait directement avec le vieillissant roi Salman. Cette décision risque d'entraîner des difficultés de relations entre les deux alliés car le prince Ben Salmane est  le dirigeant de facto du royaume.

    Le rapport indique que les responsables du renseignement américain ont conclu que MBS avait ordonné l'assassinat, sur la base de son contrôle des décisions majeures dans le royaume.

    "Nous basons cette évaluation sur le contrôle du prince héritier sur la prise de décision dans le Royaume depuis 2017, l'implication directe d'un conseiller clé et des membres du service de protection de Muhammad bin Salman dans l'opération, et le soutien du prince héritier à l'utilisation de mesures violentes pour faire taire les dissidents à l'étranger , y compris Khashoggi", indique le document du renseignement américain.

    Biden s'est entretenu au téléphone avec le roi Salman moins de 24 heures avant de publier le rapport, mais une déclaration de la Maison Blanche décrivant leur conversation ne mentionnait pas Khashoggi.

    "Le président a dit au roi Salman qu'il travaillerait pour rendre la relation bilatérale aussi solide et transparente que possible", a-t-il déclaré." Les deux dirigeants ont affirmé la nature historique de la relation et ont convenu de travailler ensemble sur des questions d'intérêt et de préoccupation mutuels.

    Khashoggi, un ancien initié du gouvernement saoudien, était devenu un défenseur de la démocratie et un critique influent du prince héritier avant son assassinat en octobre 2018. 

    Des agents du gouvernement saoudien l'ont tué et démembré au consulat du royaume à Istanbul. Les responsables saoudiens ont insisté pendant 17 jours après le meurtre sur le fait que Khashoggi avait laissé le bâtiment vivant avant de finalement reconnaître qu'il avait été tué. Cependant, Riyad affirme toujours que l'assassinat était une opération non autorisée qui s'est déroulée sans l'approbation des hauts dirigeants.

    Khashoggi était un résident américain qui écrivait pour le Washington Post et Middle East Eye. Son assassinat a provoqué une réaction massive de la part des législateurs des deux principaux partis, qui ont exigé des comptes pour le meurtre.

    Mais l'ancien président Donald Trump a tenté de protéger les dirigeants saoudiens de la colère qui se préparait à Washington, citant souvent le rôle géopolitique de Riyad dans la lutte contre l'Iran et les accords d'armement avec les fabricants d'armes américains. 

    À la fin de 2019, le Congrès a adopté une loi ordonnant au chef du renseignement américain de soumettre aux législateurs dans les 30 jours un rapport non classifié décrivant «les connaissances et le rôle avancés» de tout responsable saoudien dans «la direction, l'ordre ou la falsification des preuves dans le meurtre de Khashoggi ". 

    L'administration Trump a tout simplement ignoré la demande juridiquement contraignante. Il a publié une déclaration au Congrès affirmant que la publication d'un tel rapport compromettrait les sources et les méthodes de la communauté du renseignement américain.

    On a longtemps supposé qu'une opération de l'ampleur de l'assassinat de Khashoggi - où l'équipe de frappe a utilisé les ressources de l'État saoudien et de la diplomatie - n'aurait pas pu avoir lieu sans l'approbation de MBS. 

    Les médias américains ont indiqué à la fin de 2018 que la CIA avait conclu que MBS était responsable du meurtre. Les législateurs qui ont reçu des séances d'information confidentielles sur la question sont également arrivés à la même conclusion.

    "Si le prince héritier se présentait devant un jury, il serait condamné en 30 minutes", a déclaré à la presse le sénateur républicain Bob Corker en décembre 2018, après une réunion avec des responsables du renseignement à huis clos.

    Les défenseurs de la justice pour le journaliste assassiné soutiennent depuis longtemps que la publication du rapport des services de renseignement américains au public est une étape importante pour garantir la responsabilité du meurtre.
     
    Agnes Callamard, la rapporteure de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires qui a découvert dans une enquête de 2019 que le meurtre était un crime sanctionné par l'État, a appelé Washington à partager ses conclusions sur le meurtre.

    "D'un point de vue juridique international et d'un point de vue politique international, la publication publique d'un document avec l'évaluation de la CIA - un document qui pourrait être sondé par d'autres - rendra beaucoup plus difficile pour le reste du monde, en particulier les gouvernements, d'ignorer L'implication personnelle de Mohammad ben Salmane dans l'opération qui a conduit au meurtre et au démembrement de Jamal Khashoggi », a déclaré Callamard  l'année dernière. 

    Le prince héritier a personnellement nié toute implication dans l'assassinat. Lorsqu'on lui a demandé s'il avait ordonné l'opération, bin Salman a déclaré à CBS News en 2019: "Absolument pas".

    Lors de son audition de confirmation en janvier, la directrice du renseignement national Avril Haines s'est engagée à publier le rapport. 

    Le document non classé intervient alors que l'administration Biden dit qu'elle réévalue les relations américano-saoudiennes. Mercredi, la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a réaffirmé que le président américain contournera MBS lorsqu'il traitera avec l'Arabie saoudite, et correspondra plutôt avec le roi Salman - "homologue à homologue".

    Début février, Biden a mis fin au soutien américain aux «opérations offensives» saoudiennes au Yémen, mais a réaffirmé l'engagement de Washington en faveur de la sécurité du royaume.

    "Cette confirmation du rôle de ben Salmane souligne le besoin urgent d'une nouvelle approche de la relation américano-saoudienne", a déclaré William Hartung, directeur du projet Arms and Security au Center for International Policy, dans un communiqué. 

    "Le régime saoudien doit être tenu pour responsable de ses crimes au pays et à l'étranger, y compris non seulement le meurtre de Khashoggi, mais aussi dans son rôle central dans la création de la pire catastrophe humanitaire au monde au Yémen."

    Ryad "rejette totalement" le rapport américain
    L'Arabie saoudite a "totalement rejeté" vendredi le rapport des services de renseignement américains qui ont accusé le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane d'avoir "validé" l'assassinat du journaliste et critique saoudien Jamal Khashoggi en 2018.

    "Le gouvernement d'Arabie saoudite rejette totalement les conclusions fausses et préjudiciables contenues dans le rapport concernant la direction du royaume et ne peut les accepter en aucun cas (...)", a affirmé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

    Sanctions contre 76 personnalités saoudiennes considérées comme des menaces pour les dissidents
    Dans la soirée du vendredi 26 février, on apprenait que le secrétaire d'État américain Tony Blinken avait imposé des restrictions de voyage à 76 individus saoudiens représentant des menaces envers les dissidents. Parmi les personnalités saoudiennes sanctionnées, on trouve le chef adjoint des renseignements généraux #d'Arabie saoudite pour son rôle dans l'assassinat de Khashoggi.
    sanctions américaines.jpeg

    Les Etats-Unis ne veulent pas de "rupture" avec l'Arabie saoudite (Blinken)
    Le gouvernement américain de Joe Biden veut "recalibrer" les relations avec l'Arabie saoudite mais ne veut pas de "rupture", a déclaré vendredi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken pour justifier l'absence de sanctions contre le prince héritier saoudien.

    Texte de l'accusation des services de renseignement américains :
    - Nous sommes parvenus à la conclusion que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane a donné son aval à une opération à Istanbul, en Turquie, pour capturer ou tuer le journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

    - Nous basons cette conclusion [sur le fait] que le prince héritier contrôle la prise de décision dans le royaume, l'implication directe d'un conseiller clé [du prince] et des membres de l'équipe de protection de Mohammed ben Salmane dans l'opération, ainsi que sur [le fait que] le prince héritier appuie l'utilisation de mesures violentes pour réduire au silence les dissidents à l'étranger, dont Khashoggi.

    - Mohammed ben Salmane disposait depuis l'année 2017 d'un contrôle absolu des services de renseignement et de sécurité du royaume, rendant très improbable l'hypothèse que des responsables saoudiens aient pu conduire une telle opération sans son feu vert.

    - A l'époque de l'assassinat de Jamal Khashoggi, Mohammed ben Salmane faisait régner un climat tel que ses collaborateurs n'osaient vraisemblablement pas remettre en question les ordres reçus ou prendre des décisions critiques sans son autorisation par crainte d'être renvoyés ou arrêtés.

    - L'équipe saoudienne qui a commis l'assassinat est arrivée à Istanbul le 2 octobre 2018. Elle comprenait des responsables travaillant ou qui étaient en relation avec le Centre d'études et des affaires médiatiques de la Cour royale saoudienne (CSMARC) .

    - Lors de l'assassinat de Khashoggi, le "CSMARC" était sous la direction de Saoud Al-Qahtani, le proche conseiller de Ben Salmane, qui a déclaré publiquement, à la mi-2018, qu'il n'avait pris aucune décision sans l'autorisation du prince héritier.

    - Cette équipe comprenait également 7 membres des meilleurs gardes du corps de Ben Salmane, connue sous le nom de «Force d'intervention rapide» qui relève de la Garde royale saoudienne. Elle a pour mission de protéger le prince héritier, et de ne recevoir d'ordres que de lui, et a participé auparavant à des opérations de répression des dissidents à l'intérieur du Royaume et à l'étranger, sur ordre du prince héritier.

    - Le prince héritier considérait Khashoggi comme une menace pour le royaume et plus largement soutenait le recours à des mesures violentes si nécessaire pour le faire taire.

    * 21 complices du crime:

    Nous concluons avec "une grande certitude" que les personnes suivantes ont participé, ordonné ou étaient complices ou responsables de l'assassinat de Khashoggi au nom de Ben Salmane. Sans avoir une confirmation que ces individus étaient au courant
    que l'opération conduirait ou pas l'assassinat de Khashoggi :

    1- Saoud Al-Qahtani

    2 - Maher Motreb

    3- Nayef Al-Arifi

    4 - Mohammad Al-Zahrani

    5 - Mansour Aba Hussain

    6- Bader Al-Otaiba

    7- Abdulaziz Al-Hassawi

    8- Walid Abdallah Al-Chehri

    9- Khaled Al-Otaiba

    10- Zaar Al-Harbi

    11- Fahd Shihab Al-Balawi

    12- Mechaal Al-Bostani

    13 - Turki Al-Chehri

    14- Mustapha Al-Madani

    15- Saif Saad

    16- Ahmed Asiri

    17- Abdallah Mohammad Al-Huwairini

    18- Yasser Khaled Al-Salem

    19- Ibrahim Al-Salem

    20- Salah al-Tabiqi

    21- Mohammad Al-Otaibi