22/11/2017

Esclavage en Libye: Paris demande une "réunion expresse" du Conseil de sécurité de l'ONU

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Esclavage en Libye: Paris demande une "réunion expresse" du Conseil de sécurité de l'ONU
La France demande une réunion "expresse" du Conseil de sécurité des Nations unies au sujet de la vente de migrants africains comme esclaves en Libye, a annoncé mercredi 22 novembre le ministre français des Affaires étrangères.
"La France a décidé ce matin de demander la réunion expresse du Conseil de sécurité des Nations unies pour aborder cette question. Elle le fait comme membre permanent du Conseil de sécurité, elle a la capacité de le faire et nous le faisons", a-t-il souligné devant l'Assemblée nationale.
La France qualifie de "crimes contre l'Humanité" les faits d'esclavage en Libye
Le président français a pour s part qualifié de "crimes contre l'Humanité" les ventes de migrants africains comme esclaves en Libye, exposées par la chaîne américaine CNN.
"La dénonciation par la France est sans appel" et il faut que "nous puissions aller beaucoup plus loin pour démanteler les réseaux" de trafiquants, a-t-il déclaré après une rencontre avec le président de la Guinée et de l'Union africaine, Alpha Condé.
"Ce qui s'est passé (en Libye) est scandaleux (...) inacceptable", a jugé ce dernier, qui est aussi président en exercice de l'Union africaine (UA).
Pour le président français, "ce qui a été révélé" par CNN "relève bien de la traite des êtres humains. C'est un crime contre l'Humanité".
Ce trafic "nourrit les délinquances les plus graves" et "les réseaux terroristes", "génère 30 milliards d'euros par an, touche malheureusement 2,5 millions de personnes - et 80% des victimes sont des femmes et des enfants", a-t-il ajouté.
Il a confirmé l'annonce, faite par le chef de la diplomatie française  un peu plus tôt, que la France prenait "l'initiative au Conseil de sécurité" de l'ONU en demandant une réunion sur ce sujet.
"Je souhaite que nous puissions aller beaucoup plus loin dans la lutte contre les trafiquants qui commettent de tels crimes et coopérer avec tous les pays de la région pour démanteler ces réseaux", a-t-il ajouté, en appelant à l'adoption de "sanctions contre les trafiquants".
La semaine dernière, un documentaire choc de la chaîne de télévision américaine CNN avait exposé l'existence de ventes d'esclaves près de Tripoli, vivement dénoncé en Afrique et en Europe.
Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d'une impunité totale en Libye, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l'Italie qui se trouve, à 300 kilomètres des côtes libyennes.  

 

18:57 Publié dans Alpha Condé, Esclavage en Libye, France, Guinée, LeDrian, Libye, Macron, ONU | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |

21/11/2017

Rohani à Macron: Non ! L'Iran "ne cherche pas à dominer" le Moyen-Orient

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Rohani à Macron: Non! l'Iran "ne cherche pas à dominer" le Moyen-Orient    
L'Iran "ne cherche pas à dominer" le Moyen-Orient, a déclaré mardi 21 novembre le président iranien Hassan Rohani à son homologue français lors d'un entretien téléphonique, selon un communiqué de la présidence iranienne.
"Notre présence en Irak et en Syrie est à l'invitation des gouvernements de ces pays pour lutter contre le terrorisme (...). L'Iran ne cherche pas à dominer (...) la région", a déclaré M. Rohani à son homologue français, quelques jours après que la France s'est inquiétée des "tentations hégémoniques" de Téhéran au Moyen-Orient.
"Notre objectif est d'œuvrer pour la paix et la sécurité et d'éviter le démembrement des pays de la région", a assuré le président iranien au cours de cet entretien. "Après Daech, il faut aussi lutter contre les autres groupes terroristes", a-t-il ajouté.
Le président français avait affirmé vendredi 17 novembre que la France souhaitait que "l'Iran ait une stratégie régionale moins agressive" et que soit clarifiée "sa politique balistique qui apparaît comme non maîtrisée". Le 16 novembre, son ministre des Affaires étrangères, en visite à Riyad, avait critiqué ce qu'il avait qualifié de "tentations hégémoniques" de Téhéran au Moyen-Orient.
Le président français, qui a annoncé son intention de se rendre en Iran dans le courant de l'année 2018, a dit vendredi sa volonté de "dialoguer" avec Téhéran.
Rohani à Macron : Le Hezbollah fait partie du peuple libanais
Le président iranien, Hassan Rohani, a insisté sur l'importance du Hezbollah, le mouvement chiite libanais politique et armé, que soutient Téhéran.
"Le Hezbollah fait partie du peuple libanais, il est très populaire dans ce pays et son armement est défensif et sert à contrer d'éventuelles attaques contre le Liban", a insisté M. Rohani. Et de poursuivre : "Nous devons maintenant faire en sorte que les mouvements libanais forment un gouvernement en toute sécurité pour le bien de leur pays".
 
Myard 
Point de vue de Jacques Myard  sur la politique "iranienne" du gouvernement français
Le Proche et Moyen-Orient, un chaudron explosif ! 
Tous les observateurs saluent l'initiative du Président Macron de recevoir à Paris Saad Hariri exfiltré d'Arabie-Saoudite, une opération qui tire une épine du pied de Riyad, mais qui peut provoquer des retours de bâton contre les intérêts français.
La situation au Proche et Moyen-Orient dépasse très largement la personne de Saad Hariri qui apparaît comme l'otage de multiples forces géostratégiques antagonistes.
Tout d'abord, il y a l'Arabie Saoudite qui accuse l'Iran de pousser ses pions partout dans la région, au Yemen, en Irak comme en Syrie.
Cette présence iranienne forte n'est pas inexacte - sauf au Yémen - mais elle est aussi le résultat des erreurs de Riyad et de Washington depuis plus d'une décennie, surtout en Irak et en Syrie.
Ensuite, face à cette situation, l'Arabie Saoudite semble même envisager une alliance avec Israël contre l'Iran avec le soutien de Trump. Le grand mufti d'Arabie Saoudite Abdelaziz al-Cheïkh a d'ailleurs lancé une fatwa appelant "les musulmans à s'allier avec les Juifs pour combattre le Hamas et le Hezbollah", il est évident que c'est l'Iran qui est visé.
Dans ces conditions, lorsque Riyad "démissionne" S.Hariri, c'est avant tout le Hezbollah qui est visé, lequel, de plus, est la bête noire des Israéliens. Le risque est majeur pour la stabilité du Liban. Le mouvement chiite libanais dispose d'au moins 60.000 miliciens armés et aguerris, toute attaque contre lui peut provoquer la reprise de la guerre civile au Liban.
Dès lors, les déclarations du ministre Le Drian à Riyad selon lesquelles la France est « inquiète » de la « tentation hégémonique » de l'Iran au Moyen-Orient est de nature à entraîner Paris dans un conflit où il n'y a que des coups à prendre ; l'Iran est incontournable pour la stabilité de la région et c'est aussi pour nos entreprises un grand marché.
A ce titre la France devrait aussi s'interroger sur les conséquences pour nos entreprises de la volonté du Prince héritier de lutter contre la corruption, une noble cause...
Pierre Conesa, très bon connaisseur de l'Arabie Saoudite, souligne à raison les risques de la purge engagée par Ben Salmane Saoud pour les entreprises européennes dont les affaires ont largement prospéré grâce à quelques princes compréhensifs, aujourd'hui en disgrâce...
Pour toutes ces raisons Paris devrait plus que jamais garder en mémoire la règle d'or en diplomatie de Talleyrand : "Pas de zèle, Messieurs !"
Jacques MYARD - Maire de Maisons-Laffitte - Membre Honoraire du Parlement
Président du Cercle Nation et République.