Amini Muhammad Shafiq (un dirigeant du TLP)

  • Pakistan : Libération des policiers pris en otage par des manifestants anti-France

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    Onze policiers pakistanais pris en otage par des manifestants anti-France du parti islamiste radical Tehreek -e-Labbaik Pakistan (TLP) ont été libérés à l'issue de négociations, a annoncé lundi 19 avril 2021 le ministère de l'Intérieur.

    Les policiers avaient été enlevés et conduits dimanche dans la mosquée du Tehreek-e-Labbaik Pakistan à Lahore, au cours de violentes manifestations. Une vidéo mise en ligne dimanche, dont l'authenticité a été confirmée à l'AFP par la police, montrait des policiers blessés, certains en sang et contusionnés, un bandage autour de la tête.

    Le ministre de l'Intérieur Sheikh Rashid Ahmed a indiqué que les policiers avaient été libérés tôt lundi à l'issue de "négociations" avec le parti Tehreek-e-Labbaik Pakistan  (TLP), officiellement interdit depuis la semaine dernière par le gouvernement qui l'a classifié comme organisation terroriste.

    Les officiers étaient retenus dans une mosquée appartenant au TLP, dans laquelle se sont regroupés des partisans de ce mouvement. Elle était encerclée par la police.

    "Des premières négociations ont été entamées avec le TLP, elles ont réussi", a déclaré M. Rashid dans une vidéo sur Twitter. "Ils ont libéré les 11 policiers qui avaient été pris en otage", a-t-il ajouté, précisant qu'une deuxième série de négociations aura lieu plus tard lundi, sans que l'on connaisse leur objet.

    Les islamistes avaient fixé au 20 avril la date limite pour l'expulsion de l'ambassadeur français. Des manifestations anti-France ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, entraînant la mort de six policiers et conduisant l'ambassade de France à appeler ses ressortissants à quitter provisoirement le pays.

    Le parti est depuis des mois à l'origine d'une campagne anti-France depuis que le président Emmanuel Macron a défendu le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression. Le dirigeant français s'était exprimé au cours de l'hommage rendu à un enseignant tué le 16 octobre après avoir montré des dessins satiriques à sa classe, dans la foulée de la republication de représentations du prophète Mahomet par l'hebdomadaire Charlie Hebdo.

    - Seconde série de négociations -
    La semaine dernière, l'ambassade de France au Pakistan a recommandé à ses ressortissants de quitter provisoirement le Pakistan, un appel qui semble avoir été largement ignoré.

    "Les partisans du TLP sont entrés dans la mosquée et la police s'est également retirée", a déclaré M. Rashid. "Espérons que les autres questions seront réglées lors de la seconde série de négociations".

    Les islamistes protestent depuis la semaine dernière contre la détention de leur chef, qui a été arrêté pour avoir demandé l'expulsion de l'ambassadeur de France.

    Des dirigeants du TLP affirment que plusieurs de ses partisans ont été tués lors des affrontements de dimanche. "Nous ne les enterrerons pas tant que l'ambassadeur de France ne sera pas mis à la porte", a déclaré dans une déclaration vidéo Allama Muhammad Shafiq Amini, un dirigeant du TLP.

    Le gouvernement du Premier ministre Imran Khan a interdit la semaine dernière le TLP, le qualifiant d'organisation terroriste.

    Pourtant, samedi, il a laissé entendre que le parti n'avait pas été interdit en raison de son idéologie mais plutôt pour ses méthodes.

    "Laissez-moi être clair avec les gens d'ici et d'ailleurs: notre gouvernement n'a pris des mesures contre le TLP, en vertu de notre loi antiterroriste, que lorsqu'il a contesté l'autorité de l'Etat, eu recours à la violence dans la rue et attaqué la population et les forces de l'ordre", a-t-il tweeté.

    Enterrement des membres du TLP tués pas les forces de l'ordre
    Une grande foule de partisans du TLP désormais interdit s'est réunie devant Masjid Rehmat ul lil Aalameen à Lahore pour offrir les prières funéraires de l'un des membres du groupe tué lors des affrontements avec la police.
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