Abiy Addi

  • Ethiopie : Un hélicoptère Mi-35 de l'armée éthiopienne abattu dans la région du Tigray

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    Mardi 20 avril, le Front populaire de libération du Tigray (TPLF) a annoncé qu'il avait abattu un hélicoptère de combat de l'armée de l'air éthiopienne (ETAF) dans la région nord éthiopienne du Tigray.

    L'hélicoptère s'est écrasé à proximité de la ville d'Abiy Addi dans le centre de Tigray, où une bataille féroce entre le TPLF et les forces gouvernementales se déroule depuis plus de cinq mois maintenant.

    Le Tigray Intercept a publié une vidéo montrant l'épave de l'hélicoptère abattu, qui a été identifié comme un Mi-35. Au moins 18 hélicoptères de combat Mi-24 35 sont connus pour être en service au sein de l'ETAF.

    Les forces gouvernementales éthiopiennes combattent le TPLF et d'autres forces locales au Tigray depuis novembre. 40% de la région est toujours aux mains du TPLF.

    Le M-35 est la deuxième perte confirmée d'un aéronef au-dessus du Tigray depuis le déclenchement de la guerre. Le 29 novembre, un avion de combat Mig-23 de l'ETAF avait été abattu par le TPLF.

    Selon l'International Crisis Group, la guerre au Tigray a jusqu'à présent coûté la vie à des milliers de personnes. De plus, deux millions de personnes ont été déplacées. Des violations des droits de l'homme auraient été commises par les deux parties.

    Images de l'hélicoptère abattu vers la seconde partie de la vidéo :

  • Ethiopie : La crise au Tigray "hors de contrôle"

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    La crise dans la région éthiopienne du Tigray, théâtre d'un conflit entre ses autorités dissidentes et le pouvoir fédéral, semble "hors de contrôle", a averti mardi le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, de retour d'une mission pour l'Union européenne (UE).

    "La situation est militairement, humainement et sur le plan humanitaire, incontrôlable", a-t-il déclaré lors d'une rencontre avec la presse à Bruxelles. Le Tigray est le théâtre de combats depuis début novembre 2020, après la décision du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed d'envoyer l'armée éthiopienne en déloger le Front de libération du Peuple du Tigray (TPLF), parti qui dirigeait alors la région et contestait depuis plusieurs mois l'autorité du gouvernement fédéral. M. Abiy avait justifié l'opération militaire en accusant les forces régionales du TPLF d'avoir d'attaqué des bases de l'armée fédérale.

    Les troupes éthiopiennes ont pris la capitale régionale Mekele fin novembre, mais le TPLF a assuré continuer la lutte et des affrontements continuent d'être signalés, entravant l'acheminement de l'aide humanitaire. "Cette opération a duré plus de trois mois et nous n'en voyons pas la fin", a commenté M. Haavisto, qui s'est rendu en février à Addis-Abeba, où il a rencontré M. Abiy. Pekka Haavisto a rendu compte de sa mission lundi aux ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'UE à Bruxelles.

    Il a déploré que les dirigeants éthiopiens n'aient pas réussi à fournir une "image claire" de la situation au Tigray, notamment concernant l'implication largement documentée des forces de l'Erythrée voisine. "La question des troupes érythréennes est extrêmement sensible. Nous n'obtenons donc pas de réponse claire sur l'emplacement ou l'ampleur de leur présence", a-t-il déclaré.

    Addis Abeba et Asmara nient l'implication des forces érythréennes dans le conflit, malgré les témoignages de civils, de travailleurs humanitaires et de certains responsables militaires et gouvernementaux. L'UE s'est jointe aux Etats-Unis pour exiger le retrait des troupes érythréennes.

    Pekka Haavisto a réitéré les appels urgents de la communauté internationale pour que le gouvernement éthiopien autorise un accès humanitaire total au Tigray, y compris dans les zones échappant à son contrôle. "Nous avons besoin du feu vert du gouvernement éthiopien pour négocier l'accès aux zones contrôlées par l'Erythrée et aux zones contrôlées par l'opposition", a-t-il déclaré.

    M. Haavisto a averti que le Soudan voisin avait du mal à faire face à l'afflux de dizaines de milliers de Tigréens qui y ont fui et que ces réfugiés risquent de vouloir gagner l'Europe, évoquant "le début d'une autre crise de réfugiés potentiellement importante dans le monde".

    "Si rien n'est fait, les conditions de vie vont s'aggraver et de plus en plus de réfugiés vont arriver", a-t-il mis en garde. La Commission européenne a en décembre suspendu le versement de quelque 90 millions d'euros d'aide bugétaire à l'Ethiopie, faute pour Addis Abeba de garantir un accès humanitaire total au Tigray.
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  • Ethiopie : Confirmation de viols à grande échelle au Tigray

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    Les autorités éthiopiennes ont confirmé que des dizaines de femmes avaient été violées dans la région du Tigray pendant le chaos qui a suivi un affrontement armé  qui a renversé le parti au pouvoir dans la région.

    "Nous avons reçu le rapport de notre équipe sur le terrain dans la région du Tigray, et l'équipe a malheureusement confirmé que des viols avaient eu lieu de manière catégorique et sans aucun doute", a déclaré la ministre éthiopienne des femmes Filsan Abdullah sur Twitter jeudi soir.

    Bien que des témoins, des médecins et des travailleurs humanitaires aient signalé des agressions sexuelles généralisées depuis le début des combats en novembre, le message sur Twitter de Filsan Abdullah est la première confirmation de la part du gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.

    La Commission éthiopienne des droits de l'homme nommée par l'État a déclaré que 108 crimes de viol avaient été signalés au Tigray au cours des deux derniers mois, dont près de la moitié ont eu lieu à Mekele, la capitale de la province.

    Bien que les forces fédérales aient repris le contrôle de Mekele au Front de libération du peuple du Tigray à la fin du mois de novembre, les combats se sont poursuivis sporadiquement avec des restrictions de communication et d'accès à la région montagneuse de cinq millions de personnes.

  • Éthiopie : Libération de 1000 "otages" militaires au Tigray -  l'ONU confirme la poursuite des combats

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    L'Éthiopie a annoncé le sauvetage d'environ 1 000 soldats, dont un général, retenus en otage par le «Front populaire de libération du Tigray», depuis le 4 novembre, dans la région.

    L'information a été donnée par le directeur général des Forces de défense nationale éthiopiennes, le général de division Mohamed Tessema, publiées par l'agence de presse officielle "ENA".

    Tessema a déclaré que les forces de défense et la police éthiopiennes avaient mené une opération conjointe, à la suite de laquelle elles avaient réussi à sauver environ 1000 soldats des mains des forces du front, qui les retenaient en otage depuis le 4 novembre.

    Il a ajouté que "les forces éthiopiennes avaient réussi à les libérer sans enregistrer de pertes humaines. Parmi les soldats, se trouvait le général de division Adamne Mingisti".

    "Les soldats avaient été capturés en masse après avoir été invités à un dîner le 4 novembre", a déclaré Tesema.

    Des affrontements armés ont éclaté entre l'armée fédérale éthiopienne et le «Front populaire de libération du Tigray» dans la région le 4 novembre, avant qu'Addis-Abeba n'annonce le 28 du même mois la fin réussie de l'opération et la reprise de contrôle de  toute la région et sa capitale. De son côté,  le Front populaire affirme que les combats se poursuivent, les deux parties étant lourdement armées..

    La situation est "extrêmement préoccupante"
    Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a annoncé mercredi que la situation en Ethiopie était "extrêmement préoccupante", et a souligné l'urgence de suivre la situation des droits de l'homme dans la région troublée du Tigray.

    "Nous avons été informés que les combats se poursuivaient dans la région du Tigray même", a déclaré Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme aux Nations Unies, lors d'une conférence de presse.

    "La situation en Éthiopie est très préoccupante et instable, et comme je l'ai déjà prévenu, elle est incontrôlable et a de terribles répercussions sur les civils", a-t-elle ajouté.

    Elle a expliqué : «Nous avons des rapports selon lesquels des combats se poursuivent entre les forces fédérales, le Front de libération du peuple du Tigray et leurs milices des deux côtés, dans les zones environnantes des villes telles que Mekele, Shiriro, Aksoum et Abiy Addi, et aux frontières entre les régions d'Amhara et du Tigray.

    Elle a ajouté : "Il est urgent de surveiller la situation des droits de l'homme par une autorité indépendante dans la région du Tigray, et de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils et (identifier) les responsables des violations."

    Et elle a ajouté : "Nous avons confirmé l'exactitude des informations concernant les graves violations et abus des droits humains, y compris les attaques aveugles contre des civils, des cibles civiles, des pillages, des enlèvements et des violences sexuelles contre les femmes et les filles."

    Elle a dit qu'il y avait des rapports de recrutement forcé de Tigréens pour lutter contre leurs communautés.

    Bachelet a ajouté que malgré l'accord entre le gouvernement éthiopien et les Nations Unies, "un accès humanitaire illimité n'était pas possible".

    Le Haut-Commissaire des Nations Unies a appelé le gouvernement d'Addis-Abeba à honorer l'engagement du Premier ministre d'assurer l'arrivée de l'aide humanitaire.

    Mercredi dernier, les Nations Unies avaient signé un accord avec le gouvernement éthiopien autorisant l'entrée de l'aide "sans entrave".

    Guterres appelle à l'aide 
    Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé mercredi à une aide humanitaire sans restriction pour atteindre le Tigray.

    L’appel a été fait  lors d'une conférence de presse conjointe tenue par Guterres au siège des Nations Unies à New York avec le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, via une vidéoconférence.

    "Une fois de plus, il a insisté sur la nécessité d'un accès sans restriction à l'aide humanitaire et le retour rapide de l'état de droit dans un environnement sûr et le plein respect des droits de l'homme, ouvrant la voie à une réconciliation véritable et durable dans la région", a déclaré Guterres.

    Il a ajouté : "Nous sommes côte à côte avec nos partenaires de l'Union africaine et d'autres dans la région, et nous sommes prêts à soutenir pleinement les initiatives menées par l'Éthiopie pour encourager un dialogue inclusif et promouvoir la réconciliation."

    "Notre priorité immédiate est le bien-être des Tigréens et faire en sorte que ceux qui en ont besoin reçoivent rapidement une aide humanitaire, et nous travaillons à mobiliser la pleine capacité des Nations Unies pour cela", a déclaré Guterres.

    En réponse aux questions des journalistes sur l'implication de soldats érythréens dans les combats aux côtés des forces éthiopiennes au Tigray, le Secrétaire général a déclaré : "Nous n'avons aucune preuve de la présence des forces érythréennes en Ethiopie."

    "J'ai interrogé le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed à ce sujet et il m'a assuré que les forces érythréennes ne sont pas entrées sur le territoire du Tigray", a ajouté Guterres.

    Mercredi, les médias, citant une source gouvernementale américaine et cinq diplomates régionaux, avaient déclaré que les États-Unis estiment que les soldats érythréens "ont traversé la frontière éthiopienne pour aider le gouvernement d'Abiy Ahme

  • Ethiopie : Les dirigeants du Tigray localisés et dans la ligne de mire, selon le premier ministre Abiy

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    Les dirigeants dissidents du Tigray, en fuite, sont à environ 50 km de la capitale régionale Mekele, conquise samedi, et sont suivis à la trace par l'armée éthiopienne et dans sa ligne de mire, a affirmé lundi le Premier ministre Abiy Ahmed. M. Abiy a répondu durant près de quatre heures aux questions des députés lundi, au surlendemain de sa victoire militaire proclamée contre les forces du Front de libération du Peuple du Tigray (TPLF), parti qui dirigeait cette région du Nord du pays après avoir longtemps détenu le pouvoir réel à Addis Abeba. M. Abiy a envoyé l'armée au Tigray le 4 novembre afin de remplacer par "des institutions légitimes" les autorités régionales qui défiaient depuis des mois l'autorité de son gouvernement.

    Samedi soir, il a annoncé que l'armée avait atteint un de ses principaux objectifs en prenant le contrôle de Mekele, la capitale régionale, où étaient retranchés les dirigeants de la région, désormais "pourchassés" pour être arrêtés et traduits en justice. "Je veux qu'ils m'entendent : hier (dimanche) soir, vers minuit, nous voyions depuis la salle de crise de l'agitation dans la zone qui va de Hagere Selam à Abiy Addi", deux localités situées à une cinquantaine de km à l'ouest de Mekele, a lancé lundi, aux dirigeants du TPLF, M. Abiy.

    "Nous ne les avons pas attaqués de nuit parce qu'ils ont emmené avec eux dans leur retraite leurs épouses, leurs enfants et nos soldats capturés (...) Mais cela ne va pas continuer", a-t-il expliqué aux élus de la Chambre des représentants du Peuple (chambre basse du Parlement).

    "Mekele est à nous"
    Le blackout quasi-total au Tigray depuis le début du conflit rend difficile la vérification indépendante des informations de l'un et l'autre camp. Depuis samedi, l'AFP n'a pu joindre les dirigeants tigréens. Le TPLF prétend représenter la minorité tigréenne (6% des 110 millions d'Ethiopiens).

    Aucun bilan précis de près de quatre semaines de conflit n'est jusqu'ici disponible mais l'International Crisis Group (ICG) a évoqué vendredi "plusieurs milliers de morts dans les combats" dont "de nombreux civils". En outre plus de 43.000 Ethiopiens ont fui le Tigray vers le Soudan voisin.

    La communauté internationale s'est maintes fois inquiétée des conséquences pour les civils de l'opération militaire, l'ONU évoquant de possibles "crimes de guerre", mais M. Abiy a assuré lundi que l'armée n'avait fait aucune victime civile en prenant le contrôle de Mekele et d'autres villes tigréennes. "Mekele est à nous", Ethiopiens, "nous n'allons pas la détruire", a souligné le Premier ministre, affirmant que "pas une seule personne n'a été blessée lors de l'opération à Mekele". Il a nié les affirmations des autorités tigréennes selon lesquelles les frappes aériennes avaient tué de nombreux civils, assurant que "99% (des projectiles) ont touché leur cible, et 99% n'ont pas causé de dommages collatéraux". "Quand nous avons un doute, nous ne tirons pas. Surtout la nuit. Parce que nous ne voulons pas tuer des enfants, ce sont les nôtres", a-t-il expliqué.

    Manque de médicaments
    Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a rapporté dimanche que les hôpitaux de Mekele, où manquent matériel et médicaments, étaient submergés par les blessés, 24 heures après l'annonce de la prise de la ville, sans préciser si ces blessés étaient militaires ou civils. Samedi, deux responsables humanitaires ayant du personnel à Mekele avaient confirmé à l'AFP que la ville essuyait des tirs d'artillerie, comme l'affirmaient les autorités tigréennes dans un communiqué.

    Lundi, M. Abiy a promis que les réfugiés au Soudan pourraient rentrer rapidement en Ethiopie, alors que certains ont confié à l'AFP sur place avoir peur de rentrer au Tigray sous contrôle des forces gouvernementales. Il s'est toutefois demandé pourquoi les réfugiés éthiopiens au Soudan étaient "principalement des hommes" - selon le Haut Commissariat de l'ONU ils sont 57% d'hommes et 43% de femmes - et a sous-entendu que certains pourraient être impliqués dans un massacre de civils au Tigray. Depuis que M. Abiy est devenu Premier ministre en 2018, les tensions n'ont cessé de croître avec le TPLF, progressivement écarté du pouvoir après avoir contrôlé durant 30 ans l'appareil politique et sécuritaire du pays.

    Elles ont culminé avec l'organisation en septembre au Tigray d'un scrutin qualifié "d'illégitime" par Addis Abeba, puis avec l'attaque de deux bases militaires au Tigray par les forces tigréennes, ce que le TPLF a démenti. Aux députés lui demandant pourquoi il n'avait pas agi plus tôt contre le TPLF, M. Abiy a répondu avoir été un temps sous le contrôlé étroit de l'appareil sécuritaire aux mains du TPLF.