27/11/2017

Syrie : Nombreux civils tués dans des bombardements aériens du régime et de l'armée de l'air russe

Syrie 
 GhoutaOrientale
Le régime intensifie ses frappes contre la Ghouta orientale (Est de Damas) 
Les bombardements du régime syrien ont tué 23 civils, dimanche 26 novembre, dans la Ghouta orientale, une région rebelle située à l'est de Damas en proie à une grave crise humanitaire, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Assiégée depuis 2013 par le régime de Bachar el-Assad, la Ghouta orientale fait partie des quatre "zones de désescalade" mises en place cette année dans plusieurs régions du pays en vue d'instaurer une trêve durable. Malgré cela, le régime a intensifié depuis la mi-novembre ses frappes contre cette région - où quelque 400.000 habitants sont confrontés à de graves pénuries de nourritures et de médicaments. Les combats et les bombardements se sont intensifiés après une attaque des rebelles contre la base des véhicules blindés de l'armée située ans le même secteur.
Dimanche, les frappes aériennes du régime contre les localités de Mesraba et de Madyara ont tué 21 civils, tandis que des tirs d'artillerie sur la ville de Douma ont fait deux morts, selon l'OSDH.
"Le bilan pourrait être revu à la hausse en raison de blessés graves", a précisé le directeur de l'Observatoire, Rami Abdel Rahmane. Quatre enfants font partie des civils tués.
Les bombardements se sont poursuivis lundi 27 novembre : 14 morts
Lundi, des frappes aériennes et des tirs d'artillerie du régime sur plusieurs localités de la Ghouta orientale ont tué 14 civils, selon l'OSDH, au lendemain de la mort d'au moins 23 personnes dans des violences similaires.
Plus d'une centaines de morts au cours des 2 dernières semaines
Les raids meurtriers qui ont visé la Ghouta ces deux dernières semaines ont fait plus d'une centaine de morts, selon la même source. En représailles à ces frappes, les rebelles ont tiré des obus et des roquettes sur la capitale, faisant plusieurs morts.
L'ONU tire la sonnette d'alarme sur la situation humanitaire
L'ONU a récemment tiré la sonnette d'alarme sur la situation humanitaire dans la Ghouta, qualifiée "d'épicentre de la souffrance" en Syrie par un responsable onusien.

AlShafah
53 civils tués dans des raids aériens russes dans la province de Deir ez-Zhor, selon l'OSDH
Au moins 53 civils, dont 21 enfants, ont été tués, dimanche 26 novembre, par des frappes de l'aviation russe sur un village tenu par l'Etat islamique (Daech) dans l'est du pays, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Les raids aériens, menés à l'aube, ont frappé "des bâtiments résidentiels" dans le village d'Al-Shafah, sur la rive orientale du fleuve Euphrate, dans la province de Deir ez-Zhor, a déclaré l'OSDH. L'OSDH avait donné précédemment un bilan de 34 civils tués, dont 15 enfants. "Le bilan s'est accru après le déblaiement des débris au cours d'une longue journée d'opération de secours", a déclaré à l'AFP dans la soirée le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Ces raids aériens ont également fait 18 blessés, a-t-il dit.
La Russie dément
Le ministère de la défense russe a confirmé que des raids avaient été menés, les 25 et 26 novembre, par des bombardiers stratégiques Tu-22M3, mais dément avoir bombardé al-Shafah. Selon le ministère, les avions ont attaqué les positions des jihadistes de l'EI, leurs véhicules et les postes de commandement dans la vallée de l'Euphrate.
"Les avions russes n'ont pas mené de frappes à Al-Chafah dans la région de Deir Ez-Zor", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué cité par les agences russes, accusant l'OSDH de "falsification".
"Les frappes de l'armée russe en Syrie menées en dehors des villes visent uniquement des cibles des groupes terroristes internationaux", a affirmé le ministère, assurant vérifier ses cibles en Syrie "via plusieurs canaux".
La Russie, alliée du président syrien Bachar el-Assad, mène depuis septembre 2015 une opération militaire en Syrie qui a permis aux forces gouvernementales de reprendre progressivement du terrain aux groupes rebelles et aux jihadistes. L'aviation russe effectue dernièrement des raids pour aider les forces de Damas à reprendre aux jihadistes les derniers territoires qu'ils contrôlent.
Les Forces Tiger poursuivent le nettoyage de la rive occidentale de l'Euphrate
Les forces Tiger, une unité d'élite de l'Armée Arabe Syrienne (AAS) ont poursuivi le nettoyage de la rive occidentale du fleuve pour en chasser les jihadistes de l'EI. Les Forces Tiger ont pris le contrôle de Quraybih , Dablan, Wadi Fulaytah et Tall Tafran.  
Province de Deir ez-Zhor, un des derniers refuges de l'EI en Syrie
La province de Deir ez-Zhor, dans l'est du pays, est une des dernières régions de Syrie où les jihadistes de l'EI tiennent encore des territoires, après avoir été chassés de leurs principaux bastions syriens dont la ville de Raqqa, dont ils avaient fait la capitale de leur émirat autoproclamé. Cette province voisine de l'Irak et riche en pétrole a été à un moment presque entièrement tenue par l'EI, mais les jihadistes n'en contrôlent plus actuellement que 9 pour cent, selon l'OSDH.
Les jihadistes doivent faire face à deux offensives concurrentes
Les miliciens de l'EI sont confrontés depuis plusieurs mois dans cette province à deux offensives concurrentes, celle du gouvernement et celle d'une alliance arabo-kurde soutenue par Washington. Les forces gouvernementales ont récemment réussi à reprendre à l'EI son dernier fief urbain en Syrie, la localité de Boukamal, près de la frontière irakienne. Depuis plusieurs mois, des dizaines de civils ont été tués dans des frappes aériennes menées en appui à ces deux offensives.

Jean René Belliard

ptolemee@belliard74.com

21/11/2017

Rohani à Macron: Non ! L'Iran "ne cherche pas à dominer" le Moyen-Orient

Iran 
Rohani
Rohani à Macron: Non! l'Iran "ne cherche pas à dominer" le Moyen-Orient    
L'Iran "ne cherche pas à dominer" le Moyen-Orient, a déclaré mardi 21 novembre le président iranien Hassan Rohani à son homologue français lors d'un entretien téléphonique, selon un communiqué de la présidence iranienne.
"Notre présence en Irak et en Syrie est à l'invitation des gouvernements de ces pays pour lutter contre le terrorisme (...). L'Iran ne cherche pas à dominer (...) la région", a déclaré M. Rohani à son homologue français, quelques jours après que la France s'est inquiétée des "tentations hégémoniques" de Téhéran au Moyen-Orient.
"Notre objectif est d'œuvrer pour la paix et la sécurité et d'éviter le démembrement des pays de la région", a assuré le président iranien au cours de cet entretien. "Après Daech, il faut aussi lutter contre les autres groupes terroristes", a-t-il ajouté.
Le président français avait affirmé vendredi 17 novembre que la France souhaitait que "l'Iran ait une stratégie régionale moins agressive" et que soit clarifiée "sa politique balistique qui apparaît comme non maîtrisée". Le 16 novembre, son ministre des Affaires étrangères, en visite à Riyad, avait critiqué ce qu'il avait qualifié de "tentations hégémoniques" de Téhéran au Moyen-Orient.
Le président français, qui a annoncé son intention de se rendre en Iran dans le courant de l'année 2018, a dit vendredi sa volonté de "dialoguer" avec Téhéran.
Rohani à Macron : Le Hezbollah fait partie du peuple libanais
Le président iranien, Hassan Rohani, a insisté sur l'importance du Hezbollah, le mouvement chiite libanais politique et armé, que soutient Téhéran.
"Le Hezbollah fait partie du peuple libanais, il est très populaire dans ce pays et son armement est défensif et sert à contrer d'éventuelles attaques contre le Liban", a insisté M. Rohani. Et de poursuivre : "Nous devons maintenant faire en sorte que les mouvements libanais forment un gouvernement en toute sécurité pour le bien de leur pays".
 
Myard 
Point de vue de Jacques Myard  sur la politique "iranienne" du gouvernement français
Le Proche et Moyen-Orient, un chaudron explosif ! 
Tous les observateurs saluent l'initiative du Président Macron de recevoir à Paris Saad Hariri exfiltré d'Arabie-Saoudite, une opération qui tire une épine du pied de Riyad, mais qui peut provoquer des retours de bâton contre les intérêts français.
La situation au Proche et Moyen-Orient dépasse très largement la personne de Saad Hariri qui apparaît comme l'otage de multiples forces géostratégiques antagonistes.
Tout d'abord, il y a l'Arabie Saoudite qui accuse l'Iran de pousser ses pions partout dans la région, au Yemen, en Irak comme en Syrie.
Cette présence iranienne forte n'est pas inexacte - sauf au Yémen - mais elle est aussi le résultat des erreurs de Riyad et de Washington depuis plus d'une décennie, surtout en Irak et en Syrie.
Ensuite, face à cette situation, l'Arabie Saoudite semble même envisager une alliance avec Israël contre l'Iran avec le soutien de Trump. Le grand mufti d'Arabie Saoudite Abdelaziz al-Cheïkh a d'ailleurs lancé une fatwa appelant "les musulmans à s'allier avec les Juifs pour combattre le Hamas et le Hezbollah", il est évident que c'est l'Iran qui est visé.
Dans ces conditions, lorsque Riyad "démissionne" S.Hariri, c'est avant tout le Hezbollah qui est visé, lequel, de plus, est la bête noire des Israéliens. Le risque est majeur pour la stabilité du Liban. Le mouvement chiite libanais dispose d'au moins 60.000 miliciens armés et aguerris, toute attaque contre lui peut provoquer la reprise de la guerre civile au Liban.
Dès lors, les déclarations du ministre Le Drian à Riyad selon lesquelles la France est « inquiète » de la « tentation hégémonique » de l'Iran au Moyen-Orient est de nature à entraîner Paris dans un conflit où il n'y a que des coups à prendre ; l'Iran est incontournable pour la stabilité de la région et c'est aussi pour nos entreprises un grand marché.
A ce titre la France devrait aussi s'interroger sur les conséquences pour nos entreprises de la volonté du Prince héritier de lutter contre la corruption, une noble cause...
Pierre Conesa, très bon connaisseur de l'Arabie Saoudite, souligne à raison les risques de la purge engagée par Ben Salmane Saoud pour les entreprises européennes dont les affaires ont largement prospéré grâce à quelques princes compréhensifs, aujourd'hui en disgrâce...
Pour toutes ces raisons Paris devrait plus que jamais garder en mémoire la règle d'or en diplomatie de Talleyrand : "Pas de zèle, Messieurs !"
Jacques MYARD - Maire de Maisons-Laffitte - Membre Honoraire du Parlement
Président du Cercle Nation et République.

 

20/11/2017

Irak : 300 femmes et enfants étrangers de l'EI transférés à Bagdad avant expulsion vers leur pays

Irak 
femmesjihadistes
300 femmes et enfants étrangers de l'EI transférés à Bagdad avant expulsion vers leur pays    
Environ 300 femmes et enfants de jihadistes étrangers capturés à Mossoul, ancienne "capitale" irakienne de l'Etat islamique (Daech), ont été transférés du nord de l'Irak vers Bagdad, "en vue de leur expulsion vers leur pays", a indiqué lundi 20 novembre à l'AFP un responsable.
"Il s'agit de la deuxième vague et il y en aura encore deux ou trois autres", a précisé à l'AFP Noureddine Qablan, vice-président du Conseil provincial de Ninive. "Au total, plus de 1.200 membres de familles de jihadistes étrangers seront transférés" depuis le centre de rétention de Tel Keif, au nord de Mossoul, vers un centre de rétention de la capitale, a-t-il ajouté.
Un haut responsable de la sécurité irakienne avait indiqué mi-septembre, à l'arrivée de ces familles à Tel Keif, qu'il s'agissait de 509 femmes et 813 enfants appartenant à 13 nationalités d'Europe, d'Asie et d'Amérique. Une source au sein du gouvernement irakien avait précisé à l'AFP qu'environ 300 femmes étaient de nationalité turque. Selon l'ONG Norwegian Refugee Council (NRC), qui réclame "un accès humanitaire à ces femmes et ces enfants", ils sont surtout originaires de Turquie, d'Azerbaïdjan, de Russie et du Tadjikistan.
L'avenir des jihadistes capturés ainsi que de leurs familles fait l'objet de débats dans les pays d'origine.
Les jihadistes français prisonniers en Irak seront jugés en Irak, a par exemple récemment affirmé le ministre français des Affaires étrangères, ajoutant que les enfants seraient traités "au cas par cas".
En Syrie voisine toutefois, des responsables russes sont venus récupérer mi-novembre 13 femmes et 29 enfants tchétchènes dans la ville de Raqqa, ancienne "capitale" syrienne de l'EI reprise au groupe jihadiste en octobre.

Jean René Belliard