01/11/2017

Etats-Unis : Attaque sanglante à la voiture bélier à Manhattan (New York) - Les dernières informations

Etats-Unis 
NewYork
Attaque à la voiture bélier à Manhattan (New York)
Mardi après-midi 31 octobre, alors que les États-Unis fêtaient Halloween et que des milliers d'enfants et de jeunes adultes parcouraient les rues dans des déguisements plus effrayants les uns que les autres, la mort a soudain frappé la métropole américaine.
Un Ouzbèk de 29 ans, au volant d'un pick-up loué à Home Depot, a foncé sur près d'un kilomètre sur une piste cyclable, fauchant cyclistes et piétons. L'attaque a eu lieu dans un quartier chic et très touristique de TriBeCa, au sud de Manhattan, à 800 mètres à peine des tours jumelles détruites dans les attentats du 11 septembre 2001. L'assassin est sorti de son véhicule, deux fusils inoffensifs à la main (dont un fusil paintball), après avoir heurté un car scolaire. Les forces de l'ordre présentes sur place, ignorant qu'il s'agissait d'armes factices ont tiré sur le meurtrier le blessant à l'abdomen. 
L'attentat a fait 8 morts et 11 blessés selon un dernier bilan.  
Le terroriste aurait pu mener une action beaucoup plus sanglante. En effet, on a appris qu'il avait eu d'abord l'intention de gagner le secteur où se déroulait la parade d'Halloween, où se pressait une foule énorme de familles avec enfants. Mais il en a été empêché par les restrictions de circulation. C'est alors qu'il aurait décidé d'exécuter son sinistre plan sur la piste cyclable, située à moins de deux kilomètres de l'endroit où se déroulait la parade. 
La piste de l'Etat islamique confirmée
Photo Don Emmert 
 
Après un moment de cafouillage de la part des autorités américaines qui accusaient tantôt l'acte d'un malade mental, tantôt d'un "loup solitaire", la piste de l'Etat islamique ne faisait plus de doute, mercredi 1er novembre. C'est le premier attentat meurtrier qu'ait connu la métropole américaine depuis le 11-Septembre 2001.
Plusieurs enquêteurs cités par les médias américains ont indiqué qu'il s'agissait de Sayfullo Saipov, un Ouzbek de 29 ans arrivé aux Etats-Unis en 2010, titulaire d'un permis de séjour permanent, et qui aurait résidé dans l'Ohio et en Floride avant de s'installer à Paterson, dans le New Jersey, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de New York.
La police a retrouvé, dans le pick-up qu'il avait loué pour l'attaque, des notes manuscrites dans lesquelles il faisait allégeance à l'Etat islamique ainsi qu'une photo du drapeau noir de l'organisation jihadiste, selon The New York Post et The New York Times.
Selon les enquêteurs, l'assassin aurait préparé son attaque depuis plusieurs semaines déjà et aurait reçu l'instruction de passer à l'action de membres mêmes de l'Etat islamique. Il aurait également déclaré aux enquêteurs venus l'interroger sur son lit d'hôpital être très fier de son action. 
Sayfullo Saipov
Sayfullo Saipov 

L'homme a été blessé au ventre lors de la fusillade qui a mené à son arrestation. Après avoir subi une opération mardi soir, ses jours ne seraient plus en danger et les enquêteurs ont pu lui parler, a rapporté mercredi la chaîne ABC.
Cet homme marié avec enfants, chauffeur de la société Uber, avait été arrêté à deux reprises par la police pour des infractions au code de la route, selon plusieurs médias.
Identité des victimes 
Au fil des heures, des informations ont émergé sur l'identité des victimes: une femme belge, originaire de Roulers, et cinq Argentins - des anciens camarades d'école qui fêtaient le 30e anniversaire de leur diplôme, originaires de la ville de Rosario - faisaient partie des huit personnes décédées.
Parmi les 11 blessés hospitalisés mardi, on comptait aussi plusieurs étrangers, dont trois Belges et une Allemande, selon Bruxelles et Berlin.
Vive controverse sur la loterie des cartes vertes 
Le système d'attribution à la loterie des cartes vertes donnant droit à s'installer aux Etats-Unis était mercredi au cœur d'une vive polémique, l'auteur de l'attentat meurtrier à New York en ayant bénéficié selon le président Donald Trump.
"Le terroriste est entré dans notre pays grâce au Programme de loterie de visas de diversité, une merveille de Chuck Schumer", a ironisé dans un tweet le président républicain, en ciblant le chef de l'opposition démocrate au Sénat.
Les responsables de l'enquête n'ont pas confirmé que l'assassin avait obtenu un permis de résident permanent par ce dispositif de tirage au sort.
Mais les républicains ont sans attendre exploité l'événement pour dénoncer une mesure en vigueur depuis une vingtaine d'années et qui est depuis longtemps dans leur ligne de mire.
"Nous luttons avec force en faveur d'une immigration basée sur le mérite, (nous ne voulons) plus de systèmes démocrates à la loterie. Nous devons être BIEN PLUS fermes (et plus malins)", a écrit M. Trump dans un autre tweet.
Le président Trump a également cité un officier américain à la retraite qui a déclaré sur Fox News que Chuck Schumer favorisait "l'importation de problèmes européens" en Amérique.
"J'ai toujours cru et je continue à croire que l'immigration est une bonne chose pour l'Amérique", a réagi dans un communiqué mercredi M. Schumer.
"Le président Trump, plutôt que de politiser et de diviser les Etats-Unis, ce qu'il semble toujours faire en des temps de tragédie nationale, devrait se concentrer sur la solution effective -le financement antiterroriste- qu'il a proposé de réduire dans son dernier budget", a ajouté le ténor démocrate.
Le système d'attribution à la loterie des cartes vertes offre une chance aléatoire à 50.000 candidats par an de pouvoir vivre aux Etats-Unis.
Le système favorise les pays avec un taux d'émigration en Amérique relativement bas sur les cinq années précédentes. Une grosse moitié de ces visas sont attribués à l'Afrique.
Trump annonce qu'il veut mettre fin à la loterie des cartes vertes 
Le président américain a qualifié mercredi d'"animal" l'auteur de l'attentat meurtrier à New York, appelant à un changement de politique sur l'immigration avec en particulier la fin du système d'attribution à la loterie des célèbres cartes vertes.
"Nous devons êtres plus durs, nous devons être plus intelligents et nous devons être beaucoup moins politiquement corrects", a-t-il martelé depuis la Maison Blanche au lendemain de cet attentat qui a fait huit morts et une dizaine de blessés.
Le président américain a également évoqué la possibilité d'envoyer l'auteur de l'attentat meurtrier de New York dans la prison de Guantanamo, créée par les Etats-Unis après les attentats du 11-Septembre et que son prédécesseur Barack Obama souhaitait fermer.
"Absolument, c'est quelque chose que j'examinerais", a déclaré M. Trump, interrogé sur cette éventualité.  
Les Etats-Unis jurent de combattre pour "éliminer la menace" terroriste, affirme Tillerson
Les États-Unis vont "continuer le combat" pour "éliminer la menace" terroriste, a déclaré mercredi le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, au lendemain de l'attentat de New York perpétré par un homme soupçonné de liens avec l'Etat islamique (Daech).
"Une nouvelle fois nous avons vu le visage malfaisant du terrorisme à l'intérieur de nos frontières, mais c'est un visage qui ne connaît pas de frontières", a-t-il dit en recevant le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders au département d'Etat à Washington.
"Nous saluons et apprécions la coalition solide de tous nos partenaires dans ce combat mondial contre le terrorisme et nous allons continuer ce combat pour éliminer cette la menace contre tous les Américains et tous nos amis et alliés", a insisté Rex Tillerson, présentant ses condoléances aux victimes et sa "solidarité" à Bruxelles et Buenos Aires.
Selon Didier Reynders, au-delà de la lutte contre le terrorisme au niveau international, "nous devons aussi échanger les meilleures pratiques pour lutter contre la radicalisation et le terrorisme qui se développe à l'intérieur même de nos pays".
L'Ouzbékistan prêt à coopérer à l'enquête sur l'attentat de New York
L'Ouzbékistan a promis mercredi de coopérer "avec tous ses moyens" à l'enquête sur l'attentat à la camionnette qui a fait huit morts à New York, dont l'auteur présumé a été identifié par plusieurs médias comme originaire de ce pays d'Asie centrale.
"L'Ouzbékistan est prêt à apporter toutes ses forces et tous ses moyens pour fournir une aide à l'enquête sur cet acte terroriste", a indiqué le président ouzbek Chavkat Mirzioïev, cité dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
"La tragédie qui s'est produite confirme à nouveau la nécessité d'unir les efforts de toute la communauté internationale dans la lutte contre ce défi de notre époque", a ajouté M. Mirzioïev, présentant ses condoléances au président américain et aux familles des victimes.
Plusieurs centaines de citoyens de l'Ouzbékistan, ex-république soviétique à majorité musulmane, combattent au sein des groupes jihadistes en Irak et en Syrie, selon les estimations des services de sécurité russes. 
New York maintient le marathon prévu dimanche après l'attentat
Le maire de New York a annoncé mercredi 1er novembre que le marathon prévu dimanche 5 novembre est maintenu et que la sécurité y sera renforcée.
"Nous allons de l'avant et attendons avec impatience le marathon de dimanche. Il se déroulera comme prévu. (...) Il sera protégé, comme il l'est toujours, et nous allons prendre des mesures de sécurité supplémentaires", a déclaré Bill de Blasio lors d'une conférence de presse des autorités new-yorkaises au lendemain de l'attentat du 31 octobre. 

 

14/10/2017

L'Irak au bord d'un nouveau conflit majeur qui pourrait entraîner la fin du pays

Irak
Kirkouk
Washington tente de réduire la tension à Kirkouk
Les Etats-Unis, qui ont des troupes déployées aussi bien aux côtés de l'armée irakienne que des peshmergas kurdes, tentent de calmer la tension depuis que Bagdad a lancé des opérations militaires dans la région de Kirkouk, a déclaré vendredi 13 octobre le ministre américain de la Défense Jim Mattis.
"Nous essayons de calmer les choses et de voir comment nous pouvons aller de l'avant sans perdre l'ennemi de vue", a déclaré M. Mattis à quelques journalistes, en référence au groupe Etat islamique (EI) que combat la coalition dirigée par les Etats-Unis. "Nous devons reconnaitre également qu'il faut trouver un moyen d'aller de l'avant", a-t-il ajouté, rappelant que les tensions entre le gouvernement de Bagdad et les nationalistes kurdes "est ancien".
C'est le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson qui dirige les efforts des États-Unis pour calmer la tension entre Bagdad et les Kurdes, "mais mes soldats sont intégrés au sein de ces forces et ils tentent eux aussi de s'assurer que tout conflit potentiel est écarté", a ajouté le secrétaire à la Défense, qui s'exprimait dans l'avion le ramenant de Miami, où il venait de visiter le commandement opérationnel chargé de l'Amérique du sud (SOUTHCOM).
Avance en direction de Kirkouk des forces gouvernementales, vendredi 13 octobre
Les forces gouvernementales irakiennes ont avancé vendredi dans le sud de la province pétrolière de Kirkouk, reprenant des positions occupées depuis trois ans par les combattants kurdes dans cette région du nord de l'Irak revendiquée par le Kurdistan autonome. Face à elles, des milliers de combattants kurdes étaient prêts à "défendre" leurs positions, selon les autorités kurdes en crise ouverte avec le gouvernement central depuis la tenue le 25 septembre de leur référendum d'indépendance contre l'avis de Bagdad.
Les Américains ont utilisé les Kurdes comme fer de lance contre l'Etat islamique
En Irak, les forces kurdes ont été utilisées comme fer de lance par la coalition menée par les Etats-Unis contre l'Etat islamique. Ce sont elles qui ont résisté aux jihadistes à une époque où l'armée irakienne était dans un état complet de désorganisation suite à l'offensive des jihadistes. Ce sont elles qui, au prix de sacrifices énormes, ont repoussé les combattants de Daech des zones frontalières du Kurdistan.
Les peshmergas, combattants kurdes, ont notamment pris part à la bataille dans la province de Ninive (nord), où se trouve Mossoul, reconquise le 10 juillet par les forces irakiennes.
Daech n'est pas complètement vaincu - tout le monde doit rester concentré
"Tout le monde devrait rester concentré sur la victoire contre l'EI", a noté M. Mattis. "Nous ne pouvons pas nous tourner les uns contre les autres maintenant. Nous ne voulons pas d'échanges de tirs".

Ultimatum
Les forces irakiennes donnent un ultimatum aux peshmergas
Un haut responsable kurde a affirmé que les forces irakiennes avaient donné aux combattants kurdes jusqu'à samedi soir 14 octobre pour se retirer sur leurs positions d'avant 2014 dans la riche province pétrolière de Kirkouk.
Profitant, il y a trois ans, du chaos né de la percée fulgurante des jihadistes de l'Etat islamique (Daech), les combattants kurdes s'étaient largement avancés dans cette province.
"Le temps imparti aux peshmergas pour revenir à leurs positions d'avant le 6 juin 2014 et remettre ces bases aux forces gouvernementales s'achèvera dans la nuit" de samedi à dimanche, a déclaré samedi ce haut responsable qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat.
Le gouvernement irakien n'avait pas confirmé cette information samedi matin.
Cette déclaration intervient alors que le président irakien Fouad Massoum, lui-même kurde, s'est rendu vendredi soir à Souleimaniyeh au Kurdistan pour y rencontrer des responsables.
Aucun détail sur la teneur de leurs discussions n'a filtré.
Plus tôt dans la journée, les forces irakiennes avaient repris sans combat des positions occupées depuis 2014 par les peshmergas kurdes dans le sud de la province de Kirkouk, que le Kurdistan autonome dispute aux autorités à Bagdad.
Cette avancée s'est faite dans un contexte de fortes tensions, Erbil prévenant que des "milliers de peshmergas" étaient déployés, prêts à se "défendre quel qu'en soit le prix".
Erbil est en crise ouverte avec Bagdad depuis son référendum d'indépendance tenu le 25 septembre contre l'avis des autorités centrales.
Vidéo (langue anglaise) : les forces de sécurité irakiennes et le Hashed al-Chaabi (coalition de milices chiites) en route vers Kirkouk :
https://www.liveleak.com/ll_embed?f=a9a0452f92b7

TuzKhurmatu 
Affrontements entre Kurdes et Chiites après un attentat près d'une mosquée chiite de Tuz Khurmatu 
Deux personnes ont été tuées et trois autres blessées par l'explosion d'une bombe près d'une mosquée chiite de la communauté turkomane dans la ville de Tuz-Khurmatu (province de Salahudine), provoquant des affrontements sporadiques dans cette ville divisée sur les plans ethniques et confessionnelles.
L'attentat a eu lieu après minuit 
Des affrontements sporadiques à l'arme légère ont aussitôt éclaté entre les Peshmergas (forces kurdes) et la coalition de milices chiites, Hashed al-Chaabi, dans la rue principale de la ville. 
Les affrontements, qui n'ont fait aucune victime, ont continué jusqu'à l'aube.  
Retour au calme dans la journée du 14 octobre
(Selon notre correspondant en Irak)
Après des heures d'échange de tirs entre les milices chiites du Hashed al-Shaabi soutenues par Bagdad et les forces kurdes Peshmergas à Tuz Khurmatu, le calme est revenu dans la ville. 
Depuis deux jours, le Hashed al-Shaabi a déployé des milliers de miliciens armés d'armes lourdes au sud de Kirkouk où sont stationnées les forces peshmergas kurdes. Leur objectif semble être de forcer les Peshmerga à quitter leurs positions actuelles pour prendre le contrôle des bases militaires et des champs de pétrole de la province de Kirkouk. 
Tuz Khurmatu 
Tuz-Khurmatu, à environ 90 km à l'est de Tikrit, la capitale provinciale de Salahudine, est composée principalement d'arabes et de turkmènes chiites et d'une importante population kurde de confession sunnite. 
La ville a déjà connu des affrontements répétés entre les Kurdes et les milices chiites, la ville et ses environs faisant partie des zones contestées entre le Kurdistan et le gouvernement central irakien.
Il y a aussi un conflit entre les Arabes sunnites et les brigades chiites du Hashed Shaabi, ou les peshmergas kurdes. 
Les zones contestées sont revendiquées à la fois par les Kurdes, les Arabes et les Turcomans.
Les Kurdes veulent intégrer les régions situées à la périphérie de leur région du Kurdistan, mais le gouvernement de Bagdad s'y oppose farouchement. 
L'attentat à la bombe dans la ville est survenu alors que les tensions montaient entre le gouvernement de Bagdad et le Kurdistan après la tenue du référendum controversé sur l'indépendance du Kurdistan et les zones contestées, y compris la ville de Tuz-Khurmatu.
L'Etat islamique va tout faire pour attiser les tensions 
Il est évident que l'Etat islamique va tout faire pour attiser les tensions entre les différentes communautés, provoquer le chaos et tenter d'en profiter pour progresser à nouveau. Les évènements de Tuz Khormatu sont donc à observer avec attention car l'attentat est sans doute l'œuvre de l'État islamique et pourrait préfigurer la stratégie que vont suivre les jihadistes.    
N'oublions pas non plus que l'Etat islamique a également recruté des jihadistes au sein de la communauté kurde et que les montagnes du Kurdistan ont servi de refuge aux jihadistes d'al-Qaïda après que ceux-ci aient été chassés d'Afghanistan par une intervention militaire américaine.   
 
tribus 
20.000 membres de tribus arabes sunnites prêts à défendre Kirkouk des milices chiites Hashed al-Chaabi
Muzham al-Huwet, porte-parole des tribus 
Les tribus arabes sunnites de la plaine de Ninive ont juré de combattre côte à côte avec les forces peshmergas du Kurdistan contre toute attaque contre la région du Kurdistan, a déclaré le porte-parole des tribus. 
S'exprimant samedi 14 octobre sur le site Internet al-Yawm, Muzahm al-Huwet, le porte-parole des tribus, a affirmé que 20 000 combattants des tribus étaient bien décidés à s'opposer à toute attaque contre Kirkouk. 
Il a ajouté que les combattants étaient armés de différents types d'armes légères et lourdes. 
 
Yezidies 
Ò
Les femmes yézidies ont le doigt sur la gachette pour défendre le Kurdistan
Les femmes yézidies, martyrisées par les jihadistes de Daech après l'offensive de 2014, ont bien l'intention de s'opposer à toute agression visant les territoires kurdes à Sinjar ou ailleurs. C'est ce qu'a déclaré le commandant des forces Yezidies "Peshmerga".
Khate Shingali, qui commande la Brigade des filles Yezidies Roj, a déclaré qu'elles étaient prêtes à défendre le Kurdistan aux côtés d'autres forces peshmergas, contre toute attaque éventuelle.
La région du Kurdistan est maintenant menacée par les milices chiites du Hashed al-Shaabi, soutenues par Bagdad, au sud de Kirkouk et au nord de Mossoul.
Shingali a déclaré que les combattantes yézidies étaient prêtes à aller à Kirkouk pour défendre les habitants de la ville kurde. 

 

20/09/2017

L'administration américaine veut changer l'accord sur le nucléaire iranien pour éviter un retrait américain

Iran 
Nucleaire
L'administration américaine veut changer l'accord sur le nucléaire iranien pour éviter un retrait américain
Les Etats-Unis ne resteront dans l'accord sur le nucléaire iranien que si "des changements sont introduits", car le texte "doit vraiment être revisité", a déclaré mardi 19 septembre le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson.
Le "défaut le plus flagrant" de l'accord conclu en 2015 avec les grandes puissances est le fait "qu'il a une fin" et "ne fait que remettre le problème à plus tard", a-t-il estimé sur la chaîne de télévision Fox News, en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU.
Selon le texte, les restrictions sur certaines activités nucléaires iraniennes seront progressivement levées à partir de 2025. "Ce qui signifie que nous pouvons quasiment commencer le compte à rebours pour le moment où ils reprendront leurs capacités nucléaires" militaires, a déploré le chef de la diplomatie américaine.
Le président américain Donald Trump, qui a de nouveau critiqué de manière virulente l'accord iranien mardi 19 septembre devant l'ONU, doit décider d'ici mi-octobre s'il "certifie" ou non devant le Congrès que Téhéran respecte ses engagements. En cas de non certification, les parlementaires américains pourraient réimposer des sanctions levées dans le cadre de l'accord, ce qui risquerait de le faire voler en éclats.
"Le président veut vraiment refaire cet accord", le "renégocier", et "nous avons besoin du soutien de nos alliés européens et autres pour faire comprendre aussi à l'Iran que cet accord doit vraiment être revisité", a insisté Rex Tillerson. "Si nous devons rester dans l'accord iranien, des changements doivent être introduits", a-t-il dit.
L'ambassadrice américaine à l'ONU précise les propos de Trump
Donald Trump est mécontent de l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, mais n'a pas dit que les Etats-Unis allaient s'y soustraire, a souligné mercredi l'ambassadrice américaine aux Nations unies, au lendemain du discours du président devant l'Assemblée générale de l'organisation.
"Cela ne signifie pas clairement qu'il a l'intention de se retirer. Cela signe clairement qu'il est mécontent de l'accord", a déclaré Nikki Haley sur l'antenne de CBS.
Le chef de la diplomatie russe juge les propos de Trump "extrêmement inquiétants"
Le chef de la diplomatie russe a jugé les propos tenus par Donald Trump sur l'accord nucléaire avec l'Iran "extrêmement inquiétants". "Nous allons défendre ce document, ce consensus, qui a été accueilli avec soulagement par la communauté internationale tout entière et qui a réellement renforcé la sécurité, tant au niveau régional qu'international", a ajouté Sergueï Lavrov.
Téhéran et les Européens refusent de renégocier l'accord
Téhéran et les Européens refusent de renégocier l'accord historique censé garantir le caractère strictement civil du programme nucléaire iranien en échange d'une levée progressive des sanctions.
La France propose des "compléments" à l'accord
La France a mis sur la table la possibilité d'un "complément" pour l'après-2025 afin de sortir de l'impasse, mais rien ne dit que cette initiative puisse aboutir.
"Nous devons garder l'accord de 2015 car c'est un bon accord avec un contrôle strict de la situation actuelle", a déclaré le président français. "Nous devons ajouter deux ou trois autres piliers: un pour un meilleur contrôle des missiles balistiques et des activités balistiques, qui ne sont pas couverts par l'accord de 2015; un deuxième pour l'après-2025 parce que l'accord ne couvre pas la situation après 2025; et un troisième pour ouvrir des discussions avec l'Iran sur la situation actuelle dans la région" du Moyen-Orient, a-t-il ajouté. "Mais ce serait une erreur d'abandonner cet accord sans rien d'autre", a-t-il dit.
Rohani : L'Iran respecte l'accord nucléaire mais réagira en cas de violation
L'Iran respecte l'accord nucléaire de 2015 mais réagira avec "détermination" si ce texte vient à être dénoncé, a prévenu mercredi le président iranien Hassan Rohani devant l'ONU.
"Nous n'avons trompé personne, nous n'avons pas été malhonnêtes" dans l'application de l'accord, mais Téhéran "répliquera avec détermination" à toute violation du texte, a ajouté M. Rohani, alors que les Etats-Unis menacent de plus en plus de dénoncer l'accord.
L'armée iranienne veut une "réponse ferme" au discours de Donald Trump
Mohammad Ali Jafari
Général Mohammad Ali Jafari
Le commandant des gardiens de la Révolution iranienne a invité mercredi 19 septembre Téhéran à apporter des "réponses douloureuses" aux propos tenus la veille par Donald Trump devant l'Assemblée générale de l'ONU.
Qualifiant la République islamique d'"Etat-voyou" aux mains d'une "dictature corrompue", le président américain a notamment laissé entendre qu'il pourrait dénoncer l'accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran.
"Adopter une attitude intransigeante face à Trump n'est qu'un début", a déclaré le général Mohammad Ali Jafari, selon les propos rapportés par Sepah News, l'agence de presse des gardiens de la Révolution.
"Il est de la plus haute importance stratégique que les Etats-Unis soient confrontés à des réponses plus douloureuses à travers les actes, le comportement et les décisions que l'Iran prendra dans les mois qui viennent", a-t-il poursuivi, invitant le président Hassan Rohani, qui doit s'exprimer à son tour ce mercredi à l'ONU, à apporter une première réponse ferme à Donald Trump.
"Avec les défaites successives et éreintantes que l'Iran a infligées à l'Amérique dans la région, il est naturel que son système nerveux et sa cohérence aient volé en éclats", ajoute l'officier.
Une première rencontre entre les ministres des AE américain et Iranien
Les ministres des Affaires étrangères des pays signataires de l'accord (Iran, Etats-Unis, Chine, Russie, Allemagne, France, Royaume-Uni) doivent se réunir mercredi 20 septembre en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Il s'agira de la première rencontre entre Rex Tillerson et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif depuis l'arrivée en janvier de Donald Trump à la Maison Blanche.
 
Jean René Belliard