10/07/2017

Irak : Mossoul - L'armée tente d'éliminer l'ultime poche de résistance des jihadistes

Mossoul : L'armée tente d'éliminer l'ultime poche de résistance des jihadistes
Les forces irakiennes tentaient lundi 10 juillet d'éliminer l'ultime poche de résistance des jihadistes de Daech à Mossoul après la visite du Premier ministre dans la ville dévastée, où il a félicité les troupes pour la "victoire". Haider al-Abadi a toutefois prévenu dimanche soir 9 juillet qu'il ne proclamerait officiellement la libération totale de l'ancien bastion du groupe Etat islamique (EI) qu'une fois que les derniers jihadistes auront été éliminés.

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Les jihadistes refusent de se rendre - Ils veulent mourir
De "violents" affrontements étaient en cours lundi dans le réduit d'environ 200 m sur 100 m où sont retranchés les derniers jihadistes dans la vieille ville, selon le général Sami al-Aridhi, un des commandants des forces d'élite du contre-terrorisme (CTS). "Ils (les jihadistes) n'acceptent pas de se rendre. Ils crient +Nous ne nous rendrons pas, nous voulons mourir", a-t-il ajouté. Mais "les opérations sont dans leur phase finale" et "il est probable que (les combats) se terminent aujourd'hui", a-t-il jugé.
3.000 à 4.000 civils seraient toujours dans la poche des jihadistes
Le général Aridhi a indiqué que ses troupes avaient été renseignées sur la présence d'entre 3.000 et 4.000 civils dans la poche jihadiste mais ce chiffre n'a pas pu être confirmé de source indépendante.
On fête la victoire à Bagdad
Dimanche, le Premier ministre Abadi avait jugé la victoire "certaine" et chargé les forces de sécurité d'établir la sécurité dans la ville et de la débarrasser des mines et explosifs.
A Bagdad, sur la place Tahrir, des habitants ont fêté dans la nuit de dimanche à lundi la reprise de la deuxième ville d'Irak par les forces irakiennes, soutenues dans leur offensive de près de neuf mois par la coalition internationale dirigée par Washington.
Et à Mossoul :
Vidéo :
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L'Etat islamique l'affirme : "Les villes ne sont pas libérées, elles sont détruites"
Communiqué de Dar al-Malahim du 8 juillet :

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Il est un fait que la victoire à Mossoul a été obtenue au prix de la vie de soldats et civils, d'une crise humanitaire énorme et de destructions colossales, spécialement dans la vieille ville.
Des photos montrent l'ampleur des dégâts dans la vieille ville. Plus un toit ne semble tenir en place, nombre de bâtiments sont complètement aplatis et des coupoles sont percées de trous d'obus, laissant présager que la reconstruction prendra du temps.
Des milliers de personnes vont rester déplacées pendant des mois
Près d'un million de civils ont fui la ville depuis le début de l'offensive et 700.000 d'entre eux sont toujours déplacés, selon l'ONU. Et même si la majorité d'entre eux souhaitent rentrer chez eux au plus vite, il est peu probable que leur retour soit possible avant longtemps car la vaste majorité des habitations sont détruites, fortement endommagées, quand elles ne sont pas truffées de pièges explosifs mortels. Les infrastructures étant détruites, la plupart des quartiers sont privés d'eau et d'électricité.
"Il est probable que des milliers de personnes vont devoir rester déplacées pendant plusieurs mois", a prévenu le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) lundi 10 juillet dans un communiqué. "Beaucoup n'ont de plus maison et les services de base comme l'eau et l'électricité, ainsi que les infrastructures comme les écoles et les hôpitaux, ont besoin d'être reconstruits ou réparés", a expliqué le HCR.
Des ONG demandent à la communauté internationale de soutenir la reconstruction
Vingt-huit organisations humanitaires présentes en Irak, dont Oxfam et Save the children, ont publié un communiqué demandant aux autorités de ne pas forcer les déplacés à rentrer chez eux et exhortant la communauté internationale à soutenir la reconstruction.
L'Iran a déjà promis d'aider à la reconstruction
L'Iran, qui soutient certaines milices chiites irakiennes dans le combat contre l'EI, a déjà proposé à Bagdad son aide pour la reconstruction de villes d'où les jihadistes ont été chassés au terme de violents combats, comme Mossoul, Tikrit, Ramadi et Fallouja.
La prise de Mossoul ne signifie pas le coup de grâce pour l'Etat islamique
La prise des derniers quartiers de Mossoul ne signifie pas le coup de grâce pour l'Etat islamique qui détient toujours des portions de territoires en Irak, et des secteurs plus importants encore en Syrie, même s'il a également perdu du terrain dans ce pays depuis 2015 et que son fief de Raqqa est assiégé par des forces soutenues par les Etats-Unis. Le groupe ultraradical conserve également les capacités de mener des attentats à la bombe meurtriers.

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Jean René Belliard

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06/07/2017

Irak : Les familles des jihadistes participent aux combats dans la vieille ville de Mossoul

Les familles des jihadistes participent aux combats dans la vieille ville de Mossoul
Mossoul, qui a été déclarée libérée deux fois, est toujours le théâtre d'intenses combats entre environ 300 jihadistes de l'Etat islamique et les forces de sécurité irakiennes.
"Les troupes du Service de lutte antiterroriste sont à 100 mètres de la rivière Tigre dans la région d'al-Midan". L'État islamique n'oppose aux forces antiterroristes que des kamikazes et des snipers. Dix jihadistes kamikazes, équipés de vestes explosives ont été tués par les forces antiterroristes dans la région d'al-Midan.
Les familles des jihadistes participent aux derniers combats
(de notre correspondant en Irak)
Le problème auquel est confronté l'armée est que les combats opposent désormais les familles des jihadistes dans leur dernier carré. Les militaires ont rapporté être désormais confrontés à des femmes et même à des enfants qui seraient en fait les familles des jihadistes.
"Les femmes se battent avec leurs enfants juste à côté d'eux", a déclaré le lieutenant-général Sami al-Aridi alors qu'il était informé par un officier détenant une tablette contenant des images drone.
"Cela nous fait hésiter à utiliser les frappes aériennes et à avancer. Si ce n'était pas à cause de cela, nous pourrions avoir fini en quelques heures".
Mais pour un autre officier du poste de commandement, il n'y a qu'à utiliser l'artillerie, ce qui ne nécessite pas l'approbation de la coalition dirigée par les États-Unis. "Ils sont tous Daech, il suffit de les tuer tous", a déclaré le commandant.  
"Pour un enfant, même si son père est un criminel, qu'est-ce qu'il a fait ?" A déclaré Al-Aridi.
"Dans le même temps, mes hommes continuent de subir des pertes. Nous avons eu des blessés aujourd'hui".
Les femmes mèneraient également des attentats suicides contre des forces irakiennes. Trois jeunes femmes kamikazes, se cachant parmi des civils en fuite, ont tué au moins trois soldats au cours de la semaine passée.
Encore 20.000 civils dans les zones de combat
Dans les quelques enclaves de la vieille ville encore entre les mains des jihadistes, se trouveraient encore environ 20 000 civils.

Jean René Belliard

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30/06/2017

Des religieux de l'Etat islamique reconnaissent leur défaite à Mossoul et la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi

Des religieux de l'Etat islamique reconnaissent leur défaite à Mossoul et la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi
Abou Baraa al-Mawseli, l'un des principaux dirigeants de l'État islamique et le chef adjoint pour le secteur de Tal Afar, à l'ouest de la province, a prononcé un sermon lors de la prière du vendredi dans lequel il a reconnu la défaite de l'Etat islamique à Mossoul.
Abou Baraa a également déclaré que Tal Afar devenait «le siège temporaire du califat».
Dans un autre sermon dans la même ville, Abou Qutaiba, un autre assistant principal du chef suprême de l'Etat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, a éclaté en sanglots lorsqu'il a parlé de ce dernier dans son prêche. Il aurait alors marmonné quelques mots suggérant la mort de Baghdadi, selon un témoin de la scène.
Les spéculations et Les rapports contradictoires sur sa survie et l'endroit où il pourrait se trouver n'ont pas cessé au cours de ces dernières années. Dernièrement, le ministère de la Défense russe a affirmé qu'il était sûr de sa mort à 100%.

Jean René Belliard

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