AQMI

  • Mali : L'armée française annonce avoir éliminé un membre dirigeant d'une branche d'Al-Qaïda

    Imprimer

    L'armée française a annoncé jeudi 21 octobre 2021 avoir éliminé Nasser Al Tergui, un membre dirigeant du groupe islamique Katiba Serma affilié à al-Qaida, la semaine dernière au Mali.

    Dans un communiqué, l'armée française a déclaré qu'il avait été tué lors d'une frappe aérienne menée par les forces militaires de Barkhane le 15 octobre.

    Katiba Serma, un groupe armé affilié à al-Qaïda, opère le long de la frontière troublée du Mali avec le Burkina Faso.

    Al Tergui était le numéro deux de la brigade Gourma-Serma du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jamaat Nasr al-Islam wal Muslimin), selon le communiqué.

    Al Tergui aurait rejoint al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) en 2012.

    Il avait « des responsabilités opérationnelles majeures au sein du groupe, notamment la pose d'engins explosifs improvisés », indique le communiqué, ajoutant : « Sa mort réduira la capacité de nuire à un groupe terroriste armé connu pour avoir mené des attaques contre les forces locales et la population locale. . "

    Un drone aurait repéré un véhicule censé transporter Al Tergui et cinq autres membres de la brigade à environ 100 kilomètres au nord-ouest de la ville de Gossi le 15 octobre.

    Une opération a été lancée pour intercepter le véhicule, mais celui-ci a refusé de s'arrêter.

    "Deux frappes aériennes ont été déclenchées, détruisant le véhicule et neutralisant les cinq occupants", a indiqué l'armée.

    Le Mali lutte contre une insurrection liée aux groupes islamiques al-Qaïda et Daech depuis 2012, lorsque des troubles ont éclaté dans le nord du pays.

    Le gouvernement de transition du Mali a déclaré mardi avoir demandé au Haut Conseil islamique d'ouvrir des pourparlers de paix avec les dirigeants des groupes liés à al-Qaïda pour mettre fin à une décennie de conflit, une décision non soutenue par le principal allié militaire du pays, la France.

    La France a maintenu environ 5 100 soldats en Afrique de l'Ouest dans le cadre de sa force antiterroriste Opération Barkhane, dont le quartier général est situé à N'Djamena, la capitale du Tchad. La force est en train de baisser en importance.

    L'armée française a tué en septembre Adnan Abu Walid al-Sahrawi, le chef de Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS), le groupe islamique responsable de certaines des pires violences dans la région du Sahel en Afrique de l'Ouest.

    La mort d'al-Sahraoui, que la France a classé comme ennemi numéro un, et qui était recherché pour des attaques meurtrières contre des soldats américains et des travailleurs humanitaires étrangers, a fait suite à l'assassinat en juin 2020 du chef d'al-Qaïda, Abdelmalek Droukdel. Al-Sahraoui avaient prêté allégeance à l'Etat islamique en 2015.

  • Sahel : La France annonce la mort du chef de l'Etat islamique dans le Grand Sahara

    Imprimer

    Les forces françaises ont tué le chef de l'Etat islamique dans le Grand Sahara, Adnan Abu Walid Al-Sahrawi, a déclaré, jeudi 16 septembre 2021, le président français dans un tweet  : "C'est un autre grand succès dans notre guerre contre les groupes terroristes dans la région."

    Qui est « Adnan Abu Walid al-Sahrawi», le chef de l'Etat islamique dans le Grand Sahara ?
    "Al-Sahrawi" est né, selon les rapports, au début ou à la fin des années soixante-dix du siècle dernier dans la ville d'El-Ayoun au Sahara occidental une riche famille de marchands qui s'est réfugiée en Algérie. La famille vivait dans un camp appartenant au Front Polisario; Jeune homme, il a rejoint le Front Polisario et, après avoir obtenu son diplôme d'Algérie, il a rejoint l'Union de la jeunesse sahraouie en 1998. C'est à ce moment qu'il est entré dans l' Armée populaire de libération sahraouie (Polisario) et reçu un entraînement à l'école militaire appelée "école Martyr Al-Wali".

    Les informations disponibles indiquent qu'il est l'un des fondateurs, en 2011 du groupe salafiste "Jama'at al-Tawhid wal-Jihad en Afrique de l'Ouest" dont il est devenu le porte-parole officiel. Ce groupe islamique malien est responsable de l'enlèvement de travailleurs humanitaires espagnols dans le camp de réfugiés de Tindouf en l'Algérie et d'un groupe de diplomates algériens au Mali, en 2012. Al-Sahrawi a ensuite rejoint l'organisation "Al-Mourabitoun", avant de rallier l'Etat islamique. Il a été le premier à prêter allégeance au calife auto-proclamé Abou Bakr al-Baghdadi, en mai 2015.

    En 2013, l'organisation "Jama'at al-Tawhid wal-Jihad en Afrique de l'Ouest" s'est transformée en « Al-Mourabitoun », et Adnan Abu Walid Al-Sahrawi a annoncé le 19 mai sa responsabilité dans l'enlèvement d'un Garde roumain d'une mine près de la région de Tambau.

    Une scission s'est produite au sein de l'organisation « Al-Mourabitoun » en mai 2015. Al-Sahrawi faisait partie d'un groupe qui a prêté allégeance à Al-Baghdadi, le chef de l'Etat islamique (Daech), tandis que Mokhtar Belmokhtar, une figure célèbre connue pour son association avec "Al-Qaida", a rejeté la démarche et a confirmé son serment d'allégeance à Ayman Al-Zawahiri.

    La rupture a vite tourné aux affrontements entre les deux groupes. Ils se sont combattus au nord de la région de Gao (Mali)  le 14 juin 2015, au cours duquel Abou Walid al-Sahrawi a été blessé et 14 autres ont été tués.

    Il a été rapporté que Yahya Abu al-Hamam, le chef d'"Al-Qaïda" dans la région du Sahel, a réprimandé al-Sahrawi dans une interview avec un journal en ligne mauritanien pour son allégeance à al-Baghdadi, mais a déclaré qu'ils étaient toujours en contact avec lui.

    L'EIGS a perpétré des attaques particulièrement meurtrières, visant civils et militaires, au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Il avait pris pour cible des soldats américains dans une attaque meurtrière en octobre 2017, au cours de laquelle quatre soldats américains des Forces spéciales et quatre Nigériens avaient été tués dans une embuscade à Tongo Tongo, près du Mali, dans le sud-ouest du Niger.

    Fin 2019, l'EIGS avait mené une série d'attaques d'ampleur contre des bases militaires au Mali et au Niger. Et le 9 août 2020, au Niger, le chef de l'EIGS avait personnellement ordonné l'assassinat de six travailleurs humanitaires français et de leurs guide et chauffeur nigériens. Cette attaque contre des jeunes engagés dans l'humanitaire avait suscité une vive émotion en France et au Niger, classé ensuite en zone rouge, soit "formellement déconseillée", à l'exception de la capitale Niamey, par le ministère français des Affaires étrangères.

    Plusieurs chefs djihadistes éliminés par l'opération française Barkhane mais d'autres sont toujours actifs
    Depuis le début de son intervention militaire au Mali en 2013, l'armée française a tué plusieurs membres de haut rang de l'EIGS dans le cadre de ses opérations visant des chefs djihadistes. 

    Le 8 juin 2020, les forces françaises ont tué le chef d'AQMI Abdelmalek Droukdel lors d'un raid dans le nord du Mali. Cette élimination a touché l'organisation, mais d'autres puissants dirigeants liés à al-Qaïda continuent d'opérer dans le Sahel semi-désertique. Deux, en particulier, sont toujours en fuite et prêts à dominer le soulèvement djihadiste dans la région. Il s'agit de Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa, tous deux liés au réseau al-Qaïda. Le premier dirige la puissante alliance GSIM (Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans). C'est un vétéran des conflits internes au Mali. D'origine touareg, il s'est d'abord fait connaître lors d'une rébellion menée par son ethnie dans les années 1990. Après une période passée dans l'ombre et à mener des affaires privées, il revient publiquement au militantisme en 2012, avec un groupe nouvellement créé appelé Ansar Dine. Cette année-là, les séparatistes touaregs ont lancé un vaste soulèvement dans le nord du Mali. L'événement a déclenché un conflit sanglant, désormais étendu au Burkina Faso et au Niger voisins. Initialement allié des séparatistes, Ansar Dine s'en est immédiatement séparé et, avec d'autres groupes djihadistes, a pris le contrôle de plusieurs villes du nord du Mali jusqu'à ce que les troupes françaises chassent les combattants islamistes de ces zones en 2013. Ansar Dine est membre du GSIM, qui comprend également la Katiba Macina d'Amadou Koufa et AQMI (al-Qaïda au Maghreb Islamique). Iyad Ag Ghaly dirige cette alliance.

    Koufa, autre membre clé du GSIM, est considéré comme subordonné à Ag Ghaly. Son influence a commencé à grandir depuis qu'il a fondé la Katiba Macina en 2015. Il a été accusé d'exploiter les tensions entre bergers et agriculteurs et d'attiser les tensions ethniques dans le centre du Mali, où la milice a organisé nombre de ses attaques. Le centre du Mali est désormais devenu l'un des principaux théâtres des attaques djihadistes au Sahel. Les massacres à motivation ethnique sont également courants. Les pasteurs peuls sont souvent accusés d'être proches des djihadistes, une perception qui a conduit à des meurtres et à des affrontements avec d'autres groupes ethniques.

     

  • La région du Sahel sur les traces du scénario afghan (Analyse)

    Imprimer


    (Mustapha Dalaa)
    La chute de l’Afghanistan aux mains des Taliban menace d’embraser davantage la région du Sahel, concomitamment avec la recrudescence des attaques armées perpétrées dans la région, en particulier au Mali, dont les Nations Unies avaient mis en garde quant à son éventuel effondrement, dès lors que la situation a franchi le seuil de la gravité.

    En effet, Iyad Ag Ghali, chef du « Groupe de soutien de l’islam et des musulmans » (GSIM), affilié à al-Qaida dans la région du Sahel, avait félicité, dans une vidéo enregistrée, diffusée depuis plusieurs semaines, le Mouvement des Taliban pour ses victoires remportées en Afghanistan.

    Fondateur du Mouvement « Ansar Eddin » - qualifié par nombre d’observateurs de « Taliban des Azawad » - Ag Ghali est l’un des principaux leaders des Touaregs au Mali.

    Ancien consul de l’Etat malien en Arabie Saoudite, Iyad Ag Ghali vise, actuellement, à cloner l’expérience des Taliban, qui ont récupéré le pouvoir en Afghanistan, après le retrait de l’armée américaine.

    Parmi les facteurs qui encouragent le chef touareg à rééditer la même expérience figure la faiblesse du régime malien. En effet, ce pays a été le théâtre de trois putschs depuis 2012, ainsi qu'une récente décision française prévoit de mettre fin à l’opération militaire « Barkhane » au Sahel et le retrait total du nord du Mali, à l’orée de l’année 2022. Il est prévu que les forces françaises se retirent progressivement des villes de Kidal, de Tombouctou et de Tessalit au début de l’année prochaine.

    Ag Ghali indique, que la décision de la France de se retirer du Mali et de mettre un terme à son opération militaire après signifie qu'elle a échoué à atteindre les objectifs qu’elle s’était fixés.

    Le retrait français du Nord du Mali aboutira logiquement à faire assumer la mission sécuritaire, en premier lieu, aux forces onusiennes, au nombre de 15 000, ainsi qu’à l’armée malienne, présente en effectifs moindres dans ces zones. De plus, l’Algérie, pays limitrophe du Mali (nord), sera également concernée, d’autant plus que ce pays avait déjà été l’objet d’une attaque d’envergure lancée par les groupes armés depuis le territoire malien.

    Un Etat menacé de dislocation
    La situation sécuritaire précaire, la recrudescence des attaques terroristes, l’absence d’une autorité élue et stable, la réduction du soutien international, le réchauffement climatique qui génère des retombées en termes de sécheresse et d’inondations inattendues, et les conflits tribaux entre agriculteurs et nomades, sont autant de crises qui ne menacent pas uniquement le régime actuel de chute mais qui pourraient générer l’effondrement, voire la disparition de l’Etat.

    L’expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’Homme au Mali, Alioune Tine, a déclaré, le 6 août courant, que « la propagation rapide de la violence au Mali menace la pérennité de l’Etat en soi. La grave et durable détérioration de la situation sécuritaire a dépassé le seuil de la gravité ».

    Au terme d’une visite de 11 jours au Mali, l’expert onusien a souligné que « L’Etat faible et impuissant fait face à une grande difficulté pour assumer le rôle qui est le sien, s’agissant notamment de la protection de la population civile contre le danger que représentent les groupes armés qui prolifèrent partout dans le pays ».

    Le 27 juillet dernier, le Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans (GSIM) avait revendiqué huit opérations armées commises contre les forces onusiennes, l’armée malienne et les unités françaises durant le même mois.

    Le GSIM est une coalition d’organisations terroristes, en l’occurrence, l’organisation d’al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI), le régiment des Mourabitoune (qui a fait scission de l’AQMI), le Front de Libération de Macina et le groupe Ansar Eddine.
    De plus, l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) évolue dans la région de Gao, proche des frontières avec le Niger et ses attaques sont plus sanguinaires et plus violentes.

    Une dangereuse spirale de violence
    Le Mali n’est pas le seul pays de la région à souffrir de la grave menace sécuritaire. En effet, le Niger et le Burkina Faso partagent les mêmes risques, en particulier, dans la zone du « Triangle frontalier ».
    Durant le mois d’août, la zone du « Triangle frontalier » s’est transformée en des « marécages de sang », des suites des attaques armées qui ont fait pas moins de 250 morts, dont des femmes et des enfants.

    Le 18 août, une attaque perpétrée par quelque 400 éléments armés non-identifiés, contre un convoi dans le nord du Burkina-Faso, avait fait 120 victimes, dont 65 civils et 55 militaires. 58 assaillants ont péri dans cette attaque, selon des sources locales et médiatiques.

    Au Mali, 51 civils ont été tués dans une opération armée lancée, le 8 août contre trois villages situés dans la région de Gao, à proximité des frontières avec le Niger. Le 19 du même mois, ce sont 15 soldats maliens qui furent victimes d’une opération similaire dans le centre du pays.

    Le Niger aussi a été touché de plein fouet par la folie sanguinaire des groupes armés. En effet, trente-sept civils, dont seize enfants, ont été assassinés lors d’une attaque commise, le 14 août, dans la région de Tillabéri, située dans le fameux « Triangle frontalier ».

    Le 21 août, des éléments armés ont attaqué à nouveau la mène zone, faisant 17 morts, tous des civils.

    Quelques jours auparavant, le 11 août, des assaillants armés ont tué quinze civils près des frontières du Niger avec le Mali.

    Les armées du Mali, du Niger et du Burkina Faso, appuyées par 1200 soldats tchadiens et des soldats mauritaniens, dans le cadre de la Coalition G5 Sahel, en plus de 5100 militaires français et 15000 soldats onusiens, des centaines d’éléments des forces spéciales européennes (Opération Takuba) et des centaines de membres des forces américaines déployés dans les Etats du Sahel, ne sont pas parvenus à stopper le bain de sang qui secoue la région du Triangle frontalier.

    La situation est extrêmement dangereuse et le Mali, théâtre de deux coups d’Etat en 2020 et en 2021, semble le maillon faible parmi les pays du Sahel.

    L’Organisation al-Qaida s’apprête, d’ailleurs, à proclamer un « émirat islamique » dans le nord du Mali, à l’instar de ce qui se passe en Afghanistan, et ce avant même le parachèvement du retrait français de la région, au début de l’année 2022.

    Cette situation a poussé l‘Algérie à faire part de son « inquiétude quant à la reprise et à la recrudescence du rythme des graves attaques terroristes » dans plusieurs Etats du Sahel au cours des semaines écoulées.


    Les Touaregs peuvent entraver le projet d’al-Qaida
    A l’exception de la branche Ag Ghali, les Mouvements armés Touaregs (Amazighs) et arabes (Azawad), déployés dans le nord du Mali, sont en mesure d’avorter le projet d’al-Qaida visant à proclamer un « Emirat islamique » qui pourrait s’étendre jusqu’au Darfour, dans l’ouest du Soudan.

    L’Algérie pourrait envisager d’intervenir pour empêcher la mise en place d’une alliance entre les Mouvements Touaregs et Azawad d’une part et l’organisation d’al-Qaida d’autre part, comme cela s’était passé en 2012, comptant en cela sur sa fine connaissance des tribus de la région, qui constituent une extension humaine, au-delà de ses frontières, en Afrique sub-saharienne.
    Cette réalité est parfaitement saisie par les Nations Unies dans le but d’empêcher la chute du Nord du Mali dans l’escarcelle d’al-Qaida ou dans le giron de Daech, après le retrait de l’armée française de la région.

    Le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), le diplomate mauritanien El-Ghassim Wane , a mis l’accent sur l’importance capitale que revêt l'Accord de Paix et de Réconciliation issu du processus d’Alger de 2015, "devenu inéluctable pour garantir une stabilité durable au Mali".

    Le responsable onusien a ajouté que c’est à la faveur de l’application de l'Accord d’Alger que les parties signataires sont convenues, pour la première fois au Mali à « faire taire les armes ».
    Néanmoins, ce que ne dit pas clairement Wane c’est que les atermoiements de Bamako à mettre en œuvre certains points de l'Accord d’Alger pourraient inciter les Touaregs à se rebeller à nouveau et, pourquoi pas, à s’allier avec les groupes djihadistes pour se séparer du Mali.

    Toutefois, ce scénario est peu probable dans la mesure où les groupes djihadistes s’étaient déjà rétractés des accords passés avec les mouvements rebelles, Touaregs et Azawad, après l’expulsion de l’armée malienne des villes du nord, en 2012, pour s’emparer seuls de l’ensemble de la région.

    La réédition du scénario afghan dans la région du Sahel n’est pas exclue, si les pays de la zone et leurs composantes tribales majeures ne s’activent pas à contrer ce projet avec l’aide des pays limitrophes. Toutefois, al-Qaida et Daech diffèrent dans leur philosophie de combat des Taliban qui demeure un groupe local, tandis que les deux autres organisations ne reconnaissent pas les frontières nationales.

  • Mali : Au moins 51 civils tués dans des attaques simultanées dans 4 villages à Ouatagouna

    Imprimer

    Au moins 51 personnes ont trouvé la mort dans des attaques simultanées, menées dans quatre villages maliens de la commune de Ouatagouna, cercle d'Ansongo, (nord) dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 août 2021.

    L'attaque a été menée par des individus lourdement armés, a indiqué l'autorité locale, provoquant la mort de plusieurs dizaines de civils.

    “L'attaque a lieu dans la nuit et l'armée ne sort pas la nuit. C'est ce lundi matin qu'une mission des forces de défense et de sécurité a été dépêchée sur les lieux”, explique Oumar Kida préfet adjoint d'Ansongo.

    Mahamane Bacala premier adjoint au maire de la commune de Ouatagouna explique pour sa part que l'attaque a ciblé quatre villages, à savoir, Karou 17 morts, Dirgua (7), Deouteguef (14) et Ouatagouna (10)”.

    L'élu communal affirme que le bilan pourrait être revu à la hausse au regard du nombre des blessés non encore connu.

    De son côté, la Coordination des Mouvements et Front Patriotique de Résistance (CMFPR1), a indiqué dans un communiqué que des individus lourdement armés ont froidement abattu une dizaine de civils dans chacun de ces villages avant de s'enfuir.

    Elle a, en outre, invité l'armée Malienne, ses partenaires ainsi que les groupes d'autodéfense signataires de l'accord issu du processus d'Alger présents dans le cercle d'Ansongo de multiplier les patrouilles, de mutualiser leurs efforts pour la protection des personnes et de leurs biens.

    La région des trois frontières
    La région orientale du Mali, à la frontière avec le Niger et le Burkina Faso, est connue sous le nom de « zone tri-frontière » et est un endroit particulièrement instable dans la région désertique du Sahel. Dans cette zone, la violence a commencé à augmenter à la suite d'un soulèvement djihadiste en 2012, au cours duquel un groupe de militants a pris le contrôle du nord du Mali, puis s'est étendu aux pays voisins, notamment au Burkina Faso et au Niger voisins. Aujourd'hui, de nombreux groupes armés continuent d'être actifs dans la région et sont affiliés à al-Qaïda ou à l'État islamique. Leur présence a exacerbé les conflits ethniques et religieux déjà présents, fait des milliers de victimes et contraint des millions de personnes à fuir leurs foyers. L'assaut le plus meurtrier de la région a eu lieu le 4 juin, lorsqu'un groupe d'hommes armés a été tué environ 132 civils  dans une attaque dans la nuit, dans un village du nord du Burkina Faso, dans la province de Yagha, à la frontière avec le Niger. 

    Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)
    L'une des organisations terroristes présentes dans la région depuis le plus longtemps est  al-Qaïda au Maghreb islamique , également connue sous l'acronyme AQMI. C'est un groupe né des militants qui avaient participé à la guerre civile algérienne. Cependant, ils avaient initialement mis en place, en 1998, une organisation salafiste connue sous le nom de « Groupe salafiste pour la prédication et le combat » (GSPC) qui rejetait les tendances plus violentes du Groupe islamique armé (GIA), concentrant ses attaques sur des cibles militaires et gouvernement. En 2006, le GSPC compte Fr.fidèle à al-Qaïda et devenu AQMI début 2007. Il s'agissait de la première véritable présence jihadiste transnationale dans la région et, bien qu'AQMI ait opéré dans tout le Sahel, le groupe reste aujourd'hui enraciné au Mali, notamment dans les régions de Kidal et Tombouctou. 

    État islamique au Grand Sahara (EIGS)
    L'État islamique au Grand Sahara (EIGS) est également actif dans la région , qui est plutôt une organisation militante islamiste affiliée à l'État islamique depuis 2015, née d'une division au sein de l'organisation connue sous le nom d'al-Mourabitoun, "les Sentinelles", un autre groupe terroriste djihadiste violent en Afrique de l'Ouest. Ce groupe, à son tour, est issu d'une fusion, en 2013, entre le bataillon al-Mulathamun, « les hommes masqués » et le Mouvement pour l'unité et le jihad en Afrique de l'Ouest. Les deux organisations sont issues d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). En décembre 2015, al-Mourabitoun a de nouveau fusionné avec AQMI, à la suite d'une attaque conjointe contre l'hôtel Radisson Blu à Bamako, la capitale du Mali, qui a eu lieu le 20 novembre 2015 et a entraîné la mort de 20 civils. En mai de la même année, Cependant,  l'État islamique dans la province de l'Afrique de l'Ouest  (ISWAP) pourrait également avoir aidé l'ISGS dans les récents assauts menés dans la zone des trois frontières, selon  certaines sources . 

     

  • Mali : Un dirigeant de l'Etat islamique au Sahel arrêté par les forces françaises

    Imprimer

    Des combats ont opposé mardi 15 juin des soldats nigériens et français, qui menaient une opération conjointe de reconnaissance, à des jihadistes du groupe État islamique du grand Sahara (EIGS).

    Un soldat nigérien a été tué, un autre blessé, et deux soldats français de la force Barkhane ont également été blessés dans cette opération, selon les précisions apportées mercredi 16 juin par l’état-major français. Ces combats ont eu lieu à In Arabane, près de Ménaka, au Mali, dans la zone des Trois frontières. Une zone où plusieurs actions ont été menées ces derniers jours, qui ont conduit à l’arrestation de plusieurs cadres du groupe État islamique.

    Le déploiement conjoint de Barkhane et des forces nigériennes est « toujours en cours ». L’armée française donne peu de détails, mais évoque « une dizaine » de terroristes tués ou capturés et annonce l’arrestation, vendredi 11 juin près de Ménaka, d’« un cadre du groupe État islamique au Grand Sahara » (EIGS,  Dadi Ould Chouaïb, plus connu sous le nom d’Abou Dadar ou Abou Dardar. Ancien membre du Mujao, groupe jihadiste qui avait occupé le nord du Mali en 2012 avec Ansar Dine et Aqmi, il avait depuis rallié le groupe État islamique avec plusieurs cadres du Mujao.

    Dadi Ould Chouaïb, alias Abou Dardar, "l'un des cadres de l'EIGS", est "suspecté d'avoir mutilé trois hommes le 2 mai dernier lors du marché hebdomadaire de Tin Hama" (Nord), a indiqué l'état-major français dans un communiqué, précisant que le jihadiste s'était rendu sans résistance et qu'il portait "une arme automatique, une lunette de vision nocturne, un gilet de combat, un téléphone et une radio".

    L'arrestation a eu lieu le 11 juin dans la matinée dans la zone "des trois frontières", aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, une des zones principales d'action des groupes jihadistes installés au Sahel, notamment de l'EIGS. Il y avait été repéré par un hélicoptère au cours d'une opération conjointe de Barkhane et des forces armées nigériennes. 

    Arrêté une première fois en 2014, il avait été remis aux autorités maliennes. Mais il avait fait partie des quelque 200 jihadistes élargis en octobre 2020 en échange de quatre otages, dont la Française Sophie Pétronin, au terme de négociations auxquelles Paris avait revendiqué n'avoir pas été associée.

    Le 2 mai, des hommes armés avaient rassemblé la foule lors du marché hebdomadaire de Tin Hama, et lui avaient présenté trois hommes qualifiés de voleurs, auxquels ils avaient coupé la main droite et le pied gauche, selon des informations recueillies auprès d'interlocuteurs locaux s'exprimant sous couvert de l'anonymat. Ces hommes armés étaient présumés appartenir à l'EIGS, avait indiqué la Mission de l'Onu (Minusma).

    Plusieurs sources font également état de l’arrestation de trois autres responsables de l’EIGS, dont Rhissa Al Sahraoui, lui aussi ancien pilier du Mujao, que plusieurs chercheurs et militaires locaux décrivent comme un haut responsable du groupe État islamique, proche du chef de l’organisation dans la zone, Abou Walid Al Sahraoui.

    L’armée française n’a pas souhaité confirmer cette arrestation, ni préciser si les personnes arrêtées étaient toujours interrogées par la force Barkhane ou si elles avaient été déjà remises aux autorités maliennes.

    "Décapiter les organisations islamistes"
    Selon une source sécuritaire, depuis sa libération en octobre, "il était cadi (juge islamique) dans la zone de ansongo-ménaka. Je le qualifierais de commandant de second rang, important au niveau local", a-t-elle estimé, soulignant par ailleurs à la fois sa longue absence du terrain et son retour de courte durée qui relativise son poids dans l'organisation.

    Son interpellation n'en est pas moins bienvenue pour la France, dont le président avait promis en février, lors d'un sommet avec les chefs d'Etats de la région, "une action renforcée" pour "essayer d'aller décapiter ces organisations", dont "la plus haute hiérarchie continue à nourrir un agenda jihadiste". Paris a donc depuis adopté une stratégie visant prioritairement les chefs.

    Barkhane vient à cet égard de revendiquer l'élimination d'un cadre du groupe el-Qaëda au Maghreb islamique (AQMI), adversaire de l'EIGS dans la zone. Baye Ag Bakabo était responsable du rapt et de la mort de deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés à Kidal (nord du Mali) le 2 novembre 2013.

    L'opération Barkhane est désormais officiellement promise à une fin prochaine. Elle sera remplacée par un dispositif international plus léger d'appui et d'accompagnement au combat des troupes des pays de la région, au prix d'une montée en puissance espérée des Européens et d'un investissement majeur des Etats concernés.

    La France souhaite ne plus tenter de sécuriser des zones où les Etats n'arrivent pas à garder pied, pour se concentrer sur la lutte ciblée contre les jihadistes et l'appui des forces locales. Une réorientation qui intervient alors que l'élection présidentielle de 2022 se rapproche en France, où cet engagement militaire suscite des interrogations croissantes, notamment au regard des 50 soldats tués au combat depuis 2013.

    Mais cette stratégie fait craindre que certaines zones du Sahel, notamment le nord du Mali, ne passent complètement entre les mains des groupes jihadistes tant les Etats locaux semblent dans l'incapacité de restaurer leur autorité dans ces vastes bandes désertiques et extrêmement pauvres.

  • Mali : Le journaliste français Olivier Dubois otage d'un groupe islamiste

    Imprimer

    Le journaliste freelance Olivier Dubois, basé à Bamako depuis août 2015, couvrait l'actualité nationale malienne, plus particulièrement sur les sujets sécurité, terrorisme et mise en oeuvre de l'accord de paix d'Alger. Il est le co-auteur et co-réalisateur de « Poilorama », web série documentaire pour ARTE Créative, et correspondant pour Le Point Afrique.

    Dans une vidéo de 21 secondes mise en ligne par ses ravisseurs, , il confirme qu’il est otage «aux mains du Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans (GSIM), affilié à al-Qaïda dans le Maghreb Islamique (AQMI), depuis le 8 avril dans la région de Gao. 

    Vidéo

  • Côte d’Ivoire : trois soldats tués dans deux attaques armées dans le nord

    Imprimer

    Au moins trois soldats ivoiriens ont été tués et cinq blessés dans deux attaques survenues à Kafolo (nord) et Tehini (nord-ouest) dans la nuit de dimanche à lundi, a fait savoir l’état-major des armées dans un communiqué, lundi.

    « Dans la nuit du 28 au 29 mars 2021, deux positions des forces armées de Côte d’Ivoire ont subi des attaques armées », précise le communiqué.

    La première attaque a été menée à Kafolo (nord) par « une soixantaine de terroristes lourdement armés venant du Burkina Faso », indique le communiqué, affirmant que « les forces armées de Côte d’Ivoire ont repoussé les assaillants au terme d’une heure de combat intense ».

    « Deux soldats tués et quatre blessés côté ami », indique la même source concernant le bilan de cette première attaque, alors que « trois terroristes ont été tués, quatre interpellés et du matériel logistique saisi », côté ennemi.

    En ce qui concerne la deuxième attaque, l’état-major général des armées ivoiriennes a précisé qu’elle avait eu lieu à Kolobougou (60 km au nord-ouest du département Tehini faisant frontière avec le Burkina Faso), « où un poste de la gendarmerie a été la cible d’individus non identifiés ».

    Le bilan de cette deuxième attaque fait état d’un gendarme tué et un autre blessé, alors qu’aucune victime n’a été identifiée, côté ennemi.

    La même source a fait savoir que l’armée a entamé une opération de ratissage pour traquer les présumés terroristes.

    Pour rappel, la localité de Kafolo, frontalière avec le Burkina Faso avait été la cible d’une attaque le 10 juin 2020, faisant 14 morts et six blessés parmi les forces ivoiriennes. Suite à cette attaque, soixante (60) personnes ont été arrêtées, dont le chef du commando ayant mené l’opération.

    Une autre attaque a eu lieu le 13 mars 2016 à Grand-Bassam (sud), faisant 19 morts, dont trois soldats des forces ivoiriennes et 33 blessés.

    Cette attaque, revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique, avait ciblé des terrasses d’hôtels dans la ville.

    Al-Qaïda au Maghreb Islamique veut s'étendre vers le Golfe de Guinée
    Par rapport à ses voisins sahéliens, la Côte d’Ivoire était relativement à l’abri des attaques terroristes qui secouent la région ouest-africaine.

    Cependant, début février dernier, les renseignements français avaient averti, sur la base de renseignements, de l’intention des groupes terroristes d’étendre leur champ de bataille vers le sud, en l’occurrence en Côte d’Ivoire et au Bénin.

    Le chef du renseignement extérieur français, Bernard Émié, avait évoqué la tenue d’une réunion secrète au Mali, dont le but était d’étendre les attaques vers les pays du Golfe de Guinée.

    « C’est là que les chefs d’Al-Qaïda au Sahel ont conçu leur projet d’expansion vers les pays du golfe de Guinée. Ces pays sont désormais des cibles eux aussi. Pour desserrer l’étau dans lequel ils sont pris et pour s’étendre vers le sud, les terroristes financent déjà des hommes qui se disséminent en Côte d’Ivoire ou au Bénin», avait affirmé, Bernard Émié.