Nagorny-Karabakh : La trêve toujours pas respectée (12/10/2020)

Des combats opposaient lundi matin forces séparatistes arméniennes du Nagorny Karabakh et armée azerbaïdjanaise, en violation d'un accord de trêve humanitaire censé être en vigueur depuis samedi 10 octobre.

Depuis Stepanakert, capitale séparatiste, un journaliste de l'AFP pouvait entendre dans la matinée les tirs d'artillerie provenant du sud-ouest de la république auto-proclamée. D'autres reporters de l'AFP, en Azerbaïdjan, entendaient eux le bruit sourd de l'artillerie depuis le district de Terter, situé au nord-est du Karabakh.

Comme à leur habitude, les belligérants s'accusaient mutuellement de nourrir les hostilités et revendiquaient des succès sur le champ de bataille. Le ministère de la Défense de l'Azerbaïdjan a ainsi affirmé sur Twitter que les forces séparatistes bombardaient les districts de Goranboy, Terter et Agdam et qu'elles étaient "exténuées" et en retraite dans la région de Hadrout.

(Reportage russe à Hadrut - toujours entre les mains des Arméniens)

Le centre d'information du gouvernement arménien a lui assuré que l'armée azerbaïdjanaise avait été repoussée, et qu'elle avait subi "de lourdes pertes humaines et en équipement militaire".

Le Nagorny Karabakh, territoire majoritairement peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan entraînant une guerre ayant fait 30.000 morts dans les années 1990. Bakou accuse depuis l'Arménie d'occuper son territoire, et les heurts armés y sont réguliers.

Ankara à Moscou : les Arméniens doivent se retirer du Nagorny Karabakh
Le ministre turc de la Défense a appelé lundi au retrait des Arméniens du Nagorny Karabakh lors d'un entretien téléphonique avec son homologue russe, dont le pays a parrainé une trêve dans l'enclave, violée depuis son entrée en vigueur samedi.

Le ministre turc, Hulusi Akar, a souligné lors de l'entretien avec le russe Sergueï Choïgou la nécessité pour l'Arménie, "qui a attaqué des zones civiles en violation du cessez-le-feu, de mettre fin à ses attaques et de se retirer des territoires qu'elle occupe", a indiqué le ministère turc de la Défense dans un communiqué.

"L'Azerbaïdjan ne peut pas attendre 30 ans de plus pour une solution", a ajouté M. Akar, faisant allusion à un premier cessez-le-feu conclu en 1994, qui a "gelé" le conflit après une guerre qui avait fait quelque 30.000 morts.

La Turquie, qui a pris fait et cause pour l'Azerbaïdjan depuis le début des derniers affrontements le 27 septembre, estime qu'un cessez-le-feu reviendrait à geler de nouveau le conflit au Karabakh et défend le droit de Bakou de "libérer" l'enclave contrôlée par les séparatistes arméniens.

L'Azerbaïdjan, qui a dépensé sans compter en armement ces dernières années, a prévenu que ses opérations militaires ne cesseront définitivement qu'en cas de retrait arménien du Nagorny Karabakh.

La Russie entretient de bonnes relations avec les deux belligérants auxquels elle fournit des armes, mais reste plus proche de l'Arménie qui appartient à une alliance militaire dominée par Moscou.

Le ferme soutien de la Turquie à la volonté affichée par Bakou de chasser les séparatistes arméniens du Karabakh risque de provoquer des tensions entre Ankara et Moscou, qui cherche à imposer un cessez-le-feu mettant fin aux combats.

10:41 | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |