Jean-René Belliard analyse le Proche-Orient

  • Frontlive-Chrono du mercredi 1er juillet 2020

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    Italie : Saisie record de 14 tonnes d’amphétamines produites en Syrie par l’Etat islamique

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    La police italienne a annoncé mercredi la saisie record de 14 tonnes d’amphétamines, sous la forme de 84 millions de comprimés de captagon produits en Syrie par le groupe Etat islamique (Daech).
    Cette prise réalisée dans le port de Salerne (au sud de Naples) a une valeur d’un milliard d’euros sur le marché, précise un communiqué de la police italienne, évoquant « la plus grande saisie d’amphétamines au niveau mondial ».
    L’amphétamine a été découverte dans trois conteneurs. L’amphétamine était sous forme de comprimés. Ils étaient dissimulés dans des rouleaux de papier industriels et des équipements mécaniques pour éviter qu’ils ne soient détectés par le scanner. Ces rouleaux, de plusieurs couches, d’environ deux mètres de hauteur et 1,40 mètre de diamètre (probablement fabriquées en Allemagne), étaient censés cacher environ 350 kg de comprimés dans chacune d’entre eux. Les comprimés étaient placés entre les couches internes pour ne pas être détectés.

     

    « Nous savons que l’Etat islamique finance ses activités terroristes principalement par la contrebande de drogues fabriquées en Syrie », selon le communiqué de la police.
    Le communiqué ajoute que la Syrie est devenue le plus grand producteur mondial d’amphétamines ces dernières années. Des comprimés de Captagon en provenance de Syrie ont été saisis à de nombreux endroits ces derniers temps.
    Le captagon est en fait un médicament qui a été développé dans les années 1960 pour aider les enfants hyperactifs. Bientôt, le médicament a été interdit car il s’est révélé très addictif.
    Le médicament est endémique et améliore les performances et a été utilisé comme une sorte de médicament dopant par les combattants de l’Etat islamique, mais aussi par d’autres combattants en Syrie pendant la guerre civile. La police italienne appelle Captagon la « drogue djihadiste ».

     

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  • Frontlive-Chrono du mardi 30 juin 2020

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    Iran : L’explosion sur une base militaire en Iran pourrait avoir été provoquée par une cyber-attaque israélienne

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    Theodor Karasik, un spécialiste américain de la sécurité à l’Institut d’analyse militaire de Dubaï pour le Moyen-Orient et le Golfe, a déclaré que la puissante explosion dans la zone iranienne de Parchin pourrait avoir été provoquée par une cyber-attaque israélienne. L’information a été rapportée par Algemeiner.
    Selon les images satellites publiées après l’incident, l’explosion s’est produite sur la base militaire de Hojir, au sud-est de Téhéran, qui était auparavant utilisée pour la production et les essais d’armes.
    Selon Karasik, l' »incident de Hojir » est « une continuation de l’histoire du virus Stuxnet qui a été utilisé il y a 10 ans pour détruire l’industrie militaire de Téhéran ».
    Dans la nuit du 26 juin, vers 0h30 heure locale, deux puissantes explosions ont frappé la base militaire de Hojir près de Parchin, au sud-est de Téhéran, suivies d’une lueur rouge visible de la capitale iranienne. Cette base a été incluse dans la liste des installations nucléaires de l’Iran, qui a été inspectée sans succès par des experts de l’AIEA pendant de nombreuses années.
    La version officielle des autorités iraniennes reste inchangée : un réservoir de gaz technique a explosé près d’une des installations du ministère de la défense iranien, mais cet incident n’est pas lié aux installations militaires. Le ministère iranien de la Défense affirme que personne n’est mort à la suite de cette explosion. Le service de presse du « Corps des gardiens de la révolution islamique » iranien a fait la déclaration suivante aux médias : « Les circonstances de l’incident font l’objet d’une enquête. Nous devrions attendre les rapports officiels, en ignorant les rumeurs propagées par les médias étrangers et contre-révolutionnaires ».
    Le matin du 26 juin, un représentant du ministère iranien de la défense, Daoud Abdi, a confirmé dans un discours télévisé qu’une explosion de gaz s’était produite dans la zone protégée de l’installation militaire de Parchin. Il a également déclaré que le feu avait été maîtrisé. Abdi a déclaré qu’une enquête approfondie sur l’incident serait menée. Pour sa part, le chef du service de sécurité de Téhéran a déclaré qu’il n’y avait eu aucun appel aux services d’urgence en rapport avec l’incident, ce qui signifie qu’il n’y a pas eu de morts mais ou de blessés.
    Trois jours après l’incident, Téhéran n’a donné aucune nouvelle information sur l’avancement de l’enquête.
    Parchin
    La construction de la zone industrielle militaire à Parchin (30 km au sud-est de Téhéran) a commencé dans les années 70. Au début des années 2000, la plus grande usine d’Iran produisant des explosifs était située à cet endroit. Il existe également des entreprises où des missiles et des obus sont développés et fabriqués. Selon l’AIEA, il y a eu des expériences à Parchin liées aux préparatifs pour la production d’armes nucléaires. Depuis de nombreuses années, l’Iran refuse que des observateurs de l’AIEA visitent Parchin. En 2012, les autorités iraniennes ont procédé à un « nettoyage » de la base militaire de Parchin, comme le confirment les photos satellites. Le 6 octobre 2014, une puissante explosion avait déjà eu lieu sur la base militaire de Parchin ou à proximité, et certains médias avaient fait état d’un possible sabotage israélien. En 2015, Téhéran a autorisé les inspecteurs de l’AIEA à visiter l’installation militaire de Parchin, et les experts n’ont rien trouvé de suspect, si ce n’est des traces évidentes du récent « nettoyage ».
    En 2017, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), qui est une organisation d’opposition à Téhéran, a publié un rapport contenant de nombreuses informations. A l’époque, le directeur adjoint du bureau de Washington du NCRI, Alireza Jafarzadeh, avait fait remarquer que l’Iran avait, depuis de nombreuses années, deux programmes nucléaires – un programme civil et un programme militaire et que le programme civil fournissait une base logistique pour l’armée. Le NCRI expliquait que le programme nucléaire militaire de l’Iran était contrôlé par l' »Organisation pour l’innovation et la recherche en matière de défense » (SPND), qui relève du Corps des gardiens de la révolution islamique et se compose de sept unités, chacune étant responsable d’un domaine spécifique du développement d’armes nucléaires. L’unité, appelée Centre de recherche et de développement en technologie des explosifs (METFAZ), est notamment responsable du développement des détonateurs de bombes nucléaires.
    Le NCRI estime que le programme nucléaire militaire iranien n’a pas été gelé en 2015, et que les travaux sur les armes nucléaires se sont poursuivis dans des installations militaires fermées qui ne sont pas soumises aux inspections internationales. De nombreuses installations sont souterraines et reliées entre elles par un système de tunnels. Le NCRI a identifié quatre sites principaux dans cette catégorie : Pazhukheskad sur le complexe militaire de Parchin (30 km au sud-est de Téhéran), la zone industrielle de Nuri sur le complexe militaire de Hojir (au nord de Parchin), Hafte-Tir près d’Ispahan (400 km au sud de Téhéran) et Sanjari (environ 30 km à l’est de Téhéran), sur la rive de la rivière Jajrud). Le rapport du NCRI fournit des données sur ce que fait chacun de ces centres, ainsi que des photos satellites montrant des installations nucléaires militaires. Il est difficile de dire dans quelle mesure ces informations sont exactes. Mais l’opposition iranienne insiste sur le fait que la communauté internationale devrait chercher à vérifier minutieusement ces installations.

  • Frontlive-Chrono du lundi 29 juin 2020

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    Pakistan : Au moins 6 morts dans l’attaque d’un groupe séparatiste du Baloutchistan contre la Bourse de Karachi

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    Au moins six personnes sont mortes, dont un policier, lorsque quatre hommes armés ont tenté de pénétrer lundi dans la Bourse de Karachi (Sud), la capitale financière du Pakistan, une attaque revendiquée par un groupe indépendantiste de la province voisine du Baloutchistan.
    Les assaillants, vêtus d’uniformes qui ressemblaient à ceux de la police, sont arrivés dans une Toyota Corolla et ont forcé le passage vers la porte principale du complexe boursier en lançant des grenades
    « Vers 10h00 (05h00 GMT), ils ont tenté d’entrer dans le bâtiment. Mais ils ont été interceptés à la barrière devant » l’immeuble, a déclaré à l’AFP Ahmed Chinoy, un membre du comité dirigeant de la Bourse du Pakistan, qui englobe les places de Karachi, Lahore et Islamabad.« Quatre gardes et un civils ont été tués », ainsi qu’un policier, dans cette attaque « terroriste », a déclaré la police dans un communiqué, faisant également état de trois blessés dans ses rangs. La fondation Edhi, la principale organisation de secours à Karachi, a de son côté recensé sept morts et autant de blessés, a indiqué à l’AFP son responsable Faisal Edhi.
    « Attentat manqué à la Bourse du Pakistan » (PSX), a commenté un analyste, Mohammed Sohail, sur Twitter. « Les transactions se déroulent sans heurts et se poursuivent. L’indice de référence PSX est l’un des plus performants d’Asie à ce jour. C’est la résilience du Pakistan. »
    L’Armée de libération du Baloutchistan (BLA) a revendiqué sur Twitter l’attaque commise par des éléments de sa « Brigade Majeed », une unité de combattants kamikazes, qui d’après elle avait un temps « pris contrôle de la zone ». Elle a ensuite partagé une photo de quatre jeunes hommes habillés de treillis couleur sable et tenant des Kalachnikov dans un paysage désertique, selon elle les auteurs de « l’attaque suicide » du jour.
    Baloutchistan
    Frontalière de l’Afghanistan et l’Iran, le Baloutchistan est la plus vaste et la plus pauvre province du Pakistan, malgré ses gisements d’hydrocarbures et de minéraux. C’est aussi la plus instable : une insurrection séparatiste et des violences islamistes y ont fait des centaines de morts ces dernières années. Le BLA n’en est pas à son premier attentat contre des symboles de ce qu’elle considère comme la spoliation de ses ressources par Islamabad. Ce groupe a visé à plusieurs reprises ces dernières années les intérêts chinois, alors que Pékin investit massivement au Pakistan dans le cadre du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), dont le port en eaux profondes de Gwadar (Baloutchistan) est le vaisseau amiral. Ce projet vise à relier la province occidentale chinoise du Xinjiang au port de Gwadar. De nombreuses infrastructures – autoroutes, centrales électriques, hôpitaux, etc. – doivent être construites dans ce cadre. Le CPEC donnera aux produits chinois un accès direct à la mer d’Arabie.
    En mai 2019, le BLA avait attaqué un hôtel de luxe surplombant le port de Gwadar, faisant cinq morts et six blessés. En novembre 2018, il avait revendiqué une attaque du consulat de Chine à Karachi par des hommes armés.
    L’attaque contre la Bourse de Karachi intervient dix jours après qu’une grenade a été lancée dans cette ville sur une file d’attente devant un bureau d’aide sociale, tuant une personne et en blessant huit autres.
    Après une décennie sanglante, durant laquelle les attentats étaient quotidiens, les violences ont très fortement baissé au Pakistan. De telles attaques constituent l’exception quand elles étaient auparavant la norme.
    Karachi
    La ville portuaire de Karachi, qui pendant des années a été frappée par une forte criminalité, est désormais beaucoup plus sûre après une reprise en main du territoire par les forces de sécurité.