Abdel Fattah al-Sissi

  • Egypte : Dernières mesures contre les Frères musulmans

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    Le parlement égyptien a approuvé, le 12 juillet, une loi qui autorise le licenciement d'employés de l'État affiliés aux Frères musulmans, ou ayant des liens présumés avec des groupes terroristes, sans recourir au préalable à une mesure disciplinaire. Cette décision est destinée à « purifier » les agences gouvernementales du mouvement islamiste, classé par l'Égypte comme terroriste.

    Le projet de loi a reçu l'approbation de la chambre basse du Parlement, dirigée par le président Hanafi El Gebali, après que le projet de loi, présenté à la Chambre des représentants par le député Ali Badr et dix autres parlementaires, ait été soumis au Conseil d'État. Avec l'approbation du 12 juillet, des modifications seront apportées à certaines dispositions de la loi 10 de 1973, qui prévoit le renvoi des membres des Frères musulmans et des terroristes. En particulier, avec les nouveaux amendements, le gouvernement pourra licencier immédiatement tout employé de l'État dont le nom figure sur la liste des terroristes. Cela s'applique à la fois à ceux qui ont déjà été condamnés pour des accusations de terrorisme et aux personnes suspectées encore sous enquête ou en jugement.

    Les nouvelles dispositions concernent les employés qui travaillent dans des unités spécifiques de l'appareil administratif de l'État, y compris les ministères, les administrations publiques et locales, les organismes publics, les entreprises du secteur public, ainsi que ceux qui sont soumis aux dispositions de la loi sur la fonction publique. Selon ce qui a été précisé par des sources parlementaires, la loi est divisée en trois articles, dont le premier prévoit la suspension du travail des suspects jusqu'à la fin de l'enquête, le second ordonne au procureur administratif de se saisir de la révocation immédiate, en cas d'appartenance avérée du salarié à la Confrérie, tandis que le troisième article vise à contrer les voix dissidentes sur les réseaux sociaux de la part des membres de groupes terroristes et la sanction de leurs promoteurs.

    L'approbation du projet de loi est intervenue au lendemain de la condamnation à perpétuité de Mohamed Badie, leader des Frères musulmans, et 9 autres membres du groupe islamiste. La peine a été prononcée, le 12 juillet, par la Cour de cassation, la plus autre juridiction civile égyptienne, après que les dix individus eurent été accusés, déjà en 2019, d'implication dans l'assassinat de policiers et dans l'organisation de l'agression contre la prison de Wadi El-Natroun. Il s'agit d'épisodes survenus en 2011, en lien avec le mouvement populaire qui a conduit à l'éviction de l'ancien président égyptien, Hosni Moubarak, qui a dirigé l'Egypte pendant trente ans. Les dix accusés, tels qu'établis par le tribunal, ont collaboré avec des milices étrangères, dont le Hamas et le Hezbollah, pour semer le chaos et renverser le gouvernement, participant aux assauts contre les frontières orientales de l'Égypte.

    La condamnation du 12 juillet est intervenue après que la Cour de cassation a confirmé la condamnation à mort par pendaison de 12 membres des Frères musulmans, dont deux hauts dirigeants du mouvement , le 14 juin. La condamnation représentait la fin d'un procès, qui dure depuis des années, lié à la violente répression commise par les forces de sécurité égyptiennes, en 2013, lors d'un sit-in islamiste. Le procès initial comptait plus de 600 accusés et est connu sous le nom d'« expulsion de Rabaa ». En 2018, un tribunal égyptien a condamné à mort 75 membres de la confrérie impliqués dans les événements de l'été 2013 et les autres à diverses peines de prison.

    Les Frères musulmans, fondés en Égypte en 1928, se sont imposés comme le principal mouvement d'opposition en Égypte, malgré des décennies de répression, et ont inspiré des organisations et des partis politiques à travers le monde musulman. Il reste interdit dans plusieurs pays, dont l'Égypte, en raison de ses liens présumés avec le terrorisme. C'est le président sortant, Abdel Fattah al-Sissi, qui a interdit les Frères musulmans fin 2013, à la suite de l'éviction du successeur de Moubarak, Mohamed Morsi, chef de l'aile politique des Frères musulmans. Depuis lors, les autorités du Caire ont interdit le groupe islamiste et mené une vaste répression, qui a conduit à l'arrestation de milliers de ses partisans.

  • Egypte : Prison à vie confirmée pour dix membres des Frères musulmans

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    La Cour de cassation égyptienne a confirmé les peines de prison à vie pour dix membres du mouvement des Frères musulmans, condamnés pour des meurtres de policiers et pour avoir aidé des prisonniers à s'évader lors du soulèvement populaire de 2011.

    Parmi ces dix personnes, condamnées en 2019 à la prison à perpétuité -- qui équivaut en Egypte à 25 ans de détention --, figure le guide suprême de la confrérie Mohamed Badie. Ces dix personnes avaient été jugées et condamnées pour s'être introduites dans des prisons égyptiennes avec l'aide de membres du mouvement palestinien Hamas, afin de libérer des détenus islamistes, et pour avoir tué des policiers au cours de cette opération.

    Parallèlement, le tribunal a acquitté huit autres personnes d'un rang moins élevé dans l'organisation islamiste, qui avaient été condamnées à des peines de 15 ans de prison pour des violences, également en 2011. Les peines confirmées dimanche sont définitives. La confrérie des Frères musulmans a été déclarée "organisation terroriste" par la justice en 2013, après le bref mandat d'un an de l'un des leurs, Mohamed Morsi.

    Premier président élu démocratiquement après la révolte populaire de 2011, M. Morsi avait été destitué par l'armée, alors dirigée par le maréchal Abdel Fattah al-Sissi --devenu depuis président--, à la faveur de manifestations de masse. Depuis 2013, M. Sissi a mené une répression sans merci contre l'opposition, particulièrement les Frères musulmans.

    Le mois dernier, la Cour de cassation a confirmé 12 peines de mort prononcées contre des membres des Frères musulmans, dont deux leaders de la confrérie. Les condamnés étaient accusés d'avoir "armé des gangs criminels qui ont attaqué des résidents, résisté à la police et d'avoir été en possession d'armes à feu et de munitions ainsi que de matériel pour la fabrication de bombes", selon le jugement de la Cour.

  • L'Egypte prête à inaugurer la plus grande base militaire à la frontière avec la Libye

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    L'Egypte s'apprête à inaugurer une nouvelle base navale à la frontière avec la Libye. L'ouverture de cette base est un message à Ankara, l'avertissant de son opposition à toute implantation des Frères musulmans en Libye.

    La nouvelle base, intitulée "Trois juillet", sera inaugurée samedi 3 juillet par le président égyptien, Abdel Fattah al-Sisi. Le chef du Conseil présidentiel intérimaire libyen, Mohamed al-Menfi, le président des représentants de la Libye, Aguila Saleh, et le chef de l'Armée nationale libyenne (ALN), Khalifa Haftar ont été invités à l'inauguration. Cependant, jusqu'à présent, leur présence n'a pas été confirmée par les canaux officiels.

    La base, à la fois aérienne et navale, sera la plus grande base militaire égyptienne sur la côte méditerranéenne. Elle est située dans la région de Gargoub, au nord-ouest de l'Egypte, à environ 250 kilomètres de la frontière avec la Libye, et jouera le rôle de "base de lancement". Le but ultime est de sauvegarder les territoires égyptiens et la souveraineté de la nation sur les « directions stratégiques nord et ouest ». Par ailleurs, cette base accueillera les exercices Qader 2021. Comme l'a précisé un porte-parole de l'armée égyptienne, la construction de la base du « Trois juillet » s'inscrit dans un plan de développement plus large, mené par la marine égyptienne. L'objectif est de fournir un soutien logistique aux forces opérant dans la région de la Méditerranée et de la mer Rouge, engagées face à divers défis et menaces. 

    Selon des experts militaires, cités le journal al-Monitor, la base fera partie de la flotte égyptienne du Nord, qui protège la côte méditerranéenne du pays. Comme l'a précisé un amiral de la marine égyptienne à la retraite Mohamed Mitwali, c'est une région pleine de menaces, surtout à la lumière des développements en Libye voisine, mais la flotte égyptienne est bien équipée pour y faire face. La nouvelle base, en plus d'être composée de structures qui permettront aux troupes égyptiennes de se déployer stratégiquement, devrait être équipée d'une large gamme d'équipements navals, dont l'un des deux porte-hélicoptères que l'Egypte a acheté à la France en 2016. comme un sous-marin, des frégates, des corvettes et des vedettes rapides.

    L'inauguration de la base du « Trois juillet » intervient à un moment où la Libye, malgré le cessez-le-feu signé le 23 octobre et les progrès politiques ultérieurs, continue d'être une source de préoccupation pour l'Égypte. Pendant le conflit libyen, le Caire a apporté son soutien au chef de l'Armée Nationale Libyenne, Khalifa Haftar, qui contrôle l'est de la Libye. Comme le rappelle al-Monitor, le président al-Sissi a déclaré, le 20 juin 2020, que son armée était prête à intervenir au cas où les troupes de Tripoli, soutenues par la Turquie, auraient franchi la "ligne rouge" et s'approcheraient des frontières égyptiennes. Après le cessez-le-feu et le début de la voie libyenne vers la transition démocratique, l'Égypte a pourtant effectué un rapprochement progressif de Tripoli. 

    Ces derniers mois, l'Egypte et la Turquie ont également effectués quelques pas vers un rapprochement, après une interruption des contacts pendant environ huit ans. Il reste que l'ouverture de la nouvelle base de Gargoub représente un moyen pour l'Egypte de contrer l'influence croissante de la Turquie  en Libye et au refus d'Ankara de retirer ses forces et ses mercenaires de Tripoli. L'ouverture de la nouvelle base intervient à l'occasion de l'anniversaire de la destitution officielle des Frères musulmans en Egypte, ce qui, en soi, est un autre message. Il signifie que l'Egypte s'opposera à toute tentative d'enraciner la présence des Frères musulmans en Libye. Il est clair que Le Caire reste concernée par tout ce qui se passe à sa frontière occidentale.

    Parmi les bases militaires égyptiennes les plus récentes figure celle de Bérénice, une ville située sur la mer Rouge, à l'est de la ville méridionale d'Assouan, à la frontière avec le Soudan, inaugurée le 15 janvier 2020. Cette base comprend à la fois des zones navales et aériennes, une série d'unités de combat et administratives, un aéroport, ainsi que des bunkers et hangars pour les avions militaires et leur maintenance, et un hôpital militaire. La section navale est capable d'accueillir des navires de grande capacité, notamment des frégates, des porte-avions et des sous-marins. Avec la construction de la base de Bérénice, l'objectif fondamental du Caire est de protéger les côtes sud égyptiennes et d'assurer la navigation dans la mer Rouge, face au détroit de Bab el-Mandeb.

  • Egypte : Le président égyptien Al-Sissi discute avec le chef des services de renseignement français de la coopération sécuritaire

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    Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, a discuté mercredi 10 mars 2021 avec le directeur général de la sécurité extérieure française (DGSE), Bernard Émié, du renforcement de la coopération sécuritaire et militaire entre les deux pays.

    Les deux parties se sont entretenues lors d’une réunion au Caire en présence du chef des renseignements généraux égyptiens, Abbas Kamel, rapporte un communiqué de la présidence égyptienne.

    Al-Sissi et Émié, ont discuté « de la coopération bilatérale aux niveaux sécuritaire et militaire, et ont échangé les points de vue sur diverses questions régionales et internationales, dans le cadre de la coopération en matière de sécurité et de renseignement, particulièrement dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et les organisations extrémistes ».

    Le président égyptien a souligné « l'importance de la coordination régulière avec la France pour développer les efforts de lutte contre la violence et le terrorisme, et pour accroître et maintenir la pression sur les organisations et groupes armés ».

    Il pourrait cependant y avoir des divergences entre les deux pays pour ce qui concerne le traitement à accorder à l'organisation des Frères Musulmans qui ont pignon sur rue en France alors qu'elle est considérée comme une organisation terroriste en Egypte. 

    Il a également informé le responsable français des « derniers développements relatifs aux questions régionales en Méditerranée orientale, de la situation en Libye et du soutien au processus de négociation politique sur la question palestinienne ».

    De son côté, le patron de la DGSE a fait valoir « la coopération de l'Egypte avec la France et la poursuite de la coordination sur toutes les questions d'intérêt commun dans la région », souligne ledit communiqué.

    Au cours des dernières années, l'Égypte a intensifié sa coordination avec la France sur de nombreuses questions régionales, tandis que les accords et les contrats d’armement militaire étaient le «fer de lance» des relations entre les deux pays.

    La France est devenue l'une des sources les plus importantes de l'armement égyptien, avec les États-Unis et la Russie, après la prise de pouvoir de Abdel Fattah Al-Sissi en juin 2014.

  • Egypte : Le président Al-Sissi évoque la possibilité d'une confrontation militaire avec la Turquie

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    Le président égyptien Abdel Fattah El-Sissi a déclaré: "L'Egypte travaille pour parvenir à une solution politique globale qui reste le seul moyen possible de régler la crise en Libye".

    En réponse à une question sur l'éventualité d'un affrontement militaire entre l'Egypte et la Turquie en Libye, Sissi a déclaré dans son entretien au journal français "Le Figaro": "L'Egypte ne sera jamais l'initiateur de l'attaque, mais en retour, nos forces armées sont toujours prêtes à défendre leur patrie et à assurer sa sécurité nationale contre toute confrontation". 

    Il a poursuivi: "L'Égypte travaille pour parvenir à une solution politique globale qui reste le seul moyen possible de régler cette crise et d'assurer la stabilité de ce pays frère, qui partage jusqu'à 1.200 km de frontières avec l'Égypte. Il est impératif de mettre fin aux interventions étrangères qui menacent la stabilité de ce pays, du fait du transfert de miliciens extrémistes et d'armes. "

    Le président égyptien a souligné que  "la politique de l'Égypte est d'établir d'excellentes relations avec ses voisins, le dialogue prévalant toujours, et la Turquie, comme les autres pays de la région, doit veiller à ce que les règles du droit international et du droit de la mer soient respectées et qu'elle n'entreprenne aucune action unilatéralement sans consultation et évaluation des risques à l'échelle de la zone.

    Il a déclaré: «Les eaux du Nil sont vitales pour l'Égypte, et le différend avec l'Éthiopie au sujet du grand barrage de la Renaissance éthiopienne dure depuis longtemps».

    Al-Sissi a expliqué que le barrage représente pour l'Éthiopie une source de développement légitime, mais que le remplissage unilatéral du barrage, en violation des principes et des règles du droit international, menace l'approvisionnement en eau de 100 millions d'Égyptiens.

    Le président égyptien a ajouté: "Nous restons déterminés à trouver une solution juridique équitable et à parvenir à un accord qui lie toutes les parties. Les parties doivent trouver u accord pour déterminer le remplissage et l'exploitation du barrage et protéger les intérêts de l'Égypte, de l'Éthiopie et du Soudan, c'est-à-dire préserve nos droits à l'eau. Après dix ans de négociations, le moment est venu d'achever et de signer cet accord.

  • Égypte: L'Etat islamique revendique l'explosion d'un gazoduc au nord du Sinaï

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    Un gazoduc situé dans la région du nord du Sinaï a fait l'objet d'une violente explosion. Les forces locales ont réussi à contenir le feu, mais quelques heures après l'incident, l'État islamique a revendiqué la responsabilité de l'incident.

    L'explosion a eu lieu le 19 novembre, près d'al-Arish, dans une zone du Sinaï qui continue de faire face à la présence de l'Etat islamique. Plus précisément, le gazoduc touché par l'accident est situé dans le village d'Al-Touloul, à l'est de Bir Al-Abd, et est considéré comme l'un des plus importants pour le transport de gaz entre l'Égypte et Israël. Selon les rapports du porte-parole de l'armée égyptienne, Tamer Al-Rifai, les forces du Caire ont réussi à maîtriser le feu, et jusqu'à présent, aucun dommage matériel majeur ni aucune victime n'a été signalé. Le même al-Rifai a ensuite déclaré que des enquêtes avaient été lancées pour découvrir les causes de l'accident. Pour sa part, la société publique de gaz naturel GASCO a indiqué que les pipelines étaient sécurisés et les vannes de régulation fermées, tandis que la route d'accès au gazoduc était temporairement fermée à la circulation.

    L'État islamique, et plus précisément son organisation affiliée Wilayat Sinai, ont revendiqué la responsabilité de ce qui s'est passé le soir du 19 novembre. Plus précisément, l'organisation a rapporté avoir posé des engins explosifs près du pipeline, qui a été la cible d'attaques similaires depuis février 2011. L'objectif de Wilayat Sinai est d'arrêter le pompage de gaz vers Israël, ainsi que couper l'alimentation électrique des usines de l'armée égyptienne dans le centre du Sinaï.

    L'un des derniers épisodes similaires s'est produit le 2 février . Selon les agents de sécurité locaux, il y avait au moins 6 hommes armés masqués qui avaient placé des explosifs sur le pipeline. L'incendie qui en avait résulté avait causé des dommages matériels en particulier sur la section égypto-israélienne, mais, selon des sources, cela n'avait pas affecté les exportations de gaz du champ israélien de Leviathan vers l'Égypte. L'incident a eu lieu après que le ministère égyptien du pétrole et des ressources minérales a annoncé le 15 janvier que le pompage du gaz naturel du champ israélien de Leviathan avait commencé et que le gaz résultant serait exporté vers l'Égypte. , sur la base des accords précédemment conclus.

    Toute la région du Sinaï, zone de jonction entre les continents africain et asiatique, vit en état d'alerte depuis des mois. En juillet dernier, l'armée égyptienne s'est trouvée opposée aux militants de l'État islamique à Bir al-Abd, où Wilayat Sinai avait réussi à prendre le contrôle de plusieurs villages dans la zone ouest de cette ville. Des combats ont eu lieu le 22 juillet, après que le Caire ait affirmé avoir déjoué une attaque terroriste dans la région du nord du Sinaï, tuant 18 militants. Depuis lors, des mines et des explosifs ont été posés à des points stratégiques des villages de Bir al-Abd, empêchant les forces égyptiennes de traquer les insurgés. Pour cette raison, l'armée du Caire a eu recours aux bombardements aériens, risquant de faire un grand nombre de victimes civiles.

    Wilayat Sinai trouve son origine dans un autre groupe, Ansar Beit al-Maqdis, qui a regroupé plusieurs militants actifs dans la région du Sinaï. En 2014, Wilayat Sinai a prêté allégeance à Daech, en prenant son nom actuel. On estime que le nombre de combattants varie entre 1 000 et 1 500, opérant principalement dans cette région, mais également responsables de certaines attaques dans d'autres zones égyptiennes. De plus, le 2 novembre 2019, cette organisation a prêté allégeance au nouveau chef de l'État islamique, Abu Ibrahim al-Hashemi al-Quraishi.

    Dans ce contexte, avec l'ordonnance numéro 596 du 26 octobre 2020, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a prolongé l'état d'urgence dans tout le pays pour la quinzième fois consécutive. En fait, l'Égypte est en état d'urgence continu depuis le 10 avril 2017, lorsqu'une série d'attentats à la bombe contre certaines églises situées dans les gouvernorats du Caire et d'Alexandrie a entraîné la mort d'environ 47 personnes. Bien que la Constitution égyptienne ne prévoie la promulgation de l'état d'urgence que pour six mois consécutifs, le président égyptien s'est souvent précipité ces dernières années pour le renouveler avant même la date limite fixée.

  • L'Égypte et le Soudan continuent de se disputer le triangle Halayeb

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    Les territoires de Halayeb et Shalateen font depuis longtemps l'objet de controverses entre l'Égypte et le Soudan. Le différend avait ressurgi après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, soit apparu dans une vidéo avec une carte en arrière-plan dans laquelle la région de Halayeb et Shalateen était incluse parmi les terres soudanaises.

    Dans ce contexte, le 31 octobre, une délégation militaire égyptienne, conduite par le chef d'état-major de l'armée, Mohammed Hegazy, s'était rendue à Khartoum pour s'entretenir avec des responsables soudanais sur un certain nombre de questions de coopération militaire. Selon le journal al-Araby al-Jadeed , parmi les points à l'ordre du jour figurait également le différend relatif au triangle Halayeb et à la région de Shalateen. Cependant, la question n'avait pas été mentionnée lors d'une conférence de presse tenue le lendemain, 1er novembre, bien que Hegazy ait signalé que l'Égypte et le Soudan avaient décidé de renforcer leurs relations militaires, en particulier en ce qui concerne les activités de formation et de protection des frontières. Il en a été de même pour les déclarations de Mohamed Othman Hussein, chef d'état-major de l'armée soudanaise.

    La question de la région contestée était revenue sur le devant de la scène, à la suite de l'accord de normalisation entre Israël et le Soudan, annoncé le 23 octobre dernier. Bien que les détails ne soient pas encore connus, Israël a promis son soutien à la revendication du Soudan sur le triangle Halayeb-Shalateen, et le 27 octobre, parlant d'un avion israélien qui avait traversé l'espace aérien soudanais, le Premier ministre israélien avait montré une carte sur laquelle les territoires contestés apparaissaient comme appartenant au Soudan. Comme l'ont souligné les médias soudanais, cela a laissé entendre la reconnaissance par Israël de la souveraineté du Soudan sur le Triangle, tandis que plusieurs analystes et politiciens égyptiens condamnaient la vidéo.

    Il est probable, selon un chercheur spécialistes des affaires israéliennes, que Netanyahu ait simplement tenté de plaire au Soudan ou d'apaiser l'opinion publique soudanaise, opposé à tout accord de normalisation entre les deux pays. La démarche de Benyamin Netanyahu pourrait au contraire contribuer à raviver les tensions entre l'Egypte et le Soudan.

    Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, s'était félicité de la normalisation entre Israël et les pays arabes. À cet égard, le 23 octobre, le chef de l’État égyptien avait félicité Washington, Tel Aviv et Khartoum pour leurs efforts visant à promouvoir la paix et la stabilité dans la région. Ces déclarations sont intervenues après qu'al-Jazeera eut déclaré en août qu'al-Sissi pouvait reconnaître la souveraineté du Soudan sur le triangle Halayeb, sous la pression de Washington, et que c'était l'une des conditions. pour que le Soudan d'accepte une normalisation de ses relations avec Israël.

    Cependant, Mamdouh Amara, membre du parlement égyptien représentant la région de Halayeb-Shalateen, a nié l'intention du Caire de céder la souveraineté du Triangle au Soudan. Il a rappelé que la région disputée avec le Soudan se situe à l'intérieur des frontières historiques de l'Égypte, reconnue depuis des milliers d'années. La preuve en est que les élections concernant l'Égypte, comme les dernières des 25 et 26 octobre, se tiennent également à Halayeb et à Shalateen.

    Ahmad Moukhar, chercheur spécialisé dans les affaires soudanaises à l'Institut d'études et de recherche africaines de l'Université du Caire, a déclaré qu'Israël utilisait la question du triangle Halayeb et Shalateen à son avantage, mais ne serait pas en mesure d'exercer beaucoup de pression. Selon Moukhar, l'Arabie saoudite pourrait jouer un rôle plus important sur cette question, étant donné la proximité de ses côtes par rapport à la région contestée. À cet égard, il a été souligné que l'accord de démarcation de la frontière maritime saoudo-égyptienne le long de la côte de la mer Rouge, où se trouvent Halayeb et Shalateen, indique la reconnaissance officielle par l'Arabie saoudite de la souveraineté de l'Égypte sur la région.