aéroport al-Abraq (près de Derna)

  • Libye : Les vols reprennent entre les deux parties du pays après trois semaines d'arrêt

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    Les autorités de l'aviation de l'est et de l'ouest de la Libye ont annoncé mardi 22 mars 2022 la reprise des vols entre elles après une interruption d'environ trois semaines en raison de la fermeture de l'espace aérien intérieur après des divergences entre les forces en conflit dans le pays.

    "Nous annonçons la reprise des vols intérieurs de l'aéroport international de Mitiga vers les aéroports internationaux de Benina, Tobrouk et Al-Abraq (est)", a indiqué l'administration de l'aéroport international de Mitiga, l'aéroport de la capitale, Tripoli, sur sa page Facebook.

    Pour sa part, l'administration de l'aéroport de Misrata a déclaré dans un communiqué similaire : "Nous vous informons que l'espace aérien a été ouvert de l'aéroport de Misrata à l'aéroport de Benghazi (est) à partir d'aujourd'hui, mardi, et les premiers vols opéreront demain, mercredi".

    Depuis le début du mois de mars, l'espace aérien libyen était fermé aux vols civils intérieurs, après que le parlement de Tobrouk ait chargé Fathi Bachagha de diriger un nouveau gouvernement à la place du gouvernement d'union nationale dirigé par Abdel Hamid Dbeiba, qui refuse de céder le pouvoir sauf à un futur gouvernement par l'intermédiaire d'un nouveau parlement élu.

    Bachagha accuse Dbeiba de fermer l'espace aérien pour empêcher son gouvernement d'atteindre Tripoli et de prendre le pouvoir, malgré les appels de la mission des Nations Unies et de l'ambassadeur américain en Libye de l'ouvrir.

    Dans le contexte de l'assignation de Bachagha par le Parlement et de l'insistance de Dbeiba à ne pas se rendre, les craintes montent en Libye que le pays glisse vers une division politique institutionnelle ou une nouvelle guerre civile qui exacerbera ses crises.

     

     

  • Libye : la présence d'Ankara et de Moscou se poursuit, l'ANL appelle Washington

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    Alors que le gouvernement de Tripoli, également connu sous le nom de Gouvernement d'accord national (GNA), a observé l'arrivée de 5 avions russes, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a rapporté que 10 000 islamistes radicaux auraient été envoyés de Turquie en Libye. Pendant ce temps, l'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar, a envoyé un message à Washington pour demander une intervention "internationale".
    Selon les rapports du GNA, gouvernement dirigé par le Premier ministre Fayez al-Sarraj, les 5 avions russes sont arrivés le 1er août à la ville côtière de Syrte et à la base de Jufra et, selon le porte-parole de la salle de commandement en charge du front, le brigadier Abdul Hadi Dara, les avions transportaient des mercenaires, des armes et des munitions pour les forces du général Haftar. En outre, a-t-il ajouté, deux avions en provenance de Syrie ont atterri à l'aéroport de Benghazi le 1er août et le 31 juillet, deux vols russes sont arrivés à l'aéroport d'Al-Abraq, dans le district de Derna.
    Déjà en avril dernier, des sources avaient rapporté que Moscou avait envoyé environ 300 combattants de Quneitra, dans le sud de la Syrie, sur les fronts de bataille libyens après un entraînement dans un camp près de Homs. Un rapport du ministère américain de la défense du 16 juillet parle cependant de 800 à 2 500 hommes. Selon les rapports, le régime syrien de Damas et la Russie ont décidé d'envoyer entre 300 et 400 anciens rebelles du gouvernorat syrien de Quneitra, en leur accordant une somme mensuelle de 1 000 dollars. Dans le même temps, la participation russe au conflit libyen est également attestée par la présence de mercenaires appartenant à une société privée, la société Wagner, bien que le Kremlin ait souligné à plusieurs reprises qu'il n'était pas directement responsable.
    Pour sa part, Ankara a également formé des combattants dans ses propres camps en Syrie, avant de les envoyer sur les fronts de bataille libyens pour combattre aux côtés des forces de Tripoli. Ce sont des militants issus des brigades Sultan Murad, un groupe rebelle armé actif dans la guerre civile syrienne, soutenu par la Turquie et aligné sur l'opposition syrienne, Suleyman Shah et al-Mutassim, une faction affiliée à l'Armée syrienne libre, une force rebelle qui vise à renverser le président syrien, Bachar al-Assad. Ankara, selon l'OSDH, garantit à ces mercenaires des passeports turcs, des incitations et un salaire mensuel d'environ 2 000 dollars. Selon les derniers chiffres de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), le nombre de ces militants aurait atteint 17 000.
    Le journal al-Arabiya du 2 août ajoute, sur la base des derniers chiffres fournis par l'OSDH, qu'environ 10 000 "extrémistes", dont 2 500 citoyens tunisiens, sont arrivés en Libye. La question des islamistes radicaux, envoyés par la Turquie, a également été soulevée dans le rapport publié par le ministère américain de la défense. La crainte actuelle, explique al-Arabiya, est qu'en plus du conflit qui perdure, la Libye pourrait devenir un bastion des groupes terroristes vaincus ces dernières années en Syrie et en Irak. De là, les militants extrémistes auraient alors la possibilité de mettre en œuvre leurs plans dans la région du Sahel, dans le Sahara, ainsi qu'en Afrique de l'Ouest et en Europe.
    Pendant ce temps, le GNA et l'ANL, assistés par leurs alliés respectifs, continuent d'alimenter un climat de tension en Libye. Comme l'ont également signalé les Nations unies, le danger est que la crise conduise à un "conflit régional".
    Selon des sources d'al-Arabiya, l'armée de Haftar a envoyé un message à Washington, appelant à une action internationale et, en particulier, au contrôle des voies de communication terrestres et maritimes, pour s'assurer que les forces de Tripoli ne reçoivent pas d'armes et de combattants supplémentaires de l'allié turc. En parallèle, l'ANL a souligné son opposition à toute négociation avec Ankara. Cette décision a été prise après que le général Khalifa Haftar, le général en chef de l'Armée de libération nationale (ALN), ait souligné, dans la soirée du 1er août, la détermination de ses forces à contrer "l'invasion turque".