Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi, (actuel chef

  • Irak : Arrestation d'un leader de l'Etat islamique recherché par Washington

    Imprimer

    Sami Jassim al-Jaburi 2.jpegLes services de renseignement irakiens ont capturé lors d'une opération hors d'Irak un leader du groupe Etat islamique (Daech), Sami Jasim al-Jaburi (photo ci-contre), recherché par les Etats-Unis et présenté comme un responsable financier de l'organisation jihadiste, a-t-on annoncé lundi 11 octobre 2021 de source officielle.

    Washington offrait une récompense de cinq millions de dollars pour toute information concernant ce responsable ayant joué "un rôle essentiel dans la gestion des finances" de l'Etat islamique, selon un programme anti-terrorisme du département d'Etat américain. 

    Présenté comme un ancien adjoint de l'ancien chef de l'Etat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, Sami Jasim al-Jaburi a été capturé au cours d'une opération des services de renseignement "à l'extérieur des frontières" irakiennes, a tweeté le Premier ministre d'Irak Moustafa al-Kazimi. Le Premier ministre ne précise pas où le leader jihadiste a été capturé, mais assure que l'opération a coïncidé avec les législatives anticipées de dimanche, quand "les héros des forces de sécurité protégeaient les élections". Sami Jasim al-Jaburi est "considéré comme l'un des jihadistes les plus recherchés au niveau international, et il est proche de l'actuel chef de l'organisation" jihadiste, Abou Ibrahim al-Hachemi al-Qourachi, selon un communiqué des forces de sécurité. Le communiqué le présente comme "le superviseur des dossiers financiers et économiques de l'organisation terroriste EI".

    En septembre 2015, le Trésor américain l'a inscrit sur sa liste de "terroristes" visés par des sanctions. "Alors qu'il était adjoint du chef de l'Etat islamique dans le sud de Mossoul (nord de l'Irak) en 2014, il aurait occupé un poste de ministre des Finances de Daech, supervisant les revenus du groupe tirés des ventes illicites de pétrole, de gaz, d'antiquités", selon le programme "Rewards for Justice" du département d'Etat. Après une montée en puissance fulgurante en 2014 en Irak et en Syrie voisine et la conquête de vastes territoires, l'Etat islamique a vu son "califat" vaciller sous le coup d'offensives successives dans ces deux pays. L'Irak a proclamé sa victoire contre les jihadistes fin 2017 et l'Etat islamique a été défait en Syrie en 2019.

    Aujourd'hui l'Etat islamique "maintient une présence largement clandestine en Irak et en Syrie et mène une insurrection soutenue de part et d'autre de la frontière entre les deux pays", selon un rapport onusien publié début 2021. Dans ces deux pays, l'organisation jihadiste conserverait "en tout 10.000 combattants actifs", d'après ce rapport. Traqué, le "calife" Abou Bakr al-Baghdadi a été éliminé dans une opération américaine en octobre 2019 en Syrie. Mais l'Etat islamique reste une menace, ses combattants ayant renoué avec la clandestinité et continuant de mener des attentats en Irak et en Syrie.

    Le dernier attentat d'envergure revendiqué par l'Etat islamique en Irak a visé en juillet dernier un marché du quartier chiite de Sadr City à Bagdad qui a fait une trentaine de morts.