Relations Irak-USA

  • Irak: Bagdad menace de « revoir » ses relations avec Washington après des raids meurtriers

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    Le gouvernement irakien s’est dit lundi soir forcé de « revoir ses relations » avec les Etats-Unis après des raids aériens menés la veille par Washington contre des bases de combattants pro-Iran intégrés aux forces irakiennes et ayant fait au moins 25 morts. « Les forces américaines ont agi en fonction de leurs priorités politiques et non de celles des Irakiens », a dénoncé le gouvernement démissionnaire réuni en Conseil de sécurité réduit.
    Washington affirme avoir visé dimanche soir plusieurs bases des brigades du Hezbollah – une faction pro-Iran du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires formée pour lutter contre les jihadistes – pour mettre fin à une série d’attaques à la roquette ayant visé ses soldats et ses diplomates à onze reprises ces deux derniers mois.
    Mais, rétorque le communiqué du cabinet, « la protection de l’Irak, de ses bases militaires, des forces qui y sont présentes et des chancelleries relève de la responsabilité exclusive des forces de sécurité irakiennes ». De tels raids « violent la souveraineté de l’Irak » et « contreviennent aux règles d’engagement de la coalition » internationale présente en Irak sous commandement américain pour lutter contre les jihadistes, poursuit le texte. Ils « poussent l’Irak à revoir ses relations et son cadre de travail sur les plans sécuritaire, politique et légal pour protéger sa souveraineté ».
    En Irak, pris en étau depuis la chute de Saddam Hussein en 2003 entre ses alliés américain et iranien, des députés appellent régulièrement à dénoncer l’accord de coopération militaire irako-américain. Jusqu’ici, toutes ces tentatives ont fait long feu. Mais les frappes de dimanche soir ont suscité une indignation inédite, semblant pour un temps éclipser la révolte populaire qui va entrer dans son quatrième mois et dénonce le pouvoir à Bagdad et son parrain iranien.
    Lundi, dans la plupart des villes du sud de l’Irak, à Bagdad et à Kirkouk (centre), des manifestants ont brûlé ou piétiné des drapeaux américains, ont rapporté des correspondants de l’AFP.