06/07/2018

Iran: Les États-Unis répondent aux menaces iraniennes de bloquer le détroit d’Ormuz

par Jean-René Belliard
le

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Les forces armées américaines protégeront la navigation internationale en cas de tentative de la part de la République islamique d’Iran d’arrêter les exportations de pétrole de la région du golfe Persique. Ces propos ont été tenus par le porte-parole du commandement central de l’armée américaine, Bill Urban.
« L’US Navy et ses alliés sont prêts à prendre les mesures nécessaires pour assurer la liberté de navigation et le commerce international sans entraves partout où le droit international l’exige », a-t-il déclaré.
Il s’agit d’une réponse aux déclarations belliqueuses des dirigeants iraniens selon lesquelles, en représailles à un embargo sur les exportations pétrolières iraniennes, le régime des ayatollahs empêcherait les autres pays de la région d’exporter leurs hydrocarbures.
S’exprimant à Berne le 2 juillet, le président de la République islamique d’Iran, Hassan Rohani, a fait une déclaration qui a été perçue comme une menace mal voilée.
« Les Américains disent qu’ils veulent complètement couper l’exportation du pétrole iranien, ils ne comprennent pas très bien ce qu’ils disent, ce ne sera pas tel que l’Iran ne pourra pas exporter de pétrole, et le reste de la région le pourra », a-t-il déclaré.
Le commandant de l’unité « Al-Quds », l’unité d’élite du Corps des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran, le Major général Qassem Souleimani a également affirmé que ses hommes étaient prêts à répondre aux sanctions américaines contre l’industrie pétrolière de l’Iran.
« Les Gardiens de la révolution sont prêts à mettre en œuvre des politiques qui empêchent l’exportation de pétrole par d’autres pays de la région,» a écrit Souleimani.

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05/07/2018

L’Iran menace: Si l’Iran ne peut plus exporter son pétrole, personne ne pourra

par Jean-René Belliardle

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L’ordre donné par le président Donald Trump aux pays européens de ne plus acheter de pétrole iranien, dans le cadre des sanctions économiques imposées par les Etats-Unis contre l’Iran, devrait avoir des conséquences sur les prix du pétrole et finalement frapper l’économie américaine. C’est ce qu’a déclaré le représentant iranien à l’OPEP Hussein Kazempur Ardebeli.
Le responsable iranien a conseillé de ne pas utiliser le pétrole comme une arme ou un instrument pour atteindre des objectifs politiques, selon Reuters.
De plus, toujours selon Reuters, le ministre du Pétrole iranien Bijan Zanganeh a écrit une lettre à son homologue des Emirats arabes unis, Suhail Al Mazrui, qui dirige l’OPEP, pour lui rappeler l’obligation de respecter les accords conclus au cours du mois passé. « Augmenter la production de l’un des pays est une violation des accords de l’OPEP », écrit-il.
La veille, le président iranien Hassan Rohani avait baptisé de tentatives insensées les appels à boycotter le pétrole iranien, particulièrement si le pétrole continue de couler dans la région. Une déclaration ambiguë qui pourrait laisser penser que l’Iran serait prêt à empêcher les exportations de pétrole des pays voisins. Lorsque Rohani a été interrogé si c’était bien ce qu’il avait voulu signifier lors d’une conférence de presse quelque moment plus tard, , il a refusé de commenter.
Mais dans le même temps, Kassem Souleimani, le commandant des forces spéciales « Al-Quds » au sein du CGRI, a déclaré que les gardes, étaient prêts à rendre impossible l’exportation de pétrole par les pays voisins si l’ordre leur était donné.

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09:21 Publié dans Frontlive-chrono, Hassan Rohani, Hormuz, Iran, Jean René Belliard, Pétrole, Qasem Souleimani | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | |

25/10/2017

Quel avenir pour le Yémen ? Par Jacques Myard

Yémen 

Quel avenir pour le Yémen ?
(Intervention de Jacques MYARD sur le Yémen au colloque international de l'Académie de Géopolitique de Paris le 18 octobre 2017 au Parlement européen à Bruxelles)
I - Caractéristiques du Yémen
Avant toute chose, il convient de rappeler les caractéristiques du Yémen, peu connu en Europe et en France en particulier.
C'est un pays de 527 970 Km2, il est presque aussi grand que la France
Population : 27 millions d'habitants
1800 tribus très actives. C'est donc un pays tribal avec tout ce que cela comporte de rivalités et d'alliances.
Son histoire est tourmentée et il a connu de très nombreux affrontements et guerres.
Abdallah Saleh, un berger, prend la tête du Yémen du Nord en 1978.
Le 22 mai 1990, Abdallah Saleh unifie le nord et le sud. La capitale est à Sanaa, le sud a un grand port maritime, ancienne base anglaise, Aden.
EN 1994, le sud fait sécession mais subit un échec militaire.
Sur le plan religieux, 30 à 40 % des Yéménites sont des chiites, zaydites, les Houthistes d'aujourd'hui du nom d'Hussein Al Houthi, tué en septembre 2004 par des frappes de la C.I.A.
65 à 70 % de la population est sunnite, néanmoins, les Zaydites, Houthistes et les Sunnites sont très proches sur le plan religieux et partagent des interprétations communes des règles religieuses. Il existe de nombreux mariages interreligieux.
Il ne s'agit donc pas d'une guerre entre Chiites et Sunnites. Les Houthistes habitants des montagnes du Nord du Yémen, guerriers aguerris, souhaitent une large autonomie et ont reproché au pouvoir central de les délaisser sur le plan économique.
Relevons qu'au sud, il existe désormais une forte présence d'Al Qaida en péninsule arabique (A.Q.P.A) ainsi que des éléments de l'Etat islamique (Daech) en raison de la faillite de l'Etat.
II - L'histoire du Yémen
L'histoire du Yémen est une histoire malheureusement faite de guerres dont les causes sont d'abord des rivalités tribales, les guerres sont déclenchées à partir de problèmes strictement internes au Yémen.
Les principales dates de ces multiples affrontements récents et de manière très résumée sont les suivantes :
2004 : Les Chiites, Zaydites dirigés par Hussein al Houthi se rebellent contre le pouvoir central de Sanaa
2005 : les Houthistes gagnent du terrain et se heurtent le long de la frontière nord à l'armée saoudienne.
L'Arabie saoudite effectue des frappes aériennes et accusent l'Iran d'aider les rebelles.
2011 : dans la vague du printemps arabe, en Tunisie et en Egypte, les Houthistes manifestent avec les étudiants pour contester le pouvoir du Président Ali Saleh qui réprime les manifestants mais se voit contraint de céder la pouvoir à son vice-président Rabbo Mansour Hadi qui devient Président et gagne les élections législatives.
2014 : Une conférence du dialogue internationale propose de faire du Yémen un Etat fédéral de 6 provinces ce qui donnerait aux Houthistes un territoire important plus vaste au sud mais les Houthistes refusent car ils exigent un accès à la mer.
Ils reprennent les combats et prennent Sanaa en septembre 2014 ainsi que la 3ème ville du pays en mars 2015, Taëz.
2015 : une coalition arabe dirigée essentiellement par l'Arabie saoudite, les Emirats arabes, et soutenus par les Etats-Unis, bombarde Sanaa. Le Président Hadi fuit Aden où il était réfugié pour l'Arabie saoudite.
2017 : les observateurs constatent les ravages d'une guerre oubliée ; malnutrition, développement du choléra, nombreuses victimes civiles femmes et enfants, notamment lors de la célébration d'un mariage et lors d'un office funéraire ce qui provoque une très forte émotion dans le monde et met en accusation l'Arabie saoudite, en 2015 et 2016.
III - Le Yémen victime des rivalités régionales
Ce qui était à l'origine un conflit interne et propre au Yémen, entre une région montagneuse délaissée par le pouvoir central, les Houthistes, et la capitale Sanaa où régnait en maître le Président Saleh ,au pouvoir depuis 40 ans, devient à partir de 2004 l'enjeu d'une guerre par procuration. L'intervention de l'Arabie saoudite voit dans les Houthistes des alliés religieux, des alliés de l'Iran ce qui est loin d'être prouvé.
Dès 2004, la C.I.A, dans des opérations clandestines, intervient en représailles de l'attentat du destroyer USS Cole et c'est au cours de ces opérations que Hussein al Houthi est tué.
En janvier 2013, un cargo transportant des armes qui auraient été commandité par l'Iran est arraisonné en mer. L'Arabie saoudite dénonce fortement l'intervention de l'Iran mais à la même époque, personne ne parle des bateaux turcs qui livrent des armes aux Frères musulmans au sud.
En mars 2015, c'est le jeune prince héritier saoudien ben Salmane Al Saoud, âgé de 30 ans alors, qui obtient du roi d'intervenir, de lancer des bombardements, opération «  tempête décisive » en formant une coalition avec les Emirats arabes unis, le Qatar, l'Égypte, le Soudan, le Maroc, la Jordanie, le Koweït et le Bahreïn.
Le Qatar est exclu de cette coalition en juin 2017, dans le conflit qui les oppose à l'Arabie saoudite. L'Emirat d'Oman reste sagement en dehors de cette coalition. A l'évidence, à ce stade, l'Arabie saoudite est obnubilée par l'Iran et en intervenant au Yémen, qu'elle considère comme son arrière-cour, elle voit, à tort la main de Téhéran dans ce qui est en réalité un conflit interne au Yémen.
On a dit plus haut que l'opération « tempête décisive » avait été initiée par le jeune dauphin du Roi, ben Salmane, fils de la dernière épouse du Roi, qui voulait se faire reconnaître comme un chef de guerre charismatique afin de conforter son assise en Arabie saoudite.
Selon des informations, ce va-t'en guerre serait contesté en interne par de très nombreux chefs tribaux d'Arabie saoudite qui lui sont hostiles.
IV Le Yémen à l'O.N.U
La situation au Yémen a fait l'objet de nombreuses résolutions au Conseil de sécurité agissant en application du chapitre VII de la charte des Nations unies qui confère au Conseil de sécurité la possibilité de prendre des sanctions, voire user de la force militaire pour rétablir la paix.
La résolution 21-40 du 29 février 2014 a institué un comité, article 19, fixant des sanctions afin notamment de sanctionner les livraisons d'armes aux rebelles. Le Président Hadi est toujours aux yeux de la communauté internationale, le Président légitime même s'il n'a plus d'influence.
En parallèle, la résolution soutient la conférence du dialogue national sans exclusion comme le prévoit le Conseil de Coopération du Golfe afin de rédiger une nouvelle constitution établissant un État fédéral.
La résolution 22-14 du 14 avril 2015 reprend les dispositions de la résolution précédente tout en renforçant les sanctions à l'encontre notamment d'Abdallah Saleh, l'ancien Président, et soutient toujours le Président Hadi installé à Ryad.
A l'évidence, les décisions du Conseil de Sécurité apparaissent décalées par rapport aux réalités.
La « communauté internationale » part du principe que le seul Président légitime est le Président Hadi alors même qu'il n'a plus le contrôle du terrain et est rejeté par les Yéménites. De surcroît Al Qaida et des éléments de l'Etat islamique sont très présents dans le sud du Yémen.
V - Quelles solutions pour le Yémen
Il faut souligner qu'il y a une urgence, celle de pouvoir envoyer au Yémen des médicaments et de la nourriture pour faire face à la situation sanitaire déplorable notamment la propagation du choléra. Sur ce point précis, les États de l'Union européenne devraient se mobiliser et exiger des belligérants, la mise en place d'une intervention humanitaire.
De plus, il convient de reconsidérer la nature de cette guerre oubliée : les interventions extérieures essentiellement celles de la coalition internationale menée par l'Arabie Saoudite a transformé ce conflit interne en conflit international voyant dans les Houthis une tête de pont de l'Iran alors même qu'aucun combattant iranien ne se trouve au Yémen ce qu'attestent tous les experts.
Le premier pas pour aller à la paix est bien l'arrêt de l'intervention de la coalition internationale dirigée par l'Arabie saoudite avec le soutien des Etats-Unis.
La constitution d'un Etat fédéral est certainement la solution pour régler les problèmes des Yéménites entre eux à la condition toutefois, que les Houthistes puissent être satisfaits en ayant un accès à la mer. Pourquoi ne pas leur accorder et en donnant aussi satisfaction également à l'Arabie Saoudite qui souhaite pouvoir vendre son pétrole grâce à un oléoduc qui pourrait transiter par la province d'Hadramaout pour gagner le golfe d'Aden sans passer par le détroit de Bab-el-Mandeb qu'elle ne contrôle pas ?
Enfin, certains experts estiment d'une part que le Président Hadi n'a plus aucune chance d'être reconnu comme le Président légitime des Yéménites et que le fils de l'ancien Président Saleh, Ambassadeur retenu en résidence surveillée à Abu-Dhabi, Mohamed ben Abdellah Saleh pourrait être un candidat accepté par l'ensemble des Yéménites.
C'est d'ailleurs aux seuls Yéménites de décider de leur propre gouvernement en dehors de toute intervention étrangère mais en attendant une solution politique, il est urgent d'intervenir sur le plan humanitaire, le choléra et la famine gagnent du terrain chaque jour.