al-Werfalli Mahmoud (tué le 24 mars 2021)

  • Libye : Mesures de sécurité renforcées dans l'Est après une série de meurtres

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    Les mesures de sécurité ont été renforcées à Benghazi après une série de meurtres dans cette ville de l'Est de la Libye, ont annoncé samedi 27 mars 2021 les autorités locales, dans un pays qui tente de s'extraire d'une décennie de conflits et de chaos. Cette annonce intervient après la découverte d'une dizaine de cadavres criblés de balles le 18 mars et, quelques jours plus tard, de l'assassinat en plein centre-ville de Mahmoud al-Werfalli, un lieutenant du général Khalifa Haftar, chef de l'Armée Nationale Libyenne (ANL). 

    "Sur ordres" du maréchal Haftar, "tous les commerces sans exception sont tenus d'installer des caméras de surveillance avant mardi", a déclaré le général Abdelbasit Bougheress, chef du Haut comité de sécurité de Benghazi, lors d'une conférence de presse samedi. De plus, il est maintenant "formellement interdit" que des véhicules circulent sans plaques d'immatriculation et avec des vitres teintées, a-t-il ajouté. "Les descentes et arrestations (par des policiers ou militaires) dans les domiciles sont strictement interdites" et se font seulement "sur requête du parquet, en uniforme et à visage découvert".

    Colonel Madi.jpegSur l'affaire d'al-Werfalli, militaire qui était recherché par la Cour pénale internationale (CPI) notamment pour "crimes graves et torture", deux suspects ont été interpellés : Mohamad Abdeljalil Saad et Hanine al-Abdaly, fille de l'avocate engagée Hanane al-Barassi, assassinée en novembre à Benghazi, a fait savoir le colonel Ali Madi (photo), chef du parquet militaire de Benghazi.

    La Libye tente de s'extraire d'une décennie de conflits et de chaos marquée par l'existence ces dernières années de pouvoirs rivaux, en Tripolitaine (ouest) et Cyrénaïque (est), de facto sous le contrôle du maréchal Khalifa Haftar.

  • Libye : Mahmoud al-Werfalli, recherché par la CPI, abattu à Benghazi

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    Le militaire libyen Mahmoud al-Werfalli (photo), visé par deux mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), a été abattu de plusieurs balles mercredi alors qu'il se trouvait dans sa voiture à Benghazi (Est), a-t-on appris de source sécuritaire.

    Al-Werfalli était membre de la 17ème Brigade des Forces Spéciales (« Thunderbolt ») - également connue sous le nom de Brigade des Forces Spéciales Al-Saiqa. Il avait été promu Lieutenant-Colonel en juillet 2019

    Ce fidèle du maréchal Khalifa Haftar - homme fort de l'Est libyen et chef de l'autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) - a été abattu avec son cousin, après que des hommes armés non identifiés aient ouvert le feu sur sa voiture (...) dans le centre de Benghazi.

    Grièvement blessé, Al-Werfalli et son cousin sont décédés à leur arrivée au Centre médical de Benghazi, situé près du lieu de la fusillade, selon une autre source sécuritaire.

    Al-Werfalli était accusé par la Cour pénale internationale de "crimes de guerre, torture, traitements cruels, crimes contre l'humanité et d'autres crimes inhumains".

    Le militaire de 43 ans était notamment accusé d'avoir "directement commis et ordonné" des meurtres "en tant que crime de guerre dans le contexte de sept incidents, concernant 33 personnes", de juin 2016 à juillet 2017 dans la région de Benghazi, selon la CPI.

    Connu pour ses exécutions sommaires de prisonniers politiques, il aurait en outre "exécuté par balle 10 personnes devant la mosquée Bi'at al-Radwan à Benghazi" en janvier 2018, selon la même source.

    Ce qui ne l'a pas empêché d'être promu par le maréchal Haftar lieutenant-colonel en juillet 2019, après avoir servi en tant que major. "Cette promotion envoie un message clair selon lequel Khalifa Haftar n'a aucune intention" de le faire poursuivre en justice, avait alors déploré la procureure générale de la CPI, Fatou Bensouda.

    Al-Werfalli était récemment apparu dans une vidéo s'en prenant violemment au patron d'une concession automobile à Benghazi, suscitant une vive polémique en Libye.

    Impunité
    La Libye tente de s'extraire d'une décennie de conflit, depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, un chaos marqué par l'existence ces dernières années de pouvoirs rivaux, en Tripolitaine (ouest) et Cyrénaïque (est).

    Les combats se sont arrêtés à l'été 2020, un cessez-le-feu est observé depuis l'automne et un nouveau gouvernement d'unité vient d'être mis sur pied pour gérer la transition jusqu'à des élections en décembre.

    La situation sécuritaire reste néanmoins précaire à Benghazi, deuxième ville de Libye et berceau de la révolte de 2011 contre le régime de Kadhafi.

    Deux autres Libyens sont poursuivis par la CPI, Seif al-Islam Kadhafi, fils de l'ex-dictateur Mouammar, et Al-Tuhamy Mohamed Khaled, ex-chef de l'Agence de sécurité intérieure libyenne.

    Le sort de Seif al-Islam (48 ans), qui a longtemps fait figure de successeur à son père, reste un mystère. Capturé en novembre 2011 par un groupe armé à Zenten, au sud-ouest de Tripoli, il a été condamné à mort en 2015 à l'issue d'un procès expéditif. Mais le groupe le détenant a refusé de le livrer. La CPI le recherche pour des accusations de crimes contre l'humanité.

    La trace du fils le plus en vue de Kadhafi s'évapore après l'annonce en juin 2017 de sa libération - jamais confirmée - par le même groupe armé. La CPI a cependant déclaré l'avoir localisé à Zenten fin 2019.

    Al-Tuhamy Mohamed Khaled est accusé pour des crimes qu'il aurait commis durant la révolte de 2011. II aurait torturé des opposants au régime de Kadhafi, selon la CPI. Il est toujours en fuite. En novembre 2019, plusieurs membres du Conseil de sécurité de l'ONU avaient jugé honteuse et incroyable l'impunité bénéficiant aux deux fugitifs ainsi qu'à Mahmoud al-Werfalli.