Turquie

  • Syrie : la Turquie suspend ses opérations militaires en Syrie pendant 120 heures

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    Le vice-président américain Michael Pence et le président turc Recep Tayyip Erdoğan ont convenu que l’opération militaire menée par la Turquie dans le nord-est de la Syrie allait être suspendue.
    Selon le journal Middle East Eye, les combats seront suspendus pendant 120 heures pour permettre aux formations armées kurdes de quitter la « zone de sécurité ».
    Middle East Eye, citant des sources au sein du gouvernement turc, affirme que selon l’accord, les Américains vont aider les formations armées kurdes à quitter la zone frontalière, où une « zone de sécurité » sera créée. Ankara sera responsable de ce territoire.
    Le cessez-le-feu devrait entrer en vigueur dans les heures à venir.
    Le président américain Donald Trump a tweeté : « Excellentes nouvelles de Turquie. Il y aura une conférence de presse avec le vice-président Michael Pence et le secrétaire d’État Michael Pompeo dans un proche avenir. Merci, Erdogan ! Des millions de vies seront sauvées ! »

  • Turquie: Le retour du Grand Turc

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    de Jacques MYARD
    Membre Honoraire du Parlement
    Maire de Maisons-Laffitte
    Président du Cercle Nation et République

    L’attaque de la Turquie contre les Kurdes, combattants contre Daech, à la faveur du retrait américain du Nord de la Syrie, suscite, à juste titre, l’ire et la réprobation de nombreux pays et révèle une Turquie belliciste à la surprise de certains.
    Toutefois, celles et ceux qui connaissent l’histoire et surtout l’histoire récente des interventions de la Turquie en Syrie ne sont guère étonnés par l’action d’Erdogan qui poursuit, en réalité, depuis des années, la même politique à l’égard de la Syrie.
    Le Frère musulman Erdogan est toujours motivé par une double volonté :
    – Eliminer les mouvements kurdes hostiles et en lutte armée contre le gouvernement turc, et notamment le PKK qu’il qualifie de terroriste;
    – Propager l’idéologie des Frères musulmans tant en Turquie qu’au Proche et Moyen-Orient ainsi qu’en Europe.
    En 2010, j’ai effectué une mission parlementaire en Syrie; avec d’autres députés, j’ai rencontré le gouverneur d’Alep. A l’époque régnait une lune de miel entre Damas et Ankara; l’avenir semblait radieux entre les deux pays.
    Tous deux envisageaient de créer un marché commun qui aurait été étendu à tout le Proche-Orient.
    Lors de ma visite à Damas, en février 2015, j’ai interrogé le ministre des affaires étrangères syrien, Walid al Mouallem, sur les raisons du divorce turco-syrien et de l’hostilité croissante entre les deux pays.
    Walid al Mouallem m’a donné une explication qui mérite d’être rappelée :
    Au début de la guerre civile, Erdogan est venu à Damas rencontrer Bachar al-Assad et lui aurait demandé de prendre des Frères musulmans dans son gouvernement.
    Bachar al Assad aurait refusé au motif que les Frères musulmans, à ses yeux, sont des terroristes et que la Syrie est un Etat laïc.
    Erdogan aurait répliqué :  » Dans ce cas, tu vas avoir des problèmes « .
    Il ne faut pas oublier qu’à l’époque, Morsi, Frère musulman, est au pouvoir au Caire, et le vétéran Ghannouchi, autre Frère musulman, à Tunis.
    La Syrie laïque constitue alors une sorte de cadenas qui empêche de reconstituer l’empire Ottoman sous la houlette des Frères musulmans.
    Il s’agit là d’une pensée profonde d’Erdogan qui rêve de retrouver le prestige du Grand turc, dont la Turquie garde toujours la nostalgie.
    Ce qui est certain, c’est que la Turquie a choisi son camp contre Damas et soutenu de nombreux mouvements islamistes.
    Ses liens avec Daech sont avérés et documentés par de nombreux faits : à Mossoul la Turquie a obtenu la libération sans difficulté de ses agents consulaires alors que la ville était aux mains de l’Etat islamique.
    La vente du brut de l’Etat islamique à 15 $ le baril par camion a permis à Daech de trouver les capitaux pour se maintenir, c’est indubitable !
    On peut également citer le rapatriement en Turquie des reliques de Souleïmane Shah, père de la dynastie ottomane, en février 2015, dont le tombeau était dans une petite enclave dans le nord de la Syrie, région aux mains de Daech;
    L’opération de rapatriement s’est déroulée sans anicroches …
    Citons enfin les déclarations du chef du MIT, service secret turc, selon lequel ses services ont envoyé aux islamistes en Syrie plus de 1400 camions d’armes. Les dirigeants du journal kemaliste Cumhuriyet qui publia l’information en février 2015 furent immédiatement incarcérés.
    Les objectifs de la Turquie d’Erdogan sont dès lors très clairs et obéissent à une logique établie de longue date : la Syrie doit être une zone d’influence d’Ankara, voire sous son contrôle, et si, de surcroît, les Kurdes du PKK y trouvent refuge, Ankara se doit d’intervenir !
    Cette situation est très dangereuse et nous oblige à reconsidérer nos relations avec la Turquie.
    La marge diplomatique vis-à-vis de la Turquie, qui est toujours membre de l’OTAN mais achète des S400 russes, est étroite, il serait en effet maladroit de pousser la Turquie dans une alliance avec la Russie.
    De plus, la Turquie possède en Europe des colonies qu’Erdogan choie en permanence en leur demandant de rester turques à part entière. Ces Turcs, pour beaucoup d’entre eux, sont sous l’influence de l’idéologie des Frères musulmans, notamment en Allemagne.
    Vont-ils agir massivement pour soutenir la Turquie ? C’est possible.
    Une chose est certaine : la politique française et occidentale est une totale faillite en Syrie; l’ouverture de nos frontières à l’immigration turque l’est tout autant !
    Nous allons le payer cher !

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  • Syrie: les forces du régime entrent dans la ville clé de Khan Cheikhoun et bombardent une colonne blindée turque

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    Les forces du régime syrien sont entrées dimanche dans la ville clé de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie dominé par les jihadistes, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
    « Les forces du régime sont entrées à Khan Cheikhoun pour la première fois depuis qu’elles en avaient perdu le contrôle en 2014 », a indiqué Rami Abdel Rahmane, le directeur de l’OSDH, alors que les combats entre forces du régime et jihadistes se poursuivaient.
    La majeure partie de la province d’Idleb et des segments des provinces voisines d’Alep, de Hama et de Lattaquié échappent toujours au contrôle du régime de Bachar el-Assad, huit ans après le début de la guerre.
    La région d’Idleb, dominée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’el-Qaëda) et abritant quelques groupes rebelles, est la cible depuis fin avril de bombardements quasi quotidiens du régime et de son allié russe.
    Depuis quelques jours, les forces prorégime, soutenues par l’aviation russe, avancent sur le terrain et étaient aux portes de Khan Cheikhoun qui est située sur une autoroute clé qui traverse Idleb et relie Damas à Alep, deux villes sous contrôle gouvernemental.
    « Les forces du régime ont progressé dans des quartiers du nord-ouest de la ville et ont pris le contrôle de plusieurs bâtiments mais des affrontements violents se poursuivent », a ajouté Rami Abdel Rahmane.
    Les combattants jihadistes et rebelles ont opposé une « résistance féroce » aux forces prorégime et ont « eu recours à des attaques suicides » pour repousser leur avancée, a précisé le directeur de cette ONG qui dispose d’un vaste réseau de sources en Syrie.
    Aujourd’hui quasiment vidée de ses habitants, Khan Cheikhoun abritait environ 100.000 personnes avant le début de l’escalade militaire en cours, dont une majorité de déplacés venus d’autres régions, notamment de la province voisine de Hama.
    Depuis fin avril, au moins 1.400 combattants jihadistes et rebelles et plus de 1.200 combattants prorégime sont morts dans les affrontements à Idleb, selon l’ONG.
    Depuis fin avril, plus de 860 civils ont péri dans les bombardements, selon l’OSDH. Et plus de 400.000 personnes ont été déplacées dans cette région de trois millions de personnes, selon l’ONU.
    Un accord sur une « zone démilitarisée » dans la région d’Idleb conclu en septembre 2018 par Ankara, parrain des rebelles, et Moscou, n’a été que partiellement appliqué, les jihadistes ayant refusé de se retirer.
    Damas dénonce l’envoi d’un convoi armé turc vers une ville clé de la région d’Idleb

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    Damas a dénoncé lundi l’envoi par la Turquie d’un convoi militaire « chargé de munitions » dans le sud de la province d’Idleb, au lendemain de l’entrée des troupes prorégime dans la ville clé de Khan Cheikhoun.
    « Des véhicules turcs chargés de munitions (…) ont pris la direction de Khan Cheikhoun pour secourir les terroristes (…), ce qui confirme encore une fois le soutien apporté par le régime turc aux groupes terroristes », a déploré une source au ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l’agence officielle Sana. De son côté, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a fait état de raids russes et syriens non loin du convoi pour l’empêcher de poursuivre son chemin.
    Les armées de l’air russe et syrienne tentent de bloquer le convoi
    Une vidéo mise en ligne sur les sites Web montre le convoi militaire turc, qui comprend des chars, des BMB et des véhicules blindés sur la route internationale près de la ville de Ma’aret al-Nu’man, dans la province d’Idlib et se dirigeant vers le sud.
    Les informations ont confirmé que les avions de combat du régime syrien ont pris pour cible un convoi de la « légion al-Sham » soutenue par la Turquie, qui attendait convoi turc dans la ville de Maaret al-Numan, dans la province d’Idlib. Un membre de la Légion al-Sham a été tué.
    Les sites d’informations de l’opposition ont rapporté que le convoi turc de 28 véhicules, dont sept chars, six véhicules et des camions transportant des munitions, se dirigeait vers la ville de Maarat al-Numan.
    La Turquie condamne « fermement » l’attaque de son convoi militaire
    La Turquie a « fermement » condamné l’attaque lundi par des avions russes et syriens d’un convoi militaire qu’elle a envoyé dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, dénonçant une violation des accords établis avec Moscou.
    « Nous condamnons fermement cette attaque qui est en contradiction avec les accords existants, la coopération et le dialogue avec la Russie », a déclaré le ministère de la Défense dans un communiqué.

     

     

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