Nouvelles de la guerre globale entre Sunnites et Chiites – 21 juin 2014 (21/06/2014)

Sur le front syrien

- Province de Hama
Les rebelles syriens ont fait exploser, vendredi 20 juin, un camion chargé de près de trois tonnes d’explosifs contre un barrage de l’armée fidèle au régime dans  le village d'al-Horra (province de Hama).
L’explosion a fait 38 morts dont des civils et des membres des forces de sécurité, et plus de 40 blessés. Le Front islamique, une coalition de rebelles islamistes soutenus par l’Arabie saoudite et les Emirats du Golfe, a revendiqué l'attaque sur son compte Twitter, en précisant que les explosifs placés dans le véhicule avaient été actionnés à distance et visaient des « rassemblements de miliciens d'Assad ».
La vidéo ci-dessous montre l’attaque de la position dans la nuit suivie de tirs de roquettes le lendemain :
https://www.youtube.com/watch?v=YyRXREHScJo&feature=p...

- Province de Deir ez-Zhor (est syrien)
À l'Est, l'EIIL a gagné du terrain, prenant à des groupes rebelles la ville de Mouhasan et deux autres villages de la province pétrolière de Deir ez-Zor, dont il contrôle de larges secteurs

- Sur le front irakien

Combats entre l’EIIL et l’armée des Naqchbandis
J’avais prévenu, le mercredi 17juin que les jihadistes de l’EIIL allaient forcément s’affronter avec les organisations qui participaient à l’offensive sunnite contre le régime de Nouri al-Maliki en Irak. Cela n’a pas tardé. Les affrontements qui ont eu lieu depuis vendredi 20 juin à Hawija, province de Kirkouk, opposent l’EIIL à l’armée de Naqchbandis dont les membres sont en majorité d’anciens militaires de l’armée de Saddam Hussein.
Les combattants de l’armée des Naqchbandis auraient refusé de rendre leurs armes et de prêter allégeance aux jihadistes. Une autre raison pourrait être de savoir qui mettrait la main sur les citernes pétrolières, nombreuses dans cette région du pays.
Dès le début de l’offensive sunnite en Irak on pouvait s’interroger sur la viabilité d’une alliance regroupant des éléments très disparates, comme les tribus sunnites, d’anciens militaires de Saddam Hussein et une floraison de groupes jihadistes dont la plus importante est l’EIIL.
On savait que l’EIIL chercherait à imposer son interprétation rigoriste de l’Islam et que son but était de recréer un califat sunnite dans la région du Moyen orient. Beaucoup d’autres groupes étaient, eux, animés par l’esprit de vengeance, à savoir redonner la suprématie politique à la communauté sunnite, ou s’étaient tout simplement dressés contre la politique autoritaire de Nouri al-Maliki qui se faisait surtout au détriment de la communauté sunnite.

Si seulement Nouri al-Maliki se retirait !
On peut imaginer que dans le cas où Nouri al-Maliki laissait la place à un dirigeant mieux inspiré de nombreux Sunnites pourraient préférer coopérer avec l’Etat irakien plutôt que de passer sous la coupe des jihadistes de l’EIIL.
Nouri al-Maliki est l’objet de critiques sur sa façon de gouverner, non seulement des Sunnites mais également de la part de nombreux Chiites comme l’Imam Moqtada Sadr ou encore l’ayatollah Sistani, la principale autorité religieuse chiite du pays.
Il semble que les Etats-Unis soient de plus en plus impatients vis-à-vis de Maliki qu’ils considèrent désormais comme un obstacle à la cohésion du pays. Le problème est que Nouri al-Maliki a remporté les  dernières élections législatives du 30 avril 2014. Il tarde, toutefois, à former son gouvernement et l’administration américaine pourrait en profiter pour convaincre diverses forces politiques irakiennes à proposer une personnalité chiite plus consensuelle, avec l’espoir que Kurdes et Sunnites reviendront sur leur décision de faire sécession, ce qui est loin d’être acquis.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

 

 

 

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