29/08/2017

Le ministre de la Défense israélien dénonce les "colonies sauvages" en Cisjordanie

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a dénoncé mardi 29 août les colonies "sauvages" construites en Cisjordanie occupée, contredisant ainsi apparemment les propos du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui a exclu la veille tout démantèlement de colonies.
Israël fait une distinction entre les colonies reconnues - ayant obtenu les autorisations nécessaires, notamment du ministère de la Défense - et celles "sauvages" - érigées par des colons, sans permis -.
Mais la Cisjordanie est un territoire occupé par l'Etat hébreu depuis 1967 et au regard du droit international, toutes les colonies sont illégales.
Cité par la radio militaire, M. Lieberman a estimé devant des journalistes que les implantations sauvages "ont provoqué d'importants dégâts pour la colonisation".
Lundi, M. Netanyahu avait en revanche laissé entendre que les colonies étaient légitimes, sans établir de différence entre celles "légales" ou "sauvages".
"C'est notre terre. Nous sommes revenus ici (en Cisjordanie) pour rester pour de bon. On ne déracinera plus d'implantation sur la terre d'Israël", a prévenu le Premier ministre lors d'un discours tenu dans une colonie de Cisjordanie.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, en visite à Ramallah en Cisjordanie, a pour sa part répété mardi que la colonisation, c'est-à-dire les implantations civiles israéliennes en territoires occupés, était "illégale" au regard du droit international et constituait "un obstacle majeur" dans la recherche de la paix.
M. Lieberman a également dénoncé une loi soutenue par le gouvernement permettant à Israël de s'approprier en Cisjordanie occupée des centaines d'hectares appartenant à des propriétaires privés palestiniens afin de légaliser des colonies "sauvages". Ce texte a été gelé par la Cour suprême le 18 août.
Selon lui, cette loi permettrait de légaliser a posteriori 2.000 maisons et bâtiments construits sur des terrains palestiniens, mais également "10.000 maisons" construites illégalement par des Palestiniens.
Le ministre de la Défense s'en est par ailleurs pris aux extrémistes israéliens qui se livrent à des agressions anti-palestiniennes en les qualifiant "d'anarchistes" et "d'idiots" qui portent eux aussi atteinte à la colonisation.
Depuis des années, des activistes ou des colons se livrent en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés, sous le label du "prix à payer", à des agressions et des actes de vandalisme contre des Palestiniens, des Arabes israéliens, des lieux de culte musulmans et chrétiens, ou même l'armée israélienne.

19:38 Publié dans Avigdor Lieberman, Binyamin Netanyahou, Cisjordanie, Israel, Palestiniens | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

23/08/2017

Liban : Camp palestinien d'Aïn el-Héloué : Alternance de combats et de cessez-le-feu

Camp palestinien d'Aïn el-Héloué : Alternance de combats et de cessez-le-feu 
Un calme précaire régnait mercredi 23 août en début d'après-midi dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn el-Héloué, à la lisière de Saïda, après un énième cessez-le-feu entré en vigueur à midi, à l'issue de sept jours de combats quasi-ininterrompus. Toutefois, des tirs sporadiques et des jets de grenades étaient toujours signalés.
Mercredi matin, d'intenses affrontements s'étaient déroulés dans la rue Fouqani, au niveau de Ras el-Ahmar et Safsaf. Peu avant midi, les combats se sont intensifiés, et plusieurs habitations situées dans le secteur de Tiri étaient en proie aux flammes en raison des tirs de roquettes.
Cinq personnes ont été blessées mercredi à l'intérieur du camp, dont deux combattants du Fateh. Non loin de là, deux membres du service de la Sécurité de l'Etat libanais ont été blessés par des balles perdues devant le Sérail de Saïda.
Depuis le début des affrontements, deux personnes ont été tuées, et plus d'une dizaine d'autres ont été blessées.
Durant la nuit, la tension était palpable, après une journée de combats entre groupuscules islamistes et force conjointe de sécurité (composée notamment du Fateh). Des tirs de roquettes, des lancers de grenades, des rafales d'armes automatiques se faisaient entendre dans la rue Fouqani.
Un cessez-le-feu négocié entre le Fatah et le Hamas 
Le dernier cessez-le-feu est le résultat d'une réunion entre le Hamas et le Fateh à l'ambassade de Palestine à Beyrouth. Une autre réunion s'est tenue à midi au siège de la force conjointe à l'intérieur du camp, afin d'assurer l'arrêt des hostilités. L'accord prévoit le début du cessez-le-feu, mercredi à midi, puis le déploiement total de la force conjointe de sécurité dans le secteur de Tiri et le recours à des éléments armés du Fateh en cas de besoin.
Dans l'après-midi, des membres de la force conjointe ont débuté leur déploiement dans le quartier de Tiré, à l'intérieur du camp. Ces forces sécuriseront d'abord les zones de Safsaf et du marché aux légumes.
Le Fatah ne cèdera pas de terrain aux Islamistes
Selon des informations rapportées par l'agence al-Markaziya, le Fateh a reçu le feu vert de son commandement à Ramallah de poursuivre les combats à Aïn el-Héloué, et cela pour contrer les jihadistes qui gagnent, petit à petit, du terrain. Des miliciens du Fateh venus d'autres camps du Liban se sont joints à ceux de Aïn el-Héloué pour les aider dans leur bataille.
Les responsables sécuritaires libanais veulent l'anéantissement des jihadistes dans le camp 
Une source palestinienne a souligné à al-Markaziya que « le Fateh a mis en place une salle d'opérations militaire pour gérer les combats d'une façon plus efficace jusqu'à ce que les groupes fondamentalistes du camp soient anéantis ». « Les responsables sécuritaires libanais sont intransigeants, ils veulent que le camp de Aïn el-Héloué finisse avec les jihadistes », ajoute-t-on de même source. 
150 jihadistes se battent contre le Fatah 
Plus de 150 fondamentalistes se battent actuellement contre la branche armée de l'OLP à Aïn el-Héloué. Ils appartiennent à diverses factions fondamentalistes du camp et n'adhèrent pas - contrairement au Hamas et à Osbat al-Ansar - au comité conjoint chargé de la sécurité à Aïn el-Héloué. On compte parmi ces fondamentalistes de nombreux hors-la-loi libanais comme Abed Foda et Chadi Maoulaoui qui ont pris part aux combats à Tripoli opposant les habitants de Bab el-Tebbané à ceux de Jabal Mohsen.  
Les deux leaders islamistes, Bilal Arkoub et Bilal Badr 
Les deux leaders islamistes Bilal Arkoub et Bilal Badr restent, eux, recherchés par les forces palestiniennes.
Bilal Badr est un militant palestinien recherché qui avait déjà affronté en avril les forces de sécurité locales, et les combats avaient fait neuf morts. Il est suspecté de "terrorisme" et d'appartenir à un groupe armé, selon un responsable de sécurité libanais. Il refuse de se rendre aux forces de sécurité palestiniennes pour être remis aux autorités libanaises.
La force conjointe de sécurité - qui rassemble les principales factions palestiniennes, dont le Fateh et le Hamas - cherche depuis des mois à limiter l'influence du groupe Badr.
Le Camp d'Aïn el-Héloué 
Le camp d'Aïn el-Héloué, où vivent 61.000 Palestiniens, dont 6.000 venus de Syrie, abrite différents groupes armés et il est régulièrement le théâtre d'affrontements entre les principales organisations et des groupuscules extrémistes qui s'y sont implantés au fil des années.
Mesures anti-jihadistes dans le camp de Beddaoui (Liban nord)
Le comité chargé de la sécurité du camp palestinien de Beddaoui a demandé aux habitants de ne pas louer des maisons, des appartements ou des chambres à de nouveaux venus avant de déposer une demande et de recevoir l'accord du comité. Cette mesure a été prise pour préserver la stabilité du camp et éviter d'éventuels débordements sécuritaires. 
 
Jean René Belliard

 

07/07/2017

L'Unesco reconnaît la vieille ville d'Hébron en tant que site "d'une valeur universelle exceptionnelle"

L'Unesco reconnaît la vieille ville d'Hébron en tant que site "d'une valeur universelle exceptionnelle"
(De notre correspondant en Israël, Nathan R.)Tombeau_du_Patriarche.jpg
Le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a déclaré, vendredi 7 juillet, la vieille ville de Hébron (al-Khalil) et le Caveau des Patriarches (Haram al-Ibrahimi), en Cisjordanie, "zones protégées", en tant que sites "d'une valeur universelle exceptionnelle".
La question de son inscription sur la liste du patrimoine mondial est l'enjeu d'un affrontement acerbe entre Israéliens et Palestiniens. Douze membres du Comité réuni à Cracovie, dans le sud de la Pologne, ont voté pour l'inscription, six se sont abstenus et trois ont voté contre. Vue l'abstention, la majorité requise était de dix voix.
Un vote secret mais à la vue de tous
La Pologne, la Croatie et la Jamaïque avaient exigé un scrutin secret. Certains participants au sommet se sont opposés à cette décision. Naturellement, le représentant d'Israël Carmel Shama-Cohen, était farouchement contre.
En fin de compte, le vote a bien été secret, mais à la vue de tous.
La demande de reconnaissance de la vieille ville de Hébron et de la Cave du  du Patriarche comme patrimoine culturel palestinien avait été déposée par les représentants de l'Autorité Palestinienne (AP). Dans le document, les autorités palestiniennes avaient justifié leur demande par le fait que la zone était menacée, et qu'Israël infligeait des dommages aux propriétés situées dans la vieille ville de Hébron. Mais ce qui était sous-jacent c'était la reconnaissance de Hébron comme ville musulmane.
Déjà, le 4 juillet, le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO avait voté une résolution niant la souveraineté d'Israël sur la Vieille Ville de Jérusalem et condamnant les fouilles dans la partie historique de la ville. Le Burkina Faso, la Jamaïque, les Philippines avaient voté contre. L'Angola, la Croatie, la Finlande, le Pérou, la Pologne, le Portugal, la Corée du Sud, et la Tanzanie s'étaient abstenus. La résolution avait été soutenue par dix pays: l'Azerbaïdjan, l'Indonésie, le Liban, la Tunisie, le Kazakhstan, le Koweït, la Turquie, le Vietnam, Cuba et le Zimbabwe.  
Une "décision délirante", selon Netanyahu
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a qualifié vendredi de "délirante" la décision de l'UNESCO de déclarer la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie, comme "zone protégée" du patrimoine mondial, en tant que site "d'une valeur universelle exceptionnelle".
"Une autre décision délirante de l'UNESCO. Cette fois-ci, ils ont estimé que le tombeau des Patriarches à Hébron est un site palestinien, ce qui veut dire non juif, et que c'est un site en danger", a déclaré M. Netanyahu dans une vidéo diffusée par ses services et mise en ligne sur sa page Facebook. L'UNESCO a également placé Hébron sur la liste du patrimoine en péril.
L'UNESCO- Une organisation biaisée par Avigdor Lieberman
Pour le ministre de la défense d'Israël, Avigdor Lieberman : "L'UNESCO est une organisation politiquement biaisée impliquée dans une position antisémite tristement célèbre. Elle prend régulièrement des résolutions scandaleuses Aucune résolution de cette organisation absolument hors de propos n'a d'impact sur le droit historique multi-millénaire du peuple juif à la grotte des Patriarches et à ses terres. J'espère que, grâce à notre ami et allié, les États-Unis, le financement de cette organisation sera abandonné. De même, cette décision prouve une nouvelle fois que l'Autorité Palestinienne ne souhaite pas la paix, mais seulement l'incitation et de dénigrement d'Israël sur la scène internationale ".

Jean René Belliard

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