al-Bahadly Fatima

  • Irak : Le fils d'une activiste connue tué par balle à Bassora

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    Le fils d'une militante irakienne des droits de l'Homme réputée, Fatima Al-Bahadly, a été retrouvé tué par balle à Bassora (sud) après avoir disparu pendant 24 heures, a-t-on appris dimanche de source médicale et auprès d'activistes.

    Ali Karim, âgé de 26 ans, a été "kidnappé" par des inconnus vendredi et son corps retrouvé 24 heures plus tard à l'ouest de Bassora, selon ses proches, cités par la presse locale. Il a été abattu de trois balles dans la tête et à la poitrine, selon une source médicale interrogée par l'AFP.

    Fatima Al-Bahadly est la fondatrice de l'organisation Al-Firdaous, centrée sur la protection et l'éducation des femmes, et elle milite contre le recrutement des jeunes dans les groupes armés. 

    Selon le site de l'association de protection des militants des droits de l'homme Frontline Defenders, basée à Dublin, Mme al-Bahadly fait régulièrement "l'objet de menaces de mort et d'une intense pression sociale". "Elle a été la cible de certains partis politiques l'accusant d'être liée à des intérêts étrangers", a confirmé à l'AFP Ali al-Bayati, membre de la Commission irakienne pour les droits de l'Homme, un organe indépendant.
    "Nous condamnons la poursuite de la campagne d'assassinats d'activistes et appelons les autorités à combattre et éradiquer les groupes criminels", a déclaré dans un communiqué l'ancien Premier ministre irakien Haider al-Abadi, à la tête de la coalition politique Al-Nasr.

    Ali Karim travaillait pour le bureau d'information du ministère de l'Immigration et des Personnes déplacées, qui a fait part de sa "tristesse face à la perte d'un nouveau soldat de l'humanitaire".

    Depuis le soulèvement populaire de fin 2019 réclamant une nouvelle gouvernance et la fin de la mainmise iranienne sur l'Irak, des dizaines d'activistes ont été tués ou enlevés, parfois brièvement. Selon M. al-Bayati, 36 personnes ont été tuées sur près d'une centaine de tentatives d'assassinat depuis octobre 2019, et ces meurtres sont jusqu'à présent restés impunis. Ils sont attribués par les activistes aux puissantes factions pro-Iran qui règnent en maître en Irak. "L'impunité encourage de nouveaux crimes", a estimé M. al-Bayati. Mi-juillet, le gouvernement a annoncé l'arrestation des tueurs d'un chercheur irakien respecté, Hicham al-Hachémi, un an après son assassinat en pleine rue à Bagdad.