Altun Fahrettin (conseiller pour la presse du prés

  • France/Turquie : Ankara s'en prend à la France après des critiques contre l'agence de presse étatique Anadolu

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    Mercredi 28 avril 2021, la Turquie a accusé  la France d'"opprimer" les médias après que Paris eut reproché à l'agence de presse étatique turque de "propager des fake news" sur la situation des musulmans dans l'Hexagone.

    Mardi, le Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR), un organisme français, avait publié une série de tweets critiques à l'endroit de l'agence de presse turque Anadolu, qualifiée d'"organe de propagande". En cause, plusieurs tribunes publiées sur le site en français d'Anadolu dénonçant l'"islamophobie" dont sont victimes, selon leurs auteurs, les musulmans vivant en France.

    "Anadolu est un organe de propagande qui publie sur son site des tribunes d'opinion attaquant, de façon mensongère et calomnieuse, la France", a dénoncé le SG-CIPDR. Anadolu "n'a de cesse de propager des fake news contre la France (...) en affirmant que l'État mettrait en place un ciblage de ses concitoyens musulmans. Cela est intolérable", a-t-il ajouté.

    Ces critiques ont suscité une vive réaction mercredi du directeur du service de communication de la présidence turque, Fahrettin Altun, qui a repris à son compte les accusations d'islamophobie contre la France et défendu Anadolu. "Nous constatons que la France continue sa politique de discrimination et d'oppression à l'égard des musulmans, mais aussi des médias", a déclaré sur Twitter M. Altun. "Arrêtez d'attiser l'islamophobie par le biais des institutions de l'Etat. Cessez vos pressions sur l'agence Anadolu", a-t-il ajouté.

    Cet échange intervient dans un contexte de tensions entre la Turquie et la France, deux pays membres de l'OTAN dont les relations se sont dégradées ces derniers mois. 

    Le président Recep Tayyip Erdogan taxe souvent le gouvernement français d'"islamophobie", une accusation reprise en chœur par les médias turcs, dont Anadolu. L'agence Anadolu, qui a été fondée en 1920 et publie dans 13 langues, est régulièrement accusée par ses détracteurs de faire la propagande de M. Erdogan et de son parti. Elle publie régulièrement des tribunes et analyses à charge contre les pays avec lesquels la Turquie a de mauvaises relations.

  • Turquie : Ankara réagit vivement à une caricature d'Erdogan dans Charlie Hebdo

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    La Turquie a vivement réagi mardi à une caricature de son président Recep Tayyip Erdogan à paraître en Une mercredi dans Charlie Hebdo, accusant l'hebdomadaire satirique français de "racisme culturel".

    "Nous condamnons cet effort tout à fait méprisable de la part de cette publication pour répandre son racisme culturel et sa haine", a déclaré le principal conseiller pour la presse du président turc, Fahrettin Altun, sur Twitter. Il a présenté cette publication comme le résultat du "programme anti-musulman du président français Macron". La caricature, diffusée en ligne mardi soir, montre M. Erdogan, en T-shirt et sous-vêtements, en train de boire une bière et de soulever la jupe d'une femme portant le voile, dévoilant ainsi ses fesses nues.

    Une polémique très vive oppose depuis des semaines le président Emmanuel Macron et son homologue turc, ce dernier étant allé jusqu'à mettre en doute "la santé mentale" du président français à propos de ses prises de position sur l'islamisme radical et la liberté d'expression.

    Charlie Hebdo avait publié des caricatures du prophète Mahomet en 2006 -- comme d'autres journaux européens -- pour défendre la liberté de la presse après que leur publication par un quotidien danois avait provoqué la colère de nombreux musulmans. L'hebdomadaire avait été victime en 2015 d'un attentat jihadiste qui avait fait 12 morts dont des journalistes et caricaturistes du journal.

    Erdogan qualifie de "vauriens" les dessinateurs de Charlie Hebdo
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué mercredi une caricature de lui publiée par l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, la qualifiant d'"attaque ignoble" commise par des "vauriens".

    "Je n'ai pas regardé cette caricature (...) Il est inutile de dire quoi que ce soit au sujet de ces vauriens", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Ankara. "Ma colère n'est pas due à l'attaque ignoble contre ma personne, mais aux insultes contre le prophète" Mahomet, a-t-il ajouté.

    Pour Erdogan, certains pays veulent "relancer les croisades"
    Les pays occidentaux qui attaquent l'islam veulent "relancer les croisades", a déclaré mercredi le président turc Recep Tayyip Erdogan alors que la tension reste vive entre son pays et la France. Dans un discours devant des élus de son parti, l'AKP, au Parlement, le chef de l'Etat turc a estimé que les attaques contre le prophète étaient "une affaire d'honneur pour nous". 

    Ankara lancera des actions judiciaires et diplomatiques
    La Turquie a annoncé mercredi qu'elle allait prendre des mesures "judiciaires et diplomatiques" après la publication par l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo d'une caricature du président Recep Tayyip Erdogan.

    "Les actions judiciaires et diplomatiques nécessaires seront entreprises contre ladite caricature", a déclaré la direction de la communication de la présidence turque dans un communiqué en français.

    Peu après cette déclaration, le parquet d'Ankara a annoncé l'ouverture d'une enquête contre les dirigeants de Charlie Hebdo.

    Le tweet d'un responsable turc contre Charlie Hebdo signalé à la justice française
    Le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme (Dilcrah) en France a annoncé mercredi à l'AFP avoir saisi la justice pour le tweet d'un responsable turc qualifiant l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, dont la dernière une se moque du président Recep Tayyip Erdogan, de "bâtards".

    Dans un tweet publié mardi soir, le ministre délégué turc à la Culture, Serdam Can, écrit en français: "@Charlie_Hebdo_ Vous êtes des bâtards.. Vous êtes des fils des chiennes..."

    "Il y a quelque chose d'indécent dans le contexte actuel marqué et par le procès des attentats de Charlie Hebdo (qui a débuté en septembre) et par la tragédie de l'assassinat de Samuel Paty (le 16 octobre) à mettre de l'huile sur le feu en menaçant la rédaction de Charlie", a expliqué Frédéric Potier à l'AFP.

    Le journal satirique a publié mardi soir sur les réseaux sociaux la une de son édition de mercredi, sur laquelle s'étale une caricature de M. Erdogan en slip, bière à la main, qui soulève la robe d'une femme voilée en s'écriant: "Ouuuh ! Le prophète !"

    Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT a par ailleurs directement interpellé le réseau social américain Twitter.

    Le message "nauséabond de ce haut dignitaire turc est-il conforme à vos conditions d'utilisation ? La @DILCRAH saisira la justice de son côté. Nous ne céderons rien à ces tentatives d'intimidation. #toujoursCharlie", a-t-il tweeté. "Cela pose la question de la responsabilité des réseaux sociaux", a-t-il précisé à l'AFP, "puisque là, ces insultes sont diffusées sur Twitter, qui dans ses propres règles d'utilisation prohibe le harcèlement et les comportements manifestement illicites. J'appelle aimablement et fermement Twitter à faire respecter ses propres règles".