Alger

  • Algérie : Manifestations à Alger et dans d'autres villes

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    Des milliers de personnes ont défilé dans le centre-ville d’Alger pour le 109e vendredi du Hirak. Les manifestants ont scandé les slogans habituels, appelant au changement radical du système de gouvernement.

    C’est le 4e vendredi de manifestations pacifiques depuis le retour du Hirak le 22 février dernier, après près d’une année de suspension pour cause du Covid-19. Un dispositif policier impressionnant a été déployé dans les principales artères et rues du centre-ville de la capitale.

    « Passez le pouvoir au peuple », ont scandé les manifestants alors que d’autres exprimaient leur rejet des législatives anticipées du 12 juin. « Makanche intikhabat maa el issabat, pas d’élections avec les bandes ».

    Comme d’habitude, la manifestation a commencé juste après la prière du vendredi. A Alger, de la rue Victor Hugo, les manifestants ont convergé vers la place de Grande Poste en empruntant la rue Didouche Mourad. Une foule de manifestants est arrivée ensuite des quartiers de Bab el Oued et de la Casbah, en passant par la rue Asselah Hocine.

    Des manifestations pacifiques se sont également déroulées à Bejaia, Bouira, Tizi Ouzou et Mila.


  • Algérie : Nouvelles manifestations du Hirak après l'annonce des législatives anticipées

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    "Pas d'élections avec la bande de mafieux", ont scandé des milliers de personnes manifestant vendredi 12 mars à Alger, au lendemain de l'annonce d'élections législatives anticipées le 12 juin, rejetées par le mouvement de contestation antirégime du Hirak.

    Un premier cortège a défilé de la rue Didouche Mourad, principale artère du centre de la capitale, en direction de la Grande Poste, emblématique lieu de rassemblement des protestataires, rejoint après la grande prière du vendredi par d'autres cortèges, venus notamment des quartiers populaires de Bab El Oued et de Belcourt. "C'est toujours le même système qui est en place. Nous ne voterons pas le 12 juin prochain", a déclaré à l'AFP, M'Hamed, un commerçant âgé de 50 ans.

    Depuis le 2e anniversaire du soulèvement populaire le 22 février, les manifestants du Hirak ont repris leurs marches du vendredi, jour de mobilisation hebdomadaire du mouvement suspendu toute une année en raison de la pandémie de coronavirus.

    "Pour sa sauvegarde, le système dit : législatives" pouvait-on lire sur une affiche brandie par la foule qui scandait "Etat civil et non militaire", un des slogans phares du mouvement.

    Alors que les rassemblements publics restent interdits en raison de la pandémie, les manifestants ont également investi la rue à Oran (ouest), Tizi Ouzou, Skikda, Jijel ou encore Annaba (est). Des interpellations ont eu lieu, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de soutien.

    Le président Abdelmadjid Tebboune a convoqué jeudi des élections législatives anticipées le 12 juin, dans une tentative de reprendre la main face à la reprise dans la rue du mouvement pro-démocratie. Le scrutin devait initialement avoir lieu en 2022, mais M. Tebboune a dissous le 21 février l'Assemblée populaire nationale (APN), la chambre basse du Parlement, ouvrant la voie à ces législatives anticipées. Pour répondre à la crise politique à laquelle le pouvoir est confronté depuis deux ans, il a libéré des dizaines de détenus d'opinion et appelé les protestataires, qui continuent d'exiger le démantèlement du "système" en place depuis l'indépendance de l'Algérie (1962), à être au rendez-vous de l'échéance électorale.

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  • Algérie : Les étudiants du Hirak réoccupent la rue dans le centre d'Alger

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    Plusieurs centaines d'étudiants ont manifesté contre le pouvoir mardi 9 mars à Alger, dans un nouveau geste de défiance à l'encontre du régime confronté depuis trois semaines à un retour dans la rue du mouvement pro-démocratie Hirak.

    Les premiers manifestants sont arrivés vers 10 h à la Place des Martyrs, lieu habituel du début de la manifestation estudiantine. Vers 11 h 30, ils ont entonné l’hymne national puis le cortège a démarré.

    Direction la rue Bab Azoun, puis le reste de l’itinéraire habituel. Au fur et à mesure qu’elle avançait, la marche a pris de l’ampleur. Beaucoup de citoyens, plus que d’habitude, se sont joints aux étudiants. À la place Émir Abdelkader, de nombreux partisans du Hirak attendaient l’arrivée des manifestants pour les rejoindre.

    Le cortège a rejoint la Grande Poste, lieu de ralliement traditionnel des partisans du mouvement de contestation. En tête du défilé, était déployée une large banderole: "Le régime est mort et il n'est pas possible de ressusciter un cadavre. Pas de normalisation avec le pouvoir, dégagez!".

    "Les revendications essentielles des étudiants sont le départ du +système+, une justice indépendante et une presse libre, pour qu'elle puisse transmettre ce que dit le peuple et pas ce que dit le système", a expliqué à l'AFP, un manifestant de 25 ans.

    Les protestataires ont repris les slogans du Hirak --pour une "Algérie libre et démocratique" et un "Etat civil et non militaire"-- et ils ont conspué le président Abdelmadjid Tebboune, élu en décembre 2019 lors d'un scrutin massivement boycotté. Le dispositif policier, quoiqu'important, était allégé par rapport aux semaines précédentes. Les rassemblements publics restent interdits en raison de la pandémie de Covid-19.

    Avant l'interruption forcée des marches du Hirak en mars 2020, crise sanitaire oblige, les étudiants avaient pour habitude de défiler chaque mardi à Alger. "Nous manifestons car nous refusons ce système, nous refusons les méthodes de ce système et nous refusons d'être divisés", a déclaré à l'AFP, un étudiant de 27 ans.

    Né en février 2019, pacifique et pluriel, le mouvement de protestation exige toujours le démantèlement du "système" en place depuis l'indépendance en 1962, synonyme à ses yeux d'autoritarisme et de corruption. Des dizaines de milliers d'Algériens redescendent dans les rues d'Alger et d'autres villes du pays depuis le 2e anniversaire du soulèvement, confirmant la reprise de la mobilisation du Hirak.

    Face à la contestation, le régime manie la carotte et le bâton: il a libéré en février une soixantaine de militants du Hirak, dont plusieurs personnalités, mais certains tribunaux continuent d'avoir la main lourde. Sami Dernouni, un militant de Tipaza, près d'Alger, a été condamné mardi à deux ans de prison pour "incitation à attroupement", "atteinte à l'unité nationale" et "atteinte à la sécurité nationale", selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association de soutien.