al-Kazimi (premier ministre)

  • Irak : Quatre morts le jour d'une démonstration de force des partisans de l'imam Moqtada Sadr

    Imprimer

    Quatre personnes ont été tuées et des dizaines blessées vendredi dans des affrontements entre manifestants rivaux dans le sud de l'Irak, où le leader chiite Moqtada Sadr avait appelé ses partisans à une démonstration de force, à sept mois des législatives. Il y a un an, en octobre 2019, manifestants anti-pouvoir et sadristes descendaient ensemble dans les rues de Bagdad et de toutes les villes du Sud pour la première révolte spontanée du pays, à l'ampleur inégalée.

    Depuis, les deux camps se sont divisés, un nouveau gouvernement a été nommé et le Premier ministre, Moustafa al-Kazimi, a promis des législatives anticipées en juin, attisant les appétits de tous les politiciens dans l'un des pays les plus corrompus au monde. A l'approche de ce scrutin à l'issue duquel Moqtada Sadr, qui tient déjà le premier bloc au Parlement, a prévenu que sa formation entendait prendre les rênes du gouvernement, les tensions montent de nouveau.

    Quatre morts, neuf blessés par balles
    Pour bien montrer que les temps ont changé, des dizaines de milliers de sadristes ont prié --côte-à-côte malgré la Covid-19-- place Tahrir de Bagdad, là même où il y a quelques semaines encore, les tentes des anti-pouvoir se dressaient. Elles ont depuis été démantelées, et l'unique campement du mouvement de contestation est désormais celui installé sur la place Habboubi, au coeur de Nassiriya (sud), bastion historique des révoltes en Irak depuis l'époque du mandat britannique il y a un siècle. Vendredi, "des sadristes armés de fusils et de pistolets sont venus pour essayer de brûler le campement (photo ci-dessous), nous redoutons plus de violences", a affirmé à l'AFP Mohammed al-Khayyat, l'une des figures de la révolte à Nassiriya.

    Place al-Haboubi.jpeg

    En soirée, les heurts se poursuivaient tandis qu'un journaliste de l'AFPTV a constaté que de nombreuses tentes de manifestants avaient été incendiées et que la cohue régnait à Habboubi. "Les forces de l'ordre n'ont clairement pas fait leur travail, en laissant faire des gangs armés qui voulaient attaquer Habboubi", a de son côté dénoncé sur Twitter Assaad al-Nasseri, ancien leader sadriste qui a fait défection. Ces violences ont fait, selon des sources médicales, quatre morts et 51 blessés, dont neuf par balles. Nassiriya s'était particulièrement illustrée lors de la révolte lancée en octobre 2019, qui réclamait un renouvellement total de la classe politique et a maintenu des dizaines de milliers de manifestants dans les rues pendant des mois.

    Anniversaire d'un massacre
    Il y a un an, la ville avait été le théâtre le 28 novembre 2019 d'une journée sanglante avec plusieurs dizaines de manifestants tués par les forces de l'ordre. Le gouvernement de l'époque, qui a depuis démissionné, avait même dû rappeler dans la journée un haut-gradé dépêché pour mettre fin aux manifestations tant le bain de sang avait suscité l'indignation dans le pays.

    Le gouvernement de M. Kazimi, lui, doit faire face au scepticisme de la classe politique. Experts et responsables assurent unanimes que les législatives n'auront pas lieu en juin car le pays n'aura pas eu le temps de se préparer pour la nouvelle loi électorale, votée dans la foulée de la révolte d'octobre 2019.

    Déjà grand vainqueur des législatives de mai 2018 avec 54 députés sur 329, Moqtada Sadr pourrait profiter de cette réforme. Les nouvelles circonscriptions, plus petites, font la part belle aux notables, dignitaires tribaux et religieux et aux candidats appuyés par de riches partis dans un pays où le clientélisme est roi et la fraude fréquente.

    Sur Twitter cette semaine, Moqtada Sadr a dit s'attendre à une victoire importante et donc à placer un Premier ministre de son parti, une première depuis la chute de Saddam Hussein en 2003.

    Vendredi, des milliers de ses partisans ont manifesté à Bagdad et dans d'autres villes comme Hilla et Bassora dans le Sud, en réponse à son appel à des rassemblements ce jour. Et le prêcheur dépêché par son mouvement à Tahrir a appelé dans son sermon à "une majorité sadriste au Parlement".

    "Nous manifestons contre les corrompus (...) qui ont mené l'Irak à la faillite", a assuré à l'AFP l'un des manifestants, Talal al-Saadi. "Nous répondons à l'appel de Sadr, nous disons au monde que nous ne voulons pas des criminels et des corrompus", abonde Ahmed Rahim. "C'est nous qui décidons".

  • Irak : morts et blessés lors de combats armés entre tribus chiites et une tribu sunnite dans la province de Diyala

    Imprimer

    Des affrontements armés ont éclaté depuis 13 jours, avec l'utilisation d'armes lourdes, entre des clans chiites et un clan sunnite dans le district d'Abu Saida, du district de Muqdadiya dans la province de Diyala. La situation semble avoir échappé au contrôle des forces de sécurité qui ont imposé un couvre-feu et seuls des véhicules blindés circulent. Mais cela n'a pas suffit à rassurer la population.

    Les forces de sécurité recherchent les personnes à l'origine des affrontements et qui sont accusées de meurtres. Alaa Hamid, membre des Forces de réaction rapide, a déclaré : "Lorsque nous sommes arrivés, cette zone était vide. Nous n'avons vu personne, mais il y avait beaucoup de morts et de blessés."

    Huit clans chiites font face à une tribu sunnite, les rues sont toutes fermées et les dégâts provoqués par les batailles sont clairement visibles. À ce jour, 42 personnes ont été tuées et blessées des deux côtés.

    Khaled Akram, propriétaire d'un magasin, a déclaré: "460 obus de mortier ont été tirés, ce qui a provoqué la fuite des civils. Les enfants avaient peur et les femmes couraient dans les rues. Les groupes armés tuaient des civils, volaient et pillaient".

    Environ 80% de la population du district a fui et les Forces de réaction rapide se sont installées dans le district sur ordre du Premier ministre Mustafa Al-Kazemi. Des mandats d'arrêt ont été émis contre des dizaines d'habitants de la région.

    Pour sa part, le responsable des médias des Forces de réaction rapide a déclaré à Rudaw Media Network: "Neuf personnes recherchées ont été arrêtées, selon les articles 4 et 6 de la loi sur le terrorism. Une quantité d'armes lourdes et moyennes a également été confisquée."

    Les batailles ont commencé par le meurtre de Muhammad al-Kaabi, le chef du clan Bani Ka'b, et de ses quatre fils, le 28 octobre à al-Muqdadiya. Selon certaines rumeurs, l'opération a été menée par l'Etat islamique et les forces irakiennes ont arrêté les assassins, mais ils ne les ont pas remis au clan Bani Kaab. Celui-ci s'est allié avec sept autres clans chiites et a lancé une guerre contre le clan sunnite Rabia.

     

  • Irak : Sept roquettes visent l'ambassade américaine, la trêve des milices pro-Iraniennes rompue

    Imprimer

    Sept roquettes ont visé mardi soir l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad, une attaque qui rompt plus d'un mois de trêve décrétée par les factions irakiennes pro-Iraniennes et a tué une fillette.

    Cette reprise des hostilités est intervenue au moment même où le nouveau ministre américain de la Défense par intérim, Christopher Miller, annonçait que les Etats-Unis allaient retirer 500 de leurs soldats en Irak pour n'en laisser que 2.500 dans le pays. Quatre projectiles se sont effectivement abattus dans la Zone verte où se trouve cette chancellerie, tandis que trois autres sont tombées dans des quartiers de Bagdad, tuant une fillette et blessant cinq civils, a précisé l'armée. L'attaque, menée depuis un quartier de l'Est de Bagdad de même source, a aussi eu lieu deux heures après un entretien téléphonique entre le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi et le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo.

    Les deux hommes ont notamment évoqué, selon le bureau de M. Kazimi, "l'avenir de la coopération entre l'Irak et la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis", déployée en 2014 en Irak pour combattre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

    Explosions et éclairs
    Un porte-parole de cette coalition a confirmé l'attaque de mardi soir à l'AFP, tout en refusant de commenter l'utilisation du système de défense antiroquettes américain C-RAM. Des dizaines de roquettes ont déjà visé la Zone verte de Bagdad où siège cette chancellerie, mais le système C-RAM n'est déclenché que lorsqu'elles menacent directement le complexe de l'ambassade.

    Mardi soir, les machines de tir C-RAM sont entrées en action, ont constaté des journalistes de l'AFP dans le centre de Bagdad où de fortes explosions ont retenti tandis que des éclairs lumineux marbraient le ciel de la capitale irakienne.

    A la mi-octobre, les factions pro-Iran en Irak avaient annoncé qu'elles n'attaqueraient plus l'ambassade américaine à condition que Washington annonce le retrait de toutes ses troupes d'ici la fin de l'année. Cette trêve avait été annoncée sur fond de tensions diplomatiques aiguës à Bagdad. Peu avant, M. Pompeo avait lancé un ultimatum aux dirigeants irakiens: si les tirs de roquettes ne cessaient pas, Washington rappellerait purement et simplement l'ensemble de ses diplomates et soldats du pays.

    Aujourd'hui encore, même après la victoire du démocrate Joe Biden à la présidentielle américaine, des experts assurent que l'administration de Donald Trump a rassemblé tous les documents nécessaires pour procéder à une fermeture de l'ambassade à Bagdad.

    "Occupants" américains
    Pour Washington, les près de 90 attaques notamment à la roquette ayant visé depuis un an son ambassade, des bases irakiennes abritant des soldats américains et des convois logistiques de sous-traitants irakiens travaillant pour l'armée américaine, sont le fait principalement des brigades du Hezbollah, la faction irakienne pro-Iran la plus radicale. Plusieurs attaques ont été revendiquées par des groupuscules aux noms inconnus, des faux-nez des groupes pro-Iran, selon les experts.

    A chaque fois, ces groupes disent réclamer le départ des "occupants" américains, s'appuyant sur un vote du Parlement irakien.

    En janvier, 48 heures après l'assassinat dans une attaque américaine du général iranien Qassem Soleimani et de son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, les députés chiites irakiens avaient voté l'expulsion des 5.200 militaires américains alors présents sur leur sol.

    Le gouvernement de l'époque avait prétexté ne gérer que les affaires courantes et ne pas pouvoir en conséquence mettre en oeuvre cette mesure immédiatement. Le cabinet de M. Kazimi, nommé en mai, plaide pour donner "trois ans" aux Américains pour quitter le territoire. Ces derniers avaient redéployé leurs troupes en 2014 contre l'EI, après un premier retrait total d'Irak, qu'ils avaient envahi en 2003, au cours de l'année 2011.

  • L’Egypte conclut un accord de reconstruction avec l’Irak en échange de pétrole

    Imprimer

    L’Irak et l’Égypte ont signé, samedi 31 octobre, 15 mémorandums d’accord et un programme de coopération dans plusieurs domaines, y compris la reconstruction. Les deux pays ont opté pour l’accélération de la mise en œuvre des projets menés par les entreprises égyptiennes dans le cadre du mécanisme du Pétrole en échange de la reconstruction.

    Dans le cadre de la réunion de la Haute commission mixte irako-égyptienne, sous la présidence du premier ministre irakien, Moustapha Al-Kadhimi et son homologue égyptien Moustapha Madbouli, qui est arrivé, samedi, en Irak.

    Le gouvernement irakien a déclaré dans un communiqué que «15 mémorandums d’accord et un programme de coopération ont été signés avec l’Egypte dans les domaines du transport, des ressources hydriques, de la santé, de l’environnement, de la justice, de l’investissement, du logement, de la construction, de l’industrie, du commerce et de la finance ».

    Selon le communiqué du Conseil des ministres égyptien, Madbouli a affirmé lors de son discours à la réunion de la commission qu’ « il y a un accord préliminaire entre les deux pays pour l’accélération de la mise en œuvre du mécanisme "pétrole en échange de la reconstruction" ».

    Et de préciser que « les entreprises égyptiennes seront chargées d’exécuter des projets de développement en Irak en échange de quantités de pétrole importées par l’Egypte ».

    Lors de la conférence de presse tenue à l’issue de la réunion de la commission mixte, Mustapha Madbouli a affirmé : « Nous avons discuté avec Al-Khadimi, la situation du mécanisme spécial du projet de reconstruction en échange du pétrole, et de la nécessité de l’accélération de la mise en œuvre, pour démarrer le partenariat des entreprises entre les deux pays ».

    De son côté, Al-Kadhimi a déclaré lors de la conférence de presse « Nous avons une volonté réelle de hausser le niveau des relations stratégiques dans l’intérêt des deux pays ».

    Et d’ajouter « l’Irak et l’Egypte constituent une base d’équilibre dans la région », sans mentionner le mécanisme indiqué par l’Egypte.

    L’infrastructure en Irak a été endommagée en raison des décennies de guerres et d’embargo. Bagdad œuvre aujourd’hui à attirer les investissements dans le secteur de la reconstruction, néanmoins, les investisseurs craignent toujours pour leur sécurité.

    Depuis la fin de la guerre contre « Daech » en 2017, Bagdad a déclaré avoir besoin de 88 milliards de Dollars pour sa reconstruction d'après-guerre.

    L’Irak exporte 12 millions de barils de pétrole annuellement vers l’Egypte, selon les déclarations antérieures du porte-parole du ministère du pétrole, Assem Jihad.

    La Haute commission irako-égyptienne mixte a débuté, mercredi dernier, ses travaux préparatoires dans les secteurs de collaborations potentiels, avec la participation de plusieurs ministres des deux pays réunis dans la capitale Bagdad, avant l’organisation de la session principale, aujourd’hui.

    C’est en effet la première réunion de la commission sous l’ère du nouveau régime irakien. La Haute commission mixte s’est réunie seulement deux fois auparavant, en 1988 et en 1989.

     

  • Irak, Sinjar: accord conclu avec le Kurdistan

    Imprimer

    Le gouvernement irakien de Bagdad et le gouvernement régional du Kurdistan , en coordination avec la Mission d'assistance des Nations Unies en Iraq (MANUI), sont parvenus le 9 octobre à un accord visant à relever les défis politiques et sécuritaires liés à la Région de Sinjar.

    Pour l'Organisation des Nations Unies, il s'agissait d'un premier pas important vers un «avenir meilleur», dans le but ultime de favoriser la reconstruction de la région et de renforcer les relations entre Bagdad et Erbil. L'administration de Sinjar, située dans une zone controversée de la province septentrionale de Ninive, a été l'une des questions sur lesquelles les deux gouvernements ont longtemps lutté pour trouver un point de rencontre. En 2014, des combattants de l'État islamique étaient entrés dans la région en commettant des crimes odieux contre les yézidis, considérés comme hérétiques. Selon les Nations Unies, cela aurait été un véritable génocide, car au moins 3 000 Yézidis ont été tués par l'Etat islamique et 6 000 réduits en esclavage, y compris des enfants. En outre, selon les rapports de l'ONU, environ 3. 000 femmes et filles enlevées sont toujours portées disparues. Malgré la défaite militaire de l'Etat islamique, la région a continué d'être témoin d'instabilité, compte tenu des désaccords sur les questions de sécurité et de l'absence d'une administration unifiée.

    La Représentante spéciale des Nations Unies pour l'Irak, Jeanine Hennis-Plasschaert, a déclaré le 9 octobre qu'elle avait bon espoir quant au nouvel accord, estimant que cela pourrait inaugurer une nouvelle phase pour Sinjar, dans laquelle les intérêts de la population prévalent, afin de permettre le retour des habitants locaux dans leurs foyers, d'accélérer les opérations de reconstruction et d'améliorer les services publics. Des idées similaires sont également venues du gouvernement de Bagdad, comme l'a rapporté le porte-parole du Premier ministre, Ahmed Mulla Talal, qui a déclaré que le Premier ministre, Mustafa al-Kadhimi, avait encouragé un accord "historique" qui renforcera l'autorité fédérale pour Sinjar en termes de gouvernance et de sécurité.

    En ce qui concerne les détails du nouveau pacte, celui-ci prévoit le choix d'une nouvelle administration locale pour le district de Sinjar, tandis que la sécurité de la région sera confiée aux forces locales, au sein desquelles une expansion de 2500 nouvelles unités et le retrait des factions externes sont attendus. La fourniture de services, a-t-on précisé, sera de la responsabilité d'un comité mixte composé de membres du gouvernement central, celui du Kurdistan et du gouvernorat de Ninive. Le gouvernement fédéral, en coordination avec l'exécutif régional, jouera un rôle central, car il devra garantir la mise en œuvre et le respect de l'accord, en collaborant également avec la population locale elle-même.

    L'accord, a déclaré Talal, met fin à l'ingérence de groupes extérieurs. La référence va, en particulier, au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dont la présence n'est pas bien vue par le gouvernement kurde d'Erbil, qui a poussé à plusieurs reprises cette organisation à abandonner Sinjar. Le PKK a pris le contrôle du district en 2014, lorsqu'il a commencé à soutenir la communauté yézidie contre l'État islamique. Cela a été considéré par certains comme un simple prétexte pour établir une base logistique à partir de laquelle mener leurs opérations. Le PKK est une organisation paramilitaire, soutenue par les masses populaires du sud-est de la Turquie d'origine kurde, mais aussi active au Kurdistan irakien. Pour Ankara, l'Union européenne et les États-Unis, ce parti doit être considéré comme une organisation terroriste.

    Les partis politiques irakiens ont décrit l'accord du 8 octobre comme une solution idéale pour restaurer la stabilité à Sinjar et une expérience qui pourrait être appliquée dans d'autres régions du pays, même si certains parlementaires se sont demandés quels avantages cela pourrait réellement apporter à la Communauté yézidie. Dans ce contexte, le président du gouvernement régional du Kurdistan, Masrour Barzani, a également salué l'accord en le définissant comme un point de départ pour la mise en œuvre de l'article 140 de la Constitution.

  • Irak : Des missiles atterrissent près d'une base de coalition internationale

    Imprimer


    Le Commandement des opérations conjointes irakien a rapporté que, dans la soirée du 30 septembre, 6 missiles ont frappé à proximité d'une base de la coalition internationale anti-Daech dirigée par les États-Unis à Erbil, la capitale de la région du Kurdistan irakien.

    L'attaque, définie comme terroriste, a touché une base où les forces de Washington sont également stationnées. Cependant, aucune victime ni aucun dommage matériel n'a été signalé. Selon le Service antiterroriste du Kurdistan, l'attaque a été perpétrée par les Forces de mobilisation populaire (Hashd al-Chaabi), une coalition de milices paramilitaires, majoritairement chiites, soutenue par l'Iran. La même source a rapporté que les missiles avaient été lancés, vraisemblablement, depuis un village situé dans la région de Ninive, à l'est de Mossoul, et que ceux-ci, selon le Service de lutte contre le terrorisme, étaient plus "sophistiqués" que le type Katyusha. Sur les 6 lancés au total, un missile a touché le siège d'un parti d'opposition kurde iranien, le PDK, tandis que les autres se sont écrasés près de l'aéroport d'Erbil, où se trouvent les camps de la coalition internationale.

    Le ministère de l'Intérieur de la région du Kurdistan a également déclaré que les missiles avaient été tirés depuis une zone contrôlée par les Forces de mobilisation populaire, à la périphérie du village de Cheikh Amir, situé à 40 km d'Erbil, dans le gouvernorat de Ninive. Le chef du gouvernement régional du Kurdistan irakien, Masrour Barzani, a fermement condamné l'incident, tandis que le chef du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), Hoshyar Zebari, a qualifié l'incident de "nouvelle escalade contre la sécurité de l'Irak". dont la responsabilité est la même que celle qui a frappé la capitale Bagdad.

    EjL6r8uXgAA7rk5.jpeg

    L'attaque, actuellement non revendiquée, a eu lieu quelques heures après une réunion du Premier ministre irakien, Mustafa al-Kazimi, avec environ 25 diplomates étrangers, dont l'ambassadeur des États-Unis, au cours de laquelle le premier ministre lui-même s'est engagé à garantir la sécurité des missions étrangères en Iraq et à restreindre la possession d'armes aux seules forces gouvernementales. La réunion est intervenue après que les États-Unis ont averti l'Irak le 28 septembre que l'administration actuelle avait l'intention de fermer son ambassade à Bagdad dans les trois mois, à moins que le gouvernement irakien arrête la vague de attaques de missiles lancées par des milices chiites.

    La crainte est qu’une telle initiative pourrait également pousser d’autres pays à retirer leurs représentants diplomatiques d’Irak. Pour al-Kazimi, fermer les ambassades étrangères dans le pays revient à mettre fin à la coopération économique et militaire avec ses partenaires à un moment où l’Iraq est confronté à des défis majeurs. Pour cette raison, Bagdad entend "imposer la primauté du droit" et limiter les armes entre les mains de l'Etat, protégeant les missions diplomatiques et leurs bureaux en Irak. Selon le premier ministre, le but de ceux qui mènent ce type d'attaques est de déstabiliser le pays et de saper ses relations avec ses alliés régionaux et internationaux.

    En octobre 2019, plus de 30 attaques contre des bases et des structures américaines en Irak ont ​​conduit Washington à menacer de représailles les milices iraniennes pro-iraniennes, et notamment les brigades du Hezbollah irakien, tenues pour responsables de plusieurs attaques. La série d'attaques s'est produite au tournant d'un épisode considéré comme le comble des tensions entre l'Iran et les États-Unis sur le sol irakien, à savoir la mort du général en charge de la Force al-Qods, Qassem Suleimani, et du commandant adjoint des Forces de mobilisation populaire. , Abu Mahdi al-Muhandis, tué le 3 janvier à la suite d'un raid ordonné par le chef de la Maison Blanche, Donald Trump.

    Cet épisode, ainsi que d'autres survenus entre décembre 2019 et janvier 2020, ont été considérés comme une forme de violation de la souveraineté irakienne par les Etats-Unis. C'est pourquoi le Parlement de Bagdad, le 5 janvier, avait proposé au gouvernement d'expulser toutes les forces étrangères, et en particulier les forces américaines, du pays. Dans ce contexte, Washington et Bagdad ont tenu le 11 juin la première série de pourparlers sur le soi-disant «dialogue stratégique», promu par le Premier ministre irakien Mustafa al-Kazimi. Le dialogue vise à définir le rôle des États-Unis dans les territoires irakiens et à discuter de l'avenir des relations économiques, politiques et sécuritaires entre les deux pays, dans le but ultime de créer une sorte de stabilité dans l'axe Washington-Bagdad.

  • USA : Le président Trump va annoncer davantage de retrait de troupes d'Irak et d'Afghanistan

    Imprimer

    Le président américain Donald Trump va annoncer bientôt le retrait de davantage de troupes d'Irak et d'Afghanistan, a indiqué mardi un haut responsable de son administration. Ce dernier a dit aux journalistes voyageant avec le président de s'attendre à une annonce mercredi concernant le retrait de troupes stationnées en Irak. Une annonce concernant l'Afghanistan interviendrait dans les jours à venir, a ajouté la même source.

    Donald Trump, qui brigue sa réélection en Novembre, avait auparavant dit qu'il voulait retirer les soldats basés en Irak. Lors d'un entretien en août avec le Premier ministre irakien Moustafa al-Khazimi, il avait fait cette déclaration mais sans donner de date précise. L'entretien avait eu lieu alors que des cibles américaines étaient visées par des combattants pro-iraniens en Irak et sur fond de demandes au gouvernement irakien d'expulser les 5.000 soldats américains déployés dans le pays dans le cadre de la lutte contre les jihadistes.

    L'armée américaine a quitté l'Irak vers la fin 2011, laissant derrière juste une petite mission rattachée à l'ambassade américaine. Mais d'autres forces américaines ont été déployées dans le pays quelques années plus tard afin de soutenir les forces irakiennes dans leur guerre contre l'organisation jihadiste Etat islamique, qui menait une offensive dévastatrice durant l'été 2014.

    Pour sa part, en août, le Pentagone avait affirmé vouloir réduire à moins de 5.000 militaires sa présence en Afghanistan sur fond de pourparlers de paix inter-afghanes. Actuellement, les Etats-Unis disposent de 8.600 militaires en Afghanistan. Selon un accord signé en février à Doha par Washington et les talibans, les troupes étrangères vont quitter l'Afghanistan en 2021, en échange d'un engagement des talibans en faveur de la paix.