al-Hol

  • Syrie : Trente-et-un meurtres dans le camp d'Al-Hol depuis début 2021

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    Au moins 31 personnes ont été tuées depuis le début de l'année dans le camp d'Al-Hol, qui abrite des dizaines de milliers de déplacés et des membres de familles de jihadistes, a indiqué mercredi à l'AFP un responsable kurde. La situation continue de se détériorer. Mardi 2 mars, deux Irakiens ont encore été assassinés dans le camp d'al-Hol, un homme âgé de 23 ans et un autre de 40 ans. Tous les deux ont été abattus avec des pistolets munis de silencieux.

    La recrudescences de la violence et des meurtres, qui n'ont pas épargné des travailleurs humanitaires, a poussé mardi 2 mars 2021 l'ONG Médecins sans frontières (MSF) à annoncer la suspension de ses activités dans ce camp du nord-est de la Syrie tenu par les forces kurdes. L'ONU a maintes fois mis en garde contre une détérioration accrue de la situation sécuritaire dans ce camp, le plus vaste de Syrie.

    "Depuis début 2021, 31 personnes ont été tuées, dont six à l'aide d'un objet tranchant, et les autres abattues par des tirs de pistolets", a indiqué à l'AFP Jaber Cheikh Moustafa, un responsable kurde du camp. "Nous pensons que des cellules de Daech sont derrière ces meurtres (...) qui se produisent en particulier dans la section réservée aux Irakiens et aux Syriens", a-t-il ajouté, précisant que la majorité des personnes tuées étaient des Irakiens.

    Le camp accueille près de 62.000 personnes, dont 93% de femmes et d'enfants, selon l'ONU, principalement des Syriens et des Irakiens, mais également des milliers d'étrangères et leurs enfants originaires notamment d'Europe ou d'Asie, qui sont des proches de jihadistes de l'Etat islamique. Le camp a connu ces derniers mois plusieurs incidents impliquant parfois des partisans de l'Etat islamique, dont des tentatives d'évasion et des attaques contre des gardes ou des employés d'ONG.

    MSF a notamment rappelé dans un communiqué mercredi la mort le 24 février d'un de ses employés dans le camp, "tué dans la tente où il vivait" avec sa famille. Samedi, trois autres employés de l'ONG ont été blessés dans un incendie qui s'est propagé à plusieurs tentes, faisant au total sept morts et une trentaine de blessés.

    Selon un rapport de l'ONU publié début février, la présence de jihadistes emprisonnés et de leurs familles dans des camps de déplacés des forces kurdes, notamment celui d'Al-Hol, constitue une "menace latente".

    MSF a annoncé "suspendre temporairement ses activités externes dans le camp", dont "certaines relatives à l'approvisionnement et à l'assainissement de l'eau", à l'intérieur du camp surpeuplé, selon le communiqué. "Ce n'est pas un environnement sûr et certainement pas un endroit approprié pour les enfants. Il faut mettre fin à cette situation cauchemardesque", a déploré l'ONG, qui estime que "la fréquence des assassinats est choquante". "Les autorités ont la responsabilité d'assurer la sécurité des personnes, à tout moment", a insisté MSF.

  • Irak : Les Kurdes syriens ont remis 100 jihadistes à l'Irak

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    Les forces kurdes de Syrie ont remis une centaine de combattants irakiens de l'Etat islamique (Daech) à Bagdad, a indiqué dimanche une source sécuritaire irakienne haut placée. Ces combattants remis au cours de la semaine écoulée à Bagdad vont être traduits en justice, a précisé à l'AFP cette source qui a requis l'anonymat.

    Dans le nord-est de la Syrie, pays en guerre voisin de l'Irak, un responsable de l'administration autonome kurde, interrogé par l'AFP, a démenti ces informations, affirmant qu'"aucun" Irakien n'avait été livré aux autorités de Bagdad.

    L'administration kurde syrienne qui contrôle de vastes pans dans le nord-est du territoire syrien, se montre parfois réticente à communiquer sur certains dossiers en lien avec les combattants de l'Etat islamique ou leurs familles retenus par les forces kurdes dans des prisons ou dans des camps en Syrie.

    Début 2019, les Forces démocratiques syrienne (FDS), alliance de combattants kurdes et arabes qui a mené la lutte contre l'Etat islamique avec le soutien de la coalition internationale menée par Washington, avaient remis à Bagdad environ 900 Irakiens, la plupart capturés alors qu'ils essayaient de fuir les derniers bastions de l'Etat islamique en Syrie, selon des sources judiciaires irakiennes.

    Après avoir occupé de 2014 à 2017 de vastes territoires en Syrie et en Irak, l'Etat islamique a enchaîné les revers. Fin 2017, l'Irak a annoncé la "victoire" après avoir chassé l'Etat islamique de tous les bastions urbains. En mars 2019, l'Etat islamique a perdu tous ses fiefs en Syrie.

    Quelque 1.600 Irakiens soupçonnés d'avoir combattu pour l'Etat islamique sont encore détenus par les FDS, selon un rapport de l'ONU publié début février. Des centaines de civils sont aussi retenus dans des camps de déplacés comme celui d'al-Hol, qui abrite plus de 60.000 personnes, dont la moitié seraient des Irakiens. L'Irak a déjà poursuivi en justice des milliers de ses ressortissants pour appartenance à l'Etat islamique, crime passible de la peine de mort selon une loi antiterroriste. Des centaines ont été condamnés à la peine capitale mais peu de ces sentences ont été appliquées, l'administration pénitentiaire devant obtenir un ordre ratifié par la présidence pour les exécuter.

  • Syrie : Décapitations et autres meurtres dans le camp d'Al-Hol, 14 morts

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    Au moins 14 personnes ont été tuées depuis début 2021, dont trois par décapitation, dans le camp d'Al-Hol qui abrite notamment des familles de jihadistes de l'Etat islamique (Daech) dans le nord-est de la Syrie, a indiqué lundi un responsable local.

    Les Nations unies ont maintes fois mis en garde contre des menaces sécuritaires dans ce camp tenu par les forces kurdes, qui accueille quelque 62.000 personnes, dont plus de 80% sont des femmes et des enfants d'après l'ONU. Outre des Syriens et des Irakiens qui ont fui les combats ayant mis fin au "califat" autoproclamé de l'Etat islamique en 2019, le camp abrite des milliers de femmes étrangères et leurs enfants - des familles de jihadistes originaires notamment d'Europe ou d'Asie.

    "Jusqu'ici, 14 personnes ont été tuées dans le camp d'Al-Hol depuis début 2021", a indiqué à l'AFP Cheikhmous Ahmed, responsable au sein de l'Administration semi-autonome kurde en charge des déplacés. Il a fait état de "trois décapitations" mais également d'exécutions par balle à l'aide d'armes munies "de silencieux". Parmi les victimes, tous des résidents du camp, figurent dix Irakiens et quatre Syriens, précise le responsable, qui pointe "les cellules de l'Etat islamique dans le camp". Celles-ci prennent pour cible "ceux qui coopèrent avec l'administration", dans l'objectif de "semer le chaos et la peur", explique-t-il.

    Une source humanitaire avait également évoqué des tensions tribales à l'origine de certains meurtres.

    Fin janvier, l'ONU avait rapporté 12 meurtres à Al-Hol, tirant la sonnette d'alarme sur "un environnement sécuritaire de plus en plus intenable". Le camp a connu plusieurs incidents impliquant parfois des partisans de l'Etat islamique, notamment des tentatives d'évasion et des attaques contre des gardes ou des employés d'ONG.

    "Des cas de radicalisation, de formation, de collecte de fonds et d'incitation à des opérations extérieures ont été signalés", a prévenu l'ONU début février dans un nouveau rapport sur l'Etat islamique et el-Qaëda. "Certains détenus perçoivent al-Hol comme le dernier vestige du +califat+", souligne le rapport, selon lequel environ 10.000 femmes et enfants étrangers vivent dans une annexe qui leur est réservée. "Certains mineurs seraient endoctrinés et préparés pour devenir de futurs combattants" de l'Etat islamique, avertit le rapport. "Le nombre de gardiens a baissé de 1.500 à la mi-2019 à 400 à la fin de 2020".

    Les autorités kurdes appellent régulièrement les pays concernés à rapatrier femmes et enfants. Cependant, la plupart des pays, notamment européens, rechignent à reprendre leurs citoyens, qui pour l'écrasante majorité, n'ont pas abandonné leur idéologie extrémiste. Certains, dont la France, ont rapatrié un nombre limité d'enfants orphelins de jihadistes.

  • Syrie : Evasion de l'épouse d'un jihadiste français

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    L'épouse du jihadiste français Walid Othmani s'est évadée du camp d'Al-Hol, sous contrôle kurde dans le nord-est de la Syrie et en proie à de multiples incidents sécuritaires, a indiqué à l'AFP vendredi le Centre d'analyse du terrorisme (CAT).

    Souad Benalia, née en 1984 à Roanne (centre-est de la France), était partie au Levant en 2014. Elle est la mère de trois enfants, a précisé Jean-Charles Brisard, directeur de ce think-tank spécialisé dans le jihadisme et basé à Paris, sans pouvoir préciser si elle était partie avec ou sans eux.

    Son mari, Walid Othmani, avait écopé en 2011 de cinq ans de prison, dont la moitié avec sursis, assorti d'une mise à l'épreuve durant deux ans. Il avait reconnu avoir rejoint un camp d'entraînement en Afghanistan durant l'hiver 2007-2008.

    Parti en Syrie en 2014 lui aussi, il aurait été tué en 2016 selon le CAT. "Son épouse disposait de photos de son corps", a précisé Jean-Charles Brisard.

    En mai 2020, le CAT avait déjà fait état de l'évasion de treize Françaises détenues dans des camps sous contrôle kurde dont Hayat Boumedienne, la compagne d'Amédy Coulibaly, l'un des auteurs des attentats de janvier 2015 en France.

    Le think-tank avait alors dénoncé "l'incapacité des autorités locales à garantir la détention des jihadistes étrangers, que ce soit dans les prisons ou dans les camps, dans lesquels se produisent régulièrement des mutineries et des tentatives d'évasion".

    Le camp d'Al-Hol, le plus grand de Syrie, accueille près de 62.000 personnes, dont plus de 80% sont des femmes et des enfants. Il a connu en deux semaines 12 meurtres de déplacés syriens et irakiens, a rapporté l'ONU jeudi.

    Il est le théâtre de multiples incidents, impliquant parfois des partisans de l'Etat islamique, dont des tentatives d'évasion et des attaques contre des gardes ou des employés d'ONG.

     

  • Syrie : Plus de 500 Syriens quittent le camp de déplacés d'al-Hol

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    Plus de 500 Syriens, déplacés ou membres de familles de combattants de l'Etat islamique, ont quitté lundi le camp d'al-Hol, après le feu vert donné par l'administration autonome kurde, a indiqué à l'AFP un responsable local.

    Un correspondant de l'AFP sur place a vu des dizaines de femmes de ce camp surpeuplé, situé dans la province syrienne de Hassakeh (nord-est), transporter leurs affaires des tentes vers de grands camions, et d'autres nourrir leurs enfants avant le départ. Certaines familles ont emporté avec elles un grand nombre de volailles et de moutons tandis que les forces de l'ordre kurdes ont fouillé leurs affaires avant qu'elles ne soient transportées à l'extérieur du camp. Avec ses sept enfants, Fatima, 31 ans, vivait depuis environ deux ans à al-Hol. "Nous sommes heureux de partir (...) Je retournerai à Soussa pour habiter dans ma maison avec mon mari", a-t- elle dit à l'AFP. Selon l'ONU, le camp abrite plus de 64.000 personnes, dont 24.300 Syriens. La plupart sont des femmes et des enfants. Il s'agit de la première vague de déplacés à quitter le camp depuis l'annonce le mois dernier par l'administration autonome kurde que des milliers de Syriens seraient autorisés à retourner dans leurs régions.

    Lundi, "515 personnes issues de 120 familles, toutes originaires de l'est de la province de Deir ez-Zor" ont quitté le camp, a indiqué à l'AFP Cheikhmous Ahmed, un responsable kurde. Selon lui, environ 10.000 Syriens devraient quitter le camp dans le cadre du nouveau mécanisme mis en place. Quelque 6.000 Syriens avaient déjà quitté auparavant Al-Hol par vagues successives, souvent à la faveur de médiations menées par les chefs de tribus arabes, majoritaires dans l'est syrien.

    Mi-octobre, 600 prisonniers syriens détenus pour leurs liens avec l'Etat islamique avaient également été libérés en vertu d'une amnistie générale. La décision de l'administration kurde n'inclut pas les Irakiens, qui constituent la majorité des résidents du camp abritant aussi des milliers d'étrangers --femmes et enfants de jihadistes-- originaires d'une cinquantaine de pays.

    Depuis la chute du "califat" autoproclamé de l'EI en mars 2019, les autorités kurdes appellent les pays concernés à rapatrier les jihadistes qu'elles détiennent et leurs familles ou de créer un tribunal international pour les juger. Cependant, la plupart des pays, notamment européens, rechignent à rapatrier les jihadistes originaires de leur pays. Certains, dont la France, ont rapatrié un nombre limité d'enfants orphelins de jihadistes.

    Lien permanent Catégories : al-Hol, Etat islamique en Syrie, SYRIE 0 commentaire
  • Syrie : Les forces kurdes libèrent plus de 600 prisonniers liés à l'Etat islamique

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    Les forces kurdes du nord de la Syrie ont libéré jeudi plus de 600 prisonniers syriens détenus pour leurs liens avec le groupe jihadiste Etat islamique (EI), a annoncé une responsable de l'administration autonome kurde.

    Cette libération a eu lieu dans le cadre d'une première amnistie générale décrétée il y a quelques jours par les autorités kurdes du nord-est syrien, et en vertu de laquelle 631 prisonniers condamnés pour terrorisme et ayant purgé la moitié de leur peine seraient libérés jeudi.

    Des dizaines milliers de détenus soupçonnés d'appartenir à l'EI, dont des centaines d'étrangers de diverses nationalités, se trouvent dans les prisons des Forces démocratiques syriennes (FDS), liées à l'administration autonome kurde dans cette région de Syrie.

    Amina Omar, coprésidente du Conseil démocratique syrien --vitrine politique des FDS--, a déclaré jeudi lors d'une conférence de presse à Qamishli (nord-est) que "tous ceux qui ont été libérés sont des Syriens" ayant collaboré avec l'EI, mais "n'ayant pas commis d'actes criminels".

    La libération des prisonniers a été obtenue par l'intermédiaire "et à la demande des chefs des tribus arabes" qui constituent la majorité de la population dans plusieurs zones contrôlées par les Kurdes, en particulier dans l'est de la Syrie.

    Devant la prison d'Alaya à la périphérie de la ville de Qamishli, un correspondant de l'AFP a vu des dizaines de prisonniers à leur sortie, certains portant des sacs, d'autres amputés d'un ou plusieurs membres, sous haute surveillance sécuritaire. Ils étaient attendus par leurs familles, y compris des femmes et des enfants. "Mon frère est en prison depuis huit mois pour trafic de femmes du camp (de déplacés) d'Al-Hol" dans le nord-est du pays, a indiqué Ahmad al-Hussein, en attendant la sortie de son frère Hamid, 50 ans et originaire de la province de Deir ez-Zor (est).

    L'administration autonome kurde avait décidé récemment de permettre à des milliers de Syriens, dont des déplacés et des proches de combattants de l'EI, de quitter le camp bondé d'Al-Hol, abritant plus de 64.000 personnes, y compris des étrangers.

    Depuis la chute du "califat" autoproclamé de l'EI en mars 2019, à l'issue d'une ultime offensive menée par les forces kurdes, soutenues par une coalition dirigée par Washington, les autorités kurdes appellent les pays concernés à rapatrier les jihadistes qu'elles détiennent ou de créer un tribunal international pour les juger.

    Cependant, la plupart des pays, notamment européens, rechignent à rapatrier leurs citoyens. Certains, dont la France, ont rapatrié un nombre limité d'enfants orphelins de jihadistes.

  • Des milliers de Syriens vont quitter le camp d'al-Hol

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    Des milliers de Syriens, dont des familles de jihadistes de l'Etat islamique (Daech), vont être libérés du camp surpeuplé d'al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, ont annoncé lundi les autorités locales kurdes.

    Ces derniers mois, plusieurs ONG ont tiré la sonnette d'alarme sur les conditions de vie et le manque de soins médicaux dans le camp d'al-Hol, où vivent dans le plus grand dénuement 64.377 personnes, selon des données de l'ONU. Parmi eux, environ 24.300 Syriens, des milliers d'Irakiens, mais également d'autres étrangers et des enfants. Certains sont des déplacés ayant fui les combats des forces kurdes contre l'Etat islamique et n'ayant nulle part où aller, d'autres sont des proches de jihadistes.

    Le 6 août, les premiers cas de coronavirus ont été rapportés à al-Hol. Depuis, deux résidents du camp ont contracté le virus, ainsi que vingt travailleurs, principalement des soignants, selon un rapport onusien daté de fin septembre.

    "Les Syriens vont quitter le camp d'al-Hol et seuls les étrangers vont y rester", a indiqué à l'AFP Riyad Derar, coprésident du Conseil démocratique syrien, la vitrine politique de la coalition militaire dominée par les Kurdes qui contrôlent le nord-est de la Syrie. "Les familles syriennes des combattants de l'Etat islamique seront également libérées", a-t-il ajouté sans fournir de détails sur le mécanisme ou le calendrier de l'initiative, en cours de discussions. Les combattants, en prison, ne sont pas concernés. M. Derar a précisé que les Irakiens sont autorisés à partir s'ils le souhaitent, mais nombreux sont ceux qui préfèrent rester, craignant la prison en Irak pour leurs liens présumés avec l'Etat islamique.

    Le camp d'al-Hol a connu ces derniers mois plusieurs incidents sécuritaires impliquant des partisans de l'Etat islamique, dont des tentatives d'évasion, des assassinats de personnes en voie de déradicalisation et des attaques contre des gardes ou des employés d'ONG.

    Ces derniers mois, les autorités kurdes avaient déjà commencé à libérer des familles syriennes à l'issue de médiations avec des chefs tribaux. Depuis l'été 2019, quelque 4.345 Syriens ont ainsi quitté al-Hol, selon l'ONU.