Jean-René Belliard analyse le Proche-Orient

  • Liban : Le Courant du Futur de Saad Hariri émet des doutes sur le "timing de la double explosion"

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    Le courant du Futur de l'ancien Premier ministre Saad Hariri a émis des doutes mercredi sur le "timing" et les "circonstances" des explosions qui ont ravagé Beyrouth.
    "Une grande catastrophe a frappé Beyrouth et ses habitants, fauchant des centaines d'âmes (...)", a déploré la formation de Saad Hariri, lors d'une réunion virtuelle (en raison du coronavirus) du parti, et de son bureau politique ainsi que son conseil exécutif. "(...) Il est de notre responsabilité, et de la responsabilité de l'Etat de se solidariser avec les habitants de la capitale et de mobiliser nos forces et de réactiver nos relations arabes et internationales dans ce sens".
    "Le courant du Futur ne se contentera pas de pleurer sur les ruines de Beyrouth et considère que cette catastrophe équivaut à une guerre destructrice, plus que toutes les guerres civiles ou israéliennes contre le Liban. Le plus dangereux dans cela, c'est qu'il y a une décision d'assassiner Beyrouth, un assassinat qui équivaut à celui de Rafic Hariri et de ses compagnons" en 2005, alors que le verdict dans l'attentat qui a coûté la vie à l'ancien Premier ministre est attendu dans deux jours, de la part du Tribunal spécial pour le Liban.
    "Il y a de grands doutes qui entourent cette explosion, son timing, ses circonstances, son emplacement, et l'origine et le stockage du matériel inflammable. Ces doutes ne peuvent pas être écartés par de simples mesures sécuritaires ou judiciaires. (...) Nous appelons à une enquête judiciaire et sécuritaire transparentes (...)", conclut le Courant du Futur.
    Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) devrait rendre vendredi à midi (heure de Beyrouth) son jugement dans le procès intenté contre quatre personnes accusées d'avoir organisé l'assassinat de Rafic Hariri, le 14 février 2005. Saad Hariri devait, dans ce cadre, partir pour l'Europe afin de se rendre à La Haye, aux Pays-Bas, où le jugement doit être prononcé. Il a toutefois reporté cette visite en raison de la catastrophe survenue mardi.

  • L’Afrique objet des convoitises des grandes puissances mondiales et régionales

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    La guerre en Libye a révélé la rivalité entre les grandes puissances (Etats-Unis et Russie) et certaines puissances de second ordre animées par des motivations géo-politico-confessionnelles, comme la Turquie (Frères musulmans), le Qatar (Frères musulmans), les Emirats-Unis et l’Egypte (puissances sunnites), sans oublier la France, pour qui tout ce qui est africain l’intéresse, ou l’Italie qui rêve encore de l’époque de la « mare nostrum ».
    Russie - Afrique
    Dans un article précédent mis en ligne le 5 août, un article intéressant sur les ambitions russes de créer en Afrique un pendant de l’Africom des Etats Unis. C’est la raison pour laquelle, Moscou a négocié l’ouverture de bases militaires avec six pays africains, dont l’Egypte et le Soudan. Ce qui montre que la Russie n’a pas l’intention de baisser les armes en Libye, même dans le cas d’une confrontation armée. La Russie créerait ainsi une "ceinture de bases" qui la préserverait de toute offensive, car attaquer un pays avec une telle présence serait risqué pour quiconque. A noter que c’est la même stratégie qui a été employée par Moscou en Syrie.
La Russie a conclu des accords de coopération militaire avec 21 pays africains depuis 2015, dont l'Égypte, la République centrafricaine, l'Érythrée, Madagascar, le Mozambique et le Soudan. Avant cela, Moscou entretenait des relations similaires avec seulement quatre États sur le continent africain.
la Russie a ensuite secrètement et parfois formellement formé les forces de ces pays, dont 180 soldats en République centrafricaine et une vingtaine de soldats par an au Mali. En parallèle, le Nigeria a signé un accord pour l'achat de 12 hélicoptères militaires, tandis que le Cameroun, l'Afrique du Sud et l'Erythrée font partie des pays qui ont exprimé le souhait d'acheter des avions, des chars et des armes lourdes à la Russie.
En outre, la République centrafricaine, en proie à des années de guerre civile, a signé un accord de coopération militaire avec la Russie, en vertu duquel des conseillers militaires russes seront officiellement présents dans la capitale pour former leurs unités de sécurité à faire face aux menaces des groupes armés et des extrémistes. 
    Turquie - Afrique
    De son côté la Turquie ne cache pas son intention d’expulser la France d’Afrique de l’Ouest. C’est ainsi que le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Çavuşoglu, a annoncé samedi 25 juillet que la Turquie avait signé un accord de coopération militaire avec le Niger lors de sa visite dans la nation africaine, où il a eu des entretiens avec un certain nombre de responsables et discuté des effets de la situation libyenne sur la région.
Au cours de sa visite, Çavuşoglu a rencontré le président nigérien Mahamadou Issoufou dans la capitale, Niamey, et lui a assuré que la Turquie «comprend le mieux les efforts du Niger pour lutter contre le terrorisme» (sous-entendu « mieux que la France »). Il a également déclaré l'intérêt de la Turquie à participer au développement économique de ce pays d'Afrique du Nord, en particulier dans les domaines de l'agriculture, des mines, des transports, de la construction et de l'énergie.
La présence de la Turquie se fait sentir sur tout le continent africain, où se trouvent un certain nombre d'organisations turques, notamment l'Agence turque de coopération et de coordination (TIKA), la Fondation Maarif et l'Institut Yunus Emre, entre autres.
En plus de fournir une tête de pont alternative, une base logistique et une plaque tournante de transport pour les opérations militaires de la Turquie en Libye, l'accord de coopération en matière de formation militaire signé avec le Niger pourrait également servir de moyen de freiner l'influence de la France et de s'opposer aux efforts de l'armée française dans la région du Sahel. 
La France est très critique des activités de la Turquie dans et autour de la Méditerranée orientale et a affiché son soutien à la Grèce et à l'Égypte ces derniers temps. Il est clair que la Turquie a bien l'intention de perturber et si possible de saper les intérêts français dans la région à titre de représailles.

     

     

     

  • Russie : Un "Africom russe" pour rivaliser avec l'Africom américain

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    Alors que le paysage libyen reste caractérisé par l'instabilité, certaines sources suggèrent que la Russie vise à étendre sa sphère d'influence à l'ensemble du continent africain, en créant une force qui pourrait concurrencer le commandement africain de l'armée américaine (AFRICOM).
    La révélation a été faite par le journal al-Arab du 5 août, à un moment où les forces positionnées sur les fronts de bataille libyens semblent attendre de nouveaux renforts et des ordres pour lancer la bataille de la ville occidentale de Syrte et celle de la base de Joufra.
    Dans ce contexte, Moscou a été accusée à plusieurs reprises, principalement par les États-Unis, d'envoyer des armes et des munitions pour soutenir l'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar, ainsi que des mercenaires appartenant à la société militaire privée Wagner.
    Déjà en 2015, selon les diplomates occidentaux, Moscou avait déjà établi une base en Egypte occidentale pour fournir un soutien technique et réparer plus facilement les équipements. En 2018, des conseillers militaires ont été envoyés pour soutenir les forces de l'armée du Haftar à Benghazi. Cependant, selon les informations d'al-Arab, se basant un rapport allemand, le rôle de la Russie dépasserait les frontières libyennes. L'objectif du pays serait notamment de créer des bases militaires dans le reste de l'Afrique et, selon les experts militaires, cela pourrait conduire à la formation d'un "Africom russe" capable de rivaliser avec les forces américaines déjà présentes sur le continent.
    À cet égard, le rapport allemand indique que la Russie a obtenu des permis pour établir des bases militaires dans six pays africains, dont l'Égypte et le Soudan, ce qui montre la volonté de Moscou de protéger son rôle en Libye. La Russie, en particulier, créerait ainsi une "ceinture de bases" qui la préserverait de toute offensive, car attaquer un pays avec une telle présence serait risqué pour quiconque. Une telle stratégie, souligne le journal, est la même que celle employée en Syrie et démontre la validité de l'idée de la Turquie, selon laquelle la présence russe en Libye vise, en réalité, à obtenir davantage de concessions de Damas.
    Selon un rapport secret du ministère allemand des affaires étrangères, la Russie a conclu des accords de coopération militaire avec 21 pays africains depuis 2015, dont l'Égypte, la République centrafricaine, l'Érythrée, Madagascar, le Mozambique et le Soudan. Avant cette année-là, Moscou entretenait des relations similaires avec seulement quatre États sur le continent africain. Dans ce cadre, la Russie a ensuite secrètement et parfois formellement formé les forces de ces pays, dont 180 soldats en République centrafricaine et une vingtaine de soldats par an au Mali. En parallèle, le Nigeria a signé un accord pour l'achat de 12 hélicoptères militaires, tandis que le Cameroun, l'Afrique du Sud et l'Erythrée font partie des pays qui ont exprimé le souhait d'acheter des avions, des chars et des armes lourdes à la Russie.
    En outre, la République centrafricaine, en proie à des années de guerre civile, a signé un accord de coopération militaire avec la Russie, en vertu duquel des conseillers militaires russes seront officiellement présents dans la capitale pour former leurs unités de sécurité à faire face aux menaces des groupes armés et des extrémistes. Cependant, selon certains analystes, l'objectif de Moscou est non seulement d'agir militairement de manière directe, mais aussi de renforcer sa présence économique, à un moment où l'Afrique est devenue un terrain de jeu vital pour plusieurs pays tels que la Chine, la Turquie, l'Iran, les États-Unis et la France.
    Pour sa part, Washington, par le biais du commandement de l'AFRICOM, n'a pas caché son inquiétude quant au rôle croissant de Moscou en Libye, ce qui laisse supposer que ce qui s'est passé en Syrie se reproduira également dans ce pays d'Afrique du Nord. C'est la raison pour laquelle les forces américaines ont étroitement surveillé les mouvements de la compagnie Wagner et ont signalé l'envoi d'avions russes à la base de Joufra, dont des MiG-29 et des Su-24. Enfin, le 25 juillet, Washington a déclaré que, grâce aux images satellites, il était possible de constater la présence d'équipements de défense aérienne russes en Libye, dont le SA-22, qui est exploité par le groupe Wagner ou des forces affiliées. Pour les États-Unis, le type et la taille de ces armements montrent l'intention de développer des "capacités de combat offensif". La Russie, cependant, a toujours nié les déclarations de l'armée américaine.
    Face à ce scénario, comme le souligne al-Arab, le conflit libyen mettra à l'épreuve l'efficacité des stratégies des grandes puissances, en particulier les États-Unis et la Russie, et l'issue du conflit entraînera un renforcement ou une limitation de l'expansion russe en Afrique.

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  • Liban : Violences dans le centre-ville de Beyrouth après la tournée de Saad Hariri

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    Des partisans du Courant du Futur, la formation dirigée par l'ancien Premier ministre Saad Hariri s'en sont pris mercredi après-midi à des manifestants présents dans le centre-ville de Beyrouth. Ces derniers avaient interpellé M. Hariri, plus tôt dans la matinée, alors qu'il était en tournée sur les lieux détruits par la double explosion de mardi.
    Les partisans de M. Hariri ont déboulé sur la place des Martyrs et ont attaqué, certains à coups de bâtons et de pierres, les manifestants, faisant plusieurs blessés.
    M. Hariri, lors de sa visite sur les lieux du sinistre, s'était rendu sur la tombe de son père, l'ancien président du Conseil Rafic Hariri, assassiné en 2005. "Hier, ils ont tué Beyrouth", avait-il déclaré. Il avait ensuite dû faire face à des dizaines de personnes qui ont scandé des slogans du soulèvement populaire du 17 octobre et l'ont exhorté à "ne plus rêver" de revenir à la tête du gouvernement. "Révolution, Révolution", avaient-ils crié au passage du chef du Courant du Futur. Saad Hariri avait démissionné quelques jours après le début du grand mouvement de contestation d'octobre.

  • Irak : La zone verte de Bagdad visée par un missile Katyusha

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    Le système de défense anti missile américain Sea Ram, installé à l'intérieur de la "zone verte" fortement fortifiée, au milieu de la capitale irakienne, Bagdad, a répondu à une attaque de missiles à l'aube du mercredi 5 août.
    Les sirènes ont retenti à l'intérieur de l'ambassade américaine (située dans la zone verte); pour que le personnel gagne les abris, tandis qu'un missile Katyusha était détruit par le système de défense anti missile.
    Peu après, l'armée irakienne a annoncé la découverte de sept roquettes Katyusha avec des plates-formes dirigées vers la zone verte.
    Les attaques de missiles, principalement par des militants irakiens pro-iraniens contre des cibles comprenant des diplomates et des soldats américains, se répètent depuis des mois.
    La «zone verte» comprend le siège des institutions gouvernementales et des missions diplomatiques, y compris l'ambassade américaine, qui a fait l'objet d'attaques répétées de missiles.
    La fréquence de ces attaques a augmenté depuis l'assassinat du commandant iranien de la «Force al-Qods», Qassem Soleimani, et du chef de l'organisation irakienne de «Hashd al-Chaabi», Abu Mahdi Al-Muhandis, lors d'un raid aérien américain à Bagdad le 3 janvier.
    Depuis octobre 2019, l' Irak a été le théâtre de plus de 30 attaques visant les intérêts militaires et diplomatiques américains.
    Washington accuse les brigades irakiennes du «Hezbollah» et d'autres factions proches de l'Iran d'être derrière les attaques.

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  • Iran : 4 policiers iraniens blessés dans une explosion dans la ville de Zahedan

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    Les autorités iraniennes ont annoncé que quatre policiers avaient été blessés dans une explosion près de leur voiture dans le sud-est du pays.
    L'agence de presse de la République islamique iranienne (IRNA) a déclaré que l'explosion s'est produite à Zahedan (Balouchistan iranien) ce mercredi matin.
    L'explosion s'est produite près d'une voiture de police, causant des dommages au véhicule et des blessures au personnel de police.
    Personne n'a encore revendiqué la responsabilité de l'explosion.

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  • Liban : Le ministre libanais de la Santé: déclare que le nombre de personnes portées disparues est supérieur au nombre de morts de l'explosion de Beyrouth

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    Le ministre libanais de la Santé, Hassan Hamad, a confirmé que le nombre de personnes disparues suite à l'explosion qui a secoué Beyrouth dépassait le nombre de décès recensés jusqu'à présent, qui se monte actuellement à 135 personnes tuées.
    Hamad a déclaré mercredi à "Sky News Arabia" que "le nombre de victimes augmentait. Jusqu'à présent, il y a environ 135 corps, et selon de nombreux contacts, les disparus dépassent le nombre de corps arrivés dans les hôpitaux." On parle actuellement de 4000 disparus !

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    Les équipes de secours et de défense civile sont toujours à la recherche de personnes disparues sur le site de l'explosion, qui s'étend sur plus de 20 km à et autour de Beyrouth et a causé de graves dommages à des centaines de bâtiments.
    Hamad a ajouté qu '"il y a environ 4 000 blessés, et beaucoup de blessés sont toujours sans traitement en raison du manque de capacité dans les hôpitaux proches ou éloignés de la capitale, qui sont déjà remplis de blessés".
    Le ministre libanais a révélé que 4 hôpitaux de Beyrouth avaient été complètement endommagés par l'explosion, et que les patients qui s'y trouvaient avaient été transférés dans d'autres hôpitaux, aggravant le problème, et «faisant de la crise une catastrophe sanitaire et épidémique par excellence».
    Il a déclaré: "Nous luttons pour survivre, pour aider, recevoir et secourir les patients, malgré les capacités limitées et la rareté du matériel. Il n'y a pas assez de matériel médical."
    Il a ajouté que les entrepôts du ministère de la Santé avaient été "gravement endommagés" par l'explosion.
    Il a souligné que ces dommages «aggravent les choses» alors que l'épidémie de Corona était toujours active. Le ministre a qualifié ce qui s'est passé de «catastrophique dans le sens le plus large du terme.