Aksoum

  • Ethiopie : Des soldats érythréens tirent à l'aveugle sur des civils au Tigray - 19 blessés

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    Des soldats érythréens ont ouvert le feu sur des civils  dans la région éthiopienne du Tigray, blessant 19 personnes, selon plusieurs sources.

    Des médecins et des témoins oculaires ont déclaré que l'incident s'est produit tôt lundi 12 avril 2021 dans la ville d'Adwa. "Nous avons entendu des coups de feu et avons été immédiatement appelés à l'hôpital", a déclaré un médecin à l'AFP.

    "A notre arrivée, il y avait 19 patients. Dix d'entre eux ont été grièvement blessés, quatre moyennement et cinq légèrement", a ajouté le médecin, qui a demandé à ne pas être identifié par crainte de représailles.

    Un témoin oculaire a déclaré que les balles visaient des civils alignés devant une banque et d'autres qui se rendaient au travail.

    Le même témoin, qui a également demandé l'anonymat, a ajouté: "Lors des massacres précédents, les soldats érythréens descendaient de véhicules et attaquaient des civils. Mais cette fois, ils ont ouvert le feu avec leurs mitrailleuses depuis leurs voitures en traversant la route principale à Adwa."

    En réponse aux questions de France Press, les habitants d'Adwa ont déclaré que les Érythréens pouvaient facilement être identifiés par leurs uniformes et leur dialecte.

    L'organisation humanitaire Médecins sans frontières a écrit mardi sur son compte Twitter que 18 blessés sont arrivés à l'hôpital d'Adwa et que 11 «plus grièvement blessés» ont été emmenés dans la ville d'Axoum, à l'ouest.

    L'organisation, qui n'a pas précisé la nationalité des soldats impliqués, a déclaré que "les blessés disent que les soldats ont ouvert le feu sur eux près de la gare routière d'Adwa". Elle  a exprimé sa "préoccupation face aux violences en cours au Tigray".

    En réponse à une question de France Press, le ministre érythréen de l'Information a refusé mardi soir une demande de commentaire sur l'incident. Asmara a précédemment nié des informations sur des Érythréens commettant des violations contre des civils, notamment des massacres et des viols.

    Le dernier incident survient plus de deux semaines après que le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé le début du départ des Érythréens de la région.

    Début novembre 2020, Abiy a annoncé l'envoi de l'armée fédérale au Tigray pour arrêter les dirigeants du Front populaire de libération du Tigray, que les forces d'Addis-Abeba accusent d'avoir mené des attaques contre les camps militaires des forces fédérales.

    Le Front de libération du peuple du Tigray, qui dirigeait cette région à l'époque, a dominé la politique nationale en Éthiopie pendant près de trois décennies.

    L'armée éthiopienne a reçu le soutien des forces de l'Érythrée, le pays qui borde le Tigray au nord et avec la région éthiopienne d'Amhara qui borde la région au sud.

    Abiy a déclaré la victoire le 28 novembre après avoir capturé la capitale provinciale, Mekele.

    Addis-Abeba et Asmara ont constamment nié toute participation réelle des forces érythréennes à la guerre, ce qui contredit les témoignages de résidents locaux, d'organisations de défense des droits de l'homme, de travailleurs humanitaires, de diplomates et même de certains responsables civils et militaires éthiopiens.

    Abiy a finalement reconnu la présence de ces forces en mars 2021.

    Le nombre de soldats érythréens dans la région est inconnu. On ne sait pas non plus si certains ont effectivement quitté la région ces dernières semaines.

  • Ethiopie : L'Erythrée va retirer ses troupes du Tigray selon le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed

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    L'armée érythréenne va se retirer du Tigray, où elle a pénétré après le début du conflit en novembre dans cette région du nord de l'Ethiopie, a assuré vendredi le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed à l'issue d'une rencontre avec le président érythréen.

    Pendant des mois, les autorités d'Asmara et d'Addis Abeba ont démenti la présence de forces érythréennes au Tigray, qui était pourtant largement rapportée par des habitants, des humanitaires, des diplomates et même certains responsables civils et militaires éthiopiens. Ces troupes, ainsi que l'armée éthiopienne, y ont été notamment accusées de pillages, de massacres et de viols.

    Abiy Ahmed a lancé le 4 novembre 2020 une intervention militaire visant à renverser le Front de libération du peuple du Tigray (TPLF), parti au pouvoir dans cette région. Il a proclamé la victoire le 28 novembre mais les combats s'y sont poursuivis.

    Mardi 23 mars 2021, le Premier ministre éthiopien a admis pour la première fois, devant le Parlement, que des troupes érythréennes étaient présentes au Tigray. Il s'est ensuite rendu dans la capitale érythréenne, Asmara, jeudi.

    "Dans mes discussions du 26 mars avec le président (érythréen) Issaias Afeworki (...), le gouvernement érythréen a accepté de retirer ses forces en dehors des frontières de l'Ethiopie", a-t-il annoncé vendredi matin dans un communiqué posté sur Twitter. Le ministère érythréen de l'Information a publié en début d'après-midi un communiqué relatant la visite de M. Abiy, sans mentionner un retrait de troupes. Mais l'ambassadeur au Japon, Estifanos Afeworki, a confirmé sur Twitter qu'"à partir d'aujourd'hui" les forces érythréennes "restitueront toutes les positions quittées par les troupes éthiopiennes" lorsque le conflit a éclaté.

    Les Etats-Unis ont salué cette annonce, qualifiée de "pas important" vers une "désescalade du conflit" dans la région.
    "Nous devons voir un retrait immédiat et inconditionnel des troupes, la fin des hostilités et une solution politique", a réagi de son côté le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, sur Twitter.

    Massacres 
    L'Éthiopie et l'Érythrée se sont opposées entre 1998 et 2000 durant une sanglante guerre frontalière, alors que le TPLF dominait le pouvoir en Ethiopie. Les deux pays se sont rapprochés après l'arrivée au pouvoir en 2018 d'Abiy Ahmed. Mais l'Érythrée et le TPLF sont restés de féroces ennemis.

    Selon M. Abiy, des tirs de roquettes du TPLF sur la capitale Asmara ont poussé "le gouvernement érythréen à traverser la frontière avec l'Ethiopie, à prévenir d'autres attaques et à sauvegarder sa sécurité nationale". Selon lui, les troupes érythréennes ont pris le contrôle de zones proches de la frontière, mais des groupes de défense des droits humains et des habitants du Tigray ont, eux, décrit une présence érythréenne beaucoup plus loin dans la région.

    Amnesty International et Human Rights Watch accusent l'armée d'Asmara d'avoir tué des centaines de Tigréens lors d'un massacre fin novembre dans la ville d'Aksoum. La Commission éthiopienne des droits de l'Homme, organe indépendant mais rattaché eu gouvernement, a affirmé mercredi avoir "réuni des preuves concernant la mort de plus d'une centaine de victimes" dans cette ville sainte du Tigray. L'AFP a documenté un autre massacre qui aurait été perpétré en novembre par les troupes érythréennes dans la ville de Dengolat. Lors d'une visite ce mois-ci dans la ville de Wukro, des habitants ont également déclaré à l'AFP que des soldats érythréens étaient toujours présents, parfois vêtus d'uniformes éthiopiens. Ces troupes sont également soupçonnées d'avoir attaqué deux camps abritant des dizaines de milliers de réfugiés érythréens. L'ONU a annoncé vendredi qu'elle a pu se rendre dans ces camps, Shimelba et Hitsats, qui ont été "totalement détruits".

    "Tromperie" 
    Le parti d'opposition tigréen, Salsay Weyane Tigray, a estimé que tout accord sur le retrait de l'Érythrée était "inutile" sans "un organisme de réglementation international pour vérifier". "C'est un autre niveau de tromperie, un jeu auquel ils jouent depuis longtemps", a déclaré sur Twitter Hailu Kebede, en charge des affaires étrangères au sein du parti. "Retirez toutes les forces et mettez en place une équipe d'observation internationale. Le monde ne doit pas être dupé une nouvelle fois", a-t-il lancé.

    Le conflit a fait près d'un million de déplacés. Les autorités locales estiment qu'environ 950.000 personnes ont fui les combats et les persécutions, essentiellement en provenance du Tigray occidental mais aussi du nord-ouest et du centre de la région.

  • Ethiopie : Une équipe de MSF témoin d'exécutions de civils au Tigray, selon l'ONG

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    Une équipe de Médecins sans frontières (MSF) circulant dans la région éthiopienne du Tigré, théâtre d'un conflit armé, a vu des soldats éthiopiens exécuter des civils et s'en prendre violemment à leur chauffeur et le menacer de mort, a annoncé mercredi l'ONG.

    Selon un communiqué de MSF, trois de ses membres circulaient mardi dans un véhicule clairement identifié aux couleurs de l'ONG sur la route reliant la capitale du Tigré, Mekele, à la localité d'Adigrat.

    "Durant le trajet, ils sont tombés sur ce qui semblait être le résultat d'une embuscade tendue à un convoi militaire éthiopien par un groupe armé, au cours de laquelle des soldats ont été tués et blessés", explique Karline Kleijer, chef des programmes d'urgence de MSF dans ce texte.

    Les soldats éthiopiens sur place ont arrêté le véhicule de MSF et deux minibus de transport public qui le suivaient, ajoute-t-elle: "Les soldats ont contraint les passagers à descendre des minibus. Les hommes ont été séparées des femmes, lesquelles ont été autorisées à partir. Peu après, les hommes ont été abattus".

    L'équipe de MSF a été autorisée à quitter les lieux mais leur véhicule a été peu après à nouveau arrêté par des soldats éthiopiens.

    "Ils ont extrait de force le chauffeur de MSF du véhicule, l'ont frappé à coups de crosse et ont menacé de le tuer. Finalement, le chauffeur a été autorisé à remonter dans le véhicule et l'équipe a pu revenir à Mekele", selon Mme Kleijer.

    Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a lancé le 4 novembre une offensive militaire au Tigré pour renverser les dirigeants du parti au pouvoir dans la région, le TPLF (Front de libération du peuple du Tigré), qui défiaient son pouvoir depuis plusieurs mois et dont il a accusé les forces d'avoir attaqué des bases locales de l'armée fédérale.

    Lauréat du prix Nobel de la paix 2019, M. Abiy a proclamé la fin du conflit après la prise de Mekele par l'armée fédérale fin novembre, mais les dirigeants en fuite du TPLF ont promis de poursuivre les hostilités et des combats persistent.

    M. Abiy a admis mardi que des atrocités avaient été commises au Tigré. "Il y a eu des dégâts dans la région de Tigré (...) des informations indiquent qu'il y a eu des viols et des pillages de propriétés".

    Des témoignages d'habitants font état de violences sexuelles à grande échelle et de meurtres de civils de la part des forces combattant le TPLF.

    M. Abiy a également admis la présence au Tigré de soldats de l'Erythrée voisine, après des mois de démentis tant par Asmara que par Addis Abeba.

    La Commission éthiopienne des droits humains (EHRC) a affirmé mercredi dans un rapport accablant que plus de 100 civils avaient été tués fin novembre à Aksoum, au Tigré par des soldats érythréens.

  • Éthiopie : Libération de 1000 "otages" militaires au Tigray -  l'ONU confirme la poursuite des combats

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    L'Éthiopie a annoncé le sauvetage d'environ 1 000 soldats, dont un général, retenus en otage par le «Front populaire de libération du Tigray», depuis le 4 novembre, dans la région.

    L'information a été donnée par le directeur général des Forces de défense nationale éthiopiennes, le général de division Mohamed Tessema, publiées par l'agence de presse officielle "ENA".

    Tessema a déclaré que les forces de défense et la police éthiopiennes avaient mené une opération conjointe, à la suite de laquelle elles avaient réussi à sauver environ 1000 soldats des mains des forces du front, qui les retenaient en otage depuis le 4 novembre.

    Il a ajouté que "les forces éthiopiennes avaient réussi à les libérer sans enregistrer de pertes humaines. Parmi les soldats, se trouvait le général de division Adamne Mingisti".

    "Les soldats avaient été capturés en masse après avoir été invités à un dîner le 4 novembre", a déclaré Tesema.

    Des affrontements armés ont éclaté entre l'armée fédérale éthiopienne et le «Front populaire de libération du Tigray» dans la région le 4 novembre, avant qu'Addis-Abeba n'annonce le 28 du même mois la fin réussie de l'opération et la reprise de contrôle de  toute la région et sa capitale. De son côté,  le Front populaire affirme que les combats se poursuivent, les deux parties étant lourdement armées..

    La situation est "extrêmement préoccupante"
    Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a annoncé mercredi que la situation en Ethiopie était "extrêmement préoccupante", et a souligné l'urgence de suivre la situation des droits de l'homme dans la région troublée du Tigray.

    "Nous avons été informés que les combats se poursuivaient dans la région du Tigray même", a déclaré Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme aux Nations Unies, lors d'une conférence de presse.

    "La situation en Éthiopie est très préoccupante et instable, et comme je l'ai déjà prévenu, elle est incontrôlable et a de terribles répercussions sur les civils", a-t-elle ajouté.

    Elle a expliqué : «Nous avons des rapports selon lesquels des combats se poursuivent entre les forces fédérales, le Front de libération du peuple du Tigray et leurs milices des deux côtés, dans les zones environnantes des villes telles que Mekele, Shiriro, Aksoum et Abiy Addi, et aux frontières entre les régions d'Amhara et du Tigray.

    Elle a ajouté : "Il est urgent de surveiller la situation des droits de l'homme par une autorité indépendante dans la région du Tigray, et de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils et (identifier) les responsables des violations."

    Et elle a ajouté : "Nous avons confirmé l'exactitude des informations concernant les graves violations et abus des droits humains, y compris les attaques aveugles contre des civils, des cibles civiles, des pillages, des enlèvements et des violences sexuelles contre les femmes et les filles."

    Elle a dit qu'il y avait des rapports de recrutement forcé de Tigréens pour lutter contre leurs communautés.

    Bachelet a ajouté que malgré l'accord entre le gouvernement éthiopien et les Nations Unies, "un accès humanitaire illimité n'était pas possible".

    Le Haut-Commissaire des Nations Unies a appelé le gouvernement d'Addis-Abeba à honorer l'engagement du Premier ministre d'assurer l'arrivée de l'aide humanitaire.

    Mercredi dernier, les Nations Unies avaient signé un accord avec le gouvernement éthiopien autorisant l'entrée de l'aide "sans entrave".

    Guterres appelle à l'aide 
    Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé mercredi à une aide humanitaire sans restriction pour atteindre le Tigray.

    L’appel a été fait  lors d'une conférence de presse conjointe tenue par Guterres au siège des Nations Unies à New York avec le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, via une vidéoconférence.

    "Une fois de plus, il a insisté sur la nécessité d'un accès sans restriction à l'aide humanitaire et le retour rapide de l'état de droit dans un environnement sûr et le plein respect des droits de l'homme, ouvrant la voie à une réconciliation véritable et durable dans la région", a déclaré Guterres.

    Il a ajouté : "Nous sommes côte à côte avec nos partenaires de l'Union africaine et d'autres dans la région, et nous sommes prêts à soutenir pleinement les initiatives menées par l'Éthiopie pour encourager un dialogue inclusif et promouvoir la réconciliation."

    "Notre priorité immédiate est le bien-être des Tigréens et faire en sorte que ceux qui en ont besoin reçoivent rapidement une aide humanitaire, et nous travaillons à mobiliser la pleine capacité des Nations Unies pour cela", a déclaré Guterres.

    En réponse aux questions des journalistes sur l'implication de soldats érythréens dans les combats aux côtés des forces éthiopiennes au Tigray, le Secrétaire général a déclaré : "Nous n'avons aucune preuve de la présence des forces érythréennes en Ethiopie."

    "J'ai interrogé le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed à ce sujet et il m'a assuré que les forces érythréennes ne sont pas entrées sur le territoire du Tigray", a ajouté Guterres.

    Mercredi, les médias, citant une source gouvernementale américaine et cinq diplomates régionaux, avaient déclaré que les États-Unis estiment que les soldats érythréens "ont traversé la frontière éthiopienne pour aider le gouvernement d'Abiy Ahme

  • Ethiopie : Le gouvernement éthiopien appelle la communauté internationale à ne pas intervenir dans le conflit du Tigray

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    L'Éthiopie a décrit les combats dans la région du Tigray comme une affaire interne visant les forces tigréennes, une position confirmée par le Premier ministre Abiy Ahmed dans un communiqué mercredi, dans lequel il a déclaré: "Nous rejetons toute ingérence dans nos affaires intérieures".

Dans la déclaration, Abiy Ahmed a déclaré que l'ingérence étrangère dans la guerre au Tigray est "indésirable et illégale".

Il a poursuivi: «Nous appelons respectueusement la communauté internationale à s'abstenir de toute ingérence indésirable et illégale», notant la nécessité pour cette communauté de rester préparée jusqu'à ce que le gouvernement éthiopien déclare son besoin d'assistance.

Mercredi soir s'achève le délai de 72 heures décidé par le gouvernement pour que les Tigréens se rendent.

    Le Front populaire de libération du Tigray (TPLF) a refusé cet ultimatum.

 Signe de l’imminence de la reprise des combats, on a appris que les chars de l'armée éthiopienne avaient encerclé la ville de Mekele.

    Rappelons que le gouvernement éthiopien a appelé le demi-million d'habitants de Mekele à rester à l'écart des dirigeants du Front de libération du peuple du Tigray, faute de quoi il n'y aurait pas de "pitié".

    Tentative de médiation de l'Union africaine
    Deux sources diplomatiques ont indiqué que trois envoyés de l'Union africaine devraient arriver mercredi à Addis-Abeba pour discuter de la question des combats dans la région du Tigray dans le nord du pays, à un moment où le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a rejeté ce qu'il a qualifié d '"intervention étrangère". Les trois envoyés de l'Union africaine sont l'ancien président mozambicain Joachim Chissano, l'ancien président libérien Ellen Johnson Sirleaf et l'ancien président sud-africain Kjalema Motlanthe. Les diplomates ont déclaré qu'une anxiété mondiale croissante, les pays européens ont évoqué le conflit lors d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations Unies mardi.

    Les diplomates ont déclaré qu'au regard de l’anxiété mondiale croissante, les pays européens ont évoqué le conflit lors d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations Unies mardi.

    Les diplomates ont déclaré que les membres du conseil avaient exprimé leur inquiétude, mais l'Afrique du Sud, le Niger et la Tunisie ont demandé que plus de temps soit accordé aux efforts de médiation régionale avant que le conseil ne considère les mesures à prendre.
    


    Le conflit déstabilise la Corne de l'Afrique affirme l'Union Européenne
    Outre les critiques africaines, le responsable de la politique étrangère de l'Union européenne a déclaré que les combats en cours entre l'armée éthiopienne et les forces de la région du Tigray déstabilisaient sérieusement l'Afrique de l'Est et la corne de l'Afrique, soulignant la nécessité d'arrêter les hostilités.

    Des centaines de personnes ont été tuées depuis le début des combats. Le 4 novembre, plus de 41 000 réfugiés ont fui vers le Soudan, tandis que des informations faisaient état de groupes armés ciblant des civils.

    Tard mardi, Josep Borrell a déclaré après s'être entretenu avec le ministre éthiopien des Affaires étrangères: "J'ai exprimé ma grave préoccupation face à la violence croissante sur une base ethnique, le grand nombre de victimes et les violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire".

    Le conflit en Éthiopie affecte une région déjà troublée. Les Tigréens ont tiré des roquettes sur l'Érythrée voisine, tandis que l'Éthiopie a retiré ses troupes des missions de maintien de la paix en Somalie et au Soudan du Sud.

    En Somalie, l'Éthiopie a désarmé plusieurs centaines de Tigréens dans le cadre de la mission de maintien de la paix de l'Union africaine combattant les jihadistes al-Shabab liés à Al-Qaida.

    Un diplomate et une source de sécurité ont déclaré à Reuters aujourd'hui, mercredi, que trois soldats du Tigray avaient été retirés de la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Soudan du Sud.

    La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud a déclaré qu'elle était au courant du retrait des trois soldats, ajoutant que le département des droits de l'homme suivait l'affaire.

    Dans sa déclaration, elle a déclaré que, bien que l’Éthiopie soit en dernier ressort responsable du comportement et des mouvements d’environ deux mille de ses forces au Sud-Soudan, la discrimination fondée sur des motifs ethniques peut constituer une violation du droit international.

    "À la lumière de cela, la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud a demandé à communiquer avec tout soldat qui pourrait avoir besoin d'une protection en vertu du droit international", a ajouté le communiqué.

    Pelin Seyoum, porte-parole du bureau du Premier ministre éthiopien, a déclaré à Reuters que la situation dans le sud du Soudan serait «similaire» à ce qui s'est passé en Somalie, ce qui signifie que les soldats qui ont été retirés de la mission de paix font l'objet d'une enquête pour leurs liens avec le Front de libération du peuple du Tigray.

    Des images satellite, datées du 23 novembre, et obtenues par Reuters auprès de Maxar Technologies, ont révélé le déploiement des forces éthiopiennes dans la ville historique d'Aksoum et des tranchées creusées autour de la piste d'atterrissage de l'aéroport local.

  • Ethiopie : Les Tigréens détruisent l'aéroport d'Aksoum

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    Les médias éthiopiens ont rapporté que le Front populaire pour la libération du Tigray (TPLF) a détruit un aéroport dans la ville d'Aksoum après que les forces fédérales aient donné aux Tigréens 72 heures pour se rendre.

    Le chef du Front de libération du Tigray, Debrecion Gebremaikle, a déclaré à "Reuters" que "la date limite était un rideau pour permettre aux forces gouvernementales de se regrouper après les défaites subies sur trois fronts".

    Reuters n'a pas été en mesure de vérifier les dernières informations, et il est difficile de vérifier les allégations de chacune des paries compte tenu de l''interruption des services Internet et téléphoniques.

  • Ethiopie : L'armée menace la capitale du Tigray d'un assaut "impitoyable"

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    L'armée éthiopienne a prévenu dimanche 22 novembre de l'imminence d'une virulente attaque contre Mekele, capitale régionale dissidente du Tigray et siège du gouvernement local que le pouvoir fédéral cherche à déloger, appelant les civils à fuir tant qu'il est encore temps.

    "La prochaine bataille décisive est d'encercler Mekele avec des chars", a déclaré à des médias gouvernementaux un porte-parole de l'armée, Dejene Tsegaye, menaçant d'assiéger la ville, fief du Front de libération du peuple du Tigray (TPLF) qui dirige la région. Ce porte-parole a ajouté à l'attention du demi-million d'habitants: "Sauvez-vous. Des directives vous ont été communiquées pour vous dissocier de la junte, après il n'y aura aucune pitié".

    Debretsion.jpegLe Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a déclenché cette opération le 4 novembre contre le TPLF, les accusant de chercher à déstabiliser le gouvernement fédéral et d'avoir attaqué deux bases militaires éthiopiennes dans la région, ce que nient les autorités tigréennes. Le chef du TPLF, Debretsion Gebremichael (photo), a promis de livrer des "combats acharnés" pour freiner l'avance de l'armée éthiopienne. "Ils continueront à payer pour chaque mouvement", a-t-il déclaré à l'AFP. Il a aussi prévenu qu'une attaque sur Mekele ne marquerait pas la fin du conflit: "Tant que la force d'occupation sera au Tigray, les combats ne cesseront pas". Samedi, le gouvernement avait affirmé que l'armée avançait vers Mekele et avait pris le contrôle de plusieurs villes, dont Aksoum et Adigrat, à quelque 117 km au nord de la capitale régionale.

    Région coupée du monde
    "Les forces militaires ont pris le contrôle de la ville Edaga Hamus, qui est sur la route allant d'Adigrat à Mekele" et située à 100 km de Mekele, a déclaré dimanche une agence gouvernementale, Ethiopia State of Emergency Fact Check. "Les forces sont actuellement en train d'avancer vers le dernier objectif de l'opération, la ville de Mekele", a-t-elle ajouté. Aucune des affirmations de l'un ou l'autre camp ne sont vérifiables de source indépendante, le Tigray étant quasiment coupé du monde.

    Le TPLF a assuré samedi que des civils avaient été tués lors d'un "intense bombardement" d'Adigrat par l'armée éthiopienne. Le gouvernement affirme que l'opération militaire ne cible pas les civils. Aucun bilan précis des combats, qui ont fait au moins des centaines de morts depuis le 4 novembre, n'est disponible de source indépendante. Mais plus de 36.000 Ethiopiens ont déjà gagné le Soudan, selon la Commission des réfugiés du Soudan.

    Jusqu'à présent, les deux camps n'ont pas répondu aux appels à la désescalade de la communauté internationale, inquiète des risques de déstabilisation de Corne de l'Afrique.

    L'Erythrée impliquée
    Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres a demandé "l'ouverture de corridors humanitaires" pour venir en aide à la population prise au piège des combats. L'opération militaire d'Addis Abeba a dépassé les frontières du pays, avec au nord des tirs de roquettes du TPLF qui ont visé la capitale de l'Erythrée Asmara.

    Le TPLF accuse les autorités érythréennes de laisser les forces d'Addis Abeba utiliser son territoire et l'armée érythréenne de leur prêter main-forte dans des combats au Tigray.

    Après avoir dominé durant 15 ans la lutte armée en Ethiopie contre le régime militaro-marxiste du Derg, renversé en 1991, le TPLF a contrôlé d'une main de fer durant près de trois décennies l'appareil politique et sécuritaire du pays, avant d'être progressivement écarté par M. Abiy depuis qu'il est devenu Premier ministre en 2018. Les responsables du TPLF se sont retranchés dans leur fief du Tigray, d'où ils ont défié ces derniers mois l'autorité du gouvernement fédéral.

    Plusieurs mois de tensions ont culminé avec l'organisation au Tigray d'un scrutin qualifié "d'illégitime" par le gouvernement fédéral et le refus du TPLF de laisser un général de l'armée fédérale prendre ses fonctions au Tigray. En envoyant l'armée au Tigray, M. Abiy affirme avoir répondu aux attaques de deux bases militaires de la région par les forces du TPLF.