Liban

  • Allo Allo oh Allo Beyrouth Min fadlak ya einaye

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    « Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas »

    Le Liban avait été le théâtre du premier round des guerres qui font rage depuis le début du XXIème siècle entre l’Islam et l’Occident. L’étincelle avait été le passage  d’un bus de fedayin dans les rues du quartier chrétien d’Aïn er-Remmané, un 13 avril 1975. Cet incident devait mettre le feu à la poudrière que constituait la présence armée de la résistance palestinienne dans les rues du Liban.

    L’Islam et la « gauche mondialiste » choisissait le camp de ceux qu’ils considéraient comme des « opprimés », c’est-à-dire le camp des réfugiés palestiniens, rejetant dans le camp des « nantis » et des « fachos » la communauté chrétienne libanaise.

    La guerre libanaise devait déboucher sur une progressive prise de conscience révolutionnaire de l’Islam ou préceptes coraniques, charia et revendications sociologiques se trouvaient mélangés. Des volontaires de tous les pays musulmans répondaient à un soi-disant appel au « jihad » et accouraient à Beyrouth pour prêter main forte au camp islamo-progressiste.

    Les dirigeants de l’islam chiite libanais étaient au début du conflit relativement neutres et ouverts au dialogue entre communauté chrétienne et camp sunnite. Il est vrai que l’islam chiite est une minorité confessionnelle, tout comme les chrétiens d’Orient. Mais vers la fin des années 70, les Chiites ont soudain repris le flambeau de la révolution islamique, bénéficiant du soutien du pouvoir alaouite qui régnait à Damas et de révolutionnaires islamiques iraniens venus s’entraîner à la guerre sur le sol libanais. Ce sont ces volontaires iraniens qui, aguerris dans les combats de rues à Beyrouth, sont revenus en Iran pour constituer le bras armé de la révolution islamique.

    L’Islamisme politique parvenu au pouvoir à Téhéran a très rapidement exprimé sa volonté d’universaliser sa révolution, développant une politique d’appui à tous les mouvements révolutionnaires chiites à travers le monde musulman, et notamment au Liban.

    Le Liban s’est retrouvé malgré lui, le théâtre du premier round du conflit entre communautés chiite et sunnite. Bénéficiant du soutien financier et militaire de Téhéran, le Hezbollah est devenu une organisation si puissante qu’aucune autre force politique n’est capable de s’y opposer, pas même l’Etat libanais.

    Le conflit chiite-sunnite s’est encore exacerbé après l’invasion de l’Irak par les forces de la coalition internationale menée par les Etats-Unis (2003). L’administration américaine de l’époque, encore choquée par les attentats jihadistes du 11 septembre 2001, voyait le mal partout et était bien décidée à le vaincre comme leurs aînés l’avaient fait après l’affront de Pearl Harbour par l’aéronavale japonaise en 1941.

    Le pouvoir de Saddam Hussein, le dictateur irakien, exerçait son pouvoir en s’appuyant sur la communauté sunnite, minoritaire en Irak. Les Américains mettront un terme à la prédominance sunnite, favorisant la majorité chiite.   Du coup, la communauté sunnite s’est révoltée, se radicalisant et se livrant à d’atroces représailles contre les chiites.

    D’Irak, le jihadisme sunnite s’est exporté dans un grand nombre de pays, de la région dans un premier temps, puis dans le reste du monde. Le monde vit désormais dans la hantise des attentats jihadistes.

    Les Chiites ne sont pas en reste. Les mouvements révolutionnaires chiites sont à l’œuvre en Syrie, au Liban, au Yémen et dans plusieurs pays du Golfe. L’Arabie saoudite, pilier de l’islam sunnite, se sent menacée depuis que l’Iran a démarré un programme nucléaire. Les Etats Unis tentent d’y mettre un terme à coups de sanctions économiques et embargo sur les livraisons iraniennes de pétrole. L’Iran réplique par des attaques de navires pétroliers ou de gisements de pétrole.

    Les pays occidentaux, et notamment la France, s’interrogent sur leur avenir avec l’arrivée massive de réfugiés musulmans des pays du Moyen Orient et du Sahel. Les débats sur le voile islamique prennent sur les plateaux de télévision un arrière-goût de guerre confessionnelle. Les partis se divisent. Il n’y a plus ni gauche ni droite. Il y a ceux qui refusent l’Islam et sa conception sociologique basée sur le Coran, qu’ils considèrent comme rétrograde et une menace pour les valeurs de l’Occident et il y a les autres qui pensent le contraire.

    On s’était habitué à voir le monde en noir et blanc, entre islamiste radicalisé ou non et laïcisme.

    Et soudain, il y a le mouvement de protestation libanais 

    Dans les rues de Beyrouth et des autres villes libanaises, on assiste médusé à la manifestation d’une foule immense, toute confession confondue. Il n’y a plus de Maronites, de Musulmans chiites ou sunnites, de Druzes, Grecs-orthodoxes ou catholiques. Il y a un ras-le-bol général contre la classe politique jugée incompétente dans son ensemble.

    L’étincelle parait insignifiante au départ : Le refus d’une taxe sur l’application de la messagerie cryptée Whatsapp. Insignifiante ? Par tant que cela. L’attachement des Libanais à Whatsapp a des raisons profondes. Quand la moitié des jeunes des quartiers chiites de Beyrouth doivent s’expatrier pour trouver un emploi dans les pays du Golfe ou en Afrique, le seul moyen de communication à bas prix entre les membres des familles restés sur place et les jeunes expatriés est précisément l’application Whatsapp.

    Une autre raison du mouvement de révolte contre la « taxe Whatsapp » tient au fait que plus personne ne fait confiance aux médias officiels. Les gens préfèrent trouver les informations sur Internet et les réseaux en ligne comme Facebook, Twitter ou Instagram. C’est d’ailleurs un phénomène mondial.

    Ces réseaux en ligne échappent par ailleurs aux milieux économico-politiques officiels. Ce que les médias qualifient souvent de « fake news » sont en fait des informations hostiles aux pouvoirs en place, qu’ils soient médiatiques, culturels ou politiques. Ces « fake news » représentent la plupart du temps un défoulement populaire, une opposition sans grand danger, tout au moins au Liban, pays encore démocratique malgré les menaces qui fusent de toutes parts.

    Et soudain, comme cela a été le cas en France avec le mouvement des gilets jaunes, l’opposition populaire, voire populiste, qui s’exprimait sur les réseaux sociaux, est brutalement descendue dans les rues de Beyrouth, de Tripoli et ailleurs.

    C’est l’affolement dans la classe politique. Jusqu’ici, la population libanaise se rangeait sagement dans les compartiments confessionnels qu’on lui avait aménagés. Les chiites devaient obéir au Hezbollah ou au Amal, les Chrétiens à Michel Aoun ou aux Forces Libanaises, et les Sunnites aux nombreux leaders de leur communauté.

    Or le mouvement de protestation qui a envahi les rues de Beyrouth n’obéit plus à ces leaders traditionnels. La rue se fout d’être chiite, sunnite ou chrétienne. Elle veut abattre tous ces leaders qu’elle accuse de corruption et d’incompétence.

    Quel avenir pour ce mouvement de contestation ?

    C’est toute la question. Comme dans le cas des « gilets jaunes », il n’y a pas de leaders, pas d’alternative politique claire hormis un rejet global de la classe dirigeante.

    Or, il y a fort à parier que dans les quartiers de Beyrouth, au Sud Liban ou à Tripoli, dans la montagne druze ou chrétienne, les leaders traditionnels vont mettre en mouvement leurs milices pour reprendre le contrôle des foules.

    Le vent de laïcisme ne sera-t-il qu’une tornade éphémère ou des alysés de la liberté ? Un nouveau printemps arabe et laïc est-il en train de montrer le bout de son nez ? L’avenir le dira mais en tout cas, les « confessional-ismes » viennent de prendre un sacré coup de vieux !

     

  • Liban: Bref échange de tirs de part et d’autre de la frontière entre le Hezbollah libanais et Israël

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    Un missile antichar a été tiré dimanche depuis le Liban vers le village d’Avivim, dans le nord d’Israël, a indiqué l’armée israélienne, alors que la tension a grimpé ces derniers jours entre les deux pays voisins.
    L’armée n’a pas fait état de blessés, ni fourni davantage de détails sur ce tir, mais a demandé à la population vivant à 4 kilomètres à l’intérieur de la frontière libanaise de rester chez elle et d’ouvrir les abris antibombes.
    Le Hezbollah affirme avoir détruit un véhicule militaire israélien
    Le Hezbollah a annoncé avoir « détruit » dimanche un véhicule de l’armée israélienne dans le secteur d’Avivim, dans le nord d’Israël, rapportant « des morts et des blessés », selon la chaîne al-Manar, organe de la formation chiite.
    « A 16h15 (13h15 GMT) », une unité de combattants du Hezbollah « a détruit un véhicule militaire sur la route menant à la caserne d’Avivim », dans le nord d’Israël frontalier du Liban, selon un communiqué du Hezbollah partagé par al-Manar.
    Israël riposte
    L’armée israélienne a affirmé dimanche mener des frappes dans le sud du Liban en représailles à des tirs de missiles antichars ayant touché des cibles sur son territoire.
    « Des missiles antichars ont été tirés depuis le Liban vers une base et des véhicules militaires. Des cibles ont été touchées. (L’armée) riposte avec des tirs vers la sources de ces frappes et cible le sud du Liban », a indiqué l’armée israélienne dans un communiqué.
    Israël a tiré « plus de 40 roquettes » de type incendiaire ou des munitions à fragmentation sur les environs de trois villages dans le sud du Liban, a indiqué dimanche l’armée libanaise sur son site internet. « Les forces de l’occupation israélienne ont visé les environs des localités de Maroun al-Ras, Aïtaroun et Yaroun avec plus de 40 roquettes à fragmentation ou incendiaire, ce qui a provoqué des incendies » dans ces secteurs, d’après le communiqué de l’armée.
    L’échange de tirs avec le Hezbollah « probablement terminé », selon l’armée israélienne
    Les échanges de tirs dimanche entre le Hezbollah et l’armée israélienne à la frontière entre les deux pays sont « probablement terminés » et n’ont fait aucune victime côté israélien, a indiqué l’armée israélienne.
    « L’échange de tirs est fort probablement terminé », a déclaré le porte-parole de l’armée Jonathan Conricus. Il a indiqué qu’une ambulance militaire israélienne avait été touchée mais qu’il n’y avait aucune victime côté israélien contrairement à ce que le Hezbollah libanais avait affirmé.
    Regain de tension entre Israël et le Hezbollah
    Ce tir intervient sur fond de tensions ces derniers jours entre Israël et le Hezbollah qui a accusé la semaine dernière l’Etat hébreu d’avoir mené des frappes de drones sur son fief dans la banlieue sud de Beyrouth. L’armée israélienne avait ensuite « dévoilé » un plan de l’Iran, via son allié du Hezbollah, visant à convertir des roquettes en missiles de précision pouvant frapper Israël et tenu pour « responsable » le Liban, le Hezbollah opérant sur son territoire.
    « Nous sommes déterminés à empêcher nos ennemis de posséder des armes de destruction (…) et je leur dis : +dir balak+ (Prenez garde, en arabe) », a déclaré jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, actuellement en campagne pour les législatives du 17 septembre qui s’annoncent âprement disputées.
    Son principal rival, l’ancien chef de l’armée Benny Gantz, a renchéri samedi soir sur Twitter en appelant le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à avoir « pitié » du Liban. « Ne pousse pas Tsahal (l’armée israélienne) à le ramener à l’Age de pierre », a-t-il écrit.
    Hariri demande l' »intervention » de Paris et Washington face à l’escalade
    Le Premier ministre libanais Saad Hariri a réclamé dimanche l' »intervention » de Paris et de Washington « face aux développements à la frontière sud », où des échanges de tirs ont lieu entre le Hezbollah et l’armée israélienne, selon un communiqué de ses services.
    M. Hariri s’est entretenu par téléphone avec le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et avec un conseiller du président français pour demander « l’intervention des Etats-Unis, de la France et de la communauté internationale face aux développements de la situation à la frontière sud », d’après le communiqué.

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  • Iran: l’AIEA confirme le dépassement de la limite autorisée d’uranium enrichi

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    L’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), chargée de vérifier l’application par Téhéran de l’accord nucléaire de 2015, a confirmé lundi que l’Iran avait dépassé la limite imposée à ses réserves d’uranium enrichi, selon un porte-parole de l’agence onusienne.
    « L’Agence a vérifié au 1er juillet que le stock total d’uranium enrichi a dépassé les 300 kilos » et le directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, en a informé le conseil des gouverneurs, a indiqué ce porte-parole dans une déclaration écrite peu après que Téhéran a annoncé le dépassement du plafond autorisé d’uranium enrichi à 3,67%.

    Liste des articles publiés sur Frontlive-Chrono le lundi 1er juillet 2019

    • Afghanistan : Au moins 6 morts, une cinquantaine d’écoliers blessés à Kaboul dans un attentat taliban – Abonnés
    • Irak : Six combattants de Daech tués dans le nord du pays – Abonnés
    • Iran: l’AIEA confirme le dépassement de la limite autorisée d’uranium enrichi – Article libre
    • Liban: Suite des affrontements interdruzes : des partisans d’Arslane coupent des routes à Aley – Abonnés
    • Libye : les forces de Haftar vont « bombarder massivement » Tripoli, selon un de leurs commandants – Abonnés
    • Syrie : L’attaque de l’armée de l’air israélienne en Syrie a fait 16 morts, dont six civils – Abonnés
    • Syrie : la coalition internationale dit avoir frappé el-Qaëda dans le Nord-Ouest – Abonnés