Agcabedi

  • Nagorny-Karabakh : Arméniens et Azerbaïdjanais s'accusent mutuellement de nouvelles attaques

    Imprimer

    Nagorny-Karabakh : Arméniens et Azerbaïdjanais s'accusent mutuellement de nouvelles attaques
    Lundi matin, une "trêve humanitaire" censée entrer en vigueur la veille était toujours lettre morte dans le conflit de la région séparatiste du Nagorny Karabakh.

    Lundi matin, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a accusé les forces séparatistes arméniennes de bombarder le territoire du district d'Agcjaberdi et dans la nuit ceux de Goranboy, Terter et Agdam.

    Pour sa part, le ministère de la Défense du Nagorny Karabakh a accusé l'Azerbaïdjan d'avoir procédé à des tirs d'artillerie dans la nuit "dans différents secteurs du front" et de poursuivre ses attaques dans la matinée. "L'armée du Karabakh prend des mesures proportionnées", a-t-il assuré.

    La nuit à Stepanakert, capitale séparatiste qui a subi des bombardements depuis le début des hostilités, a été elle calme, selon un journaliste de l'AFP.

    Sur Twitter, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a accusé les forces séparatistes de violer "impudemment" le cessez-le-feu, et d'avoir tué des civils en tirant sur des quartiers résidentiels. Il a également revendiqué la conquête de 13 nouvelles localités.

    L'Azerbaïdjan annonce quasi-quotidiennement des gains territoriaux. Les séparatistes ont reconnu avoir dû reculer, mais jugent la situation "sous contrôle".

    Une vidéo diffusée par l'Azerbaïdjan montre que ses troupes sont entrées dans la ville de Fizouli :

    D'autres vidéos montrent les frappes azéries contre les positions militaires arméniennes

    La trêve annoncée pour dimanche mais qui n'a pas été respectée jusqu'ici intervenait au lendemain d'un bombardement arménien sur la deuxième ville d'Azerbaïdjan, Ganja, qui a fait 13 morts.

    Outre une potentielle crise humanitaire, la communauté internationale craint une internationalisation du conflit, la Turquie soutenant l'Azerbaïdjan. L'Arménie, qui soutient financièrement et militairement les séparatistes, fait elle partie d'une alliance militaire avec la Russie.

    Le Nagorny Karabakh, majoritairement peuplé d'Arméniens chrétiens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan, musulman chiite turcophone, peu avant la dislocation de l'URSS en 1991, entraînant une guerre ayant fait 30.000 morts. Un cessez-le-feu, émaillé de heurts, était en vigueur depuis 1994.

  • Nagorny Karabakh : Bombardements et combats avant une première réunion de médiation

    Imprimer

    Les belligérants arméniens et azerbaïdjanais au Nagorny Karabakh ne donnaient aucun signe jeudi de vouloir faire taire les armes, avant une première réunion à Genève du médiateur international pour ce conflit. Les bombardements azerbaïdjanais se sont poursuivis toute la nuit sur, Stepanakert, capitale du Haut Karabakh, selon des journalistes de l'AFP, et sur des zones habitées en Azerbaïdjan, selon les autorités locales. Les représentants du médiateur historique du conflit, les co-présidents du Groupe de Minsk de l'OSCE (Russie, Etats-Unis, France) rencontrent dans la journée à Genève le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Ceyhun Bayramov.

    Ce médiateur international tente depuis le milieu des années 1990 de trouver une solution négociée au conflit. Une première guerre entre séparatistes arméniens et forces azerbaïdjanaises, à la chute de l'URSS, avait fait 30.000 morts. "Le but de la visite est (...) de présenter la position de l'Azerbaïdjan sur le règlement du conflit", a indiqué la diplomatie azerbaïdjanaise.

    Bakou s'est dit déterminé à reconquérir par les armes le Karabakh, région séparatiste peuplée essentiellement d'Arméniens, et soutient que seul un retrait des forces indépendantistes et arméniennes pouvait mettre fin au conflit.

    Bombardements continus
    Une porte-parole de la diplomatie arménienne a dans ce contexte exclu une rencontre à Genève des ministres azerbaïdjanais et arménien, car "on ne peut pas d'une main négocier et de l'autre mener des opérations militaires", dénonçant une agression de l'Azerbaïdjan contre le Karabakh. L'Arménie ne devrait donc pas être représentée jeudi par l'un de ses hauts responsables. Le chef de la diplomatie arménienne doit par contre être reçu lundi à Moscou par son homologue russe, Sergueï Lavrov.

    Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a indiqué espérer que les rencontres de Genève et Moscou puissent "aboutir à l'ouverture de négociations".

    Sur le terrain, aucune accalmie ne se dessinait, au douzième jour de combats et de bombardements dans lesquels sont pris aussi des civils des deux côtés du front. Selon les autorités séparatistes, la moitié des quelques 140.000 habitants du Nagorny Karabakh ont été déplacés par le conflit.

    Stepanakert, la capitale de la république auto-proclamée, a été de nouveau la cible de bombardements azerbaïdjanais dans la nuit de mercredi à jeudi, ont constaté des journalistes de l'AFP. Toute la nuit, les sirènes d'alertes ont résonné à intervalles réguliers, suivies de lourdes explosions faisant trembler le sol, allant généralement par trois ou quatre.

    L'Azerbaïdjan accuse les Arméniens d'avoir bombardé la localité de Barda avec le système de missiles Tochka-U
    Le ministère azerbaïdjanais de la Défense déclare que les forces armées arméniennes ont tiré sur le territoire de Barda à partir du système de missiles tactiques Tochka-U .

    "Les forces armées arméniennes ont lancé une frappe depuis le système de missiles tactiques Tochka-U sur le territoire de la région de Barda", a indiqué le service de presse du département militaire.

    Russie et Turquie
    Le type d'armes utilisées n'est pas connu avec certitude, mais les autorités locales dénoncent des frappes menées en zones urbaines par des "Smertch", meurtrières roquettes de 300 mm. Des engins non-explosés, apparemment de ce type, sont visibles en ville, alors que des habitations ont été entièrement soufflées par ces tirs, avec des cratères allant parfois jusqu'à une dizaine de mètres, signe de la puissance des bombes utilisées. Des drones survolent aussi régulièrement la ville, plutôt de jour, procédant à tirs isolés apparemment plus ciblés.

    Du côté azerbaïdjanais, on accuse également les séparatistes d'avoir "fait feu sur les zones habitées", citant les districts de Bardinsk, Agdjabedine, Goranboy, Terter et Agdam. "Il y a des morts et des blessés", selon le ministère azerbaïdjanais de la Défense.

    L'Azerbaïdjan déclare 31 civils morts au Karabakh depuis le début des hostilités
    Le nombre de civils tués pendant les hostilités au Karabakh est passé à 31, 154 ont été blessés, a rapporté le service de presse du bureau du procureur général azerbaïdjanais .
    "Depuis le 27 septembre 2020 ... 31 civils ont été tués, 154 personnes ont été blessées. De plus, 133 biens civils et 928 maisons privées ont été endommagés", a indiqué le département.

    Une église célèbre frappée dans la ville arménienne de  Chouchi
    Les forces armées azerbaïdjanaises ont frappé le temple principal de la ville de Chouchi-Kazanchetsots au Karabakh, a rapporté le Centre d'information unifié arménien fonctionnant sous le gouvernement arménien .

    "L'ennemi a frappé le symbole de Chouchi - l'église des Ghazanchetsots, qui a été restaurée après la guerre des années 90", indique la page Facebook du centre.

    L'armée azerbaïdjanaise a frappé une seconde fois l'église des Ghazanchetsots alors que des journalistes se trouvaient sur place pour constater les dégâts. Une dizaine de personnes ont été blessées, parmi lesquelles trois Russes, le commandant de l’armée russe Yuri Kotenok, observateur militaire etrédacteur en chef du portail Segodnya.ru, le journaliste Levon Arzanov, et leur accompagnateur russe d'origine arménienne, Grant Baladyan. Yuri Kotenok se trouve dans un état grave.

    La cathédrale arménienne du Christ-Sauveur Ghazanchetsots a été construite à Chouchi au 19ème siècle et restaurée dans les années 90 du 20ème siècle.

    Situation sur le front
    Sur le front lui-même, le ministère de la Défense du Karabakh a jugé la situation "stable mais tendue pendant la nuit". "Des combats ont repris (dans la matinée) dans le Nord et le Sud", poursuit-il.

    Le bilan officiel des hostilités depuis le 27 septembre est de 300 à 400 morts, dont une cinquantaine de civils. Mais il reste très partiel, Bakou n'annonçant pas ses pertes militaires et les deux camps affirmant avoir éliminé chacun des milliers de soldats ennemis.

    A l'étranger, la crainte est de voir ce conflit s'internationaliser dans une région où Russes, Turcs, Iraniens et Occidentaux ont tous leurs intérêts. D'autant qu'Ankara encourage Bakou à l'offensive et que Moscou est lié par un traité militaire à Erevan. La Turquie est déjà accusée de participer avec hommes et matériel au conflit. Vladimir Poutine, arbitre régional, a prévenu que si les hostilités devait s'étendre à l'extérieur du Karabakh en territoire arménien, Moscou tiendra ses "obligations" issues de son alliance avec Erevan.

    Vidéos - Côté arménien
    Une unité azérie forcée à fuir sous les obus de mortiers arméniens

    L'artilleur arménien devenu célèbre après être apparu sur cette photo est mort au combat :
     

    Vidéos - Côté arménien

    Frappes contre un centre de commandement arménien
    L'armée azérie s'empare du village de Horadiz dans le district de Fizouli :