Agitation sociale

  • Irak : Deux morts, des dizaines de blessés lors d'un rassemblement pour des militants assassinés

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    Deux manifestants ont été tués par balle et plusieurs dizaines de personnes blessées à Bagdad lors d'échauffourées à l'issue d'un rassemblement mardi à la mémoire de militants prodémocratie récemment assassinés, selon la police et des sources médicales. Vingt-huit protestataires ont été blessés par des tirs de gaz lacrymogènes des forces de police qui tentaient de disperser le rassemblement ayant attiré des milliers de personnes dans la capitale, ont indiqué ces sources.

    Cinquante-sept policiers ont par ailleurs été blessés par des jets de projectiles, ont précisé des sources de sécurité.

    Le premier manifestant décédé, Mohammad Baker, était venu de Diwaniya (sud) pour participer à la manifestation, a-t-on indiqué à l'hôpital al-Kindi de Bagdad, où il avait été transporté. Une source médicale a précisé qu'il avait été atteint au cou et était mort peu après son admission aux urgences. Le deuxième manifestant tué n'as pas été identifié dans l'immédiat.

    Les manifestations d'aujourd'hui font partie du mouvement populaire qui a commencé en octobre 2019 et se poursuit dans une mesure limitée, et a réussi à renverser le gouvernement précédent dirigé par Adel Abdul Mahdi.

    Selon les chiffres du gouvernement, 565 manifestants et membres du personnel de sécurité ont été tués au cours des manifestations, parmi lesquels des dizaines d'activistes qui ont été assassinés par des assaillants inconnus.

    Le gouvernement de Mustafa Al-Kazemi s'est engagé à poursuivre les personnes impliquées dans le meurtre de manifestants et de militants, mais aucun accusé n'a été traduit en justice. 

     

    Sous le slogan "Qui m'a tué ?" et arborant les photos des victimes abattues par des tueurs armés de pistolets avec silencieux, les manifestants s'étaient rassemblés sur les trois principales places de la capitale, Tahrir, Ferdaous et al-Nossour, au milieu d'un important dispositif policier. Ils étaient venus de Bagdad mais aussi de Kerbala, Najaf et Nassiriya où les crimes ont été commis.

    Le 9 mai, à Kerbala, des tueurs ont abattu le militant Ehab al-Ouazni, coordinateur des manifestations antipouvoir dans la ville sainte, qui dénonçait les groupes armés et la mainmise de l'Iran sur son pays. Le lendemain, Ahmed Hassan, un journaliste de la chaîne al-Fourat, a aussi été visé par un attentat et se trouve depuis dans le coma.
    Depuis le début de la révolte populaire inédite d'octobre 2019, plus de 70 militants ont été victimes d'assassinats ou de tentatives d'assassinat, tandis que des dizaines d'autres ont été enlevés brièvement.
    Personne n'a revendiqué ces attaques mais les militants prodémocratie sont convaincus que les tueurs sont connus des services de sécurité et ne sont pas arrêtés malgré les promesses du gouvernement, car liés à l'Iran, le puissant voisin agissant en Irak.

    Les manifestants, pour la plupart des jeunes scandaient : "Avec notre âme et notre sang, nous nous sacrifions pour toi, Irak", "Le peuple veut renverser le régime", et "Révolution contre les partis".

    Peur palpable 
    Depuis la chute de Saddam Hussein en 2003 dans le sillage de l'invasion américaine du pays, les partis contrôlent la vie politique et économique du pays et la corruption touche tous les rouages de l'Etat.

    Pour Hussein, un manifestant de 25 ans, "quiconque se présente aux élections comme un candidat libre, sans attache à un parti politique sera tué". "Ce scrutin vise à recycler les déchets corrompus", a-t-il ajouté.

    A ce jour, 17 groupes ont appelé au boycott des élections législatives prévues en octobre et censées ramener la paix civile après des mois de manifestations contre la corruption et contre la classe politique. Ils avaient pourtant chacun présenté des listes pour les élections, estimant bénéficier d'un fort soutien populaire pour pouvoir changer le système par les urnes. Mais la donne a changé avec l'assassinat de Ouazni et l'attentat contre le journaliste Ahmed Hassan.

    La peur est en tout cas palpable : "Il y a pas mal de gens infiltrés parmi les manifestants", assure Mohammed, 22 ans. "Ils nous prennent en photo pour nous menacer et tuer les militants quand nous serons partis. Ce sont les milices et les partis qui sont derrière les crimes", affirme-t-il.

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  • Irak : Assassinat d'un des leaders des manifestations de 2019 

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    À Karbala, des hommes armés non identifiés ont assassiné Ehab al-Ouazni (photo), l'un des coordinateurs des manifestations de l'opposition qui ont frappé l'Irak à l'automne 2019. Al-Ouazni a été assassiné rue al-Haddad à Kerbala. C'était la deuxième tentative d'assassinat d'Ehab al-Ouazni. Une précédente tentative avait eu lieu en décembre 2019, lorsque Fahim Al-Taie, âgé de 53 ans, avait été tué sous ses yeux, lors d'une attaque par des hommes armés à moto. Les assassina avaient utilisé des armes équipées de silencieux. 

    La police a ouvert une enquête. Les forces de l'ordre de Karbala ont mobilisé toutes leurs forces pour trouver les coupables. De leu côté, les partisans du leader assassiné blâment les groupes armés pro-iraniens.

    Les participants aux manifestations qui ont commencé en octobre 2019 exigeaient la fin de la corruption et des conflits sectaires et une réforme radicale du système politique. Elles ont été brutalement réprimées avec la participation de groupes armés pro-iraniens.

    "Les assassins sont les mêmes personnes qui condamnent les crimes israéliens contre les Palestiniens. Il semble que le chemin vers la Palestine passe par le meurtre d'innocents, et par la destruction de tout ce qui est beau dans mon pays. Vous êtes des criminels et des extrémistes", a dit bien- l'activiste connu Nawal Jaafar.

    Un activiste proche d'al-Wazni, s'exprimant au bureau de médecine légale de Karbala, a accusé les milices iraniennes d'avoir commis le crime, affirmant: "Les milices iraniennes ont assassiné Ihab, et elles nous tueront tous, un par un."

    Depuis le déclenchement des manifestations populaires en octobre 2019, l'Irak a été le théâtre d'une large campagne d'assassinats, d'enlèvements et de menaces contre les organisateurs des manifestations. Une trentaine de militants ont été assassinés et des dizaines de personnes ont été enlevées.

    Faik Sheikh Ali (député anit-iranien).jpegUn député appelle à l'expulsion des milices pro-iraniennes
    Le député Faik Sheikh Ali a aussitôt annoncé son retrait des élections législatives.

    Il a appelé les représentants des forces civiles et les manifestants d'octobre à se retirer également, appelant chacun à "se préparer à l'achèvement de la révolution dans les mois à venir contre l'Iran et ses sales milices".

    Manifestations à Kerbala pour protester contre l'assassinat d'al-Ouazni
    Dès que la nouvelle de l'assassinat d'al-Ouazni a été connue, les partisans de ce que l'on appelle la "révolution d'octobre" se sont rassemblés et ont défilé dans la ville de Kerbala pour exiger la fin de l'effusion de sang. Des manifestations ont également eu lieu à Nasiriyah et Diwaniyah, dans le sud du pays, pour protester contre l'assassinat, selon l'Agence France-Presse.
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  • Irak : Violents affrontements à Najaf

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    De violents affrontements ont éclaté dans la ville irakienne de Najaf, une villet sacrée pour les chiites. Les incidents ont opposé les forces de sécurité aux manifestants protestant contre la détérioration des conditions de vie, la corruption et l'ingérence iranienne dans la conduite des affaires de la ville et de l'Etat.

    Un certain nombre de personnes ont été blessées lors des affrontements avec les forces de sécurité et les milices chiites fidèles au Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran (CGRI).

    Les manifestations ont éclaté après la date limite fixée par les manifestants pour renvoyer le gouverneur de Najaf, Louay Al-Yasiri, que les manifestants accusent de corruption.

    Les affrontements dans la ville, qui comprend l'un des sanctuaires les plus sacrés pour les musulmans chiites, se sont déroulés dans le contexte de l'assassinat de Jasb Al-Hiliji dans la ville d'Amara mercredi dernier.

    Les manifestants ont incendié des pneus et coupé les rues menant au bâtiment du gouvernement local à Najaf et à la maison du gouverneur, en réponse à un fort déploiement des forces de sécurité et au blocage des rues autour de la maison du gouverneur et du bâtiment du gouvernement.

    Des vidéos publiées par des militants sur les réseaux sociaux ont montré que des manifestants avaient été blessés à la suite de l'utilisation par les forces de sécurité de bombes lacrymogènes et de petites boules de verre lancées pour disperser les manifestants.

    Jaseb Al-Hiliji - le père de l'activiste irakien Ali Jaseb, kidnappé il y a plus d'un an - a été abattu près du centre de la ville d'Amara, mercredi soir.

    Auparavant, plusieurs villes du sud de l'Irak avaient été témoins de manifestations condamnant l'assassinat. Les manifestants ont exigé que les tueurs soient identifiés et poursuivis.

    Le mois dernier, des manifestations réclamant la destitution du gouverneur de Dhi Qar, Nazim al-Waeli, ont causé la mort d'un certain nombre de manifestants, avant que le gouverneur ne cède à la pression populaire et ne soumette sa démission.

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  • Irak : Trois manifestants tués dans des heurts avec les forces de sécurité à Nasariya

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    Trois manifestants ont été tués vendredi 26 février 2021dans des heurts avec les forces de sécurité à Nasarya, dans le sud de l'Irak, ont indiqué des médecins de cette ville, théâtre d'un mouvement de protestation ant-ipouvoir depuis plusieurs jours.

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    Ce décès porte à cinq le nombre de manifestants tués depuis une semaine dans cette ville. Des dizaines de personnes ont également été blessées dans ces violences.

    Les manifestants bravent depuis plusieurs jours les mesures de confinement liées à une seconde vague de l'épidémie de Covid-19 dans le pays pour continuer à faire vivre leur mouvement de contestation, tandis qu'à l'échelle nationale, les manifestations sont devenues beaucoup plus rares ces derniers mois.

    Les protestataires se sont rassemblés à plusieurs reprises cette semaine devant le bâtiment du gouvernorat à Nasariya pour exiger le renvoi du gouverneur, Nazem al-Waeli, dans un contexte de dégradation des services publics.

    Vendredi, trois manifestants ont été tués par balle par les forces de sécurité devant le bâtiment, ont indiqué des médecins à l'AFP, l'un d'entre eux précisant que "47 personnes avaient été blessées mais que les hôpitaux étaient surchargés avec des patients atteints du Covid-19". "Nous peinons à trouver un endroit pour les soigner", a-t-il ajouté.

    Deux manifestants avaient déjà été tués lundi et jeudi lors de rassemblements similaires. Des décennies de conflits, de corruption et de faibles investissements ont laissé l'Irak avec des services publics déficients et des pénuries récurrentes d'électricité et d'eau.

    Fin 2019, la colère de la population face à la corruption et le chômage endémique avait débouché sur un soulèvement populaire inédit marqué par des violences ayant fait 600 morts et 30.000 blessés à travers le pays.

    Les manifestations s'étaient quasiment toutes éteintes en 2020 mais elles reprennent à Nasariya. Les nouvelles violences interviennent moins de deux semaines avant la venue du pape François dans cette province du Sud, première visite d'un souverain pontife en Irak.

    Remplacement de Nazem al-Waeli, le gouverneur contesté
    Dans la soirée du vendredi 26 février, on apprenait que le premier ministre irakien, Mustafa al-Kazimi avait nommé le chef de l'Agence nationale de sécurité,,Badalghani al-Assadi, gouverneur de la province de Dhi Qar en remplacement de Nazem Al-Waeli

  • Irak : Violentes manifestations à Nasiriyah - un policier tué

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    Un policier a été tué dimanche 10 janvier 2021, a indiqué l'armée irakienne alors que les forces de l'ordre tiraient pour disperser des manifestants à Nasiriya, bastion de la contestation anti-pouvoir.
     
    Le policier tué a été "touché par balle à la tête", ont précisé des sources médicales dans la ville située à 300 km au sud de Bagdad et de nouveau en proie aux manifestations et aux heurts depuis trois jours.
     
    L'armée irakienne ajoute que "33 autres policiers ont été blessés dans les événements du jour", sans donner plus de détails.
     
    Les sources médicales font également état de manifestants blessés.
     
    Face à des manifestants dont certains jetaient des pierres, les forces de l'ordre avaient ouvert le feu plus tôt dans la journée pour disperser des protestataires qui avaient réoccupé la place Habboubi, épicentre de la "révolte d'octobre", mouvement social inédit lancé en octobre 2019 à travers l'Irak.
     
    Le camp de tentes installé à l'époque avait été levé dans le chaos fin novembre, lorsque huit personnes avaient été tuées dans des affrontements entre manifestants anti-pouvoir et partisans du leader chiite Moqtada Sadr.
     
    L'occupation de a place Habboubi a repris vendredi, des manifestants réclamant la libération de figures anti-pouvoir arrêtées ces dernières semaines. A plusieurs reprises, les forces de l'ordre ont tiré en l'air ou lancé des grenades sur les manifestants, dont le mouvement a pour la première fois gagné d'autres quartiers de la ville.
     
    Après la mort du policier dimanche, 13 manifestants arrêtés ont été libérés, a indiqué un porte-parole d'un comité de coordination de la contestation à l'AFP. Il a ajouté que d'autres libérations avaient été promises pour le lendemain.
     
    Depuis que la contestation s'est éteinte en 2020 avec la pandémie de Covid-19 et une répression qui a fait près de 600 morts et 30.000 blessés, des enlèvements, assassinats et arrestations de figures du mouvement continuent d'avoir lieu.
     
    Les manifestants réclament, outre la fin de la corruption de la classe politique, des emplois et des services publics, de plus rares alors que l'Irak s'enfonce dans sa pire crise économique.

    Vidéo de la manifestation

  • Irak : Affrontements entre manifestants et forces de sécurité à Nasiriyah, dans le sud-est du pays

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    Des manifestants ont pris le contrôle de la place Al-Haboubi, dans la ville de Nasiriyah, dans le gouvernorat de Dhi Qar, après des affrontements avec les services de sécurité, qui ont tenté de les empêcher d'atteindre la place.
     
    Quatre policiers ont été blessés au cours des affrontements avec des manifestants.
     
    Les manifestants protestaient contre l'arrestation de l'activiste  Ihssan Abou Kawthar, il y a deux jours, et les poursuites contre d'autres, ainsi que contre l'interdiction de manifester sur la place Haboubi, le centre de protestation du gouvernorat.
     
    L'activiste Ihsan Abu Kawthar est l'un des leaders des manifestationsdans le gouvernorat de Dhi Qar. Il l a joué un rôle dans la mobilisation des manifestants au cours de la dernière période et dans l'organisation de manifestations dans la ville.
     
    Le militant Wael Al-Mayali a déclaré: «Une manifestation a eu lieu aujourd'hui près de la place et ses environs; Pour protester contre l'arrestation de militants et l'interdiction de se rendre sur la place, mais cela s'est ensuite transformé en affrontements avec les forces de sécurité, qui ont tiré à balles réelles en l'air; Pour empêcher les manifestants d'atteindre la place Al-Haboubi.
     
    La place Haboubi est le deuxième bastion des manifestations irakiennes après la place Tahrir, au centre de la capitale, Bagdad. Elle a été surnommée  «capitale de la révolution».
     
    Le mois dernier, un accord a été conclu entre le gouvernement et les manifestants dans le gouvernorat pour mettre fin aux manifestations, en échange de ne pas poursuivre les manifestants non impliqués dans des actes de violence, de la libération des détenus et de permettre l'organisation de sit-in quand les manifestants le voulaient.
     
    Depuis octobre 2019, l'Irak a été le théâtre de manifestations généralisées, qui ont renversé le précédent gouvernement dirigé par Adel Abdul Mahdi, à la fin de la même année.
     
    Le mouvement de protestation continue encore dans une mesure limitée de faire pression sur l'actuel Premier ministre, Mustafa Al-Kazemi, pour qu'il poursuive les assassins de dizaines de manifestants au cours des derniers mois, et pour mener à bien de vraies réformes dans le pays et lutter contre la corruptioN.

  • Irak : Des manifestants incendient le siège des deux partis au pouvoir au Kurdistan irakien

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    Dimanche 6 décembre, des centaines de manifestants ont incendié le siège des deux partis au pouvoir dans la région du Kurdistan au nord de l'Irak.

    Des centaines de manifestants sont descendus dans la rue dans le quartier "Bireh Makron" du gouvernorat de Sulaymaniyah pour condamner la détérioration de la situation économique et le retard dans le paiement des salaires des fonctionnaires.

    Les manifestants avaient initialement coupé des routes et brûlé des pneus, mais ils avaient été dispersés par les forces de sécurité qui tirant à balles réelles en l'air.

    Les manifestants se sont alors déplacés pour assiéger le siège de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) et du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), puis y ont mis le feu.

    "Les employés paient le prix des conflits politiques entre les partis au pouvoir dans la région du Kurdistan et le gouvernement fédéral de Bagdad", a déclaré un manifestant.

    L'Union patriotique du Kurdistan et le Parti démocratique du Kurdistan sont les deux partis au pouvoir dans la région du Kurdistan depuis le début des années 1990.

    Depuis mercredi, les villes et villages de Sulaymaniyah ont été témoins de manifestations contre les mauvaises conditions économiques dans la région et le retard dans le paiement des salaires des fonctionnaires.

    Le gouvernement régional du Kurdistan a du mal à payer les salaires des employés de l'État depuis que Bagdad a cessé de les payer en avril dernier, suite aux désaccords entre Bagdad et Erbil sur la gestion de la richesse pétrolière et la distribution de ses revenus en plus des revenus des passages frontaliers.

    La baisse des salaires a coïncidé avec la baisse des prix du pétrole sur les marchés mondiaux, qui a exacerbé la crise financière dans la région.

    Les manifestations surviennent malgré le fait que le gouvernement régional a annoncé que, depuis jeudi, il a commencé à payé les salaires en retard de deux mois.

    La population de la région du Kurdistan est estimée à 5 millions, dont 1,2 million reçoivent des salaires de l'État s'élevant à environ 700 millions de dollars par mois.