Indonésie : Quatre membres de l'Armée du Salut tués par des islamistes liés à l'Etat islamique (28/11/2020)

Des extrémistes islamistes liés à l'Etat islamique (EI) ont tué quatre évangélistes de l'Armée du Salut, dont un a été décapité et un autre brûlé vif, dans un village isolé sur l'île de Sulawesi, en Indonésie, ont annoncé samedi les autorités. Ces hommes armés de sabres et d'armes à feu sont arrivés vendredi matin dans le village de Lembantongoa, dans le centre de l'île, tuant quatre hommes et mettant le feu à une demi-douzaine de maisons, y compris une où avaient lieu les prières et les services religieux, a précisé la police. Le motif de l'attaque n'était pour l'instant pas clair et aucune arrestation n'a pu être effectuée, a ajouté la police.

Mais selon les autorités, cette attaque serait le fait des East Indonesia Mujahideen (les Moudjahidine de l'Est de l'Indonésie, MIT), basé sur l'île de Sulawesi, l'un d'une dizaine de groupes radicaux dans le pays qui ont fait allégeance à l'Etat islamique.

L'Indonésie, le pays à population majoritairement musulmane le plus peuplé du monde, fait face depuis des années à des violences de la part de groupes combattants islamistes, tandis que la région du Sulawesi Central connaît depuis des décennies des violences entre chrétiens et musulmans. "Nous sommes arrivés à la conclusion que les assaillants étaient bien du MIT après avoir montré des photos de membres de ce groupe aux témoins de l'attaque", a déclaré le chef de la police locale, Yoga Priyahutama.

L'église des évangélistes était vide au moment de l'attaque, menée tôt le matin par environ huit militants. Heureusement, a-t-il souligné, la plupart des gens étaient chez eux à ce moment. Le chef du village, Rifai, a précisé que les quatre victimes étaient des hommes. L'un a été poignardé, un autre décapité, le troisième presque décapité, et le dernier brûlé vif dans sa maison. Si cette attaque est bien le fait du MIT, ce serait la première depuis qu'une unité anti-terroriste a tué son dirigeant il y a quatre ans.

En 2018, a expliqué une experte sur le terrorisme basée à Jakarta, Sidney Jones, le MIT était soupçonné d'avoir envoyé à Palu, lorsque cette ville de Sulawesi avait été touchée par un tremblement de terre suivi d'un tsunami, des hommes se faisant passer pour des humanitaires et chargés en fait de recruter de nouveaux membres.

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