France : Paris évoque de "possibles sanctions économiques" sectorielles contre la Turquie (15/11/2020)

La France a évoqué dimanche de "possibles sanctions économiques" sectorielles de l'Union Européenne contre la Turquie, déplorant son "islamisme agressif" aux portes de l'Europe.

"Des sanctions dans certains secteurs économiques, c'est une possibilité", a déclaré le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune dans l'émission "Le Grand Rendez-vous" de la radio Europe 1 et du quotidien Les Echos. "Toutes les options sont sur la table", y compris les sanctions individuelles, a-t-il ajouté, en rappelant celles déjà prises envers certains responsables turcs pour des forages gaziers contestés en Méditerranée. "Vous évoquez l'Union douanière, je ne crois pas que ce soit (l'option) la plus efficace", a-t-il en revanche souligné en référence à des informations de presse sur une possible suppression de l'union douanière entre l'UE et la Turquie.

Après une série de contentieux, l'Union européenne a condamné fin octobre les provocations "totalement inacceptables" d'Ankara mais renvoyé à son sommet de décembre toute prise de décision sur d'éventuelles sanctions.

"Nous avions donné une chance au dernier sommet européen à la Turquie qui avait donné de petits signaux d'apaisement (...) Maintenant elle a choisi la voie encore une fois de la provocation et de l'agressivité systématiques", a estimé Clément Beaune. "Nous irons plus loin certainement", a-t-il martelé.

Les tensions et les contentieux se sont multipliés entre l'UE et la Turquie, notamment en Méditerranée orientale où la découverte de vastes gisements gaziers aiguise les appétits. Dernièrement, la Turquie a apporté un soutien majeur à l'Azerbaïdjan face à l'Arménie dans le conflit du Nagorny Karabakh. Elle a aussi appelé à boycotter les produits français après le soutien exprimé par le président Emmanuel Macron au droit à la caricature au nom de la liberté d'expression, après la décapitation le 16 octobre par un islamiste d'un enseignant français qui avait montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet.

"Pendant 10 ou 15 ans, on a pensé que la Turquie était une sympathique démocratie-chrétienne à l'orientale avec une modernisation qui se ferait progressivement", a déclaré Clément Beaune. "Ca n'est pas cela. C'est un islamisme agressif culturellement, géo-politiquement, dans tous les domaines. On l'a vu encore dans le Haut Karabakh ces derniers jours et donc il ne faut avoir aucune naïveté", a-t-il insisté. "Non la France n'est pas seule face à la Turquie (...) Aujourd'hui aucun pays européen n'a plus d'illusions sur ce que sont M. Erdogan et son régime", a-t-il assuré.

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