Adis Abeba

  • Ethiopie : affrontements dans la région Afar, civils tués et déplacés

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    Au moins 20 civils ont été tués et plus de 54 000 personnes contraintes de quitter leurs maisons dans la région d'Afar en Éthiopie à la suite d'affrontements entre les rebelles du Tigray et les forces pro-gouvernementales. Les dernières attaques indiquent que le conflit, qui a commencé il y a 8 mois, s'étend au-delà du territoire tigréen. Plus précisément, les combattants du Tigray ont pris le contrôle de trois districts Afar cette semaine, selon le porte-parole de la région attaquée, Ahmed Koloyta.

    « Les combats acharnés se poursuivent. Au total, quelque 54 000 personnes ont été directement touchées et se retrouvent déplacées. Plus de 20 civils sont morts », a déclaré Mohammed Hussen, un responsable de l'agence nationale éthiopienne de réponse aux catastrophes, basée à Afar, jeudi 22 juillet. La région est d'une importance stratégique car elle est traversée par la route et la voie ferrée qui relient la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, au port maritime de Djibouti. Ce dernier représente le principal point d'accès à la mer pour l'Éthiopie, sans débouchés.

    Les rebelles tigréens ont franchi la frontière avec l'Afar samedi 17 juillet, mais les affrontements se poursuivent. Getachew Reda, porte-parole des forces du Tigray, a confirmé que d'intenses combats avaient eu lieu ce week-end dans la région. "Nous ne sommes pas intéressés par des gains territoriaux en Afar, nous sommes plus intéressés par la dégradation des capacités de combat de l'ennemi", a déclaré Reda, précisant que les forces Tigréennes ont déjà repoussé les milices de la région d'Oromia, envoyées combattre aux côtés des forces fédérales. 

    Hussen a précisé jeudi 22 juillet que les opérations des combattants du Tigray auraient une portée beaucoup plus large que ne le suggérait Reda et a souligné que les civils sont pris entre deux feux. "La junte (tigréenne) a traversé la frontière vers Afar et a attaqué la communauté pastorale innocente", a déclaré le responsable de l'agence nationale éthiopienne. « Ils essaient de subjuguer le peuple Afar. Alors maintenant, les forces fédérales unissent leurs forces avec les forces spéciales, les communautés locales et les milices de la région. Ces derniers jours, les habitants se battent et tentent de se protéger », a-t-il ajouté.

    La guerre entre les rebelles du Tigray et le gouvernement central d'Addis-Abebail a commencé en novembre 2020. Des milliers de personnes sont mortes dans le conflit. Environ 2 millions d'habitants ont été contraints de fuir leurs foyers et plus de 5 millions dépendent de l'aide alimentaire d'urgence. 

    L'Éthiopie a un système fédéral qui comprend 10 régions et, depuis la semaine dernière, le conflit au Tigray a attiré des forces régionales de tout le pays en soutien à l'armée nationale. Les dirigeants tigréens ont déclaré qu'ils continueraient à se battre jusqu'à ce qu'ils reprennent le contrôle total du territoire contesté dans le sud et l'ouest de la région, exproprié par les forces du gouvernement Amhara, allié à Addis-Abeba. Debretsion Gebremichael, chef du Front populaire de libération du Tigray (TPLF), a déclaré par téléphone jeudi 22 juillet à l'agence de presse Reuters, que les forces du Tigray sont à Afar et prévoient de cibler les forces d'Amhara dans les prochains jours. 

    Fin juin, les rebelles ont repris la capitale régionale, Mekele, et la majeure partie du Tigray, après que le gouvernement ait retiré les soldats et déclaré un cessez-le-feu unilatéral. Les retombées de la guerre dans une autre partie du deuxième pays le plus peuplé d'Afrique pourraient accroître la pression sur le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

    Pour comprendre comment le conflit civil en Éthiopie est né, il faut se rappeler que, le 4 novembre 2020, l'armée éthiopienne avait lancé une offensive en réponse aux attaques présumées des forces régionales tigréennes contre les bases du gouvernement fédéral.  Le Front populaire de libération du Tigray, responsable ce ces attaques, a été pendant longtemps, au moins depuis 1991, la force dominante de la coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), une alliance multi-ethnique composée de quatre partis, qui a a dirigé le pays pendant près de 30 ans avant l'arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed le 2 avril 2018. L'année dernière, le TPLF s'est séparé de l'EPRDF après avoir refusé de fusionner avec les trois autres partis de la coalition dans le nouveau Parti de la prospérité (PP), sous le commandement d'Abiy. 

    On estime que des milliers de personnes, combattants et autres, ont été tuées depuis le début du conflit. Ceci malgré le fait que la communauté internationale ait demandé à plusieurs reprises la fin immédiate des affrontements  et l'accès humanitaire.

  • Ethiopie : La crise au Tigray "hors de contrôle"

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    La crise dans la région éthiopienne du Tigray, théâtre d'un conflit entre ses autorités dissidentes et le pouvoir fédéral, semble "hors de contrôle", a averti mardi le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, de retour d'une mission pour l'Union européenne (UE).

    "La situation est militairement, humainement et sur le plan humanitaire, incontrôlable", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec la presse à Bruxelles. Le Tigray est le théâtre de combats depuis début novembre 2020, après la décision du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed d'envoyer l'armée éthiopienne en déloger le Front de libération du Peuple du Tigray (TPLF), parti qui dirigeait alors la région et contestait depuis plusieurs mois l'autorité du gouvernement fédéral. M. Abiy avait justifié l'opération militaire en accusant les forces régionales du TPLF d'avoir d'attaqué des bases de l'armée fédérale.

    Les troupes éthiopiennes ont pris la capitale régionale Mekele fin novembre, mais le TPLF a assuré continuer la lutte et des affrontements continuent d'être signalés, entravant l'acheminement de l'aide humanitaire. "Cette opération a duré plus de trois mois et nous n'en voyons pas la fin", a commenté M. Haavisto, qui s'est rendu en février à Addis-Abeba, où il a rencontré M. Abiy. Pekka Haavisto a rendu compte de sa mission lundi aux ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'UE à Bruxelles.

    Il a déploré que les dirigeants éthiopiens n'aient pas réussi à fournir une "image claire" de la situation au Tigray, notamment concernant l'implication largement documentée des forces de l'Erythrée voisine. "La question des troupes érythréennes est extrêmement sensible. Nous n'obtenons donc pas de réponse claire sur l'emplacement ou l'ampleur de leur présence", a-t-il déclaré.

    Addis Abeba et Asmara nient l'implication des forces érythréennes dans le conflit, malgré les témoignages de civils, de travailleurs humanitaires et de certains responsables militaires et gouvernementaux. L'UE s'est jointe aux Etats-Unis pour exiger le retrait des troupes érythréennes.

    Pekka Haavisto a réitéré les appels urgents de la communauté internationale pour que le gouvernement éthiopien autorise un accès humanitaire total au Tigray, y compris dans les zones échappant à son contrôle. "Nous avons besoin du feu vert du gouvernement éthiopien pour négocier l'accès aux zones contrôlées par l'Erythrée et aux zones contrôlées par l'opposition", a-t-il déclaré.

    M. Haavisto a averti que le Soudan voisin avait du mal à faire face à l'afflux de dizaines de milliers de Tigréens qui y ont fui et que ces réfugiés risquent de vouloir gagner l'Europe, évoquant "le début d'une autre crise de réfugiés potentiellement importante dans le monde".

    "Si rien n'est fait, les conditions de vie vont s'aggraver et de plus en plus de réfugiés vont arriver", a-t-il mis en garde. La Commission européenne a en décembre suspendu le versement de quelque 90 millions d'euros d'aide bugétaire à l'Ethiopie, faute pour Addis Abeba de garantir un accès humanitaire total au Tigray.
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  • Ethiopie : Chaque camp revendique des succès militaires au Tigray

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    Le gouvernement éthiopien et les autorités régionales du Tigray ont revendiqué mercredi, chacun de leur côté, d'importantes victoires militaires dans le conflit qui les oppose depuis deux semaines.

    Le 4 novembre, le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, a envoyé l'armée fédérale à l'assaut de cette région dissidente du nord de l'Ethiopie après des mois de tensions avec les autorités régionales du Front de libération des Peuples du Tigray (TPLF).

    La réalité de la situation sur le terrain est difficile à évaluer en raison d'un blackout sur les communications dans la région et des restrictions imposées aux déplacements des journalistes. "L'armée gagne sur tous les fronts", a affirmé mercredi Berhanu Jula, le chef de l'armée éthiopienne, à plusieurs médias officiels. "Le plan du TPLF de pousser l'Ethiopie vers une guerre civile et de la désintégrer a échoué et (le TPLF) est actuellement aux abois car il est cerné", a-t-il ajouté.

    Mardi soir, le gouvernement éthiopien affirmait contrôler plusieurs villes de l'Est du Tigray, notamment Mehoni, située à 125 km au sud de la capitale régionale Mekele, vers laquelle son armée était "en train d'avancer". Addis Abeba a accusé le TPLF d'avoir détruit quatre ponts qui mènent à Mekele.

    Le gouvernement, qui affirme contrôler depuis plusieurs jours l'Ouest du Tigray, a indiqué mardi soir avoir pris Shire, une localité du Nord abritant des camps de réfugiés érythréens, et "avancer" vers Aksoum, haut lieu de la religion éthiopienne orthodoxe. De leur côté, les forces tigréennes ont également revendiqué des victoires militaires, sans donner de précisions géographiques.

    "Nous infligeons de lourdes défaites sur tous les fronts à la force qui est venue nous attaquer", a dit le président du Tigray Debretsion Gebremichael dans un communiqué. "J'appelle tous les Tigréens à sortir en masse pour repousser les envahisseurs et pour continuer à infliger de lourdes pertes et défaites à l'ennemi", a-t-il ajouté.

    "Cauchemar"
    L'armée éthiopienne a mené plusieurs séries de frappes aériennes, visant officiellement des objectifs militaires comme des dépôts d'armes et de carburant. Au sol, les combats ont fait plusieurs centaines de morts et poussé plus de 27.000 personnes à fuir vers le Soudan voisin. L'ONU s'est alarmée mardi de la "crise humanitaire à grande échelle" qui se développe à la frontière entre les deux pays, traversée chaque jour selon elle par 4.000 personnes.

    L'ONG Islamic Relief, présente sur place, a qualifié mercredi de "cauchemar" les conditions d'accueil des réfugiés, principalement des enfants, des femmes et des personnes âgées, qui n'ont pour la plupart accès ni "à de la nourriture ni à l'eau courante". "Chaque jour le nombre (de réfugiés) et les besoins augmentent mais la capacité de réponse sur le terrain n'est pas suffisante", dit Elsadig Elnour, directeur de l'ONG au Soudan.

    Au Tigray, la branche éthiopienne de la Croix-Rouge a "transporté des centaines de personnes blessées dans les zones touchées par des combats", indique dans un communiqué le Comité international de la Croix-Rouge.

    Il ajoute que les hôpitaux du Tigray et de l'Amhara, région frontalière située au sud, ont "urgemment besoin" de lits supplémentaires. La communauté internationale s'inquiète également des conséquences sur la stabilité de la Corne de l'Afrique de ce conflit qui menace de s'étendre à travers l'Ethiopie et au-delà.

    Après avoir visé deux aéroports en territoire Amhara, le TPLF a tiré samedi des roquettes sur la capitale de l'Erythrée voisine. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo y a vu une tentative des autorités tigréennes de "déstabiliser la région". Le vice-Premier ministre éthiopien Demeke Mekonnen a été reçu par plusieurs chefs d'Etat est-africains - Ouganda, Kenya, Rwanda - qui ont tous appelé au retour rapide de la paix. Un autre responsable éthiopien s'est rendu lundi à Djibouti, qui a offert son aide pour parvenir à une résolution pacifique de la crise.

    Addis Abeba a affirmé mardi entrer dans la phase "finale" de cette opération militaire. Le même jour, le ministre de la Défense, Kenea Yadeta, a déclaré qu'elle se terminerait "probablement dans moins de 10 à 15 jours", dans une interview à la télévision allemande DW.

    Mais selon des sources diplomatiques, il est loin d'être évident que les forces fédérales parviennent à défaire rapidement le TPLF, qui possède d'importants équipements militaires et compterait quelque 250.000 soldats (force paramilitaire et milice) bien entraînés à ces terrains montagneux. Les effectifs de l'armée éthiopienne sont estimés à 150.000 hommes, sans compter les forces spéciales et les milices.

    BREAKING: Shire town has fallen to Ethiopian forces and their allies. Tigrayan forces may have pulled back to the highland areas. Report that Axum has also fallen.

    BREAKING : la ville de Shire, après d'intenses bombardements,  serait tombée aux mains des forces fédérales et de leurs alliés, des forces érythréennes et de l'Etat d'Amhara. Les forces du Tigray semblent s'être retirées dans les régions montagneuses entourant la ville. La ville d'Aksoum serait également tombée.

    A noter que Shire abrite des milliers de réfugiés érythréens.

  • Ethiopie : Arrestation de 14 membres du groupe jihadiste al-Shabab et de l'Etat islamique

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    Les autorités sécuritaires éthiopiennes annoncent l'arrestation de 14 membres du groupe jihadiste al-Shabab et de l'Etat islamique; Ils sont accusés d'avoir planifié des attaques terroristes dans la capitale Addis-Abeba et dans d'autres parties du pays, selon l'Ethiopian Broadcasting Corp. Les organisations islamistes terroristes pourraient tenter de profiter de la guerre civile qui vient d'éclater avec la région sécessionniste du Tigray, pour créer le chaos afin de créer une situation favorable pour se renforcer.

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