al-Jadeed

  • Liban : Attaque de partisans aounistes contre le siège de la télévision al-Jadeed

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    L'association "Journalistes pour la liberté" a condamné mercredi le comportement de "partisans du Courant patriotique libre" (CPL, fondé par le chef de l'Etat, Michel Aoun) qui s'en sont pris violemment la veille au soir au siège de la télévision al-Jadeed, après une introduction du journal télévisé particulièrement critique à l'égard du président Aoun et du chef du CPL, Gebran Bassil. 

    Mardi soir, les actualités de la chaîne al-Jadeed avaient commencé avec une sortie virulente à l'encontre de MM. Aoun et Bassil, sur fond de tensions politiques, exacerbées par les tractations gouvernementales et l'enquête sur les explosions du port. En réaction aux critiques lancées contre leurs leaders, des partisans aounistes se sont rendus en soirée devant le siège d'al-Jadeed, dans le quartier dit de "Cola", dans le sud de Beyrouth, et ont lancé des pierres et frappé à coups de bâtons le bâtiment, rapportaient hier des médias locaux, avant de prendre la fuite. 

    Cette attaque "constitue une violation flagrante des libertés de la presse" et est un exemple de "la faillite à laquelle la classe dirigeante a mené le pays", a dénoncé dans un communiqué l'association "Journalistes pour la liberté". Elle a condamné "l'absence d'un minimum de respect envers les institutions" de la part de ces partisans.

    Ces derniers mois ont été caractérisés, au Liban, par de nombreuses atteintes du pouvoir contre la liberté d'expression, note le quotidien L'Orient-le-Jour. Elles ont été dénoncées à plusieurs reprises par les associations de défense des libertés et des droits de l'homme. En juin, le procureur général près la Cour de cassation, le juge Ghassan Oueidate, avait chargé les enquêteurs de la police judiciaire de lancer des investigations pour déterminer l'identité de toute personne ayant diffusé des publications et des images portant atteinte au chef de l'État, afin qu'elles soient poursuivies en justice pour diffamation et outrage public. Cette décision avait fait un tollé dans les milieux d'activistes.