al-Islah

  • Yémen: le parti al-Islah, qui représente les Frères Musulmans, renforce l'influence de la Turquie et du Qatar au Yémen

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    Le gouverneur de Shabwa, Muhammad Saleh bin Adiou, a conclu un accord pour la création d'un port sur la côte de la mer d'Oman. Cette décision est considérée comme une tentative des Frères musulmans d'ouvrir une nouvelle base pour le Qatar et la Turquie.

    L'accord a été signé le 8 novembre par le gouverneur de Shabwa et une société non gouvernementale, la General Trading Company (GTC), chargée de mener à bien la première phase du projet pour la création du port de commerce de Qana, dans le quartier de Radoum. L'accord prévoit tout d'abord la fourniture de réservoirs flottants pour les dérivés pétroliers, puis, dans un second temps, la construction d'amarrages et de 8 réservoirs pour le stockage du pétrole brut, d'une capacité totale de 60 000 tonnes. Pour le Gouverneur Adiou, il s'agit d'un projet visant à renforcer les capacités d'investissement dans la région et à promouvoir ses activités économiques et commerciales. Le GTC, a-t-il été précisé, sera responsable des activités de construction et de gestion dans les premiers stades, tandis que l'État yéménite s'occupera ensuite du nouveau port.

    Selon les rapports al-Arab, le projet Adiou est considéré, en réalité, comme une tentative des Frères musulmans, représentés par le parti al-Islah, de créer un débouché sur la mer d'Oman qui pourrait faciliter la communication et faciliter l'influence du Qatar et de Turquie au Yémen. De cette manière, Doha et Ankara pourraient envoyer de l'aide et des fournitures par voie maritime, directement, comme cela se produit sur les côtes occidentales du Yémen, où les rebelles chiites houthis, selon al-Arab, exploitent certains ports de la région pour recevoir des armes et de l'aide. de l'Iran, tout en contournant les contrôles imposés par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite.

    Un autre objectif des Frères musulmans est de contrôler les zones stratégiques yéménites, de la province riche en pétrole de Ma'arib vers le port d'Abyan ou encore de la province de Shabwa vers le port d'Aden. Le plan prévoit donc le contrôle des territoires riches en pétrole et en gaz et l'ouverture de canaux pour leur transport vers les marchés internationaux. Dans ce contexte, le gouverneur Adiou, selon al-Arab, est un instrument aux mains du groupe islamiste, ainsi qu'un "représentant des intérêts turcs" à Shabwa. À cet égard, le même journal a souvent souligné comment Ankara tente de s'infiltrer de plus en plus dans le paysage yéménite, compte tenu des avantages que les Turcs pourraient tirer du contrôle des routes commerciales dans la mer Rouge et la mer d'Arabie.

    Shabwa est considéré comme l'un des gouvernorats les plus importants du Yémen, compte tenu de la richesse pétrolière dont il dispose. Pour cette raison, il a souvent le théâtre d'affrontements, comme ceux qui ont eu lieu en août 2019, dans le contexte de tensions entre les forces séparatistes du Conseil de transition sud (CTS) et l'armée affiliée au gouvernement légitime du président Rabbo Mansour Hadi. . Pour le moment, l'Arabie saoudite continue d'agir en tant que médiateur pour mettre fin aux pressions sécessionnistes et achever la mise en œuvre de l'accord de Riyad, signé le 5 novembre 2019 dans le but de mettre fin aux tensions provoquées par les ambitions sécessionnistes dans les régions du sud du Yémen.

    Dans ce contexte, lors d'une réunion gouvernementale le 8 novembre, le Conseil de transition sud a accusé les Frères musulmans, membres du gouvernement de Rabbo Mansour Hadi, d'être responsables du non-paiement des salaires des soldats des forces sécessionnistes du Sud, comme l'exige l'accord. de Riyad, exacerbant les conditions économiques déjà fragiles de la population locale.

    Dernier point mais non des moindres, selon le CTS, le Qatar et la Turquie, comme l'Iran, jouent un rôle négatif au Yémen, sabotant les efforts du Royaume saoudien, pas seulement par des manœuvres. économique et politique, mais également en provoquant une escalade militaire.

    Et pour être complet, rappelons que les Emirats Arabes Unis, qui soutiennent le CTS, ont réussi à s'implanter, sans doute durablement, sur l'île de Socotra.

  • Grèce/Turquie : Quelle est la position de Donald Trump et Angela Merkel face à la crise entre la Grèce et la Turquie ?

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    On connaît la position de la France qui s'est résolument rangée du côté de la Grèce. La position des Etats-Unis et de l'Allemagne est moins claire. Pourtant, le rôle du président américain Donald Trump et de la chancelière allemande Angela Merkel est crucial alors qu'Athènes se prépare à faire face à la poursuite des provocations turques, la semaine prochaine, en raison de la tenue par la Turquie de grandes manœuvres militaires. Il est clair que tout incident en Méditerranée orientale coûtera aux deux parties un coût élevé et alourdira le fardeau sur l'économie turque déjà épuisée. La Turquie a commencé à sentir le prix de son intervention en Libye. À la lumière de cela, Athènes compte sur l'intervention diplomatique de Washington et de Berlin pour tenter de désamorcer les tensions avec la Turquie.

    Ni Trump ni Merkel ne veulent d'un conflit armé en Méditerranée
    La Grèce ne sous-estime pas les liens étroits que le président américain Trump a développés avec le président turc Erdogan. Néanmoins, Athènes a été encouragée par la volonté dont Trump a fait preuve en réponse à la crise de la Méditerranée orientale, puisqu'il a appelé Mitsotakis, le premier ministre grec, à deux reprises, lorsque les tensions ont atteint leur apogée et a proposé d'aider à calmer la situation.

    Trump est confronté à des élections présidentielles difficiles dans les deux mois et le soutien de la diaspora grecque aux États-Unis est également important. Il est peu probable que Trump soit prêt à risquer sa réélection en raison d'un conflit militaire entre deux pays de l'OTAN.

    Il en va de même pour la chancelière allemande Merkel, qui ne veut pas d'un conflit gréco-turc à un moment où son pays détient la présidence tournante de l'Union européenne pour une période de 6 mois. Malheureusement, Heiko Maas, ministre allemand des Affaires étrangères, n'a obtenu aucun résultat tangible au cours de sa récente visite à Ankara; Et lors de sa visite à Athènes, Maas a clairement laissé entendre que des sanctions seraient inévitables à la fin du mois de septembre si la Turquie continue ses violations de l'espace maritime grec

    La Grèce manoeuvre bien jusqu'à maintenant
    Athènes estime avoir marqué deux points alors qu'Erdogan tente d'opérer un changement de statut des eaux territoriales en Méditerranée orientale et en mer Égée: l'acceptation d'un accord avec l'Égypte qui définit en partie des zones économiques exclusives, et l'annonce par la Grèce d'une extension de ses eaux territoriales dans la mer Ionienne de 6 milles à 12 milles marins.

    Quel est l'objectif du bellicisme d'Erdogan ?
    Quel est l'objectif d'Erdogan ? Essaye-t-il de préserver l'adhésion sans faille de ses partisans, de les détourner des problèmes les plus urgents, ou encore de se préparer à des élections anticipées ? Et s'il décide de prendre le risque d'une guerre, quel bénéfice espère-t-il obtenir ? Ecraser les Grecs, étendre le territoire turc et gagner en influence dans la région ?

    Même si la Turquie parvenait à réaliser des gains territoriaux au détriment des Grecs, ces gains resteraient illégaux et auraient un coût politique et économique énorme pour Ankara.

    Erdogan se trouve dans une impasse : exécuter ses menaces ou reculer piteusement
    Malheureusement, Erdogan se trouve maintenant dans une impasse. S'il recule, cela signifiera que les menaces de la Turquie ne sont qu'un canular. C'est peut être pour cela que le bureau d'information de la présidence turque a fait une déclaration affirmant que «La Turquie continue d'être (la Turquie pour la paix), aux quatre coins du monde, avec des solutions pacifiques et à long terme qu'elle propose aux problèmes internationaux.»

    Erdogan : le nouveau sultan islamiste
    Mais il y a un autre aspect du "problème Erdogan" et c'est une erreur que font beaucoup de critiques internationaux: Erdogan est obnubilé par son idéologie "frères musulmans" ainsi que par le mythe de la résurrection  de l'empire ottoman. Et on aurait tort de croire qu'Erdogan joue sur les nerfs de la communauté internationale et n'a pas vraiment l'intention de passer à l'acte, quelle qu'en soit la conséquence. Il ambitionne de devenir le leader incontesté des Frères musulmans et le sultan d'un nouvel empire ottoman dont l'influence s'étendrait du Moyen Orient, à l'Afrique du nord, à l'Asie centrale et même aux confins sud de l'Europe.

    Sous la bannière des Frères Musulmans, il a le soutien du Qatar, le financier de la cause, du gouvernement libyen de Tripoli, seul reconnu par l'ONU et des sympathies en Tunisie. Il compte également des "proxies" au Yémen au sein du parti al-Islah, représentant local des Frères, et en Somalie.

    Sous la bannière ottomane, on trouve l'Azerbaïdjan (qui parle une langue turque), les Turkmènes syriens, la Bulgarie, et des sympathies dans un certain nombre de pays d'Asie centrale et dans les Balkans.

    Un axe anti-Ottoman ?
    Les manoeuvres d'Erdogan sont en train de redéfinir la carte géopolitique de toute la région et c'est sans doute pour cela que la Serbie, ennemie héréditaire de la Turquie, a décidé de transférer son ambassade à Jérusalem, un nouvel allié de la coalition déjà formée par la Grèce, Israël, l'Egypte et la France, l'Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, sans compter la Libye du maréchal Khalifa Haftar. On pourrait rajouter l'Autriche, qui se souvient sans doute de la menace ottomane, et qui semble soutenir la Grèce dans son conflit avec la Turquie.

  • 13 et 14 juin 2015 - Nouvelles du Moyen Orient et d’Afrique du nord

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    Les miliciens kurdes syriens sont à la veille de chasser les Jihadistes de l'Etat Islamique de la ville de Tal Abyad, à la frontière entre la Syrie et la Turquie, avec l'aide de la coalition internationale. On assiste à l'apparition d'un nouveau pays à l'occasion de la guerre qui ravage la région : le Kurdistan...et c'est précisément ce qui inquiète Recep Tayyip Erdogan,  le président turc.

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  • 22 mars 2014 - Eclairage sur les conflits yéménites

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    Le Yémen est en plein chaos, forçant les derniers personnels civils et militaires américains encore présents dans le pays à l'évacuer en toute hâte. Comme en Irak, en Syrie et en Libye, la situation est complexe en raison des affrontements entre trois camps principaux : le pouvoir officiel - les Chiites et les Jihadistes

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  • 4 janvier 2014 - Nouvelles des guerres du Moyen Orient

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    Les diplomates russes n'ont pas réussi à convaincre les dirigeants du Hezbollah chiite libanais de la nécessité de remplacer Bachar el-Assad pour ramener la paix en Syrie.

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  • Guerres du Moyen orient – le 29 octobre 2014

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    Liban

    Tripoli
    Le calme est de retour dans la capitale du Nord, après plusieurs jours d'affrontements qualifiés des plus violents entre l'armée et des groupes islamistes. Ayant pour la première fois investi le quartier de Bab el-Tebbaneh qui servait de place forte aux Islamistes, l'armée a affirmé mardi 28 octobre qu'il n'était pas question qu'elle se retire de ce quartier, du moins tant que ceux qui sont recherchés par la justice ne seront pas arrêtés.

    Les responsables des affrontements ont pris le large
    Mais encore une fois, les interrogations fusent pour savoir qui est responsable de la disparition des éléments armés et, notamment, des principaux responsables, à savoir le cheikh wahhabite Khaled Hoblos, et les deux chefs jihadistes membres du Front al-Nosra, Chadi Mawlawi et Oussama Mansour. Ce n’est pas la première fois que les responsables d’affrontements avec l’armée libanaise s’évaporent dans la nature lorsque l’armée sort victorieuse des affrontements. Déjà, en 2007, Chaker al-Absi, le chef de Fatah al-Islam qui avait provoqué un violent conflit de trois mois contre l’armée libanaise dans le camp de Nahr el-Bared, proche de Tripoli, s’était envolé lorsque les militaires avaient finalement mis hors de combat les dernières poches de résistance dans le camp. La même chose était arrivée au Cheikh Ahmad Assir, un imam salafiste, lorsque l’armée était venu à bout de son mouvement insurrectionnel dans la banlieue de Saïda.
    Certains affirment que les éléments armés ont réussi à s’échapper en se faufilant parmi la population civile qui fuyait en masse les zones de combats. C'est cette thèse qu'avalise d'ailleurs l'ancien ministre Ahmad Karamé, qui a démenti mardi 28 octobre les informations selon lesquelles l'armée aurait volontairement ouvert un point de passage pour laisser filer les combattants.

    Tripoli n’est ni Damas ni Bagdad
    L’insurrection provoquée par un cheikh wahhabite (pro-saoudien), cheikh Khaled Hoblos, n’a pas réussi pour de nombreuses raisons. La première est que les Libanais, échaudés par quinze ans de guerre et témoins des immenses destructions en Syrie voisine, ainsi que par la cruauté des Jihadistes de l’Etat islamique ou du Front al-Nosra, ne sont pas prêts à tout détruire, même pour « punir » le Hezbollah chiite de son intervention en Syrie. Le fait que ce soit un imam wahhabite qui ait appelé les soldats sunnites à déserter montrait à l’évidence qu’on cherchait à créer un conflit au Liban pour un objectif qui n’était pas libanais. Enfin les éléments du Front al-Nosra présents à Tripoli, et menés par Chadi Mawlawi et Oussama Mansour étaient trop isolés (physiquement dans une mosquée de Bab el-Tebbané) et coupés de la population et des leaders locaux pour avoir la moindre chance de l'emporter sur l'armée libanaise.

    Le Front al-Nosra à Tripoli
    Les éléments du  Front al-Nosra présents à Tripoli ne représentaient pas une menace très sérieuse pour l’armée libanaise et la paix civile au Liban. Du moins, tant que la population sunnite de la ville, pourtant enflammée par la colère devant la prise en main rampante du Hezbollah sur des pans entiers du pouvoir libanais, ne décidait pas de les rejoindre dans le combat. Le Front al-Nosra reconnaît aujourd’hui que l’environnement à Tripoli n’était pas propice à leurs actions.
    Le Front ne comprenait qu’une trentaine d’éléments retranchés à l'intérieur de la mosquée Omar ben Massoud dans le quartier sunnite de Bab el-Tebbané.
    Le leader du Front al-Nosra de Tripoli, Chadi Mawlawi, avait été arrêté en 2012 par la Sûreté générale dans les bureaux de l'ancien ministre Mohammad Safadi, avant d'être relâché sur pression sunnite.  Il avait participé aux nombreux rounds de violence entre le quartier sunnite de Bab el-Tebbané et le quartier alaouite de Jabal Mohsen.

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    Chadi Mawlawi

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Oussama Mansour avait également pris part aux combats entre Sunnites et Alaouites.
    Les deux hommes avaient prêté allégeance au Front al-Nosra en septembre 2014.

    Le Front al-Nosra reconnaît son échec et une erreur de jugement à Tripoli
    Les discussions vont bon train au sein de la mouvance jihadiste, notamment sur les réseaux sociaux. Nombreux sont ceux qui pensent que le Front a été entraîné malgré lui dans un affrontement avec l’armée. L’appel du cheikh wahhabite n’aurait joué aucun rôle en ce qui concerne l’affrontement entre Jihadistes et l’armée, affirment de nombreux Jihadistes sur les réseaux sociaux. Tout aurait en fait commencé, affirment les Jihadistes, lorsque le salafiste Ahmad Salim Mikati et plusieurs membres de son groupe armé avaient été arrêtés par l’armée. « Le groupe du cheikh Abou Hoda (Ahmad Salim Mikati) a aussitôt ouvert la bataille dans les souks en coordination avec des partisans de l’Etat islamique dès qu’a été connue l’arrestation d’Ahmad Salim Mikati. Et les autres groupes, dont le Front al-Nosra, ont été entrainés malgré eux dans la bataille, de peur d’être accusés de manque de soutien ».

    La tension persiste
    Pour l’instant, si l’ensemble de la classe politique soutient l’armée, les tensions persistent dans le pays, notamment dans la Bekaa où ce n’est pas seulement l’armée libanaise qui est en confrontation avec les Jihadistes, mais également le Hezbollah chiite.
    Or, c’est précisément le Hezbollah, sa puissance militaire et son implication dans la guerre en Syrie, qui est à l’origine de beaucoup de tensions au Liban. C’est ce qu’a répété Samir Jisr, député de Tripoli (Membre du Bloc du Futur), qui, tout en affichant sa satisfaction de voir l'armée parachever le plan de sécurité commencé en avril 2014 à Tripoli, a également mis l'accent sur le fait que « tous les cas d'extrémisme au Liban sont des réactions au comportement du Hezbollah et à son arrogance ».

    Front irakien

    Nouveaux massacres de membres de tribus hostiles au califat islamique
    Après la tribu Chaitat, établie dans la province de Deir ez-Zhor, à l’est de la Syrie, les Jihadistes de l’EI s’en sont pris à une nouvelle tribu, cette fois en Irak. Ils ont exécuté 46 membres de la tribu al-Bounimer, établie dans la province sunnite d’al-Anbar, à l’ouest de l’Irak. La tribu al-Bounimer avait pris les armes contre l’EI. Les Jihadistes s’étaient emparés de la zone occupée par cette tribu à l’issue de combats la semaine dernière.

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    Des membres de la tribu al-Bounimer massacrés par l'EI.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Tikrit
    Mardi 28 octobre 2014, un important contingent militaire a été aéroporté sur la base de Spyker près de Tikrit pour renforcer les unités de l’armée engagées dans des opérations au nord de la ville. Les renforts comprennent plus de 500 hommes et de nombreux véhicules et blindés.
    L’armée irakienne est engage depuis de longs mois dans des offensives dont l’objectif est la libération de la ville de Tikrit et de Baïji.

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    Renforts de l'armée irakienne sur la base Speicher

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Bataille de Jafr al-Sakhar
    60km au sud de Bagdad. Cette bataille s’est soldée par la défaite des califatistes.
    Vidéo d’une heure montrant la bataille :
    https://www.youtube.com/watch?v=QKLk8WM3Re4&feature=player_embedded

    Activité de la coalition internationale
    Le Centcom a mis en ligne plusieurs vidéos des raids aériens au-dessus de l’Irak.
    Vidéo d’une cible jihadiste  à l’ouest de Mossoul :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=JfJ-URx4CBw&list=UUNEEHeS9Y2yFVLbWGeHhbYA

    Front syrien

    Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
    Les Peshmergas en route vers Kobane
    Les premiers renforts de combattants kurdes irakiens à destination de la ville syrienne kurde de Kobané assiégée par les Jihadistes ont atterri dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 octobre 2014 à l'aéroport de Sanliurfa (sud de la Turquie).
    Ces combattants "peshmergas", dont le nombre n'a pas été précisé, ont aussitôt pris la route à bord de trois bus pour la frontière turco-syrienne, distante d'une cinquantaine de kilomètres, escortés par quatre blindés de l'armée turque et un véhicule de police.
    Les forces de sécurité turques ont immédiatement fermé la route qui mène à la frontière, bloquant les nombreux journalistes qui tentaient de suivre le convoi.
    Outre le contingent qui a atterri à Sanliurfa, un convoi d'une quarantaine de véhicules chargés d'armes lourdes est également attendu en Turquie, via la ville frontière turque de Silopi, pour rallier Kobané.
    Vidéo des forces kurdes en Turquie :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=p4IKRJ3wWk0&list=UUNoazHVgGDtXhHwY3maknuw

    La coalition internationale poursuit ses bombardements autour de Kobane
    L'armée de l’air américaine a poursuivi ses frappes aériennes mardi 28 et mercredi 29 octobre 2014 contre les Jihadistes d’ l’Etat islamique assiégeant la ville syrienne de Kobane.
    Des avions de chasse et des bombardiers américains ont mené huit raids aériens près de Kobané au cours des dernières 24 heures. Ils ont détruit cinq positions tenues par les jihadistes de l'EI, une "petite unité" de combattants, six véhicules, un bâtiment ainsi qu'un poste de commandement et de contrôle, a indiqué mercredi le centre de commandement américain pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale (Centcom), dans un communiqué.
    Vidéo :
    https://www.youtube.com/watch?v=yZH56YvyZ64&feature=player_embedded

    Des membres de l’Armée Syrienne Libre traversent la Turquie pour gagner Kobane
    Entre 50 et 150 combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), fidèles au colonel Abdel Jabbar Oqaidi, sont rentrés en Syrie depuis la Turquie par le poste frontière de Mursitpinar dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 octobre pour participer à la défense de Kobané face à l'EI. Mais il semble que l’arrivée des renforts de l’Armée Syrienne Libre ne fasse pas l’unanimité au sein des Kurdes de Syrie. Les combattants de l’YPG, notamment, promettent d’empêcher l’entrée des Arabes syriens dans la ville de Kobane. Ils demandent aux rebelles syriens d’aller combattre l’EI ailleurs, comme à Manbij ou Jarablous, par exemple.

    Alep
    Les combattants de la brigade Noureddine Zanki bombardent l’AAS (Armée Arabe Syrienne) dans le quartier d’al-Rashdin à l’aide de leur « canon de l’enfer ». Vidéo :
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=Q13ygtu8I3Q&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng
    et
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=wmrmvNlgI5k&list=UUtkgK9TNy-izDXpixqz_8Ng

    Edleb
    Les Jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie), aidés par d’autres rebelles, ont lancé une attaque surprise sur Edleb, dans le nord de la Syrie, lundi 27 octobre 2014 à l’aube. Ils se sont emparés de plusieurs positions de l’AAS (Armée Arabe Syrienne) autour de la ville et même, brièvement, plusieurs postes à l’intérieur, y compris le bâtiment du gouverneur.
    L’AAS a engagé des hélicoptères de combat pour tenter de dégager les routes menant, notamment à la colline de Mastoumeh tombée entre les mains des rebelles.
    Pour l’instant, les médias syriens tentent d’occulter l’offensive contre Edleb, expliquant, au contraire, qu’il y a bien eu une attaque de rebelles mais que ceux-ci se sont repliés après avoir subi de lourdes pertes. 
    Les rebelles, qui sont maîtres d’une grande partie de la province d'Edleb depuis 2012, essayent maintenant de couper Edleb du reste du pays, obligeant l’AAS à s’engager sur un nouveau front, ce qui pourrat mettre un terme aux succès remportés par l’armée depuis quelques mois.

    Champ pétrolier de Chaer
    Les Jihadistes de l’Etat islamique ont repris leur offensive contre le champ pétrolier de Chaer situé près du célèbre site archéologique de Palmyre, dans le centre du pays. Ce champ avait déjà été capturé en juillet 2014 par les Jihadistes au terme de combats qui avaient fait 270 morts, en majorité exécutés par l'EI. L'armée syrienne avait repris le site pétrolier et gazier d'Al-Chaer après de violents combats.
    Mardi 28 octobre, les Jihadistes réussissaient à s’emparer à nouveau du champ pétrolier de Chaer. L’AAS aurait eu au moins trente tués dans les combats qui ont duré toute la journée du mardi 28 et du mercredi 29 octobre. Les pertes des Jihadistes seraient également assez importantes. 
    Le pétrole constitue pour l’Etat islamique une importante source de revenus grâce à plusieurs champs pétroliers qu’il a capturés en Irak comme en Syrie. La revente de pétrole sur le marché noir  rapporterait environ un million de dollars par jour à l'organisation depuis la mi-juin, a estimé récemment David Cohen, sous-secrétaire américain au Trésor en charge de la lutte contre le terrorisme.

    Homs
    La ville de Homs a de nouveau été ensanglantée par un attentat. Une trentaine de personnes ont été tuées, mercredi 29 octobre 2014, au cours d’un attentat à la voiture piégée qui a frappé le quartier alaouite d’al-Zahra, à l’est de la ville de Homs.
    Cette attaque intervient près d'un mois après un double attentat devant une école qui avait tué 48 enfants et quatre adultes à Akrama, un autre quartier alaouite.
    Les quartiers rebelles de Homs, surnommée un temps "capitale de la révolution" contre le régime Assad, ont été repris fin avril par le régime, après deux ans d'un siège asphyxiant et de bombardements. Seule l'enclave de Waer, un quartier populaire dans le nord-ouest de la ville, reste aux mains des insurgés et est bombardée presque quotidiennement par l'armée.

    Front yéménite

    Ce conflit s’inscrit dans l’affrontement régional entre Chiites et Sunnites.
    Les rebelles chiites, les Houthis, poursuivent leur progression au centre du pays. Ils ont pris la ville  de Radhma, commandant l'accès au sud, après des affrontements meurtriers avec des tribus sunnites armées.
    Située sur la route entre la capitale Sanaa et Aden, Radhma se trouve au nord-est d'Ibb, capitale de la province de même nom. Elle était considérée comme un fief des islamistes sunnites du parti Al-Islah en guerre contre les Houthis.
    A Ibb, des houthis se sont emparés dans la nuit du QG de sécurité de la ville, d'où ils ont chassé les officiers. Ils contrôlent désormais la totalité de la capitale et l'ensemble de la province d'Ibb, à l'exception de la ville d'Udhayn qui restent aux mains d'al-Qaïda.
    A Radah, dans la province voisine de Baïda, douze houthis ont été tués dans une embuscade nocturne tendue par des insurgés d'al-Qaïda.
    Les houthis ont ignoré un appel lancé dimanche par le président Abd Rabbo Mansour Hadi leur demandant de "retirer immédiatement leurs hommes de toutes les villes et provinces (qu'ils ont prises), y compris Sanaa".

    Jean René Belliard

     

     

  • Comprendre les évènements au Yémen

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    Les combats ont repris au Yémen entre rebelles chiites et l’armée

    Qui sont les rebelles zaïdites ?
    Les Chiites yéménites sont Issus du courant religieux chiite zaïdite. Encore connus sous le nom de Houthistes, ils  habitent sur les hauts plateaux yéménites et notamment la province de Saada. Le chiisme yéménite présente de nombreuses différences au niveau du dogme par rapport au chiisme duodécimain iranien. Les Houthistes représentaient, en 2007, 30 % environ des 22,2 millions de Yéménites qui sont en majorité sunnites. De plus, ils partagent de nombreuses interprétations religieuses avec la majorité sunnite chaféite.
    Les Houthistes  se plaignent d’avoir été marginalisés par le pouvoir sur le plan politique, économique et religieux, et demandent le rétablissement du statut d’autonomie dont ils bénéficiaient avant 1962. Ils assurent défendre une identité menacée selon eux à la fois par la politique du pouvoir central, qui maintiendrait leur région dans le sous-développement, et par la poussée d’un fondamentalisme sunnite à l’égard duquel Sanaa a longtemps entretenu l’ambiguïté.
    La rébellion zaïdite a éclaté en 2004 à la suite de la capture des principaux chefs Houthistes et la mort au combat de leur chef, Hussein Al Houthi, tué en septembre de cette année là par un missile au cours d‘une opération clandestine de la CIA en représailles contre l’attentat contre le destroyer Cole. Hussein, figure de proue du mouvement, a été remplacé depuis lors par son frère Abdul Malik.
    Les houthistes dénient toute instrumentalisation de leur cause par une puissance étrangère et insistent au contraire sur l’aide que le royaume saoudien apporterait au pouvoir yéménite.
    Il semble pourtant que l’Iran apporte une aide aux rebelles chiites du Yémen. Le gouvernement yéménite accusait l’Iran d’être le commanditaire du navire intercepté le 23 janvier 2013 avec, dissimulée à bord, une grande quantité d’armes et notamment des missiles anti-aériens. Les autorités yéménites devaient trouver à bord des missiles SAM 2 et SAM 3 cachés dans un conteneur. Selon les informations, le navire et sa cargaison avaient été remis en Iran à un équipage yéménite de huit hommes pour livraison sur les côtes yéménites.
    La livraison était vraisemblablement destinée aux rebelles chiites.

    Les rebelles zaïdites en conflit presque permanent avec la puissante tribu sunnite des al-Ahmar
    Les rebelles Zaïdites, qui contrôlent une partie du nord du Yémen depuis leur soulèvement contre Sanaa en 2004, et dont l’organisation a pris le nom d’Ansar Ullah (partisans de Dieu) est en conflit avec la puissante tribu des al-Ahmar et son parti al-Islah pour le contrôle de la région d’Amrane (ou Omran) et Ibb.
    Les Zaïdites, qui appartiennent à la communauté chiite, ont pris le contrôle, en février 2014, de la localité de Houth située à 180km au nord de Sanaa et de la région d’al-Khamri, fier de la puissante tribu des Hached. Les violents affrontements avaient débuté le 5 janvier 2014. Les rebelles zaïdites, fortement implantés dans le nord du pays où ils contrôlent notamment la province de Saada, tentaient de gagner du terrain avant la délimitation des provinces qui formeront le nouvel État fédéral yéménite. Ansar Ullah participe en effet au dialogue national, et cherchait à gagner du terrain pour mettre ses adversaires devant le fait accompli.
    Les combats avaient cessé après que les rebelles zaïdites et d’influentes tribus du nord du Yémen aient décidé d’y mettre un terme. Les affrontements avaient quand même coûté la vie à 150 personnes en une semaine. Mais la tribu des al-Ahmar n’avait pas pris part à l’accord L'accord et a décidé de maintenir ses combattants sur le pied de guerre dans la région.

     
    Les affrontements viennent de reprendre
    Les affrontements ont repris, le 23 mars 2014 après un accrochage avec l'armée yéménite qui avait fait douze morts. Les rebelles chiites exigeaient le départ du gouverneur et du commandant régional de l'armée, qu'ils accusaient d'appartenir au parti rival islamiste d'al-Islah.
    Après une relative accalmie, de nouveaux combats se déroulaient à partir du 2 juin 2014 aux portes de la capitale Sanaa.  Les affrontements ont éclaté à l'aube lorsque yéménite est intervenue pour déloger les rebelles d'Ansar Ullah d'une position au sud d'Amrane, qui commande la route vers Sanaa. Les rebelles, soutenus par des combattants tribaux, ont riposté en bombardant des installations des télécommunications et bloquant la circulation sur l'axe routier reliant Amrane à Sanaa. L’Etat-major yéménite faisait appel à l’armée de l’air pour soutenir le 310è bataillon de l’armée et les membres du parti islamiste sunnite al-Islah de la tribu des al-Ahmar. Selon certains rapports, les combats auraient fait, depuis le 2 juin, une centaine de tués parmi les rebelles zaïdites et 20 dans les rangs de l’armée.

    Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)