20/10/2018

Syrie: Daech libère 6 des 27 otages de Soueida en échange avec le gouvernement syrien

PAR JEAN-RENÉ BELLIARD LE 

Texte en Anglais, Arabe, Espagnol, Italien

Le groupe Etat islamique (EI) a libéré six des 27 otages de la province de Soueida détenus depuis le 25 juillet, en échange de prisonnières de l’EI détenues par le régime syrien et d’une rançon, a indiqué samedi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
« Deux femmes et quatre enfants de la province de Soueida ont été libérés cette nuit », a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane. « Il s’agit de la première vague » d’un accord scellé avec le régime syrien, « sous la supervision directe de la Russie », pour « libérer tous les otages » contre « 60 détenues de l’EI auprès du régime et une rançon de 27 millions de dollars », a-t-il ajouté. « Les 21 otages restants devraient être libérés dans les prochaines heures ou les prochains jours », a poursuivi M. Abdel Rahmane.
Fin juillet, l’EI avait mené assauts coordonnés et attentats suicide dans plusieurs localités de la province méridionale de Soueida, faisant plus de 250 morts, un des bilans les plus lourds depuis le début de la guerre en Syrie en 2011.
Une trentaine de personnes, notamment des femmes et leurs enfants, avaient été enlevées par le groupe jihadiste après ces attaques contre la communauté druze, majoritaire dans cette province.
Depuis, deux otages ont été exécutés : une jeune femme de 25 ans et un étudiant de 19 ans. Une femme de 65 ans est aussi morte en détention.
Les tentatives de médiation menées auprès des ravisseurs, par la Russie et le régime syrien, avec l’implication de représentants des familles ou de hauts dignitaires druzes, avaient toutes échoué dans un premier temps.
Le dernier round de pourparlers a toutefois porté ses fruits: le marché conclu porte sur une rançon d’un million de dollars pour chacun des 27 otages encore en vie, l’arrêt d’une offensive du régime contre l’EI dans une zone désertique de la province de Soueida, et la libération de plusieurs dizaines d’épouses de jihadistes, selon l’OSDH.
Dans le cadre de l’accord, les forces démocratiques syriennes (FDS), formées de combattants kurdes et arabes, et soutenues par une coalition internationale anti-jihadistes menée par Washington, « devraient également libérer des détenus de l’EI » dans le cadre de cet accord, selon M. Abdel Rahmane, qui n’a pas précisé leur nombre.

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18/10/2018

Allemagne: Une attaque de Daech contre un festival de musique contrecarrée

Par Jean René Belliard - Mardi 18 octobre 2018

Texte édité en Anglais, Allemand, espagnol, Italien, Néerlandais, Russe

En 2016, trois équipes d’assassins auraient dû se rendre en Allemagne pour préparer et exécuter l’attaque terroriste. Mercredi, la NDR, la WDR et le « Süddeutsche Zeitung » et « Zeit » ont tous les trois révélé que l’objectif était sans doute un festival de musique.
Deux des combattants de Daech avaient déjà changé d’apparence pour se camoufler grâce à des greffes de cheveux. C’est ce que rapporte le journal « Bild ».
Le bureau du procureur fédéral a confirmé les plans terroristes. « Nous avons été informés très tôt de ces projets d’attentats, ce qui nous a permis d’engager des poursuites pénales en octobre 2016 « , a déclaré le procureur fédéral en chef, Peter Frank, à la chaîne ARD. « Pour nous, les faits dans cette affaire étaient très concrets et résistants. » Selon les chaînes, il y a toujours des recherches pour trouver d’autres terroristes.
Attaque planifiée : Un couple marié a joué un rôle central
Les médias ont rapporté qu’un couple marié allemand qui était parti pour la Syrie à l’automne 2015 et avait rejoint Daech aurait dû jouer un rôle central. La femme, une convertie, cherchait depuis la ville syrienne de Rakka des femmes du nord de l’Allemagne qui étaient prêtes à épouser des terroristes pour faciliter leur entrée en Allemagne. Toutefois, l’une des femmes contactées travaillait en fait pour le Bureau de la protection de la Constitution, les services de renseignement.
Les plans ont été déjoués grâce aux enquêtes et la désintégration de l’Etat islamique. Die Zeit » a rapporté que le couple s’était rendu aux autorités kurdes en octobre 2017. Il a depuis été emprisonné dans des prisons kurdes dans le nord de la Syrie. Là, NDR, WDR et « SZ » ont pu interviewer le mari de Hildesheim. Il a prétendu avoir essayé de « s’en sortir » lorsqu’il a appris l’existence du plan d’attaque terroriste.
D’après les enquêtes menées jusqu’à présent, l’ordre aurait été donné à un haut responsable de Daech identifié sous son nom de guerre « Abu Mussab al-Almani », selon les journaux. Il est possible qu’il ait été un citoyen suisse tué au combat en Syrie.

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18:41 Publié dans Etat Islamique, Frontlive-chrono, Jean René Belliard, Raqqa | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

09/10/2018

Syrie: le retrait des combattants du Hezbollah de Syrie a entraîné une rupture avec le général Suleimani

Le site israélien NzivNet rapporte qu’un conflit a éclaté entre le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah et le commandant de l’unité Al-Quds, une unité d’élite, le corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran (CGRI), Hassan Suleimani.
Le site cite un rapport préparé par la communauté du renseignement israélien. Selon le document, le groupe libanais a rapatrié la moitié de ses militants hors de Syrie, soit environ 4 000 hommes. Les autres ont reçu l’ordre de se concentrer dans une zone proche de la frontière libanaise.
Selon le média, le président russe Vladimir Poutine souhaitait mettre un terme à l’activité des milices pro-iraniennes opérant sur le territoire syrien. Le Hezbollah a dû regagner des positions situées à la frontière avec Israël dans le sud du Liban.
Le redéploiement a indigné le commandant du CGRI, malgré le fait qu’il est conforme à la décision prise par le haut commandement du Hezbollah le 27 août et qui est de se préparer à un affrontement armé avec Israël. Le secrétaire général du mouvement chiite libanais, Hassan Nasrallah, a fait mention de ce projet à ses plus proches conseillers. La scène de la confrontation devrait être la « Galilée » occidentale.
Cependant, la décision prise par la direction du mouvement libanais a déplu au général Suleimani. En conséquence, les militants libanais ont commencé à tisser des liens avec les dirigeants iraniens en contournant le commandant de l’unité Al-Quds.
Le retrait des militants de Syrie n’a pas été coordonné avec Suleimani. Nasrallah a ignoré l’ordre direct du général d’arrêter le redéploiement. Il a également interdit à ses subordonnés de se soumettre aux ordres des militaire iraniens.
Les autorités iraniennes et syriennes ont tenté d’intervenir dans la résolution du conflit à la veille de l’attaque prévue contre la province d’Idlib. Le Hezbollah a promis de fournir des troupes pour l’offensive, mais cette promesse n’a pas été tenue.
Les dirigeants du mouvement chiite libanais n’ont pas apprécié l’envoi de miliciens chiites en provenance d’autres États sur le théâtre syrien, en raison du manque de formation militaire de ces militants. Il accuse également Suleimani de considérer les Arabes comme des personnes de deuxième rang.
NzivNet note que le conflit est connu et que l’administration américaine l’a considéré comme une preuve de l’affaiblissement de l’axe chiite. Le conseiller présidentiel pour la sécurité nationale, John Bolton, en a d’ailleurs discuté avec le secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, Nikolai Patrushev.

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