Abiy (1er ministre ethiopien)

  • Ethiopie : Une frappe de drone au Tigray tue 17 civils, selon des sources humanitaires

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    Dix-sept civils ont été tués, lundi 10 janvier 2022, dans une frappe aérienne menée par des drones sur la localité éthiopienne de Mai Tsebri, dans la région septentrionale du Tigray, ont indiqué mardi des sources humanitaires à l'AFP.

    Dans la nuit de vendredi à samedi, une frappe de drones avaient déjà touché un camp de déplacés de la ville de Dedebit, faisant des "dizaines de victimes civiles, dont des morts" selon l'ONU, et poussant les organisations humanitaires à suspendre leurs opérations dans la zone. Selon les sources humanitaires interrogées mardi par l'AFP, cette attaque sur le camp de Dedebit a tué 59 personnes, l'une de ces sources faisant état en outre de 138 blessés. Il était toutefois impossible de vérifier ces chiffres en raison de l'accès restreint à la région du Tigray.

    Dedebit et Mai Tsebri sont situées dans le nord-ouest du Tigray. La région est le théâtre depuis 14 mois d'un conflit armé entre gouvernement fédéral et anciennes autorités locales, issues du Front de libération du Peuple du Tigray (TPLF), parti qui dirigea de fait l'Ethiopie durant près de 30 ans, jusqu'à l'arrivée au pouvoir de l'actuel Premier ministre, Abiy Ahmed.

    "La frappe à Mai Tsebri s'est déroulée hier (lundi) dans l'après-midi et a tué 17 personnes travaillant dans une minoterie", a déclaré mardi une des sources humanitaires, citant des témoins. Selon cette source, des dizaines de personnes ont également été blessées. "Un témoin m'a dit que les drones sont arrivés et ont fait du vol stationnaire un petit moment avant de lâcher leurs bombes", a déclaré ce travailleur humanitaire.

    M. Abiy a envoyé en novembre 2019 l'armée fédérale au Tigray pour en destituer les autorités régionales qui contestaient son autorité depuis plusieurs mois et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires. Le Premier ministre a rapidement proclamé la victoire après la prise de Mekele, la capitale régionale, par les troupes éthiopiennes fin 2020. Mais les rebelles du TPLF ont repris la quasi-totalité du Tigray à la faveur d'une contre-offensive menée en juin 2021, avant de progresser dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar et de se rapprocher d'Addis Abeba. En décembre 2021, les rebelles ont annoncé leur repli vers le Tigray, après une offensive des forces gouvernementales.

    Le conflit au Tigray a fait des milliers de morts et la région, soumise selon l'ONU à un "blocus de facto" de l'aide humanitaire, manque de nourriture et de médicaments.

    Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lui-même originaire du Tigray, s'est dit sur Twitter "profondément inquiet des informations concernant une autre frappe de drone au Tigray, ayant causé des blessures et la mort de trop de civils". "Je relaye l'appel du secrétaire général (de l'ONU)  Antonio Guterres à mettre fin au conflit en Ethiopie et en faveur d'une aide humanitaire urgente", a-t-il écrit.

  • Ethiopie : Une cinquantaine de morts dans l'attaque d'un camp de déplacés, selon les rebelles tigréens

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    Les rebelles du Tigray ont affirmé samedi 8 janvier 2022 qu'au moins 56 personnes avaient été tuées dans une attaque de drone contre un camp de déplacés dans le nord de l'Éthiopie, ravagé par la guerre.
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    Getachew Reda, porte-parole du Front de libération du Peuple du Tigray (TPLF), a déclaré sur Twitter que l'attaque du camp situé dans la petite ville de Dedebit, dans le nord-ouest du Tigray, "a coûté la vie jusqu'à présent à 56 civils innocents".

    Ces allégations n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante et les responsables du gouvernement éthiopien n'ont pas répondu immédiatement aux sollicitations de l'AFP. L'accès au Tigray est restreint et les communications restent coupées dans la région. Toutefois, un responsable de l'hôpital principal de Mekele, la capitale du Tigray, a déclaré à l'AFP que l'hôpital de la ville de Shire, où les victimes ont été évacuées, avait fait état de 55 morts et 126 blessés. M. Getachew n'a pas précisé quand l'attaque avait eu lieu. 

    Le TPLF affronte les forces loyales au Premier ministre Abiy Ahmed depuis novembre 2020, dans un conflit brutal qui a fait des milliers de morts et provoqué une grave crise humanitaire.

    Les combattants du TPLF se sont retirés dans leur bastion du Tigray fin décembre 2021, après une offensive militaire qui a vu les forces gouvernementales reprendre une série de villes stratégiques. Les combats ont connu une certaine accalmie depuis le retrait du TPLF, bien que les rebelles accusent le gouvernement de continuer à mener des attaques de drone meurtrières sur le Tigray, région la plus au nord de l'Éthiopie.

    Les Nations unies ont confirmé cette semaine que trois réfugiés érythréens, dont deux enfants, avaient été tués mercredi dans une frappe aérienne sur le camp de réfugiés de Mai Aini, au Tigray. Le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a déclaré après l'attaque de Mai Aini que les réfugiés "ne devraient jamais être une cible". "Alors que le HCR continue de rassembler et de corroborer les détails sur ces événements, je réitère l'appel du HCR à toutes les parties au conflit à respecter les droits de tous les civils, y compris les réfugiés", a-t-il dit.

    La région est soumise à ce que l'ONU a qualifié de blocus de facto, qui empêche l'acheminement de biens de première nécessité à ses six millions d'habitants. Selon les Nations unies, 400.000 personnes souffrent de conditions proches de la famine au Tigray.

  • Ethiopie : Les Emirats Arabes Unis interviennent dans la guerre du Tigray en déployant des drones Wing Loong en Éthiopie.

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    (Oryx) :

    Le déploiement de véhicules aériens de combat sans pilote (UCAV) émiratis aux côtés du gouvernement éthiopien fait l'objet de spéculations depuis le début du conflit avec la région rebelle du Tigray qui a débuté en novembre 2020. 

    Néanmoins, l'affirmation maintes fois répétée selon laquelle plusieurs UCAV Wing Loong de fabrication chinoise opéraient depuis la base aérienne d'Assab en Érythrée pour entreprendre des missions de combat au-dessus du Tigray n'a jamais été confirmée. Jusqu'à ce que de nouvelles informations reçues de la part d'un mécanicien d'aéronefs travaillant sur une base aérienne ait parlé de la présence d'UCAV émiratis Wing Loong au-dessus de l'Éthiopie. 
     
    Plutôt que d'opérer depuis l'Érythrée voisine, les Émirats arabes unis semblent avoir déployé au moins six UCAV Wing Loong I sur la base aérienne de Harar Meda, située près de la capitale éthiopienne Addis-Abeba. 

    Le déploiement de drones armés émiratis en Éthiopie intervient dans un contexte de sécurité de plus en plus dégradé dans le pays, les forces gouvernementales étant tout à fait capables d'endiguer la menace des forces du Tigray. Après l'offensive de l'armée éthiopienne contre les forces du Tigray au début du mois d'octobre, ces dernières ont entamé une contre-offensive qui, à un moment donné, a même menacé la sécurité de la capitale. 
     
    Les informations selon lesquelles le gouvernement éthiopien pourrait bientôt succomber à la menace posée par les forces du Tigray ont certainement alerté les autorités d'Abu Dhabi, et pourraient être la raison même du déploiement immédiat en Ethiopie des Wing Loong pris sur les stocks de l'armée de l'air des Émirats arabes unis (UAEAF). 

    La source a fait état de l'arrivée récente d'au moins six Wing Loong I et de personnel émirati sur la base aérienne de Harar Meda. On ne sait pas encore si les Emiratis utiliseront les UCAV au-dessus de l'Ethiopie. Mais comme le personnel éthiopien devra d'abord suivre une formation approfondie pour opérer les Wing Loong I, l'utilisation initiale d'opérateurs émiratis ne semble pas invraisemblable.
     
    La source travaille pour Dejen Aviation Engineering Industry (DAVI) sur la base aérienne de Harar Meda et avait déjà correctement informé de l'arrivée de trois Wing Loong I achetés par l'Éthiopie à la Chine. L'histoire avait été révélée début octobre 2021. Les Émirats arabes unis ont déjà livré un grand UCAV de type VTOL armé de deux obus de mortier lourd à l'armée éthiopienne au cours de l'été 2021, mais le déploiement de six de ses propres Wing Loong I constitue néanmoins une augmentation considérable de son soutien. 

    Les Émirats arabes unis sont un utilisateur actif des UCAV Wing Loong I et Wing Loong II, qu'ils ont déployés lors de combats au Yémen et en Libye, où ils ont perdu au moins douze exemplaires à cause de crashs, de missiles sol-air (SAM) houthis et de systèmes de défense aérienne turcs. En janvier 2020, un Wing Loong I émirati avait effectué une frappe meurtrière qui avait tué 26 cadets  lors d'un rassemblement dans une académie militaire à Tripoli, en Libye.
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    Toujours en 2020, Amnesty International a exhorté les États-Unis à mettre fin aux ventes de drones aux Émirats Arabes Unis en raison de l'utilisation de drones armés par les Émirats arabes unis pour " cibler des maisons et des installations de santé civiles, y compris des hôpitaux de campagne et des ambulances ". 
     
    Le Wing Loong I est le modèle d'UCAV chinois qui a connu le plus grand succès commercial. Jusqu'à présent, il a été exporté vers sept clients dans le monde, dont l'Éthiopie. Le drone peut porter sous chaque aile deux missiles air-sol (AGM) ou des bombes guidées. Ce qui manque au Wing Loong I en termes de nombre de points d'ancrage, il le compense par la grande variété d'armements qu'il peut transporter. 
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    Au début du mois de novembre, on a appris que l'Éthiopie avait acheté des AGM TL-2 pour ses Wing Loong I, dont quatre au maximum peuvent être transportés sur des pylônes doubles par chaque Wing Loong I. Les Émirats arabes unis utilisent principalement des AGM AR-1 avec leurs UCAV Wing Loong.

    Le déploiement d'UCAV émiratis en Éthiopie est une augmentation substantielle de la qualité du soutien des Émirats Arabes Unis au régime en difficulté du Premier ministre Abiy Ahmed, et pourrait signaler que les EAU sont prêts à garantir la survie du gouvernement actuel, même à des coûts politiques et financiers exorbitants. Depuis août 2021, plus de 100 vols cargo entre les Émirats arabes unis et l'Éthiopie ont été repérés, la plupart transportant divers types d'armement à bord, dont ces drones. 

    Les forces du Tigray vont devoir tenir compte de l'intervention des Émirats arabes unis.

     

  • Ethiopie : Les forces rebelles du FLPT se replient vers la région du Tigray

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    Le leader de la région du Tigray, dans le nord de l'Éthiopie, a annoncé que toutes les forces du Front de libération du peuple du Tigray (FLPT) ont reçu l’ordre de se replier.

    Debretsion Gebremichael a déclaré, dans une lettre adressée au Secrétaire général de l'ONU, Antonio Gutterres, le 19 décembre, que ses forces, qui se seraient rapprochées de la capitale Addis-Abeba, avaient reçu l’ordre de se replier à l’intérieur des frontières du Tigray afin de permettre à la communauté internationale de lancer un processus de paix.

    "J'écris au nom du peuple du Tigray et du gouvernement régional national du Tigray pour réitérer notre appel à la paix", a déclaré Gebremichael.

    "J'ai ordonné aux unités de l'armée du FLPT qui se trouvent en dehors des frontières du Tigray de se replier vers les frontières du Tigray avec effet immédiat. Nous sommes convaincus que notre décision audacieuse de retrait marquera une avancée décisive vers la paix", a-t-il ajouté.

    Getachew Reda, porte-parole du FLPT, a déclaré, lundi sur Twitter, que le FPLT avait achevé le retrait de ses forces des régions d'Amhara et d'Afar.

    "Ce faisant, nous estimons avoir éliminé les prétextes invoqués par la communauté internationale pour expliquer sa lenteur lorsqu'il s'agit de faire pression sur le [Premier ministre éthiopien] Abiy Ahmed et ses partenaires régionaux pour qu'ils mettent fin à leur campagne génocidaire dans le Tigray", a déclaré Reda.

    Et d’ajouter : "Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour défendre notre peuple contre quelque menace que ce soit, mais il incombe désormais à la communauté internationale de faire pression sur ces récidivistes qui s'apprêtent à commettre un nouveau génocide au Tigray. Il faut leur expliquer qu'ils ne peuvent pas impunément se lancer dans une nouvelle aventure militaire."

    Le gouvernement éthiopien, qui a récemment annoncé avoir repris des villes aux rebelles, n'a pas encore commenté la décision du FLPT de retirer ses troupes de régions clés afin de mettre un terme aux hostilités qui ont fait des milliers de victimes dans le pays.

    Dans sa lettre à l'ONU, Debretsion Gebremichael a appelé à un embargo sur la vente d’armes à l'Éthiopie et à son voisin du nord, l'Érythrée.

    Le conflit dans la région du Tigray s'est étendu à d'autres zones et a forcé près de deux millions de personnes à quitter leur foyer. De nombreux civils n'ont pas accès à l'aide humanitaire et des milliers d'autres ont été tués, victimes des deux parties.

    Une grave insécurité alimentaire touche désormais plus de 9,4 millions de personnes dans le nord de l'Éthiopie, selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA en anglais). Cinq millions de personnes, soit environ 90 % de la population du Tigray, ont besoin d'une aide humanitaire.

    Selon les Nations unies, toutes les parties au conflit, y compris les forces de l'armée nationale éthiopienne, les forces du FLPT et les forces de l'armée érythréenne, ont commis des violations des droits de l'Homme "à des degrés divers".

    La guerre qui fait rage en Ethiopie a éclaté l'année dernière entre le gouvernement et les forces du FLPT.

  • Ethiopie : L'armée fédérale prend deux villes aux forces tigréennes

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    Les forces fédérales éthiopiennes ont repris les villes stratégiques de Dessie et Kombolcha aux forces du Front de libération du Tigray, tandis que ces dernières ont déclaré s'être retirées pour des raisons tactiques.
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    Cela confirme que le gouvernement regagne le terrain qu'il avait récemment perdu, notamment au nord de la capitale, Addis-Abeba. Mercredi 1er décembre 2021, l'Éthiopie a annoncé que les forces pro-gouvernementales avaient repris le contrôle du site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO de Lalibela, tombé en août dernier aux mains des rebelles du Tigray.

    De son côté, le Front de libération du Tigray a confirmé que le retrait de ses forces des localités proches de la capitale avait eu lieu pour des raisons tactiques.

    Debrasion Gabr Mikael, le chef du Front du Tigray, a déclaré à Al-Jazeera TV que la décision de retirer ses forces n'était pas due à des pressions diplomatiques ou à des contacts secrets avec le régime éthiopien.

    Pendant ce temps, l'ambassade des États-Unis en Éthiopie a renouvelé l'avertissement de la détérioration de la situation sécuritaire et a appelé ses citoyens à "partir immédiatement par des vols commerciaux".

    Le département d'État américain a averti ces derniers jours que la gravité de la situation en Éthiopie pourrait encore s'aggraver, ce qui entraînerait une pénurie dans la chaîne d'approvisionnement, une interruption des communications et des perturbations des voyages.

    Les États-Unis, le Royaume-Uni, le Danemark, les Pays-Bas, l'Australie et le Canada ont publié une déclaration conjointe exprimant leur grave préoccupation face aux récents rapports d'Amnesty International et de la Commission éthiopienne des droits de l'homme selon lesquels le gouvernement éthiopien aurait détenu un grand nombre de citoyens sur la base de leur origine ethnique.

    Ces pays ont déclaré qu'il n'y avait pas de solution militaire à ce conflit, appelant toutes les parties armées à cesser les combats et à négocier un cessez-le-feu permanent sans conditions préalables. Ils ont ajouté qu'ils demanderaient des comptes à tous les responsables de violations et d'abus des droits humains.

    Des milliers de morts et deux millions de déplacés
    Selon les estimations des Nations Unies, la guerre a fait des milliers de morts, déplacé deux millions de personnes et plongé des milliers d'autres dans des conditions proches de la famine depuis que le conflit a éclaté en novembre 2020. Le Premier ministre éthiopien, Abi Ahmed, avait alors envoyé des troupes dans la région du Tigray pour renverser les autorités du Front populaire de libération du Tigray, en réponse, selon lui, aux attaques des rebelles contre les camps de l'armée.

    En juin 2021, les rebelles ont repris le contrôle de la majeure partie du territoire de la région du Tigray, puis ont avancé vers les régions d'Afar et d'Amhara, et ont annoncé début novembre avoir pris les villes de Dessie et de Kombolcha, plaque tournante stratégique sur la route de la capitale.

     

     

     

     

  • Ethiopie : Les forces oromo et tigréennes continuent d'avancer vers Addis-Abeba et s'attendent à une victoire "très bientôt"

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    L'Armée de libération oromo, alliée au Front populaire de libération du Tigray, a confirmé que ses forces se sont approchées de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, s'attendant à ce que la guerre se termine par une victoire sur les forces gouvernementales "très bientôt".

    Gal Moro, le commandant de l'Armée de libération oromo, un groupe armé ethnique oromo, a déclaré que les combattants pro-gouvernementaux avaient commencé à faire défection, ajoutant : "Ce dont je suis sûr, c'est que ce sera bientôt fini".

    Il a souligné : "Nous nous préparons à un autre lancement et à une autre attaque. Le gouvernement essaie juste de gagner du temps et il essaie de provoquer une guerre civile dans le pays et c'est pourquoi il appelle le peuple à se battre".

    Après avoir annoncé le week-end dernier avoir repris deux villes stratégiques à 400 km de la capitale, les combattants du Front populaire de libération du Tigray et leurs alliés de l'Armée de libération oromo n'ont pas exclu d'avancer vers Addis-Abeba.

    Gal a déclaré que ses combattants étaient désormais plus proches, à environ 40 km d'Addis-Abeba, et "ne se sont même pas retirés d'un pouce" du territoire qu'ils contrôlent.

    Selon Gal, le Front Oromo "ne constitue pas une menace" pour les civils ordinaires, mais Abiy Ahmed et son parti "Izdihar" doivent être complètement "retirés" pour commencer la réconciliation.

    "Nous ferons de l'Éthiopie, pas seulement de l'Éthiopie mais de toute la Corne de l'Afrique, un endroit très paisible et stable où vivre. Je suis très confiant qu'il n'y aura pas de conflit après le régime d'Abiy Ahmed", a-t-il ajouté.

    De son côté, le gouvernement nie toute avancée des rebelles ou une menace contre la capitale. Cependant, il a déclaré l'état d'urgence et les autorités d'Addis-Abeba ont demandé aux habitants de s'organiser pour défendre la ville.

    Dimanche, des dizaines de milliers d'habitants de la capitale se sont rassemblés sur la célèbre place Meskel pour soutenir le gouvernement et se sont engagés à affronter les rebelles.

    « À un moment où nous sommes mis à l'épreuve sur de nombreux fronts, notre détermination collective à achever le chemin que nous avons emprunté nous renforce », a déclaré le Premier ministre Abiy Ahmed sur Twitter.

    Vendredi, neuf groupes rebelles éthiopiens, dont le Front populaire de libération du Tigray et l'Armée de libération oromo, ont annoncé la formation d'une alliance contre le gouvernement fédéral dirigé par Abiy Ahmed.

    Le Front populaire de libération du Tigray a dominé l'appareil politique et sécuritaire en Éthiopie pendant près de trente ans, après avoir pris le contrôle d'Addis-Abeba et renversé le régime militaire marxiste représenté par le « Conseil militaire administratif temporaire » en 1991.

    Abiy Ahmed, nommé Premier ministre en 2018, a exclu le front populaire de libération du Tigray du pouvoir, et ce dernier s'est replié sur son fief du Tigray.

    Après des mois de querelles, Abiy Ahmed a envoyé l'armée au Tigray en novembre 2020 pour expulser les autorités régionales du Front populaire de libération du Tigray, qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires.

    Il a déclaré "victoire" le 28 novembre. Mais en juin, les combattants des LTTE (Front du Tigray) ont repris la majeure partie du Tigray et ont poursuivi leur offensive dans les régions voisines d'Afar et d'Amhara.

    - répression -
    Parallèlement, la Commission éthiopienne des droits de l'homme a exprimé lundi sa préoccupation face à une répression globale dans la capitale, Addis-Abeba, depuis la déclaration de l'état d'urgence dans le pays depuis le 2 novembre.

    La commission a déclaré avoir "vérifié que les arrestations étaient effectuées d'une manière fondée sur l'identité et l'origine ethnique", impliquant des mères avec enfants et des personnes âgées.

    Plusieurs pays ont appelé leurs ressortissants à quitter l'Éthiopie à un moment où le conflit entre les rebelles et les forces gouvernementales dans le nord du pays s'intensifie. Samedi, le gouvernement américain a ordonné à ses diplomates non essentiels de quitter l'Éthiopie.

    Le haut représentant de l'Union africaine pour la Corne de l'Afrique, Olusegun Obasanjo, a annoncé lundi lors d'une session des Etats membres de l'union qu'il existe une opportunité de parvenir à un accord, mais qu'il existe des obstacles majeurs.

    Dimanche, Obasanjo a rencontré le leader du Front populaire de libération du Tigray, Debrecen Gebrimichael.

    Mais des diplomates familiers avec les négociations affirment que le TPLF n'engagera aucune discussion tant que les restrictions sur l'aide à la région ne seront pas levées, tandis que le gouvernement souhaite que les rebelles se retirent d'abord des régions Afar et Amhara.

    "Ce que nous avons compris (d'Obasanjo), c'est que tout le monde est un peu ouvert à un règlement politique, mais il n'est pas clair" comment les écarts peuvent être comblés, a déclaré un diplomate informé qui a assisté à la session de lundi.

    De son côté, Gal Moro, commandant de l'Armée de libération oromo, a confirmé que le front avait « tendu la main de la paix » au Premier ministre depuis son arrivée au pouvoir en 2018, mais les tentatives n'ont pas abouti.

    "La seule option qui reste est de traiter avec eux dans la langue qu'ils connaissent", a-t-il expliqué.

     

     

     

     

     

     

  • Ethiopie : Les rebelles tigréens menacent de marcher sur la capitale - Washington envoie un émissaire

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    L'émissaire américain pour la Corne de l'Afrique va se rendre jeudi 4 et vendredi 5 novembre 2021 en Ethiopie pour appeler à une solution pacifique dans le pays, où des groupes rebelles menacent de marcher sur la capitale Addis Abeba.

    Les rebelles du Front de libération du peuple du Tigray (TPLF), qui affrontent l'armée depuis an dans le nord du pays, ont affirmé ce week-end avoir pris les villes de Dessie et Kombolcha, situées à un carrefour routier stratégique à 400 kilomètres au nord d'Addis Abeba. Dans le même temps, l'Armée de libération oromo (OLA), groupe rebelle allié au TPLF, a annoncé s'être emparé de localités plus au sud, le long de l'autoroute menant à Addis Abeba. "Si les choses continuent dans la dynamique actuelle, alors (la prise d'Addis Abeba) est une question de mois, si ce n'est de semaines", a déclaré mercredi à l'AFP le porte-parole de l'OLA, Odaa Tarbii, assurant que la chute du Premier ministre Abiy Ahmed est "courue d'avance". Cette déclaration fait écho à celles d'un porte-parole du TPLF, Getachew Reda, qui avait affirmé en juillet à l'AFP: "S'il faut marcher sur Addis pour protéger le Tigray, nous le ferons".

    Le gouvernement dément toute progression rebelle mais a décrété mardi l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire, tandis que les autorités d'Addis Abeba demandaient aux habitants de s'organiser pour défendre la ville. Les communications sont coupées dans une grande partie du nord de l'Ethiopie et l'accès des journalistes est restreint, rendant difficile toute vérification indépendante des positions sur le terrain. 

    "Les Etats-Unis sont de plus en plus préoccupés par l'ampleur croissante des opérations de combat et des violences intercommunautaires", a déclaré mercredi 3 novembre un porte-parole de la diplomatie américaine en annonçant la visite jeudi et vendredi dans le pays de son émissaire pour la Corne de l'Afrique, Jeffrey Feltman.

    Détentions 
    Mercredi, Abiy Ahmed a accusé l'alliance rebelle de "détruire le pays" et de transformer l'Éthiopie en Libye ou en Syrie. A Addis Abeba, des habitants inquiets affirmaient mercredi leur soutien au gouvernement. 

    Dans le cadre de l'état d'urgence, les autorités pourront enrôler "tout citoyen en âge de combattre et possédant une arme", ou suspendre des médias soupçonnés d'"apporter un soutien moral direct ou indirect" au TPLF, selon le média d'Etat Fana Broadcasting Corporate. Getachew Reda a qualifié ces mesures de "carte blanche pour emprisonner ou tuer des Tigréens". Deux avocats traquant les détentions arbitraires de Tigréens ont affirmé mercredi à l'AFP avoir reçu des informations faisant état de dizaines de personnes arrêtées par la police à Addis Abeba depuis l'annonce de l'état d'urgence.

    Débuté en novembre 2020, le conflit au Tigray connaît un spectaculaire revirement ces derniers mois. Abiy Ahmed avait proclamé la victoire le 28 novembre 2020, après avoir envoyé l'armée dans la région pour destituer les autorités dissidentes issues du TPLF qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires fédérales. Mais en juin 2021, les combattants pro-TPLF ont repris l'essentiel de la région. Le gouvernement avait alors retiré ses troupes et déclaré un cessez-le-feu unilatéral le 28 juin, mais les rebelles ont poursuivi leur offensive dans les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara.

     "Crimes contre l'humanité" 
    La période du 3 novembre 2020 au 28 juin 2021 a été marquée par de nombreuses exactions dont "certaines peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité", estiment le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme et la Commission éthiopienne des droits de l'homme dans une enquête conjointe rendue publique mercredi 3 novembre 2021. Ce rapport évoque notamment exécutions extra-judiciaires, torture, enlèvements, violences sexuelles -dont des viols collectifs sur des femmes et des hommes et pillages.

    Le Haut-Commissariat a indiqué avoir également recensé des abus commis après la période couverte par l'enquête, notamment la mort en septembre de 47 civils dans le village amhara de Chenna, tenu par le TPLF. Abiy Ahmed a souligné que ce rapport n'établissait aucune preuve d'un génocide au Tigray, mais la Haut-commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet a répondu que l'enquête n'avait pas permis ni d'établir, ni d'écarter ces accusations qui nécessitent une enquête plus approfondie.

    Les douze mois de conflit ont également plongé le nord de l'Ethiopie dans une grave crise humanitaire, avec plusieurs centaines de milliers de personnes au bord de la famine.

    Dernières nouvelles (3 novembre 2021 - 15H (heure de Paris)
    Des avions de guerre de l'armée fédérale auraient effectué de nouvelles frappes aériennes dans le nord-ouest du Tigray, ciblant la ville d'Adi Hageray. On. ignore s'il y a des victimes.
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    L'ambassade américaine à Addis-Abeba autorise le départ volontaire de certains membres du personne et se dit « gravement préoccupée » par l'escalade de la violence et l'expansion des hostilités en Ethiopie, réitérant son appel à des pourparlers de cessez-le-feu.