Libye : L'Etat islamique revendique l'explosion d'une voiture piégée (08/06/2021)

E3OzKJuXMAEgLjw.jpegL'Etat islamique (Daech) a revendiqué lundi 7 juin 2021 l'explosion d'une voiture piégée survenue la veille dans la ville libyenne de Sebha (sud), ayant entraîné la mort de deux agents des forces de l'ordre. Deux agents de sécurité ont été tués et cinq autres blessés dimanche dans cet attentat visant un checkpoint à Sebha, ville désertique située à 750 km au sud de la capitale Tripoli, selon des sources sécuritaires contactées par l'AFP.

Dans un communiqué diffusé par son agence de propagande Amaq, l'Etat islamique a revendiqué cette attaque menée par un de ses "chevaliers" contre un "poste de contrôle de la milice" du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est libyen et chef de l'Armée nationale libyenne (ANL), avançant un bilan de quatre morts. Le kamikaze a été identifié par l'Etat islamique sous le nom de Mohamed al-Mouhajir. Il a activé la charge de sa voiture piégée a l’entrée de la locaux de la police judiciaire [pro Haftar] . Parmi les morts se trouvle chef de la PJ de Sebha, Ibrahim Abdel Nabi.
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Le chef du gouvernement libyen de transition, Abdelhamid Dbeibah, a condamné dimanche un "acte terroriste lâche" et présenté ses condoléances aux familles des deux "martyrs".

Il s'agit de la première attaque jihadiste menée par l'Etat islamique dans le pays depuis plus d'un an, rappelle le SITE Intelligence Group, organisme spécialisé dans la surveillance des sites internet islamistes. La dernière opération de l'Etat islamique contre les forces de l'Armée Nationale Libyenne avait pris pour cible la base aérienne de  Tamanhint, le 3 juin 2020. Le dernier attentat à la voiture kamikaze dans le pays a eu lieu  le 7 mai 2018 à Syrte.

Chef-lieu du Fezzan, la province sud de la Libye, la ville de Sebha a été le théâtre de plusieurs attaques jihadistes ces dernières années. 

La Libye a plongé dans le chaos avec la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, un chaos marqué par l'existence de pouvoirs rivaux, par des violences sanglantes et par la présence de milices, de combattants étrangers et de groupes jihadistes. L'interminable transition politique libyenne s'est accompagnée d'une désintégration de l'appareil sécuritaire, favorisant l'arrivée dans ce pays d'Afrique du Nord de groupes jihadistes, au premier rang desquels figure l'Etat islamique dès 2014. Le groupe avait alors multiplié les attaques meurtrières, avant de perdre peu à peu de son influence avec la perte de ses fiefs autour des villes de Syrte (nord-centre) fin 2016 et de Derna (est) en 2018. Mais même affaiblis, les jihadistes constituent toujours une menace persistante pour le pays, après leur repli dans le désert ou parmi la population sur la côte méditerranéenne.

Cet attentat intervient alors que la Libye est engagée dans un processus politique parrainé par l'ONU ayant permis l'installation, en mars, d'un gouvernement de transition dirigé par M. Dbeibah chargé de réunifier le pays et de préparer un double scrutin législatif et présidentiel crucial prévu en décembre 2021.

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