17/09/2015

Que viennent faire les Russes dans la galère syrienne ? - 17 septembre 2015

Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 11 septembre 2015
Jean René Belliard, auteur de "Beyrouth, l'enfer des espions", publie une newsletter quotidienne accessible aux abonnés uniquement. Elle donne chaque jour un résumé des principaux évènements qui se déroulent au Moyen Orient et en Afrique du nord, rédigé à partir des informations réunies sur place par une quinzaine de correspondants. Ci-après un extrait de la newsletter du jeudi 17 septembre.
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11/08/2015

Newsletter de Jean René Belliard sur le Moyen Orient et l'Afrique du nord

Réflexions :
Nord de l'Irak
Le front au nord de l'Irak semble s'être stabilisé entre une zone kurde contrôlée par les Peshmergas et une zone sunnite aux mains des Jihadistes de l'Etat Islamique. Peu d'activités militaires dans ce secteur et peu, pour ne pas dire pas de bombardements de la coalition internationale dans la région.
Témoin de cette léthargie du front, les Chrétiens irakiens, menés par un évêque, se sont mis à prier dans un monastère proche du front car ils ont compris que seules les prières, et non pas les miliciens kurdes, sont leur dernier espoir de rentrer dans leurs maisons de Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne du nord de l'Irak avant l'invasion des Jihadistes de l'Etat Islamique (Daech).
Falloujah / Ramadi
Les seules activités militaires ont lieu entre l'armée irakienne soutenue par les milices chiites et l'Iran contre les Jihadistes de l'Etat Islamique autour de Baiji et dans les secteurs de Falloujah et Ramadi, comme si on avait l'intention d'élargir la zone de sécurité autour de Bagdad en repoussant au maximum le danger jihadiste.
Province de Hama en Syrie : Une autre preuve que quelque chose se trame
On a assisté ces derniers jours à un curieux recul des forces pro-gouvernementales dans la région de Hama. L'armée syrienne, appuyée par des milliers de gardiens de la Révolution Islamique d'Iran et de miliciens du Hezbollah, affronte dans ce secteur les rebelles de Jeich al-Fateh.
Or, le commandant en chef des forces pro-gouvernementales engagées sur ce front sont précisément commandées par un général Iranien, le général Iffari. Il avait remplacé le chef d'état-major de l'armée syrienne dans la région d'Edleb, le général Jamal Younis. Ce dernier avait été démis de ses fonctions à la suite de la débâcle de l'armée syrienne qui avait perdu la province d'Edleb au printemps 2015.
Or, on a assisté dans la plaine d'al-Ghab à un retrait pur et simple de forces pro-gouvernementales malgré le fait qu'elles disposaient d'une puissance considérable et qu'elles étaient appuyés par de nombreux Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran (CGRI), notamment les fameuses forces spéciales iraniennes de la Force al-Qods, par les miliciens chiites libanais du Hezbollah et d'autres miliciens chiites d'Irak et d'Afghanistan.
Pourquoi ces forces pro-gouvernementales ont-elles aussi facilement abandonné le terrain ?
On sait que l'Iran défend l'idée de retrancher l'armée syrienne derrière une ligne de front s'étendant de Lattaquié à Damas en passant par Homs et le sud de Hama, ceci pour s'assurer le contrôle de ce que les Iraniens ont appellé "la Syrie utile". Dans l'idée de l'Etat-major iranien, la " Syrie utile" a l'avantage de s'adosser au Liban et de contrôler le grand port de Lattaquié et l'aéroport de Damas, deux infrastructures indispensables pour transporter hommes et matériel vers le sud Liban, à la frontière avec Israël.
Tout le monde semble d'accord pour diviser l'Irak et la Syrie...sauf les Turcs et les Syriens
Pourquoi s'entêter quand on sait que les frontières de ces deux Etats ont été artificiellement tracées par les puissances coloniales ?
Iraniens, Saoudiens, Américains et Russes semblent être entrés dans un round de négociations tous azimuts comme si ces deux superpuissances et les deux puissances régionales majeures avaient l'intention de mettre un terme aux conflits qui ravagent l'Irak et la Syrie.
Alors le résultat de toutes ces manœuvres militaires et négociations ne serait-il pas de se résoudre à diviser l'Irak et la Syrie en une zone kurde, une zone chiite (voire alaouite et chrétienne) et une zone sunnite.
Le califat islamique s'assagit ou disparait
Pour cette dernière, soit les puissances en question font comprendre au gouvernement du Califat islamique (au sein duquel on trouve de nombreux officiers supérieurs de Saddam Hussein)  qu'on pourrait le laisser gérer son califat comme il l'entend, avec la Charia et tutti quanti, ou alors les foudres de l'enfer s'abattront sur lui sous les formes les plus diverses :bombardements intensifs ou révolte des tribus sunnites contre l'EI.
Turcs et Syriens pas d'accord
Les Turcs, on s'en doute, sont carrément hostiles à la naissance d'une nation kurde à leur porte qui pourrait menacer une partie de leur territoire. Ils l'ont vertement fait savoir à leurs alliés américains, aux Russes et aux monarchies arabes. La mauvaise humeur des Turcs n'est pas à prendre à la légère car ils ont une capacité considérable de nuisance dans la région.
Le pouvoir syrien n'est pas non plus d'accord d'abandonner le contrôle sur de larges portions de son territoire, et notamment la ville d'Alep comme le veulent les Iraniens. Quelques signes ont montré qu'ils pourraient se rebeller contre cette décision. C'est ainsi qu'il faut interpréter le soudain déplacement du général Ali Mamelouk à Jeddah où il a rencontré le ministre de la défense saoudien, le prince Mohammad Ben Selman. Une visite qui n'a pas du faire plaisir à Téhéran :
En tout état de cause, affaire a suivre...
 

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Jean René Belliard

24/06/2015

24 juin 2015 – Blog d’informations sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord

Algérie

Deux Islamistes tués à Tizi Ouzou
Les violences impliquant des islamistes armés, qui ont ensanglanté l'Algérie durant la guerre civile des années 1990, ont considérablement baissé mais des groupes restent actifs notamment dans le centre-est du pays, où ils s'en prennent généralement aux forces de sécurité.
Lundi 22 juin, encore deux islamistes armés ont été tués par l'armée algérienne à Tizi Ouzou, à plus d'une centaine de kilomètres à l'est d'Alger.
"Un détachement de l'Armée nationale populaire a abattu deux terroristes hier (lundi 22 juin) à la suite d'une embuscade tendue près de la localité de Tiguenatine à Azzeffoun", a indiqué le ministère dans un communiqué sur son site internet.
Un fusil d'assaut kalachnikov, un pistolet automatique de type Beretta et une quantité de munitions ont été saisis lors de cette opération.
Avec cette opération, le nombre d'islamistes armés tués depuis le début de l'année 2015 par les militaires s'élève à 61. Plus de 100 islamistes armés avaient été tués en 2014, selon l'armée.

Arabie saoudite

Airbus Helicopters vend 23 appareils à l'Arabie saoudite
La France récolte les fruits de son rapprochement avec les monarchies arabes !
Airbus Helicopters va vendre 23 appareils au ministère saoudien de l'Intérieur pour 500 millions d'euros et l'Arabie saoudite va lancer un projet d'étude pour l'implantation de deux réacteurs nucléaires français EPR, a annoncé mercredi 24 juin le ministère français des Affaires étrangères.
D'autres accords industriels ont été scellés à Paris lors de la première réunion de la "Commission conjointe franco-saoudienne", présidée par le chef de la diplomatie française et le ministre saoudien de la Défense, Mohamed Ben Salmane.

Front irakien : l’Etat Islamique cible des tribus sunnites

Haditha (province sunnite d'al-Anbar)
Une tribu sunnite, celle des Jughaifa, est  actuellement assiégée dans la ville de Haditha dans la province sunnite d'all-Anbar. L'Etat Islamique vient de lui lancer un ultimatum par lequel il lui demande de déposer ses armes ou de subir une "destruction totale".
 
Province de Diyala - attaque kamikaze contre un rassemblement de chefs de la tribu al-Nida
Quatorze personnes ont été tuées lors d'une attaque suicide, mardi 23 juin, contre un rassemblement de chefs tribaux sunnites dans le secteur de Baladrouz, dans la province de Diyala, au nord-est de Bagdad. L'attaque a été revendiquée par l'Etat islamique (EI).
La plupart des victimes appartiennent à la tribu Al-Nida". L'Etat Islamique a précisé que l'attaque kamikaze avait été réalisée par un Tadjik.
L'importante tribu al-Nida, basée dans la province de Diyala, avait aidé les forces gouvernementales à repousser les combattants de l'EI hors de sa région.
La province de Diyala avait été reprise par les forces loyalistes en janvier 2015 après qu'elle ait été occupée par les Jihadistes de l'Etat Islamique lors de leur fulgurante offensive lancée en juin 2014. Ces derniers continuent néanmoins d'y mener des attaques isolées.

Iran

Les trois "non" de l'Ayatollah Khamenei, le guide suprême iranien
Le guide suprême de la République Islamique d'Iran, l'Ayatollah Sayed Ali Khamenei a réaffirmé mardi 23 juin les "lignes rouges" de l'Iran dans les négociations nucléaires, exigeant la levée "immédiate" des sanctions économiques de l'ONU et des Etats-Unis en cas d'accord, et réitérant son refus de toute inspection des "sites militaires".
L'ayatollah Sayed Khamenei, qui a le dernier mot dans le dossier nucléaire, a fait cette déclaration devant l'ensemble des dirigeants du pays, y compris le président Hassan Rohani.
"Toutes les sanctions économiques, financières et bancaires, qu'elles soient celles du Conseil de sécurité ou du Congrès et gouvernement américains, doivent être annulées immédiatement au moment de la signature de l'accord et les autres sanctions doivent être levées dans des laps de temps raisonnables", a-t-il dit.
Le numéro un iranien a aussi exprimé sa méfiance à l'égard de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
"L'annulation des sanctions ne doit pas être liée à l'application par l'Iran de ses engagements. Ne dites pas : appliquez vos engagements puis (attendez) que l'AIEA le certifie pour que les sanctions soient levées. Nous n'acceptons en aucune manière une telle chose".
Sayed Khamenei a également réitéré son opposition aux "inspections non conventionnelles, à l'interrogatoire des personnalités iraniennes et à l'inspection des sites militaires".
Rappelons que la France et le Royaume-Uni ont affirmé lundi que tout accord devait comprendre un accès "si c'est nécessaire" à des sites militaires.
"Contrairement aux insistances des Américains, nous n'acceptons pas des limitations de longue durée de 10, 12 ans et nous leur avons dit combien d'années de limitation nous sommes prêts à accepter", a déclaré encore l'ayatollah Khamenei.
Khamenei a également insisté sur la poursuite de la recherche et du développement pendant une telle période.
Cette déclaration a été faite alors que le matin, le parlement avait adopté une loi visant à préserver "les acquis et les droits nucléaires" du pays.
Le numéro un iranien a également apporté son soutien aux négociateurs nucléaires en les qualifiant d'hommes "intègres, qui ont de l'honneur et du courage".
"En Iran, tout le monde, moi-même, le gouvernement, le parlement, la justice, les services de sécurité et les forces armées, nous voulons un bon et juste accord qui garantit la grandeur du pays et est conforme aux intérêts de l'Iran", a-t-il poursuivi.

Israël

Une roquette tirée sur Israël depuis la bande de Gaza
Une roquette tirée depuis la bande de Gaza et visant Israël a explosé mardi soir vers 22h (heure locale) sur un terrain vague à proximité de la frontière vers Hof Ashkelon, sans faire de blessé ni de dommage.
Quelques minutes plus tôt, l'alerte aux missiles avait retenti dans plusieurs localités israéliennes frontalières de la bande de Gaza.
Israël a redéployé mi-juin une batterie anti-missiles Dôme de fer dans plusieurs localités du sud, dont Ashkelon, Ashdod, Nétivot et Rehovot, dans le centre du pays, à environ 30 km de Tel Aviv.

L'armée de l'air israélienne a riposté sur la bande de Gaza
L'armée de l'air des FDI (Forces de Défense Israéliennes) a riposté au tir d'une roquette dans la nuit du 23 au 24 juin. Un drone a détruit la position à partir de laquelle elle avait été tirée. Celle-ci se trouvait dans le quartier d'al-Kurman, près de Beit Hanoun, au nord de la bande de Gaza. Pour la première fois, l'armée de l'air israélienne n'a pas répliqué sur des cibles du Hamas, comme elle en avait l'habitude.

Lynchage de blessés syriens
La police israélienne a annoncé avoir procédé dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 juin à une série d'arrestations dans la communauté druze après le lynchage de deux blessés syriens transportés en Israël pour être soignés.
Deux blessés syriens avaient été lynchés lundi soir dans la partie du Golan annexée par Israël par une foule de 150 à 200 druzes convaincus qu'ils étaient des rebelles pouvant s'en être pris à des druzes en Syrie. L'un est mort et l'autre a survécu dans un état critique à ce lynchage, précédé dans la matinée d'une autre attaque contre une ambulance.
"La police poursuit ses opérations liées aux investigations et a procédé à un certain nombre d'arrestations dans la nuit", a déclaré à l'AFP un porte-parole, Micky Rosenfeld.
Neuf personnes ont été arrêtées selon les médias israéliens.
 
Les Pisteurs de Tsahal
L'Unité des Pisteurs est l'une des plus importantes de Tsahal. Sa mission est de répondre à la menace toujours plus importante qui pèse sur la frontière Sud d'Israël. Ils sont entraînés pour répondre à des situations complexes, comme par exemple poursuivre une douzaine de "terroristes" ayant infiltré Israël par surprise. Ce type de chasse à l'homme diffère totalement de celle plus classique visant à retrouver un homme seul.
La plupart du temps, leur mission se déroule dans des zones urbaines pleines de maisons et d'allées piégées, de tunnels et d'infrastructures de stockage d'armes. La disposition urbaine, dans laquelle les infrastructures de l'adversaire sont situées, au milieu de zones résidentielles très peuplées, représente un immense défi pour la navigation des membres de l'unité des pisteurs.
Les pisteurs ont appris à localiser et identifier les tunnels , ainsi qu'à combattre dans les tunnels eux-mêmes. "Le terrain ici est fragile et imprévisible, vous pourriez marcher dessus sans vous rendre compte qu'un tunnel est construit juste sous vos pieds. C'est toute l'importance du travail des pisteurs", explique le commandant Rabia Suaad, Commandant de la Division Régionale des Pisteurs.

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L'Unité des Pisteurs de Tsahal est composée de quelques centaines de combattants, la plupart d'entre eux issus de la communauté bédouine et qui ont joint l'armée en tant que volontaires.
Toute activité opérationnelle dans la Division de Gaza exige un travail de prévention où les pisteurs vérifient le terrain, où pourraient être dissimulés des engins explosifs ou des tunnels. Chaque petit changement sur le territoire demande un travail d'investigation. Ils peuvent parfois découvrir des traces de pas en provenance de Gaza. Pour cette raison, il est primordiale que les traqueurs soient les premiers sur le terrain.
Les traqueurs mènent des missions tous les jours, quelque soit la météo, équipés de leurs armes, appareils militaires mais surtout leur sens ultra développé. Même avec les progrès techniques, le sens des pisteurs est irremplaçable, en particulier sur le champ de bataille. "J'appelle ça le sixième sens des pisteurs," dit le commandant Rabia Suaad. " Une personne ordinaire ne saurait faire la différence, dans une chambre, entre un câble électrique ordinaire et un câble relié à un engin explosif.

Liban

Bombardements de l'armée dans le jurd de Ras Baalbeck
Mercredi 24 juin, l'armée libanaise a bombardé par intermittence le jurd de Ras Baalbeck (Békaa), ciblant à l'artillerie lourde des positions jihadistes.
Les accrochages sont fréquents dans le jurd de Ras Baalbeck depuis presqu'un an déjà, à l'instar de ce qui se produit dans le jurd d'Ersal.
 
Les habitants sunnites d'Ersal appellent l'armée à l'aide
Les habitants d'Ersal, une localité sunnite de la Bekaa, ont à nouveau appelé, au cours d'une conférence de presse, mercredi 25 juin, l'armée à se déployer dans la ville "pour interpeller tous les rebelles armés présents" dans la localité.
"Les habitants d'Ersal ne sont pas des marchandises et veulent vivre dignement", ajoutent-ils.
Au début du mois de juin, le gouvernement libanais avait souligné qu'il n'y avait "aucune limite à l'action que l'armée pourrait entreprendre dans le jurd d'Ersal afin de le libérer" des groupes jihadistes. Cette position était intervenue en pleine querelle au Liban sur l'opportunité pour l'armée de lancer une offensive sur les hauteurs d'Ersal.

Front syrien

Imminence d'une offensive rebelle pour prendre Deraa (sud syrien)
Mohammed Alloush, un chef rebelle a annoncé le début de l'offensive pour «libérer» la ville de Deraa, à proximité de la frontière jordanienne
Il a fait cette annonce sur son compte Twitter
"Oh Dieu, aide nos frères pour qu'ils commencent la libération de la ville de Deraa," a-t-il écrit.
Les rebelles contrôlent déjà la majorité de la province de Deraa, après avoir pris des territoires ce printemps le long de la frontière jordanienne et capturé la base militaire de la Brigade 52 de l'Armée Arabe Syrienne - la deuxième plus grande base militaire de Syrie.

Des centres de commandement en Turquie et en Jordanie
Les récents succès militaires des forces rebelles, leurs nouveaux équipements militaires, notamment leurs canons, la profusion de missiles antitanks TOW et antiaériens Manpad témoignent du fait que les rebelles syriens bénéficient depuis quelques mois d'une assistance externe et exécutent une stratégie cohérente avec des phases offensives et des phases de consolidation des fronts.
Il y a actuellement deux fronts qui bénéficient de cette nouvelle organisation : le front du nord avec la création d'une coalition de brigades rebelles qui a pris le nom de Jeich al-Fateh (l'armée de la conquête) et une coalition plus ancienne au sud, connue sous le nom de Jabhat al-Janoubiya (le Front du sud).

Un centre de commandement à Diyarbakir (Turquie) pour le nord syrien
Pour ce qui concerne les rebelles du nord, un centre de commandement a été établi dans la grande base aérienne turque de Diyarbakir. Cette base abrite également l'un des plus grands centres de la CIA dans un pays étranger. Des officiers turcs, américains, saoudiens, qataris et naturellement rebelles syriens travaillent ensemble. Ce sont eux qui décident des opérations à venir, les planifient, fournissent armes et munitions et paient les salaires des combattants.

Un centre de commandement au nord d'Aman (Jordanie) pour le sud syrien
Le centre de commandement de la rébellion au sud se trouve en Jordanie, au nord d'Aman. Il regroupe des officiers jordaniens, américains, saoudiens, qataris, britanniques et rebelles syriens.

Le choix des brigades : un choix difficile
Le choix des brigades rebelles pour constituer ces coalitions n'a pas été facile et a fait l'objet d'âpres discussions, notamment entre Arabes et Occidentaux. Huit groupes principaux font actuellement partie de ces coalitions. Certains ont été inclus par nécessité, malgré leur caractère islamiste évident. Parmi les huit groupes on trouve : l'Armée Syrienne Libre (ASL), la brigade Sayf al-Islam (le glaive de l'Islam), le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie), Ahrar esh-Sham (un groupe islamiste coopérant souvent avec le Front al-Nosra), et Ajnad esh-Sham (les soldats du Levant). Tous ces groupes ont participé à la prise de la province d'Edleb.

Vers la phase finale - la prise de Damas ?
En ce qui concerne le sud, les groupes se recomposent selon les besoins et la nature des populations locales. C'est ainsi qu'une nouvelle coalition appelée Jeich al-Hermon.  Les miliciens de Jeich al-Hermon ont lancé, depuis mercredi 17 juin, une vaste offensive contre les forces de l'armée syrienne dans les secteurs de Quneitra et le mont Hermon bordant Israël. Son objectif est de capturer le QG de la 68e Brigade de l'armée syrienne basée à Khan al-Shih. Cette position commande la principale autoroute Quneitra-Damas. Sa capture donnerait aux rebelles un accès à la banlieue sud de Damas et à la Ghouta occidentale, encerclant ainsi les forces loyalistes qui protègent la capitale. La guerre civile syrienne entrerait alors dans une nouvelle phase qui pourrait bien être la phase finale.

L'affaire de la base aérienne d'al-Thalah - un exemple d'autorité du commandement
La semaine dernière, un groupe de ces milices a occupé des parties de la base aérienne d'al-Thalah, près de la capitale druze de Soueida. La progression des rebelles a aussitôt jeté un vent de panique parmi le demi-million de Druzes syriens habitant la région. L'agitation druze s'est étendue aux Druzes israéliens. Le centre de commandement situé en Jordanie a aussitôt ordonné l'arrêt de l'offensive contre la base aérienne et demandé aux miliciens de se retirer hors de la base. Et pour s'assurer qu'ils allaient bien être immédiatement obéis, ils les ont menacés de les priver de la moitié de leur salaire mensuel s'ils ne reculaient pas. La menace a immédiatement été suivie d'effet. Autre exemple d'autorité : le massacre de 23 Druzes au nord de la Syrie par un groupe du Front al-Nosra commandé par un Jihadiste tunisien. Le commandement situé sur la base de Diyarbakir (Turquie) a mis en demeure de punir les coupables. Le Front al-Nosra a obéi.
Il faut dire que la situation des Druzes syriens est suivie personnellement par le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, le ministre de la Défense, Moshe Ya'alon, et le Chef d'état-major israélien, le lieutenant général Gady Eisenkott. Ce que craignent les autorités israéliennes, c'est de voir des masses de Druzes se ruer vers la frontière israélienne. Le commandement américano-arabo-turc a entendu le message.
 
L'Etat islamique mène plusieurs attaques kamikazes en Syrie
 
Damas
Près de Damas, au moins 13 civils ont été tués dans un attentat à la voiture piégée contre une mosquée à l'heure de la prière. L'attentat a eu lieu dans la ville d'al-Tall, une localité située à 15km au nord de Damas. La ville fait partie de ces villes et villages de la province de Damas qui ont signé avec le pouvoir une trêve. Selon ces accords, les rebelles sont positionnés à l'intérieur des localités tandis que l'armée syrienne est cantonnée à l'extérieur sans combattre.
L'attentat contre la mosquée d'al-Tall a eu lieu alors que les fidèles sortaient du bâtiment après la prière du soir.

Hassaké
Capitale de la province du même nom, au nord est de la Syrie, la ville de Hassaké est divisée entre une zone contrôlée par les forces loyalistes et une zone contrôlée par les miliciens kurdes de l'YPG.
L'EI avait lancé le 30 mai 2015 une offensive pour tenter de capturer la ville mais avait été mis en échac après de violents combats avecl'armée et les forces kurdes.
Mardi 23 juin, les Jihadistes de l'Etat Islamique ont lancé une triple attaque kamikaze contre ses adversaires à Hassaké. Un premier attentat a été mené par trois kamikazes contre une caserne militaire au centre-ville. Un deuxième a été exécuté par un kamikaze contre un barrage de l'armée près d'un hôpital d'enfants. Ces deux attentats auraient provoqué la mort de 10 soldats et blessé 16 autres. La troisième attaque suicide a visé une position Assayech (forces de sécurité kurdes) dans le nord de la ville. L'attentat a causé d'énormes dégâts aux immeubles et usines dans la zone, sur un rayon de 300 mètres, mais aucun bilan n'était disponible.
 
Village alaouite de Jub al-Jarah (nord-est de Palmyre)
Les Jihadistes de l'Etat Islamique ont tenté d'investir le village alaouite de Jub al-Jarah, un village situé dans la province de Homs, au nord-est de Palmyre. Les Islamistes ont donné l'assaut tôt le mercredi 24 juin et de violents combats s'en sont suivis. 19 combattants de l'EI auraient été tués, ainsi que trois partisans loyalistes. Six personnes ont été blessées dont un enfant et deux femmes. 

Front yéménite

Violents raids de la coalition arabe
L'aviation de la coalition conduite par l'Arabie saoudite a lancé, dans la nuit du mardi 23 au mercredi 24 juin, ses plus violents raids depuis le début du ramadan contre des positions des rebelles au Yémen.
Les cibles visées se situent dans les régions de Saada, fief des rebelles dans le nord du pays, Hijja, région frontalière de l'Arabie saoudite, Hodeida (ouest), al-Baïda (centre), Lahj et Aden, dans le sud du pays.
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A Chaqra, une  localité de la région de la province d'Al-Baïda, un attentat à la voiture piégée a visé un rassemblement de rebelles, faisant de nombreux morts parmi eux. On ne connait pas pour l'instant le bilan précis.
A Aden, la deuxième ville du Yémen, les combats n'ont pas cessé entre Houthis et partisans du président Abd Rabbo Mansour Hadi. Quatre civils, dont deux femmes, ont été tués et plusieurs autres blessés dans ces combats. Ces victimes viennent s'ajouter à la quarantaine de personnes, dont de nombreux civils, qui ont péri dans les combats dans le sud lundi 22 et mardi 23 juin. 

Jihadisme international

Australie
Au moins 110 nationaux australiens sont partis combattre dans les rangs de l'EI en Irak et en Syrie. Plus de trente seraient revenus en Australie. L'un d'eux avait suscité la répulsion et la colère en Australie lorsqu'il avait twitté une photo de son jeune fils portant la tête d'un soldat syrien décapité. Khaled Charrouf, né à Sydney de parents libanais, avait quitté l'Australie en 2013 pour se battre en Syrie et en Irak aux côtés du groupe État islamique (EI). Il aurait récemment été porté disparu lors de combats en Irak. On ignore pour l'instant s'il est mort ou non. 
 
Allemagne
Un nombre croissant de femmes originaires d'Allemagne se rendent en Syrie et en Irak pour combattre dans les rangs de l'Etat islamique, a déclaré mercredi le chef de l'Office fédéral de protection de la constitution (BfV).
Hans-Georg Maasen, qui dirige cette agence de renseignement agissant sur le sol allemand, a déclaré à la presse avoir constaté une hausse spectaculaire du nombre de jeunes femmes âgées de moins de 25 ans quittant l'Allemagne pour rejoindre les insurgés.
Selon lui, sur les 700 Allemands présents sur le terrain, une centaine sont des femmes, âgées de moins de 25 ans pour près de la moitié d'entre elles. "Nous avons observé une hausse du nombre de femmes qui cèdent aux recruteurs, que ce soit par le biais d'internet ou par des contacts directs", a dit Hans-Georg Maasen qui évalue à près de 7.500 le nombre de sympathisants de l'Etat islamique présents en Allemagne.
Une centaine de combattants partis d'Allemagne ont été tués au combat, a-t-il dit, et le nombre de morts a fortement augmenté depuis le début de l'année 2015.
Près d'un tiers de ceux qui ont quitté le territoire allemand sont revenus depuis et une cinquantaine d'entre eux auraient acquis une expérience du combat.
 
La Turquie remet trois Jihadistes "français" à la France
Un homme de 31 ans et deux femmes de 18 et 21 ans ont été expulsés de Turquie vers la France.
Originaire de Roubaix (Nord), la femme de 18 ans a été arrêtée à son retour de Syrie, où elle dit avoir subi des violences. Une enquête préliminaire avait été ouverte vendredi par la section antiterroriste du parquet de Paris.
L'autre jeune femme, âgée de 21 ans, est originaire de Saint-Etienne. Elle était partie en début d'année en Syrie, où elle est restée près de trois mois.
Les deux femmes sont actuellement entendues par les policiers de la sous-direction anti-terroriste (SDAT).
Après son arrivée, l'homme était placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte en novembre 2014. 

Jean René Belliard