Aliyev Ilham (président azerbaïdjanais)

  • Arménie : Reprise des affrontements au Haut-Karabakh

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    Lundi 1er août, l'Arménie a signalé le mouvement d'unités militaires azerbaïdjanaises sur la ligne de contact au Haut-Karabakh et le bombardement de positions arméniennes.

    Le Ministère de la défense de l'Artsakh (Haut-Karabakh) a signalé que les forces armées azerbaïdjanaises avaient tiré simultanément sur plusieurs villages de la république.

    Le 1er août, à partir de 9 heures du matin, des unités azerbaïdjanaises ont eu recours à des provocations sur un certain nombre de sections des frontières nord et nord-ouest de la République d'Artsakh, tentant de franchir la ligne de contact, a indiqué le ministère dans un communiqué.

    Aucune perte du côté arménien n'a été signalée.

    Le 31 juillet , l'Azerbaïdjan avait accusé l'Arménie d'avoir attaqué ses positions militaires dans la région contestée du Haut-Karabakh.

    Dans un communiqué, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a déclaré que les forces arméniennes avaient ouvert le feu sur ses positions à Gadabay, Kalbajar et Khojavend. Le ministère n'a pas signalé de victimes ou de pertes matérielles à la suite de la prétendue attaque arménienne.

    Des troupes azerbaïdjanaises ont été repérées se dirigeant vers la zone de conflit. 

    Casques-bleus russes
    Des centaines de casques bleus russes sont actuellement déployés dans le Haut-Karabakh pour faire respecter un accord de cessez-le-feu qui a été conclu après l'offensive azerbaïdjanaise à grande échelle contre les forces arméniennes dans la région en 2020. Au cours de l'offensive, qui a coûté la vie à quelque 7 000 soldats et civils de des deux côtés, une grande partie de la région est passée sous le contrôle de l'Azerbaïdjan.

    La situation au Haut-Karabakh était stable depuis mars, après qu'une série de frappes azerbaïdjanaises  avait coûté la vie à trois soldats arméniens.

    Des entretiens avaient pourtant eu lieu entre le secrétaire d'État américain et les dirigeants des parties au conflit peu de temps auparavant
    Le 25 juillet, le secrétaire d'État américain Anthony Blinken avait discuté de la situation au Haut-Karabakh avec le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Les pourparlers avaient eu lieu séparément. Blinken aurait exhorté les deux parties à rechercher la paix et à poursuivre leur dialogue. 

    Le secrétaire d'État américain a souligné le rôle important de l'UE dans la résolution du conflit et a déclaré que les États-Unis étaient prêts à soutenir la paix à long terme.

    Le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères Ceyhun Bayramov et la sous-secrétaire d'État américaine aux Affaires européennes et eurasiennes Karen Donfried ont également eu des entretiens le 1er août. Ils ont échangé leurs points de vue sur la situation actuelle concernant la normalisation post-conflit des relations entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie.

    Bayramov a affirmé que l'Azerbaïdjan était prête à assurer la paix et le progrès dans la région, ajoutant que les parties devaient remplir pleinement leurs obligations. À cet égard, il a affirmé que contrairement aux engagements stipulés dans la déclaration trilatérale du 10 novembre 2020, les forces armées arméniennes ne se sont pas entièrement retirées du territoire de l'Azerbaïdjan.

    Une reprise des affrontements qui pose question
    Bakou pourrait vouloir déstabiliser la situation dans le Haut-Karabakh sécurisée par les forces de maintien de la paix russes à la mi-août, à un moment où on s'attend à ce que l'armée russe soit confrontée à la grande offensive attendue des forces armées ukrainiennes dans les régions de l'est de l'Ukraine. En accusant l'Arménie de violer le cessez-le-feu au Haut-Karabakh, l'Azerbaïdjan, qui bénéficie du soutien et des encouragements d'Ankara, essaie visiblement de profiter du fait que l'armée russe est embourbée dans son "opération spéciale" en Ukraine pour reprendre ses opérations militaires et prendre le contrôle de la totalité du Haut-Karabakh.

    On ne peut s'empêcher de rapprocher ce qui se passe dans le Haut-Karabakh avec la brusque tentative de déstabilisation dans le Kosovo où Moscou soutient Belgrade, son principal allié en Europe de l'Est.
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  • Нагорный Карабах: Россия обвиняет Азербайджан в нарушении соглашения о прекращении огня

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    В субботу (26 марта) Москва обвинила Азербайджан в нарушении режима прекращения огня с Арменией, подписанного после нагорно-карабахской войны в 2020 году, разместив войска на территории, находящейся под контролем российских миротворцев.

    Инциденты между вооруженными силами Армении и Азербайджана происходят часто, но это первый случай с момента окончания конфликта в ноябре 2020 года, когда Москва обвинила одну из сторон в нарушении перемирия, гарантом которого является Владимир Путин. Возобновление напряженности происходит в то время, когда Россия начала масштабное наступление на Украину.

    "В период с 24 по 25 марта вооруженные силы Азербайджана нарушили трехстороннее соглашение лидеров России, Азербайджана и Армении (...), войдя в зону ответственности российского миротворческого контингента в Нагорном Карабахе", - говорится в заявлении министерства обороны России.

    Согласно ему, азербайджанские силы установили наблюдательный пост и нанесли "четыре удара беспилотниками типа "Байрактар" по карабахским силам в районе города Фарух.

    "Российское командование миротворческого контингента предпринимает шаги по урегулированию ситуации... Азербайджанской стороне направлен призыв о выводе войск", - добавил он.

    Министерство обороны в своем заявлении не упомянуло о каких-либо вооруженных инцидентах в субботу, в то время как российская дипломатия выразила "глубокую озабоченность".

    Соглашение от 9 ноября 2020 года, подписанное Владимиром Путиным и лидерами Армении Николом Пашиняном и Азербайджана Ильхамом Алиевым, положило конец жестокому шестинедельному конфликту между Арменией и Азербайджаном за контроль над Нагорным Карабахом, проармянской территорией с самопровозглашенной независимостью. Азербайджанские войска добились значительных территориальных успехов. В пятницу власти Карабаха сообщили, что два солдата были убиты азербайджанскими войсками.

    Гуманитарная катастрофа
    Министерство иностранных дел Армении в субботу осудило "вторжение", произошедшее 24 марта, которое было отмечено "постоянным артиллерийским обстрелом". Он также обвинил своего соседа в том, что тот лишил Карабах газа, не позволяя населению отапливаться, и осудил ситуацию "на грани гуманитарной катастрофы". "Мы ожидаем, что российский миротворческий контингент в Нагорном Карабахе предпримет четкие шаги для урегулирования ситуации и предотвращения дальнейших жертв", - добавили в армянской дипломатии.

    В субботу Кремль сообщил, что Пашинян и Путин встречались дважды, накануне и днем ранее, чтобы обсудить ситуацию в Карабахе.

    Поддерживаемый Ереваном горный регион Нагорного Карабаха, населенный в основном армянами, отделился от Азербайджана, когда распался СССР, что привело к первой войне в 1990-х годах, в которой погибло 30 000 человек и сотни тысяч стали беженцами. Осенью 2020 года разразился новый конфликт, в результате которого за шесть недель погибло 6500 человек. Это привело к сокрушительному поражению Армении, которая была вынуждена уступить Азербайджану три района, образующие ледник вокруг Нагорного Карабаха.

  • Nagorny-Karabakh : La Russie accuse l'Azerbaïdjan de violer l'accord de cessez-le-feu

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    Moscou a accusé, samedi 26 mars, l'Azerbaïdjan d'avoir violé ces derniers jours le cessez-le-feu avec l'Arménie signé après la guerre du Nagorny-Karabakh de 2020, en déployant des troupes dans la zone sous contrôle des forces russes de maintien de la paix.

    Les incidents entre forces armées arméniennes et azerbaïdjanaises sont fréquents, mais c'est la première fois depuis la fin du conflit en novembre 2020 que Moscou accuse l'une des parties de violer la trêve dont Vladimir Poutine est le garant. Ce regain de tension intervient aussi au moment où la Russie a lancé une offensive de grande ampleur contre l'Ukraine.

    "Entre le 24 et 25 mars, les forces armées de l'Azerbaïdjan ont violé l'accord trilatéral des dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie (...), entrant dans la zone sous responsabilité du contingent russe de maintien de la paix au Nagorny-Karabakh", a dénoncé le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

    Selon lui, les forces azerbaïdjanaises ont installé un poste d'observation et ont effectué "quatre frappes avec des drones de type Bayraktar" sur les forces du Karabakh près de la localité de Farukh.

    "Le commandement russe du contingent de maintien de la paix prend les mesures en vue du règlement de la situation (...) un appel à un retrait des troupes a été envoyé à la partie azerbaïdjanaise", a-t-il ajouté.

    Le ministère de la Défense n'a pas fait état dans son communiqué d'incidents armés samedi.La diplomatie russe a exprimé sa "profonde inquiétude".

    L'accord du 9 novembre 2020 signé par Vladimir Poutine et les dirigeants arménien, Nikol Pachinian, et azerbaïdjanais, Ilham Aliev, avait mis fin à un violent conflit de six semaines entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan pour le contrôle du Nagorny-Karabakh, un territoire pro-arménien à l'indépendance autoproclamée. Les forces azerbaïdjanaises avaient alors fait d'importants gains territoriaux. Vendredi, les autorités du Karabakh avaient fait état de deux soldats tués par les forces azerbaïdjanaises.

    Catastrophe humanitaire
    Le ministère arménien des Affaires étrangères a dénoncé, samedi, une "invasion" qui a eu lieu le 24 mars, et qui a été marquée par des "tirs d'artillerie constants". Il a accusé aussi son voisin d'avoir privé le Karabakh de gaz, empêchant la population de se chauffer, et dénoncé une situation "au bord d'une catastrophe humanitaire". "Nous attendons du contingent russe de maintien de la paix au Nagorny-Karabakh qu'il prenne des mesures claires pour régler la situation et d'empêcher de nouvelles victimes de combats", a ajouté la diplomatie arménienne.

    Le Kremlin a pour sa part indiqué samedi que MM. Pachinian et Poutine s'étaient entretenu à deux reprises, la veille et l'avant-veille, de la situation au Karabakh.

    Peuplée majoritairement d'Arméniens, la région montagneuse du Nagorny-Karabakh, soutenue par Erevan, a fait sécession de l'Azerbaïdjan à la chute de l'URSS, entraînant une première guerre dans les années 1990 qui a causé la mort de 30.000 personnes et fait des centaines de milliers de réfugiés. Un nouveau conflit a éclaté à l'automne 2020, faisant 6.500 morts en six semaines. Il s'est soldé par une écrasante défaite de l'Arménie, contrainte de céder à l'Azerbaïdjan trois régions formant un glacis autour du Nagorny-Karabakh.

  • Arménie/Azerbaidjan : Un soldat azerbaïdjanais tué dans un échange de tirs avec les forces arméniennes

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    Un soldat azerbaïdjanais a été tué et trois soldats arméniens blessés vendredi 23 juillet 2021 dans un nouvel incident entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie depuis la fin de la guerre qui les a opposés l'année dernière dans le Nagorny-Karabakh, selon des bilans officiels.

    Ce nouveau conflit, qui a éclaté en septembre 2020, faisant plus de 6.500 morts, s'est terminé six semaines plus tard par un cessez-le-feu parrainé par Moscou et la cession par l'Arménie de territoires qu'elle contrôlait depuis le début des années 1990 dans cette région disputée. Ces derniers mois, les deux pays ont signalé des échanges de tirs le long de leur frontière commune, faisant craindre une résurgence du conflit.

    "Le 23 juillet, à approximativement 16h00, les forces armées arméniennes ont ouvert le feu sur des positions de l'armée azerbaïdjanaise dans la région de Kelbajar à la frontière arméno-azerbaïdjanaise", a déclaré le ministère de la Défense à Bakou dans un communiqué. "Un militaire azerbaïdjanais a été tué par un tireur d'élite ennemi", a ajouté le ministère.

    L'Arménie a de son côté accusé les soldats azerbaïdjanais d'avoir été à l'origine de l'incident par la voix de son ministre de la Défense, selon lequel "trois militaires arméniens ont été blessés dans des tirs intenses".

    Plusieurs fois depuis le mois de mai, les tensions ont failli à nouveau dégénérer, l'Arménie accusant notamment les forces azerbaïdjanaises d'avoir franchi la frontière afin de "faire le siège" d'un lac à cheval sur les deux pays.

    "Ceci est la terre de nos ancêtres, nous sommes sur nos terres", a martelé jeudi le président de l'Azerbaïdjan Ilham Aliev sur la chaîne de télévision AzTV, parlant de territoires que l'Arménie considère comme rattachés à sa région de Syunik. Ilham Aliev s'était dit le 20 mai prêt à des pourparlers de paix avec Erevan. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian avait annoncé le même jour qu'un accord avec Bakou était en préparation concernant la délimitation et démarcation de leur frontière commune, sous l'égide de la Russie.

    Peuplée majoritairement d'Arméniens, la région montagneuse du Nagorny-Karabakh, soutenue par Erevan, avait fait sécession de l'Azerbaïdjan à la chute de l'URSS, entraînant une guerre dans les années 1990 qui a causé la mort de 30.000 personnes et fait des centaines de milliers de réfugiés.

  • Azerbaïdjan : Erdogan veut que la "lutte" contre l'Arménie continue

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    Le président turc Recep Tayyip Erdogan, en visite à Bakou pour célébrer la "glorieuse" victoire de l'Azerbaïdjan au Nagorny Karabakh, a clamé jeudi que la "lutte" de son allié contre l'Arménie devait se poursuivre. Son accueil en grande pompe dans ce pays du Caucase musulman et turcophone intervient un mois après la défaite militaire arménienne, qui a dû céder à l'Azerbaïdjan dans le cadre d'un accord de cessation des hostilités d'importants territoires du Nagorny Karabakh même et autour de cette enclave.

    L'armée azerbaïdjanaise a fait défiler des  missiles et des véhicules blindés, principalement de fabricants russes. Parmi les autres armes exposées lors du défilé figuraient des véhicules aériens sans pilote de production azerbaïdjanaise, turque et israélienne. 

    L'armée de l'air azerbaïdjanaise a pris part à la parade.

    La république autoproclamée du Nagorny Karabakh, peuplée aujourd'hui quasi exclusivement d'Arméniens, continue d'exister, affaiblie et amoindrie, sans que son statut soit réglé par l'accord négocié sous égide de Moscou. Des soldats russes de maintien de la paix ont été déployés au Nagorny Karabakh.

    S'adressant devant les soldats azerbaïdjanais rassemblés à Bakou, M. Erdogan a assuré que "le fait que l'Azerbaïdjan a sauvé ses terres de l'occupation ne signifie pas que la lutte est terminée". "La lutte dans les sphères politiques et militaires va se poursuivre désormais sur de nombreux autres fronts", a-t-il clamé. Appelant les dirigeants arméniens à "revenir à la raison" après leur défaite dans cette guerre de six semaines menée à l'automne, il a assuré que la reconquête de nombreux territoires par l'Azerbaïdjan "sera le début d'une nouvelle ère".

    L'Arménie "doit voir qu'elle n'obtiendra aucun résultat avec les encouragements des impérialistes occidentaux", a encore tonné M. Erdogan, dont le pays est membre de l'OTAN, accusant par ailleurs Erevan de s'être livré à des crimes de guerre au Nagorny Karabakh et de n'y avoir apporté que "massacres, destructions et larmes".

    L'ONG Amnesty International a, elle, appelé jeudi à des enquêtes indépendantes pour identifier les auteurs de crimes de guerre commis par les forces azerbaïdjanaises ou arméniennes afin de les "traduire en justice".

    Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a de son côté salué le soutien sans faille d'Ankara lors du conflit, qui a "donné confiance au peuple azerbaïdjanais". "L'Arménie n'a pas été en mesure de nous concurrencer tant sur le plan économique que sur le plan militaire", s'est-il félicité.

    Précieux soutien turc
    Les deux hommes ont assisté à un grand défilé militaire à Bakou, les soldats et M. Aliev s'affichant sans masques bien que la guerre ait aggravé l'épidémie de coronavirus en Azerbaïdjan.

    M. Erdogan devait encore s'entretenir en tête-à-tête avec Ilham Aliev pour évoquer le renforcement des liens entre les deux "pays frères" et sur le "droit légitime de l'Azerbaïdjan" de reprendre le Nagorny Karabakh.

    La récente victoire de son allié azerbaïdjanais, armé par la Turquie, permet à Ankara de renforcer son poids géopolitique dans le Caucase, pré-carré russe. Et "l'Azerbaïdjan n'aurait pas été capable d'obtenir un succès militaire au Karabakh sans le soutien politique ouvert de la Turquie", a souligné auprès de l'AFP l'analyste Elhan Shahinoglu du centre de réflexion Atlas basé à Bakou. Selon lui, sans le soutien d'Erdogan, la Russie, puissance régionale et alliée de l'Arménie, serait parvenue à mettre la pression sur Bakou et à faire cesser les combats, comme ce fut le cas lors d'autres affrontements ces dernières années.

    Pertes des deux côtés pendant le conflit 
    Il y a quelques jours, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a annoncé que 2 783 militaires azerbaïdjanais avaient été tués pendant les hostilités au Haut-Karabakh (appelées à Bakou "guerre patriotique"). Plus d'une centaine de militaires sont portés disparus. Il y a 1 245 blessés dans les hôpitaux.

    En Arménie, le ministère de la Santé, le ministère de la Défense et l'opposition citent des chiffres différents sur le nombre de soldats tués. Le ministère de la Santé a donné le chiffre d'environ 2 300 décès, le ministère de la Défense parle de 1 300 décès et l'opposition affirme qu'environ 4 800 personnes sont décédées.

    "Une nation, deux Etats"
    Cette défaite humiliante pour une Arménie qui avait vaincu les forces de Bakou lors d'une première guerre dans les années 1990, a provoqué la fureur à Erevan, où l'opposition milite et manifeste quasiment chaque jour pour la démission du Premier ministre Nikol Pachinian.

    Durant la guerre des derniers mois, l'Arménie a accusé la Turquie d'être impliquée directement dans les combats, ce qu'Ankara dément. Plusieurs pays dont la France ont également dénoncé l'envoi sur le front aux côtés des forces azerbaïdjanaises de combattants pro-turcs venus de Syrie.

    Généralement symbolisée par le slogan "Une nation, deux Etats", l'alliance entre la Turquie et l'Azerbaïdjan a été forgée lorsque Bakou a obtenu son indépendance de l'URSS en 1991 et s'est encore renforcée sous la présidence de M. Erdogan.

    Cette coopération politique, économique et militaire a notamment vu la Turquie aider l'Azerbaïdjan à entraîner et équiper son armée et à faciliter ses exportations d'hydrocarbures vers l'Europe, en contournant la Russie.

  • Nagorny-Karabakh : Le deuil arménien

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    "Quoi qu'il arrive, je vais rester", a déclaré le père Hovhannes, le prêtre dumonastère de Dadivank, devenu le symbole de la tragédie arméinenne.

    Le monastère, construit à partir du neuvième siècle, se dresse au-dessus de la route entre la capitale arménienne Erevan et Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh.

    La zone entourant le monastère, Kalbajar, devait passer sous le contrôle de l'Azerbaïdjan dimanche, suite au cessez-le-feu de la semaine dernière. L'accord doit mettre fin à un conflit de 44 jours au cours duquel l'Azerbaïdjan a repris une grande partie du territoire qu'il avait perdu lors de la guerre du début des années 1990 face aux Arméniens.

    Cependant, une prolongation - accordée le jour de l'échéance et grâce à la médiation du président russe Vladimir Poutine - a donné aux Arméniens considérés par l'Azerbaïdjan comme vivant illégalement à Kalbajar jusqu'au 25 novembre pour quitter la région.

    Le Nagorno-Karabkah, que les Arméniens appellent Artsakh, est internationalement reconnu comme faisant partie de l'Azerbaïdjan, mais la majorité de sa population, en particulier dans les villes, est composée d'Arméniens ethniques. Les Azerbaïdjanais étaient cependant autrefois majoritaires dans les zones rurales telles que Kalbajar avant d'être expulsés par les autorités arméniennes dans les années 1990.

    Le gouvernement arménien d'Erevan a également mené des politiques de colonisation qui ont encouragé les Arméniens de souche à s'installer dans la région.

    De nombreux Arméniens sont venus prier une dernière fois au monastère 
    Ces derniers jours, des milliers d'Arméniens ont fait de longs et souvent difficiles voyages vers ce symbole du christianisme et de la culture arménienne avant que l'accord de cessez-le-feu ne prenne officiellement effet et que la région ne revienne sous le contrôle de l'Azerbaïdjan.

    Lorsque nous sommes arrivés, la confusion régnait sur l'avenir de ce monastère. Des discussions passionnées étaient en cours sur la question de savoir s'il fallait ou non enlever les pierres de la croix et autres symboles sacrés qui sont au cœur du christianisme et de l'identité nationale arménienne.

    Certains étaient décidés à "rester jusqu'à la fin. C'est notre Dieu. C'est notre église. Notre croix porte un lourd fardeau. Nous sommes ici pour porter ce poids."

    Le père Hovhannes, Karapetyan, lui, est bien décidé à rester au monastère même si la région est sous contrôle azerbaïdjanais.

    Le bureau du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a déclaré samedi, suite à un appel téléphonique avec Poutine, que les sites chrétiens dans les zones revenant sous le contrôle de Bakou seraient "correctement protégés par l'Etat".

    "Le président Ilham Aliyev a noté que l'Azerbaïdjan est un pays multinational et multiconfessionnel, où les droits et les libertés de tous les peuples et des représentants de toutes les religions sont pleinement garantis", selon la déclaration.

    "Les chrétiens vivant en Azerbaïdjan pourront utiliser ces temples".

    Dimanche, des soldats russes avaient été déployés au monastère, conformément aux termes de l'accord de cessez-le-feu.

    Pourtant, l'humeur qui régnait à Dadivank est celle du chagrin et de la perte. Les hommes et les femmes pleuraient et s'embrassaient. Les fidèles prenaient des photos des bâtiments du monastère, tandis que deux artistes réalisaient des tirages en argile d'anciennes inscriptions.

    Pendant ce temps, la route sous le monastère est encombrée de voitures et de camions pleins de meubles et d'objets se dirigeant vers Erevan.

    Des troupeaux de moutons et de bovins, également en provenance du Haut-Karabakh, bloquent la circulation. Nous sommes passés devant deux maisons en feu, dont on nous a dit qu'elles avaient été incendiées par des propriétaires arméniens déterminés à ne rien laisser aux azerbaïdjanais.

    Abattage d'arbres
    Toute la journée et jusque tard dans la nuit, des hommes coupaient des arbres pour le bois de chauffage. Avant la guerre, l'abattage des arbres était réglementé par les autorités. Mais avec la perspective d'un hiver froid à venir, les habitants ont profité du vide politique pour stocker du bois pour la revente.

    À Stepanakert, la capitale administrative de la région, des journalistes de la MEE ont parlé brièvement avec Arayik Harutyunyan, le président de la République de l'Artsakh, le gouvernement séparatiste reconnu uniquement par l'Arménie.

    Les journalistes lui ont demandé si les Arméniens pouvaient se sentir en sécurité après l'accord de paix. Il a répondu : "Nous essayons de résoudre l'incertitude mais les choses ne sont pas encore claires. Le déploiement de soldats de la paix russes est crucial".

    Les pertes arméniennes
    Samedi, l'Arménie a déclaré que plus de 2 300 soldats avaient été tués au cours des six semaines de conflit. De son côté, Vladimir Poutine a déclaré vendrdi que 4 000 personnes étaient mortes et que des dizaines de milliers avaient fui leurs foyers. L'Azerbaïdjan n'a pas confirmé le nombre de ses propres victimes.

    Il ne fait aucun doute que l'armée arménienne a subi des pertes importantes. Un soldat nous a dit que dans son unité de 22 hommes, quatre ont été tués, deux sont toujours portés disparus et douze ont été blessés. Il a dit que dans certaines unités, trois générations combattaient ensemble.

    Les deux parties au conflit ont accusé l'autre d'avoir pris pour cible des civils lors des récents combats. Bakou accuse les forces arméniennes d'avoir effectué une frappe de missile qui a tué 13 personnes et blessé des dizaines d'autres dans la ville de Ganja, dans l'ouest de l'Azerbaïdjan, le mois dernier. Les deux parties nient avoir délibérément pris des civils pour cible.

    Catastrophe humanitaire
    Une crise humanitaire est en préparation avec environ 100 000 Arméniens ayant déjà perdu leur maison et ce nombre devrait encore augmenter.

    "Ce nombre va augmenter lorsque les Azéris prendront officiellement le contrôle des villages. Ces personnes déplacées ont besoin de nourriture, de logement, de chauffage, d'électricité et de gaz", a  déclaré un responsable.

    Stepanakert vidée de ses habitants
    La ville de Stepanakert était étrangement vide. Tous les magasins que nous avons croisés étaient fermés, à la seule exception d'une petite épicerie. Des sacs de sable étaient empilés contre les fenêtres des sous-sols, marquant l'endroit où les habitants de Stepanakert s'étaient regroupés pour se protéger des bombardements.

    Nous avons vu une femme portant des sacs poubelles remplis de vêtements d'hiver. C'était la première fois qu'elle rentrait chez elle depuis qu'elle avait fui les combats. Elle se plaignait de l'état de sa maison, qui avait été habitée par son mari, qui y avait vécu pendant toute la guerre avec des soldats volontaires.

    Lorsque nous avons quitté Stepanakert en début de soirée, la route du retour vers l'Arménie était encore encombrée de camions et de voitures. La circulation s'est arrêtée pendant des heures alors que les soldats russes, à bord de gros véhicules blindés, se dirigeaient vers Stepanakert sur la route étroite.

    Les combats sont terminés pour l'instant. Alors que l'accord de cessez-le-feu commence à entrer en vigueur et que les soldats russes sécurisent la région. La réalité de ce que cela signifie pour les Arméniens commence à peine à se faire sentir.

    (MEE)

     

  • Nagorny-Karabakh : un accord de fin des hostilités entre Arménie et Azerbaïdjan signifie la capitulation de l'Arménie

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    Quelques heures après la destruction d'un hélicoptère russe par un missile sol-air azerbaïdjanais, Moscou a sifflé la fin de la partie.

    L'Azerbaïdjan et l'Arménie ont signé sous l'injonction de la Russie un accord de fin des hostilités dans le conflit du Nagorny Karabakh. Cet accord consacre la victoire militaire azerbaïdjanaise après six semaines de combats meurtriers.

    L'accord a été signé par le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ainsi que le président russe Vladimir Poutine.

    Près de 2.000 soldats russes vont être déployés dans les heures ou jours à venir le long des lignes de front et le long du corridor de Lachin, les belligérants étant appelés à ne plus faire mouvement et à rester sur les positions qu'ils occupaient lundi 9 novembre à 21H00 GMT, heure d'entrée en vigueur du cessez-le-feu, consacrant des gains de territoires importants de l'Azerbaïdjan.

    Sur sa page Facebook, le Premier ministre arménien a écrit que la signature de l'accord avait été "incroyablement douloureuse", mais que la décision s'imposait "après une analyse en profondeur de la situation militaire".

    Le président azerbaïdjanais a lui proclamé à la télévision la "capitulation" de son ennemi, même s'il ne reconquiert pas tout le Nagorny Karabakh. "J'avais dit qu'on chasserait (les Arméniens) de nos terres comme des chiens, et nous l'avons fait", a-t-il martelé.

    Selon M. Aliev, l'Azerbaïdjan reprend le contrôle de districts autour du Nagorny Karabakh, sorte de glacis de sécurité constitué par les Arméniens autour de la république autoproclamée depuis 30 ans. Bakou a aussi conquis des territoires de la province séparatiste à proprement parler. Les terres encore sous contrôle arménien le restent, et un corridor les reliera à l'Arménie, selon M. Poutine.

    Manifestations de colère en Arménie
    L'annonce de l'accord a entraîné des manifestations de colère en Arménie. Peu après l'annonce de l'accord, une foule de milliers de manifestants en colère s'est rassemblée dans la nuit aux abords du siège du gouvernement arménien aux cris de "traîtres" et "démission" à l'adresse de M. Pachinian.. Des centaines d'entre eux ont pénétré dans les locaux, brisant des vitres et saccageant des bureaux, notamment une salle de conseil des ministres, selon un journaliste de l'AFP présent sur place. Le siège du Parlement a subi le même sort.

    Le président du Parlement a même été sorti de sa voiture et lynché par la foule. Blessé, il a dû être hospitalisé.

    Une défaite militaire au Nagorny Karabakh a de quoi menacer l'avenir du Premier ministre, porté au pouvoir par une révolte populaire en 2018. Avant même l'annonce de l'accord, 17 partis d'opposition avaient réclamé sa démission. L'intéressé a lui démenti des rumeurs de fuite du pays: "Je suis en Arménie et continue de faire mon travail", a-t-il dit sur Facebook.

    Déploiement de l'armée russe
    Les premiers avions Iliouchine 76, transportant les forces russes ont décollé de Russie, pour se rendre au Karabakh, selon le ministère russe de la Défense.

    Le président russe a souhaité que cet accord puisse mener "à la création des conditions nécessaires pour un règlement durable" du conflit.

    Peuplé aujourd'hui quasi-exclusivement d'Arméniens à la suite de la guerre des années 1990, le Nagorny Karabakh était rattaché à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique mais est considéré par les deux pays comme une partie intégrante de leurs histoires et héritages respectifs.

    La prise de la ville de Choucha a signifié la défaite des forces arméniennes du Haut Karabakh
    L'accord de fin des hostilités intervient après que les forces azerbaïdjanaises ont annoncé dimanche la prise de Choucha, ville stratégique est située à 15 kilomètre de la capitale séparatiste Stepanakert et sur l'artère vitale reliant la république autoproclamée à son parrain arménien. La chute de cette localité était considérée comme un tournant de la guerre. Lundi, l'Arménie disait que les combats s'y poursuivaient encore.

    Le conflit a fait au moins 1.300 morts depuis le 27 septembre, selon des bilans très partiels. Il pourrait en réalité y avoir des milliers de morts de chaque côté.

    Depuis des semaines, la Russie et d'autres puissances tentaient d'obtenir un cessez-le-feu, mais trois tentatives ont échoué. La Russie est la puissance régionale dans le Caucase du Sud. Elle est une alliée militaire de l'Arménie mais a aussi de bonnes relations avec l'Azerbaïdjan, deux ex-républiques d'URSS.

    L'Azerbaïdjan a lui le soutien de l'autre puissance de la région, la Turquie qui a notamment été accusée d'envoyer des mercenaires pro-turcs de Syrie se battre en soutien à Bakou. Si Moscou et Ankara sont rivaux, les présidents Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan entretiennent néanmoins une relation pragmatique.