Allegrozzi Ilaria

  • Cameroun: Boko Haram intensifie ses attaques dans la région de l’Extrême-Nord

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    Depuis décembre 2020, "Boko Haram a intensifié ses attaques contre les civils dans les villes et villages de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, tuant au moins 80 personnes et pillant des centaines de domiciles", a déclaré lundi 5 savril 2021, l’ONG Human Rights Watch (HRW).

    Les recherches menées par HRW ont montré toutefois que « le nombre réel de victimes est encore beaucoup plus élevé, compte tenu de la difficulté à confirmer à distance les détails de telles attaques, qui ne sont souvent pas signalées ».

    L’une des attaques récentes les plus meurtrières a été perpétrée à Mozogo le 8 janvier, lorsque Boko Haram a tué au moins 14 civils, dont huit enfants, et en a blessé trois autres, dont deux enfants.

    Alors que des combattants tiraient sur des habitants et pillaient des maisons, une femme kamikaze s’est infiltrée parmi un groupe de civils en fuite, déclenchant sa veste explosive, selon des témoins.

    D’après Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur l’Afrique centrale à Human Rights Watch, le groupe terroriste Boko Haram mène contre le peuple camerounais une guerre dont « le coût humain est choquant ».

    L’insurrection de Boko Haram a débuté au nord-est du Nigéria en 2009 avant de gagner les pays du bassin du lac Tchad, dont le Cameroun.

    Les attaques du groupe sont souvent commises de manière indiscriminée, y compris des attentats-suicides dans des zones densément peuplées, manifestement conçus pour maximiser le nombre de morts et de blessés parmi la population civile.

    Le Cameroun a subi un pic d’attaques au cours de l’année écoulée. Selon un rapport rendu public en novembre 2020 par le Centre d’études stratégiques de l’Afrique, un groupe de réflexion du ministère américain de la Défense, le nombre d’attaques commises par Boko Haram contre des civils au Cameroun en 2020 était plus élevé qu’au Nigeria, au Niger et au Tchad réunis.

    Les violences de Boko Haram au Cameroun ont déclenché une crise humanitaire majeure, forçant « plus de 322 000 personnes à quitter leurs foyers depuis 2014, dont 12 500 depuis décembre », selon HRW.