Agitation sociale

  • Irak : Trois manifestants tués dans des heurts avec les forces de sécurité à Nasariya

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    Trois manifestants ont été tués vendredi 26 février 2021dans des heurts avec les forces de sécurité à Nasarya, dans le sud de l'Irak, ont indiqué des médecins de cette ville, théâtre d'un mouvement de protestation ant-ipouvoir depuis plusieurs jours.

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    Ce décès porte à cinq le nombre de manifestants tués depuis une semaine dans cette ville. Des dizaines de personnes ont également été blessées dans ces violences.

    Les manifestants bravent depuis plusieurs jours les mesures de confinement liées à une seconde vague de l'épidémie de Covid-19 dans le pays pour continuer à faire vivre leur mouvement de contestation, tandis qu'à l'échelle nationale, les manifestations sont devenues beaucoup plus rares ces derniers mois.

    Les protestataires se sont rassemblés à plusieurs reprises cette semaine devant le bâtiment du gouvernorat à Nasariya pour exiger le renvoi du gouverneur, Nazem al-Waeli, dans un contexte de dégradation des services publics.

    Vendredi, trois manifestants ont été tués par balle par les forces de sécurité devant le bâtiment, ont indiqué des médecins à l'AFP, l'un d'entre eux précisant que "47 personnes avaient été blessées mais que les hôpitaux étaient surchargés avec des patients atteints du Covid-19". "Nous peinons à trouver un endroit pour les soigner", a-t-il ajouté.

    Deux manifestants avaient déjà été tués lundi et jeudi lors de rassemblements similaires. Des décennies de conflits, de corruption et de faibles investissements ont laissé l'Irak avec des services publics déficients et des pénuries récurrentes d'électricité et d'eau.

    Fin 2019, la colère de la population face à la corruption et le chômage endémique avait débouché sur un soulèvement populaire inédit marqué par des violences ayant fait 600 morts et 30.000 blessés à travers le pays.

    Les manifestations s'étaient quasiment toutes éteintes en 2020 mais elles reprennent à Nasariya. Les nouvelles violences interviennent moins de deux semaines avant la venue du pape François dans cette province du Sud, première visite d'un souverain pontife en Irak.

    Remplacement de Nazem al-Waeli, le gouverneur contesté
    Dans la soirée du vendredi 26 février, on apprenait que le premier ministre irakien, Mustafa al-Kazimi avait nommé le chef de l'Agence nationale de sécurité,,Badalghani al-Assadi, gouverneur de la province de Dhi Qar en remplacement de Nazem Al-Waeli

  • Irak : Violentes manifestations à Nasiriyah - un policier tué

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    Un policier a été tué dimanche 10 janvier 2021, a indiqué l'armée irakienne alors que les forces de l'ordre tiraient pour disperser des manifestants à Nasiriya, bastion de la contestation anti-pouvoir.
     
    Le policier tué a été "touché par balle à la tête", ont précisé des sources médicales dans la ville située à 300 km au sud de Bagdad et de nouveau en proie aux manifestations et aux heurts depuis trois jours.
     
    L'armée irakienne ajoute que "33 autres policiers ont été blessés dans les événements du jour", sans donner plus de détails.
     
    Les sources médicales font également état de manifestants blessés.
     
    Face à des manifestants dont certains jetaient des pierres, les forces de l'ordre avaient ouvert le feu plus tôt dans la journée pour disperser des protestataires qui avaient réoccupé la place Habboubi, épicentre de la "révolte d'octobre", mouvement social inédit lancé en octobre 2019 à travers l'Irak.
     
    Le camp de tentes installé à l'époque avait été levé dans le chaos fin novembre, lorsque huit personnes avaient été tuées dans des affrontements entre manifestants anti-pouvoir et partisans du leader chiite Moqtada Sadr.
     
    L'occupation de a place Habboubi a repris vendredi, des manifestants réclamant la libération de figures anti-pouvoir arrêtées ces dernières semaines. A plusieurs reprises, les forces de l'ordre ont tiré en l'air ou lancé des grenades sur les manifestants, dont le mouvement a pour la première fois gagné d'autres quartiers de la ville.
     
    Après la mort du policier dimanche, 13 manifestants arrêtés ont été libérés, a indiqué un porte-parole d'un comité de coordination de la contestation à l'AFP. Il a ajouté que d'autres libérations avaient été promises pour le lendemain.
     
    Depuis que la contestation s'est éteinte en 2020 avec la pandémie de Covid-19 et une répression qui a fait près de 600 morts et 30.000 blessés, des enlèvements, assassinats et arrestations de figures du mouvement continuent d'avoir lieu.
     
    Les manifestants réclament, outre la fin de la corruption de la classe politique, des emplois et des services publics, de plus rares alors que l'Irak s'enfonce dans sa pire crise économique.

    Vidéo de la manifestation

  • Irak : Affrontements entre manifestants et forces de sécurité à Nasiriyah, dans le sud-est du pays

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    Des manifestants ont pris le contrôle de la place Al-Haboubi, dans la ville de Nasiriyah, dans le gouvernorat de Dhi Qar, après des affrontements avec les services de sécurité, qui ont tenté de les empêcher d'atteindre la place.
     
    Quatre policiers ont été blessés au cours des affrontements avec des manifestants.
     
    Les manifestants protestaient contre l'arrestation de l'activiste  Ihssan Abou Kawthar, il y a deux jours, et les poursuites contre d'autres, ainsi que contre l'interdiction de manifester sur la place Haboubi, le centre de protestation du gouvernorat.
     
    L'activiste Ihsan Abu Kawthar est l'un des leaders des manifestationsdans le gouvernorat de Dhi Qar. Il l a joué un rôle dans la mobilisation des manifestants au cours de la dernière période et dans l'organisation de manifestations dans la ville.
     
    Le militant Wael Al-Mayali a déclaré: «Une manifestation a eu lieu aujourd'hui près de la place et ses environs; Pour protester contre l'arrestation de militants et l'interdiction de se rendre sur la place, mais cela s'est ensuite transformé en affrontements avec les forces de sécurité, qui ont tiré à balles réelles en l'air; Pour empêcher les manifestants d'atteindre la place Al-Haboubi.
     
    La place Haboubi est le deuxième bastion des manifestations irakiennes après la place Tahrir, au centre de la capitale, Bagdad. Elle a été surnommée  «capitale de la révolution».
     
    Le mois dernier, un accord a été conclu entre le gouvernement et les manifestants dans le gouvernorat pour mettre fin aux manifestations, en échange de ne pas poursuivre les manifestants non impliqués dans des actes de violence, de la libération des détenus et de permettre l'organisation de sit-in quand les manifestants le voulaient.
     
    Depuis octobre 2019, l'Irak a été le théâtre de manifestations généralisées, qui ont renversé le précédent gouvernement dirigé par Adel Abdul Mahdi, à la fin de la même année.
     
    Le mouvement de protestation continue encore dans une mesure limitée de faire pression sur l'actuel Premier ministre, Mustafa Al-Kazemi, pour qu'il poursuive les assassins de dizaines de manifestants au cours des derniers mois, et pour mener à bien de vraies réformes dans le pays et lutter contre la corruptioN.

  • Irak : Des manifestants incendient le siège des deux partis au pouvoir au Kurdistan irakien

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    Dimanche 6 décembre, des centaines de manifestants ont incendié le siège des deux partis au pouvoir dans la région du Kurdistan au nord de l'Irak.

    Des centaines de manifestants sont descendus dans la rue dans le quartier "Bireh Makron" du gouvernorat de Sulaymaniyah pour condamner la détérioration de la situation économique et le retard dans le paiement des salaires des fonctionnaires.

    Les manifestants avaient initialement coupé des routes et brûlé des pneus, mais ils avaient été dispersés par les forces de sécurité qui tirant à balles réelles en l'air.

    Les manifestants se sont alors déplacés pour assiéger le siège de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) et du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), puis y ont mis le feu.

    "Les employés paient le prix des conflits politiques entre les partis au pouvoir dans la région du Kurdistan et le gouvernement fédéral de Bagdad", a déclaré un manifestant.

    L'Union patriotique du Kurdistan et le Parti démocratique du Kurdistan sont les deux partis au pouvoir dans la région du Kurdistan depuis le début des années 1990.

    Depuis mercredi, les villes et villages de Sulaymaniyah ont été témoins de manifestations contre les mauvaises conditions économiques dans la région et le retard dans le paiement des salaires des fonctionnaires.

    Le gouvernement régional du Kurdistan a du mal à payer les salaires des employés de l'État depuis que Bagdad a cessé de les payer en avril dernier, suite aux désaccords entre Bagdad et Erbil sur la gestion de la richesse pétrolière et la distribution de ses revenus en plus des revenus des passages frontaliers.

    La baisse des salaires a coïncidé avec la baisse des prix du pétrole sur les marchés mondiaux, qui a exacerbé la crise financière dans la région.

    Les manifestations surviennent malgré le fait que le gouvernement régional a annoncé que, depuis jeudi, il a commencé à payé les salaires en retard de deux mois.

    La population de la région du Kurdistan est estimée à 5 millions, dont 1,2 million reçoivent des salaires de l'État s'élevant à environ 700 millions de dollars par mois.

  • Irak : Renouvellement des manifestations après une semaine d'affrontements sanglants entre manifestants et partisans de l'imam Sadr

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    puis son accession au pouvoir, le Premier ministre Mustafa Al-Kazemi a tenté de tendre la main aux manifestants en annonçant des élections anticipées en juin prochain et a promis de rendre responsables les responsables de la mort de manifestants.

    Des milliers de personnes ont manifesté vendredi 4 décembre dans plusieurs villes, une semaine après des affrontements sanglants entre les partisans du mouvement de protestation anti-gouvernemental et les partisans du religieux chiite Moqtada al-Sadr.

    Les partisans de Sadr ont manifesté le 27 novembre pour afficher leur pouvoir politique à Bagdad, Nasariyah et dans d’autres villes.

    Alors que la grande manifestation à Bagdad s'est terminée pacifiquement, les "sadristes" se sont affrontés avec des partisans du mouvement de protestation contre le gouvernement sur la place Al-Haboubi, qu'ils ont prise comme site de leurs manifestations dans la ville de Nasariyah depuis son lancement en octobre 2019.

    Le bilan des violences est passé à neuf morts la semaine dernière. Un manifestant a été assassiné dans la ville d'Amara.

    Les militants du mouvement de protestation ont accusé les partisans de l'Imam Moqtadah al-Sadr d'être responsables des scènes de violence sur la place Al-Haboubi.

    Des milliers de personnes ont manifesté à Nasariyah vendredi, après une semaine d'affrontements, pour montrer leur détermination à poursuivre la manifestation et leur refus de retirer leurs tentes de la place Al-Haboubi.

    "Les violences qui ont eu lieu la semaine dernière ne nous empêcheront pas de continuer à manifester", a déclaré à l'AFPi un manifestant à Nasiriyah, dans le sud du pays. "Notre seule option est d'atteindre les objectifs de ce soulèvement".

    De leur côté, vendredi, les forces de sécurité ont fermé les rues menant à la place pour empêcher les «sadristes» de les atteindre.

    Cependant, des milliers d'entre eux ont participé à la prière du vendredi dans la ville pour la deuxième semaine consécutive.

    D'autres villes ont été témoins de manifestations de solidarité avec les manifestants de la place Haboubi, dont Bagdad, où un petit rassemblement a eu lieu place Tahrir.

    Des centaines de personnes ont manifesté dans la ville méridionale de Diwaniyah sous le slogan «Vendredi de Nasariyah».

    Un manifestant a déclaré que "les attaques des groupes armés se déroulent sous les yeux des forces gouvernementales", considérant que "le gouvernement est passé sous l'autorité des milices".

    Environ 600 personnes ont été tuées dans les violences liées aux manifestations antigouvernementales depuis leur début en octobre 2019.

    Nasariyah a été témoin de l'un des drames les plus sanglants de ces événements le 28 novembre 2019, qui a coûté la vie à plus de trente personnes.

    Depuis son accession au poste, le Premier ministre Mustafa al-Kazemi a tenté de tendre la main aux manifestants en annonçant des élections anticipées en juin prochain, et a également promis de tenir pour responsables les responsables du meurtre de manifestants.

    Mais justice n’a pas encore été rendue et les partisans du mouvement de protestation affirment qu’ils sont toujours soumis à des intimidations.

    Mercredi, des hommes armés non identifiés à moto ont tué l'activiste Mustafa al-Jabri dans la ville méridionale d'Amara, selon une source sécuritaire.

    L'avocat Mustafa Jabir a ajouté que "les chefs religieux et politiques ne doivent pas imaginer que les manifestations sont terminées".

    "Nous continuerons jusqu'à ce que toutes nos demandes soient satisfaites pour tenir les assassins des manifestants et les dirigeants les plus corrompus pour responsables, et des élections anticipées sous la supervision des Nations Unies", a-t-il di

  • Irak : Des centaines d'Irakiens manifestent contre le pouvoir

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    Des centaines d'Irakiens ont manifesté dimanche 1er novembre contre le pouvoir, notamment à Bagdad où les autorités avaient fait place nette samedi en rouvrant à la circulation la place Tahrir et le pont de la République, deux bastions de la révolte fermés à la circulation depuis plus d'un an. 

    A Bassora, à la pointe sud côtière du pays, policiers et soldats ont lancé des grenades lacrymogènes et  tiré en l'air pour disperser un demi-millier de manifestants qui leur jetaient des pierres, sur la place Al-Andalus. Plusieurs manifestants ont été intoxiqués par les gaz. La police anti-émeute a enlevé, tard dans la nuit, les tentes dressées sur la place Bahariya, dans le centre de la ville, et rouvert la route menant au bâtiment du gouvernorat.

    A Kut, autre ville du sud où deux militants anti-pouvoir ont été assassinés ces derniers jours, des dizaines de manifestants sont également sortis pour conspuer le pouvoir et réclamer que soient traduits en justice les meurtriers des près de 600 personnes tuées durant la "révolution d'octobre" lancée il y a un an.

    A al-Hillah, dans la province de Babylone au sud de Bagdad, des centaines d'étudiants ont défilé sous des pancartes réclamant justice pour les manifestants tués ou enlevés il y a des mois et dont ils sont toujours sans nouvelle.

    La "révolution d'octobre" a semblé vivre son baroud d'honneur il y a une semaine avec son premier anniversaire le 25 octobre. Après que des milliers de personnes soient sorties dans différentes villes du pays, le calme était revenu et les autorités avaient rouvert à la circulation différentes places et ponts bloqués depuis un an. Mais le mouvement est loin d'être mort et enterré, riposte un étudiant à al-Hillah. "Nous ne commémorons pas la révolution, nous la continuons", assure-t-il à l'AFP.

    "On ne bouge pas, pour le sang de nos martyrs et pour l'amour de notre pays, c'est notre révolution et nous devons la continuer car aucune de nos revendications n'a été satisfaite", renchérit une autre étudiante.

    A Nasariya, bastion historique des révoltes dans la province de Dhi Qar, les manifestants ont fermé le bâtiment du gouvernorat et exigé la destitution du gouverneur, Nazem Al-Waeli. Les manifestants ont brûlé des pneus en travers d'un important axe routier pour réclamer des services et des emplois dans l'un des pays les plus riches en pétrole du monde où la pauvreté touche 40% des habitants. Il n'y a pas eu d'affrontements entre les manifestants et les forces de sécurité chargées de protéger le bâtiment du gouvernorat.

    A Bagdad, quelques centaines de jeunes se sont rassemblés sur la place Tahrir --dont le village de tentes et les murs de photos des "martyrs" ont été enlevés manu militari samedi par les troupes du nouveau gouvernement qui veut un "retour à la vie normale".

  • Irak : Nouveaux heurts entre policiers et manifestants à Bagdad et plusieurs autres villes

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    Des dizaines de manifestants et de policiers s'affrontaient de nouveau lundi 26 octobre sur la place Tahrir de Bagdad, après une nuit de heurts notamment à Kerbala, au sud-ouest de la capitale, au lendemain du premier anniversaire de la révolte en Irak.

    A Bagdad, sur le pont al-Joumhouriya, qui sépare Tahrir de la Zone verte où siègent les autorités irakiennes et l'ambassade américaine, des dizaines de manifestants ont tenté de prendre d'assaut les trois barrages de béton installés par les forces de l'ordre.

    Ils jetaient des pierres tandis que les policiers répondaient par des tirs de grenades lacrymogènes et assourdissantes, a constaté un photographe de l'AFP.

    Des manifestants brûlaient également des pneus, tandis que le calme régnait sur la place elle-même, de même que sur le pont Senek, menant à la Zone verte et à l'ambassade d'Iran, parrain de Bagdad honni par les manifestants.

    Dans la ville sainte chiite de Kerbala, où l'an dernier déjà le mouvement était nocturne, des manifestants ont jeté jusque tôt lundi matin des pierres sur des policiers aux boucliers métalliques et longues matraques, qui les leur renvoyaient.

    Après un certain temps, des tirs, visiblement en l'air, du côté des forces de l'ordre ont retenti, faisant brusquement refluer les protestataires, a constaté un correspondant de l'AFP.

    A Nassiriya (sud), bastion historique des révoltes en Irak, des centaines de manifestants sont restés jusque tard dans la nuit sur l'emblématique place Habboubi, chantant l'hymne national et scandant des slogans appelant à maintenir un mouvement pacifique.

    A Diwaniya (sud), des manifestants ont brièvement incendié dans la nuit des pneus dans les rues du centre-ville. Et à al-Hilla (sud), des heurts ont également eu lieu.

    Dimanche, des milliers d'Irakiens ont défilé à travers le pays pour marquer le premier anniversaire de la "révolution d'octobre", mouvement social inédit dans le pays réclamant notamment une réforme du pouvoir et une amélioration des conditions de vie.

    La contestation, éclipsée par les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis puis par la pandémie de Covid-19, s'était soldée par près de 600 morts et 30.000 blessés.

    Ces heurts sont un test pour le nouveau Premier ministre Moustafa al-Kazimi qui n'a cessé de répéter aux troupes de faire preuve de retenue alors que son prédécesseur est toujours conspué dans la rue pour la répression sanglante de l'an dernier.