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  • Iran : Le chef de l'AIEA déplore "l'absence d'accord" avec Téhéran

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    Rafael Grossi.jpegRafael Grossi (photo ci-contre), le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), revenu la veille de Téhéran, a déploré, mercredi 24 novembre 2021, "l'absence d'accord" avec l'Iran, alors que l'escalade du programme nucléaire et la restriction des inspections inquiètent la communauté internationale.

    "Les discussions ont été constructives mais nous n'avons pas pu parvenir à un accord malgré tous mes efforts", a déclaré aux journalistes Rafael Grossi, au premier jour d'un Conseil des gouverneurs de l'instance onusienne à Vienne et à l'approche de la reprise des pourparlers diplomatiques. Après des semaines d'un "silence" qu'il avait qualifié de "stupéfiant", M. Grossi espérait faire des progrès sur plusieurs sujets de contentieux. Mais "clairement, non, nous n'avons pas pu avancer", a-t-il lâché.

    L'AIEA s'inquiète de la restriction des inspections depuis février par le gouvernement iranien, qui "entrave sérieusement" les activités de vérification, selon un récent rapport. Autre question en suspens, la situation de quatre sites non déclarés, où des matières nucléaires ont été détectées. Le traitement des inspecteurs de l'AIEA fait aussi l'objet de préoccupations alors que plusieurs d'entre eux ont été "soumis à des fouilles excessivement intrusives par des agents de sécurité", selon l'instance. Chaque pays s'engage légalement à "protéger les agents de toute intimidation", a précisé le chef de l'AIEA. "Mais nos collègues iraniens", invoquant des raisons de sécurité, "ont mis en place une série de mesures qui sont tout simplement incompatibles avec cela". "Le sujet a été abordé et j'espère que de tels incidents ne se reproduiront pas", a souligné M. Grossi.

    Arrivé lundi soir à Téhéran, Rafael Grossi a rencontré le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami, et le chef de la diplomatie, Hossein Amir-Abdollahian. "Au vu de l'issue des consultations", il a préféré annuler à la dernière minute le point presse qui était prévu mardi soir à son retour à l'aéroport de Vienne. "Nous approchons du point où je ne pourrai plus garantir la continuité des connaissances" sur le programme nucléaire iranien, a averti le directeur général de l'AIEA. Or il s'agit d'un élément clé de l'accord international sur le nucléaire iranien, conclu en 2015 à Vienne mais moribond à la suite du retrait en 2018 des Etats-Unis.

    Après cinq mois de suspension, les négociations entre Téhéran et les autres pays encore parties à l'accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) doivent reprendre lundi, avec la participation indirecte de Washington. Ce texte offrait à Téhéran la levée d'une partie des sanctions en échange d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l'ONU. Mais les Etats-Unis ont quitté unilatéralement le pacte sous la présidence de Donald Trump et rétabli les mesures punitives. En retour, l'Iran a progressivement abandonné ses engagements.

  • Iran : Un centre de recherche du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique en feu

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    Dans la soirée du 26 septembre, un incendie s'est déclaré dans l'un des centres de recherche du Corps desGardiens de la Révolution Islamique (CGRI) près de la capitale iranienne, Téhéran.

    À la suite de l'incident, trois membres du CGRI ont été blessés. Deux des blessés sont décédés des suites des blessures subies lors de l'incident.

    Les victimes ont été identifiées comme étant Seyed Mortaza Karimi et Hossein Abadi.

    Compte tenu du niveau élevé de sécurité dans les installations du CGRI, aucune information spécifique sur l'emplacement du centre ou ses tâches n'a été révélée. Les CGRI gèrent de nombreuses installations à la périphérie de la capitale. Il a été dit que l'incendie avait éclaté dans un entrepôt du centre de recherche qui visait l'autosuffisance du CGRI.

    Le centre touché par l'incendie pourrait faire partie de l'Organisation du Jihad pour la recherche et l'autosuffisance du CGRI, impliquée dans le développement des armes iraniennes. L'organisation a été sanctionnée par le Trésor américain en 2017 pour "recherche et développement de missiles balistiques".

    Cependant, il n'est toujours pas clair si l'installation était impliquée dans les activités de l'Organisation de recherche et d'autosuffisance du Jihad. 

    Comme il n'y a eu aucun détail sur la raison de l'incident, cela a naturellement provoqué diverses spéculations sur la possibilité d'une opération de sabotage israélienne.

    Juste après l'incident, le 27 septembre, l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis et à l'ONU, Gilad Erdan, a affirmé que les États-Unis et d'autres puissances mondiales envisageaient de plus en plus un « plan B » pour arrêter le programme nucléaire iranien.

    « La communauté internationale et les Américains commencent à nous parler davantage d'un plan B sur l'Iran », a affirmé Erdan. « Dans le passé, on estimait qu'il y avait 80 % de chances que [l'Iran] revienne à l'accord [nucléaire de 2015], aujourd'hui, ce chiffre est tombé à environ 30 %.

    « Si l'Iran ne revient pas [à l'accord], cela change toute la situation pour le monde », a-t-il ajouté.

    Plus tôt ce mois-ci, de hauts responsables israéliens et la Maison Blanche ont repris des négociations sur un éventuel « Plan B » et le partage de renseignements axés sur l'Iran. Il n'y a toujours pas de revendications officielles sur ce que le plan alternatif impliquerait.

    Washington et Tel Aviv prévoient des actions « alternatives » contre l'Iran au cas où les pourparlers nucléaires à Vienne échoueraient, sans attendre la reprise des négociations. Le ministère iranien des Affaires étrangères a assuré que les négociations reprendraient à l'automne, car le gouvernement du nouveau président Ibrahim Raisi, qui a remporté les élections en juin, devrait enfin être formé en Iran.

    De son côté, Tel-Aviv menace régulièrement Téhéran. Le mois dernier, le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a évoqué dans ses discours la possibilité d'une intensification des opérations de sabotage.

    « Les États-Unis et Israël partagent des informations de renseignement, et la coopération avec les États-Unis dans ce domaine ne fait que se renforcer. Nous travaillons avec eux afin d'établir un "Plan B" et de démontrer que s'il n'y a pas d'accord, d'autres activités commenceront…»

    Il faut dire que l'Iran ne fait rien pour calmer la situation. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a déclaré que ses inspecteurs s'étaient vu refuser l'accès à un site de fabrication de centrifugeuses à Karaj, près de la capitale Téhéran.

  • Iran : La production d'uranium à 60% doit commencer "la semaine prochaine"

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    L'Iran prévoit de commencer à produire de l'uranium enrichi à 60% à compter de "la semaine prochaine", selon l'ambassadeur de la République islamique auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

    L'Iran a annoncé mardi qu'il allait "commencer à enrichir l'uranium à 60%" en isotope 235. Les travaux préparatoires pour mettre en œuvre cette décision ont commencé mardi soir "et nous prévoyons d'accumuler le produit [de deux cascades de centrifugeuses dédiées à l'uranium à 60%] la semaine prochaine", écrit Kazem Gharibabadi dans un tweet publié dans la nuit de mardi à mercredi.

    L'enrichissement à 60%, "réponse" de l'Iran au "terrorisme nucléaire" israélien , affirme Rohani
    La décision annoncée par l'Iran d'enrichir l'uranium à hauteur de 60% après une explosion dans son usine de Natanz est la "réponse" de la République islamique au "terrorisme nucléaire" d'Israël, a déclaré mercredi le président iranien.

    "C'est la réponse à votre malveillance", a déclaré Hassan Rohani en Conseil des ministres. "Ce que vous avez fait s'appelle du terrorisme nucléaire, ce que nous faisons est légal", a-t-il lancé dans une allusion à Israël, que Téhéran accuse d'avoir saboté dimanche son usine d'enrichissement de Natanz, dans le centre de l'Iran.

  • Iran : Téhéran  informe l'AIEA qu'il "va commencer à enrichir l'uranium à 60%"

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    L'Iran "va commencer à enrichir l'uranium à 60%", a annoncé mardi 13 avril 2021  l'agence officielle Irna, deux jours après le "sabotage" de son usine d'enrichissement de Natanz, que Téhéran impute à Israël.

    Abbas Sayed Arakhchi (vice ministre des AE).jpgAbbas Araghchi (photo), ministre des Affaires étrangères adjoint, a fait cette annonce "dans une lettre à Rafael Grossi", le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'Iran enrichit actuellement de l'uranium à 20%. Un raffinement à 60% le mettrait en mesure de passer rapidement aux 90% et plus, nécessaires pour une utilisation de ce minerai à des fins militaires.

    Arakchi a également déclaré que l'Iran installerait 1000 nouvelles centrifugeuses supplémentaires dans l'installation nucléaire de Natanz.

    La déclaration d'Arakchi est intervenue peu de temps après que le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii, ait déclaré: "L'Iran se réserve le droit d'agir contre les exécuteurs, les organisateurs et les patrons, il y aura des représailles et une réponse sur le territoire de l'agresseur. Notre deuxième réponse sera le développement d'activités nucléaires pacifiques.

    Le 12 avril au matin, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, s’exprimant à la télévision d’État, a accusé Israël d’être impliqué dans le sabotage de l’installation nucléaire de Natanz. Zarif a été le premier responsable iranien à tenir publiquement Israël pour responsable de l'incident. "Les sionistes veulent venger notre succès en levant les sanctions. Ils ont déclaré publiquement qu'ils ne le permettraient pas. Mais nous nous vengerons", a déclaré Zarif.

    Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Said Khatibzade, a déclaré lors d'une conférence de presse que les centrifugeuses endommagées par le sabotage seraient remplacées par des centrifugeuses plus modernes. Il a également déclaré que l'incident du réacteur nucléaire de Natanz pouvait être considéré comme un "crime contre l'humanité", car le sabotage pouvait conduire à une "catastrophe" provoquant de nombreuses victimes. Khatibzade a également déclaré que le but des "saboteurs" était de perturber les négociations sur le programme nucléaire iranien.

    Les médias iraniens, citant un responsable du ministère iranien du renseignement, ont rapporté que les services spéciaux iraniens avaient déjà identifié la personne derrière le «sabotage» de l'installation nucléaire de Natanz.

    Le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Behruz Kamalwandi, a déclaré dans une interview à Tasnim: "L'explosion n'a pas été assez forte pour tout détruire. Seul le plafond suspendu de l'une des salles de contrôle est tombé. Heureusement, personne n'a été blessé et les zones endommagées peuvent être restaurées rapidement. "

    En fait, selon des détails concordants donnés par des responsables iraniens sur l'opération de sabotage du site nucléaire, l'explosion aurait été causée par une bombe cachée dans une table en métal introduite dans l'établissement il y a plus d'un an. Elle a provoqué l'effondrement de plusieurs pièces souterraines.

    L'édition américaine du New York Times a publié un article intitulé «un Blackout a frappé l'installation nucléaire iranienne, probablement à la suite d'un sabotage israélien». Les auteurs de la publication Ronen Bergman (un spécialiste bien connu des activités des services spéciaux israéliens), Rick Gladstone et Farnaz Fassihi notent que la panne de courant de l'installation nucléaire de Natanz, où se trouvent les centrifugeuses d'enrichissement d'uranium, a déjà été considérée comme «terrorisme nucléaire» par les dirigeants iraniens. Téhéran pense qu'Israël est derrière "l'attaque terroriste".

    Israël n'a fait aucune déclaration officielle à ce sujet, ni confirmant ni niant son implication dans l'incident. Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a déclaré que les rumeurs sur l'implication possible des services spéciaux israéliens dans "l'accident" de l'installation nucléaire de Natanz sont préjudiciables aux intérêts d'Israël. Il a laissé entendre qu'il pourrait s'agir d'une fuite délibérée d'informations afin de renforcer la position d'un «certain politicien». Gantz a déclaré qu'il avait demandé au conseiller juridique du gouvernement d'enquêter et de déterminer si des informations avaient été divulguées. Selon lui, "le bavardage sur ce qui s'est passé ou ce qui ne s'est pas produit" en référence à "des sources occidentales" porte gravement atteinte aux intérêts d'Israël et constitue un scandale. Gantz a également noté que l'enquête sera également menée par le département de la défense.

    Le NYT écrit que des représentants des services de renseignement américains et israéliens ont reconnu qu'Israël avait joué un rôle dans cette affaire. Deux responsables du renseignement ont déclaré que la panne de courant à l'installation nucléaire de Natanz avait été causée par une violente explosion qui a complètement détruit le réseau électrique interne qui alimentait les centrifugeuses enrichissant l'uranium.

    Les responsables, s'exprimant sous couvert d'anonymat, ont commenté l'incident, affirmant que l'incident portait un coup sérieux à la capacité d'enrichissement d'uranium de l'Iran et qu'il faudrait au moins neuf mois pour rétablir la production à Natanz.

    Le matin du 11 avril, la télévision d'Etat iranienne a rapporté un "accident" à l'installation nucléaire de Natanz. Selon un officiel commentant l'incident, l'accident s'est produit dans le réseau de distribution électrique.

    L'agence iranienne Fars, citant l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (AEOI), a rapporté qu'un "incident lié à la distribution d'électricité" s'était produit à l'installation nucléaire de Natanz.

    Le porte-parole de l'organisation, Behruz Kamalwandi, a annoncé que «l'incident était terminé», qu'il n'y avait pas de victimes et qu'il n'y avait aucun risque de fuite de rayonnement. Les autorités iraniennes ont ouvert une enquête pour établir les raisons de l'incident.

    Le journal koweïtien Al-Qabas a confirmé qu'une explosion s'était produite à l'installation nucléaire de Natanz le matin du 11 avril. La publication a laissé entendre qu'Israël était apparemment impliqué dans l'incident.

    Ensuite, d'autres médias étrangers ont fait état de l'implication probable d'Israël dans cet incident. Le soir du 11 avril, la radio Kan Bet, ainsi que les chaînes de télévision israéliennes 12 et 13, ont cité une source de renseignement dans un pays européen affirmant que le Mossad était à l'origine de "l'accident" survenu à l'installation nucléaire de Natanz. Selon la source, une «attaque de pirate informatique» a conduit à la panne du réseau de distribution électrique de l'installation nucléaire. Il a également noté que l'Iran cachait la véritable ampleur des dégâts.

    Le 31 mars, l'Agence internationale de l'énergie atomique avait annoncé que l'Iran avait commencé à enrichir de l'uranium dans son installation souterraine de Natanz en utilisant une quatrième cascade de centrifugeuses avancées de classe IR-2m. Le rapport de l'AIEA indique que l'enrichissement de l'uranium est effectué à l'aide de 174 centrifugeuses.

    Il est à noter que le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akhbar Salahi, avait annoncé la construction d'une installation souterraine à Natanz en août 2020 pour remplacer l'atelier de centrifugeuses, nécessaire à l'enrichissement de l'uranium, endommagé lors d'une précédente l'explosion. En octobre, l'AIEA a confirmé que la construction avait commencé, mais il a ensuite été dit que, selon les experts, cela prendrait beaucoup de temps.
    carte des implantations de sites nucléaires.jpeg



  • Iran : "Accident" dans l'installation nucléaire de Natanz, un jour après le lancement de nouvelles cascades de centrifugeuses

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    Un "accident" s'est produit dimanche matin dans l'usine souterraine d'enrichissement d'uranium de Natanz, dans le centre de l'Iran, mais n'a fait ni victimes ni pollution, selon l'agence Fars, qui cite le porte-parole de l'organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA).
    etiVQU1X.jpegLe site souterrain de Natanz est la pièce maîtresse du programme d'enrichissement d'uranium de l'Iran et est surveillé par des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
    Fmkl7NuW.jpegIl y a eu "un accident dans une partie du réseau électrique de l'installation d'enrichissement de Chahid-Ahmadi-Rochan", le complexe nucléaire de Natanz, où les autorités iraniennes avaient lancé la veille une quatrième cascade de centrifugeuses avancées de classe IR-2m interdites par l'accord sur le nucléaire iranien de 2015. Il n'y a "aucun blessé ni aucune pollution" à déplorer, a déclaré à Fars le porte-parole de l'OIEA, Behrouz Kamalvandi. "Les causes de l'accident font l'objet d'une enquête et de plus amples informations seront communiquées ultérieurement", a ajouté Fars en citant M. Kamalvandi.

    Chef d'état major.jpegDe son côté, le journal koweïtien al-Qabas affirme qu'une explosion s'est produite dans l'installation nucléaire de Natanz le matin du 11 avril. La publication ajoute qu'il y aurait des indices qu'Israël pourrait être impliqué dans l'incident. Et comme pour faire écho à l'article du journal koweïtien, le chef d'état-major de Tsahal, en. référence à l'incident de Natanz et au torpillage du navire iranien Saviz, affrété par le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran (CGRI), le chef d'état-major de Tsahal a déclaré que "les actions de Tsahal à travers le Moyen-Orient ne sont pas cachées aux yeux de nos ennemis. Ils nous observent, voient nos capacités et réfléchissent attentivement à leurs prochaines étapes."

    Téhéran reconnaît un acte "terroriste"
    L'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, dans le centre de l'Iran, où les autorités ont annoncé dimanche une "panne de courant" d'origine suspecte, a été visée par un acte de "terrorisme antinucléaire", selon un communiqué officiel diffusé par la télévision d'Etat.

    "La République islamique d'Iran, tout en condamnant cette action futile, souligne la nécessité pour la communauté internationale et l'Agence internationale de l'énergie atomique de faire face à ce terrorisme antinucléaire", affirme ce communiqué du chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali-Akbar Saléhi.

    Le communiqué n'accuse nommément aucun groupe ou Etat pour cette attaque et ne donne aucune indication sur l'état des installations visées.

    "Cette action reflète (...) l'échec des opposants aux négociations (...) pour lever les sanctions cruelles" des Etats-Unis à l'encontre de l'Iran, ajoute M. Saléhi en référence aux négociations en cours à Vienne pour tenter de faire revenir les Etats-Unis dans l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien et lever les sanctions imposées par Washington contre Téhéran depuis 2018. Elle montre aussi "la défaite des opposants au progrès industriel et politique du pays dans le but d'empêcher un développement éclatant de l'industrie nucléaire", juge le chef de l'OIEA.

    M. Saléhi promet que son pays "continuera également de poursuivre sérieusement l'expansion de la technologie nucléaire d'une part et ses efforts pour lever les sanctions cruelles d'autre part, afin de contrecarrer les objectifs des commanditaires de cet acte terroriste". Plus tôt dimanche, le porte-parole de l'OIEA, Behrouz Kamalvandi avait annoncé qu'une "panne de courant" s'était produite dans la matinée dans l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz, l'un des principaux centres du programme nucléaire de la République islamique, où avaient été lancées la veille de nouvelles cascades de centrifugeuses interdites par l'accord sur le nucléaire iranien de 2015.

    Début juillet 2020, une usine d'assemblage de centrifugeuses perfectionnées avait été gravement endommagée par une mystérieuse explosion. Les autorités avaient conclu à un "sabotage" d'origine "terroriste" mais n'ont pas encore fait connaître les résultats de leur enquête. Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akhbar Salahi, avait annoncé la construction d'une installation souterraine à Natanz en août 2020 pour remplacer l'atelier de centrifugeuses endommagé lors de l'explosion, nécessaire à l'enrichissement de l'uranium. En octobre, l'AIEA a confirmé que la construction avait commencé, mais il a ensuite été dit que, selon les experts, cela prendrait beaucoup de temps.

    Plus d'informations à propos de l'explosion du 2 juillet 2020
    Le 2 juillet 2020, une explosion avait retenti sur l'installation nucléaire de Natanz. A l'époque, les autorités iraniennes avaient affirmé qu'il n'y avait pas eu de victimes. Quelques jours plus tard, l'édition américaine du New York Times publiait un article intitulé "L'Iran admet de graves dommages à l'installation nucléaire de Natanz". Le sous-titre de l'article ajoutait: "Un officier du renseignement du Moyen-Orient a déclaré qu'Israël avait posé une bombe dans un bâtiment où des centrifugeuses avancées étaient en cours de développement." Les auteurs de la publication étaient le journaliste américain d'origine iranienne Farnaz Fassihi, considéré comme l'un des plus grands experts du Moyen-Orient, le journaliste américain d'origine cubaine Richard Perez-Peña, et l'Israélien Ronen Bergman, un grand expert du renseignement israélien, auteur de plusieurs livres et de nombreux articles sur ce sujet. Selon l'article, l'explosion et l'incendie de la principale installation d'enrichissement du combustible nucléaire iranien avaient non seulement causé des dommages importants, mais aussi ralenti le programme nucléaire iranien pendant plusieurs mois. Un porte-parole bien informé des structures de renseignement de l'un des pays du Moyen-Orient avait déclaré au New York Times que la responsabilité de ce sabotage incombait à Israël. Il avait également affirmé qu'une puissante bombe avait été posée sur l'enceinte de Natanz. Comme l'a écrit le NYT, la version de l'explosion d'une bombe a également été confirmée par l'un des représentants du Corps des gardiens de la révolution islamique, qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat. À son tour, l'édition koweïtienne de "Al-Jarida" a affirmé que l'explosion à Natanz était le résultat du travail de pirates israéliens, et le service persan de la chaîne de télévision BBC a parlé de la responsabilité de cette attaque par un certain groupe clandestin "Cheetahs de la patrie ". Cependant, le CGRI a rejeté la version de la cyberattaque. Plus tard, la principale version officielle était le sabotage, pour lequel des employés de l'usine auraient été impliqués.

    Le président Rohani avait inauguré, le 10 avril 2021 le nouvel atelier de centrifugeuses avancées au mépris des négociations pour relancer l'accord international sur le nucléaire iranien
    Le président Hassan Rohani avait inauguré à distance samedi 10 avril 2021 la nouvelle usine d'assemblage de centrifugeuses de Natanz en même temps qu'il donnait l'ordre de mettre en service ou de tester trois nouvelles cascades de centrifugeuses. Ces nouvelles centrifugeuses offrent à l'Iran la possibilité d'enrichir plus vite et en plus grande quantité de l'uranium, dans des volumes et à un degré de raffinement interdits par l'accord conclu en 2015 à Vienne entre la République islamique et la communauté internationale.

    Les Etats-Unis avaient dénoncé cet accord unilatéralement en 2018, rétablissant dans la foulée les sanctions américaines qui avaient été levées en vertu de ce pacte. En riposte, l'Iran s'est affranchi, depuis 2019, de la plupart des engagements clés qu'il avait pris à Vienne pour restreindre ses activités nucléaires. Mais des discussions sont en cours à Vienne entre la République islamique et les autres Etats parties à l'accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) sur la façon de réintégrer les Etats-Unis au sein de ce pacte conclu dans la capitale autrichienne.

  • Iran : Mise en service d'une nouvelle série de centrifugeuses

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    L'Iran a mis en service une quatrième "cascade" de 174 centrifugeuses IR-2m pour produire de l'uranium enrichi sur son site souterrain de Natanz, a déclaré jeudi 1er avril l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans un rapport à ses pays membres.

    "Le 31 mars 2021, l'Agence a vérifié (...) que l'Iran avait commencé à charger en UF6 (hexafluorure d'uranium) naturel une quatrième cascade de 174 centrifugeuses IR-2m" dit l'AIEA dans ce rapport.

    Il s'agit d'une nouvelle violation par Téhéran de l'accord de 2015 sur son programme nucléaire, une démarche qui semble destinée à accentuer la pression sur le président américain Joe Biden alors que l'Iran et les Etats-Unis se trouvent dans une impasse en vue d'un éventuel retour mutuel à la table des négociations.

    Les deux camps demandent que l'autre fasse le premier pas pour sauver le Plan d'action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais), que l'Iran a commencé à enfreindre en 2019 suite au retrait des Etats-Unis annoncé un an plus tôt par le président américain d'alors, Donald Trump, qui a rétabli les sanctions économiques contre Téhéran.

    Dans le cadre de l'accord de 2015, les installations souterraines de Natanz ne doivent accueillir que des centrifugeuses IR-1 de première génération, moins efficaces. Téhéran n'est en outre autorisé à utiliser que ce type de centrifugeuses IR-1 pour enrichir l'uranium.


    Rappelons que le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akhbar Salehi, avait annoncé la construction d'une installation souterraine à Natanz en août 2020 pour remplacer l'atelier de centrifugeuses endommagé par une explosion mystérieuse

    En octobre, l'AIEA a confirmé que la construction avait commencé, mais les experts estiment que cela prendra beaucoup de temps.Carte.jpg

  • Iran : Les Européens abandonnent leur projet de résolution à l'AIEA

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    Les Européens ont finalement décidé de ne pas soumettre la résolution contre l'Iran qu'ils avaient annoncé au Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques.

    Appuyé par les Etats-Unis, ce texte de l'Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne condamnait la décision de Téhéran de suspendre certaines inspections de son programme nucléaire. Il ne sera pas soumis au vote, ont indiqué à l'AFP plusieurs diplomates basés à Vienne, tandis que l'AIEA annonçait une conférence de presse de son directeur général, Rafael Grossi, à 12H00 heure locale (11H00 GMT).

    "Nous laissons du temps à la diplomatie. Des initiatives ont été lancées par M.Grossi" et l'Iran a fait preuve d'"un peu" de bonne volonté, a expliqué une de ces sources, sans souhaiter donner plus de détails à ce stade.

    Le journal iranian ultraconservateur Vatan-é Emrouz a écrit mardi, sans citer de source, que le président Hassan Rohani avait donné l'ordre de suspendre la production d'uranium métal dans l'usine d'Ispahan (centre). Le gouvernement n'a pas démenti ces informations.

    L'Iran avait annoncé en février avoir débuté la production d'uranium métal pour alimenter son réacteur de recherche à Téhéran, dépassant ainsi les limites fixées par l'accord nucléaire de 2015. Le sujet est sensible car cette matière peut être utilisée dans la fabrication d'armes nucléaires, même si la République islamique a toujours nié vouloir se doter de la bombe.

    Le "plan d'action global commun" (PAGC), communément désigné par son acronyme anglophone JCPOA, ne tient plus qu'à un fil depuis le retrait américain en 2018 à l'initiative de Donald Trump, et le rétablissement des sanctions. Le nouvel hôte de la Maison Blanche, Joe Biden, a promis de revenir dans son giron "si" l'Iran respectait à nouveau le contrat. Mais à l'inverse Téhéran, qui exige au préalable une levée des mesures punitives qui asphyxient son économie, a franchi ces dernières semaines un nouveau cran dans son désengagement du JCPOA (passage à un niveau d'enrichissement d'uranium de 20%, production d'uranium métal et limitation des inspections).

    Saïd Khatibzadeh.jpgTéhéran salue une avancée diplomatique
    L'Iran a salué jeudi la décision des Européens d'abandonner un projet de résolution à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui critiquait la République islamique pour son programme nucléaire.

    "L'évolution d'aujourd'hui peut maintenir ouverte la voie de la diplomatie amorcée par l'Iran et l'AIEA", a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Saïd Khatibzadeh (photo), dans un communiqué.