04/01/2018

SYRIE : deux militaires russes tués dans une attaque au mortier, selon Moscou

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Le ministère russe de la Défense a annoncé jeudi que deux militaires russes avaient été tués dans une attaque au mortier menée par des islamistes en Syrie à la veille du Nouvel An.
« Alors que la nuit tombait, la base aérienne de Hmeimim a subi une soudaine attaque au mortier d’un groupe mobile de militants » au cours de laquelle « deux militaires ont été tués« , selon le ministère de la Défense cité par des agences de presse.
Le ministère a démenti parallèlement des informations du quotidien Kommersant selon lesquelles sept avions militaires avaient été « pratiquement détruits » dans cette attaque, les qualifiant de « fausses« .
Selon le ministère, la sécurité a été accrue après l’attaque autour de la base de Hmeimim, située dans l’ouest de la Syrie, à 25km au sud de Lattaquié.
Des photos montrent bien des dégâts sur au moins deux appareils et démentent le démenti du ministère russe de la défense
À la suite des informations faisant état d’un bombardement militant qui a visé la base aérienne russe de Hmeimim, le 31 décembre 2017, trois photos ont été mises en ligne. Elles montrent que des dommages ont bien été causés à plusieurs avions russes.
Le ministère russe de la défense avait déclaré que les reportages des médias, faisant état de 7 avions des forces aérospatiales russes endommagés, étaient des « fake news« .


Le bombardement de la base de Hmeimim survient trois jours après le crash d’un hélicoptère russe
Le ministère avait annoncé la veille qu’un hélicoptère militaire russe s’était écrasé en Syrie, également le 31 décembre, tuant les deux pilotes, en raison d’un problème technique. L’hélicoptère faisait route vers Hama dans le nord-ouest de la Syrie et aucun coup de feu n’avait été tiré depuis le sol, selon le ministère cité par des agences.
La Russie s’est impliquée depuis septembre 2015 dans le conflit en Syrie avec une campagne aérienne pour soutenir le régime de Bachar el-Assad.
Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a affirmé en décembre dernier que la Russie avait achevé le retrait partiel de ses troupes sur ordre du président Vladimir Poutine, conformément à l’annonce de ce dernier le 11 décembre.
L’armée russe a amorcé le 12 décembre ce retrait partiel après deux ans d’intervention.
La Russie va maintenir en Syrie son Centre de réconciliation des belligérants, trois bataillons de police militaire, ainsi que la base aérienne de Hmeimim et la base militaire navale de Tartous, avait précisé M. Choïgou.
Parallèlement, Moscou a reconnu ces derniers mois que ses forces spéciales étaient actives sur le terrain dans l’offensive contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Jean René Belliard

18:48 Publié dans Base aérienne Hmeimeim/Bassel al-Assad, Sergueï Choïgou | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

14/11/2017

Syrie : Accusations et démentis concernant les relations de la coalition internationale avec Daech

Syrie 

Pour le ministre russe des AE, la présence de l'Iran en Syrie est légitime, pas celle des Etats-Unis
(De notre correspondant en Russie, Leonid R.)
Sergueï Lavrov 
 
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré aux journalistes que Moscou n'avait pas promis d'assurer le retrait des formations pro-iraniennes de Syrie. 
Selon lui, la présence iranienne en Syrie à l'invitation du gouvernement légitime est légitime.
En même temps, il a noté que, du point de vue du Kremlin, c'est la présence des forces américaines en Syrie, en soutien des groupes rebelles, qui est illégitime. 
Lavrov démentait ainsi la déclaration faite par un haut fonctionnaire du département d'Etat américain, qui, en se référant au mémorandum trilatéral signé par la Russie, les États-Unis et la Jordanie le 8 novembre, avait déclaré que la Russie s'était engagée à obtenir le retrait des forces iraniennes et pro-iraniennes dans le sud-ouest de la Syrie, à proximité du plateau du Golan occupé par Israël. 
Rappelons que, suite à la visite en Israël du ministre russe de la Défense Sergeï Shoygu, le journal saoudien al-Sharq Al-Awsat avait rapporté des différends entre Jérusalem et le Kremlin sur la présence iranienne à la frontière syro-israélienne. Selon cette source, les dirigeants israéliens auraient appelé la Russie à ne pas autoriser la présence iranienne à moins de 40km de la frontière israélienne. Le ministre russe aurait considéré cette demande israélienne excessive, demandant d'étendre la zone d'exclusion des forces iraniennes et pro-iraniennes  de 5 à 10-15 kilomètres. Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, avait démenti ces informations, affirmant qu'il n'y avait pas eu de désaccord sur la zone tampon.  
 
Accusations 
Moscou accuse la Coalition d'entraver les avions russes à Boukamal, et dénonce une « interaction » avec Daech
Le ministère russe de la Défense a accusé, mardi 14 novembre, l'aviation de la coalition de vouloir empêcher les frappes des avions de l'armée de l'air russe dans la région de Boukamal, afin d'assurer une sortie sécurisée des terroristes. Il l'a aussi accusé de laisser fuir Daech vers les zones qu'elle contrôle.  
Le ministère russe affirme que les Américains font semblant de combattre le groupe Etat islamique (Daech) en Syrie et leurs avions ont même tenté d'empêcher des frappes russes contre des positions jihadistes près de la ville de Boukamal.
Le ministère parle de "preuves formelles démontrant que les Etats-Unis, tout en faisant semblant de mener une lutte sans concession contre le terrorisme international pour le bien de la communauté internationale, fournissent dans les faits une couverture aux unités de l'Etat islamique".  
L'armée russe a utilisé des images de jeux vidéo comme "preuves irréfutables"
L'armée russe a publié mardi des images présentées comme des preuves "irréfutables" que les Etats-Unis "couvrent" le groupe Etat islamique... rapidement dénoncées par des activistes et utilisateurs des réseaux sociaux comme contenant une capture d'écran d'un jeu vidéo.
Sur ses comptes officiels sur Twitter et Facebook et un communiqué reçu par l'AFP, le ministère de la Défense avait publié des images aériennes en noir et blanc prises selon lui le 9 novembre à la frontière irako-syrienne.
Ces dernières étaient censées fournir "la confirmation irréfutable que les Etats-Unis, tout en simulant pour la communauté internationale une lutte implacable contre le terrorisme, assurent une couverture à des unités de l'Etat islamique", selon le ministère dans son communiqué.
Mais l'ONG Conflict Intelligence Team (CIT), suivi par de nombreux internautes, a rapidement rapproché l'une de ces images avec le jeu vidéo de guerre "AC-130 Gunship Simulator: Special Ops Squadron".
Selon CIT, d'autres images proviennent de vidéos diffusées par le ministre irakien de l'Intérieur en 2016, montrant des bombardements de jihadistes par son aviation. Les images en cause ont rapidement été supprimées par l'armée russe, qui a ensuite assuré à l'agence publique RIA-Novosti qu'il s'agissait d'une "erreur" de la part d'un employé civil.
Le jeu vidéo 
La "preuve irréfutable" du ministère russe de la défense 
L'armée russe, qui intervient en Syrie en soutien au régime de Bachar el-Assad a plusieurs fois accusé Washington de faire le jeu de l'EI en Syrie, l'accusant en octobre de "faire semblant" de combattre les jihadistes afin de "compliquer" l'avancée des troupes gouvernementales.
En juin, plusieurs médias avaient affirmé que Vladimir Poutine avait montré à Oliver Stone, lors d'entretiens avec le réalisateur américain, une vidéo présentée comme étant des avions russes bombardant la Syrie alors qu'il s'agissait de frappes américaines en Afghanistan datant de 2013. Le Kremlin avait démenti.
 
BBC 
La BBC accuse la coalition de collusion avec Daech à Raqqa - Les Américains réfutent toute responsabilité
La coalition dirigée par les Etats-Unis pour combattre l'Etat islamique (Daech) a démenti les accusations selon lesquelles elle aurait conclu un accord avec les jihadistes de l'Etat islamique pour permettre à des centaines de ses membres de fuir Raqqa, l'ancienne capitale de l'EI. 
La BBC avait publié un long communiqué, lundi 13 novembre, accusant la coalition de fermer les yeux sur "l'accord secret" avec les forces alliées (en fait, les Forces Démocratiques Syriennes, une coalition arabo-kurde) qui ont permis aux combattants de l'EI et à leurs familles de s'échapper de Raqqa en convoi le mois dernier. 
Le gouvernement britannique a déclaré mardi que "l'arrangement avait été conclu par des partenaires locaux pour réduire les pertes civiles" dans la ville, qui a été reprise par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) soutenues par la coalition le 17 octobre. 
Le porte-parole du Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a déclaré que l'accord n'avait pas été conclu en toute confidentialité. 
"C'était une solution locale à un problème local. La Coalition n'était pas entièrement d'accord, mais a respecté la décision de notre partenaire", a-t-il dit. 
Le mois dernier, la coalition a publié une déclaration pour annoncer l'évacuation  mais avait pris soin de souligner que les FDS avaient conclu l'accord. 
"L'arrangement a été conçu pour minimiser les pertes civiles et exclut prétendument les terroristes étrangers de Daech alors que les gens piégés dans la ville continuaient de fuir la chute imminente de la soi-disant capitale de Daech", indique le communiqué. 
"Nous ne tolérons aucun arrangement permettant aux terroristes de Daech d'échapper de Raqqa sans faire face à la justice, et de refaire surface ailleurs", a-t-il ajouté. 
Selon le rapport d'enquête de la BBC, l'accord a permis à certains des membres les plus eminents de l'EI et à des douzaines de combattants étrangers de s'échapper avec des armes et des munitions et de s'échapper aussi loin que la Turquie. 
Le rapport est basé sur des entreviews avec des chauffeurs qui ont transporté les militants en toute sécurité dans un convoi de camions, d'autobus et de véhicules de l'EI. La BBC a présenté des images montrant les camions chargés d'hommes armés.
 
Vidéo (langue anglaise) du programme de la BBC affirmant que près de 4.000 membres de Daech et les membres de leur famille ont été autorisés par les FDS à quitter Raqqa. Par deux fois, le journaliste mentionne que parmi les jihadistes étrangers, les derniers "durs à cuire" à résister à Raqqa, se trouvaient des Français. A la fin du film, on entend clairement une femme jihadiste dire en langue française qu'ils allaient retourner en France pour la "vengeance" ("for the day of reckoning", traduit le journaliste anglais) :
  

Jean René Belliard

ptolemee@belliard74.com

14/09/2017

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