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  • Syrie: Des membres de Daech, prisonniers des Kurdes, révèlent le fonctionnement des cellules dormantes

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    Des membres de l’Etat islamique emprisonnés par les FDS à al-Hasakah ont révélé leurs plans au cas où ils réussiraient à s’échapper lors d’un entretien exclusif avec l’envoyé d’Al-Hadath en Syrie, Rola al-Khatib. Au cours de l’interview, les prisonniers de l’Etat islamique ont également révélé « la manière dont fonctionnent leurs cellules dormantes ».
    Un détenu de l’Etat islamique a déclaré à Al-Hadath qu’il se trouvait dans une autre prison où des jihadistes turcs ont tenté de s’échapper avec des collègues, mais ils n’ont pas réussi.
    « Si je sors de prison, je continuerai à me battre jusqu’à la mort. Je combattrai les milices et les forces américaines et non américaines jusqu’à la mort, qu’il s’agisse d’une victoire ou d’un martyre », a déclaré l’un des membres de l’Etat islamique.
    Un autre prisonnier de l’Etat islamique a révélé à al-Hadath que Daech préparait une attaque contre le camp d’al-Hol où des femmes et des enfants de l’Etat islamique sont détenus, ainsi que des prisons où sont enfermés des hommes de l’Etat islamique. Il a expliqué que l’Etat islamique s’attendait à ce qu’il y en ait assez pour contrôler la prison de quelque manière que ce soit, par exemple en prenant des otages auprès de gardes kurdes ou d’autres manières.
    Lorsqu’on lui a demandé s’il y avait un accord avec des éléments extérieurs à la prison pour l’attaquer et libérer les détenus de l’Etat islamique, un extrémiste a répondu: « La porte de la prison n’est jamais fermée à personne. Le problème de la sortie est simple. .
    Interrogé sur ce que feraient les prisonniers de l’Etat islamique à leur sortie de prison, il a répondu: « Nous rétablirons le califat. Les gens s’imaginent que l’État islamique est terminé. C’est un fantasme. »
    Pour sa part, un prisonnier a confirmé que les cellules dormantes de Daech resteront en activité jusqu’à ce nouvel ordre. Un autre prisonnier a estimé par milliers le nombre de cellules dormantes de Daech en Syrie et par millions dans le monde.
    Un prisonnier a expliqué que les cellules de Daech sont composées de trois à quatre personnes qui communiquent par téléphone mobile et sont gérées par les Wali et Wajna. Il a expliqué que les « gouverneurs » sont toujours présents dans les zones, principalement celles contrôlées par les FSA. Ces « gouverneurs » demandent à une cellule d’agir et lui fournissent l’argent (par le truchement des bureaux de virement de fonds) et tout ce dont la cellule a besoin.
    Le prisonnier a déclaré que si la porte de la prison était ouverte et que les prisonniers réussissaient à en sortir, ils réorganiseraient leurs rangs pour se battre à nouveau.
    Un autre membre de Daesh a averti que si les prisonniers européens de l’Etat islamique seraient libérés et renvoyés dans leur pays, « l’Europe ne se reposera pas et elle paiera chèrement ».
    Pour sa part, un officier des « Forces démocratiques syriennes » a déclaré que la prévention de la fuite des membres de l’Etat islamique n’était plus une priorité pour eux.
    L’officier a confirmé que les troupes avaient été retirées de la protection de la prison pour être emmenées sur le front des combats avec les Turcs, et que la prison de Sekha n’était désormais protégée que par un petit nombre de civils.
    Dans un contexte connexe, la France a mis en garde contre le retour imminent de l’Etat islamique au nord de la Syrie. Le Premier ministre français Edouard Philippe a déclaré mardi que les décisions prises par la Turquie et les États-Unis en Syrie auraient de graves conséquences pour la région et que leurs actions conduiraient inévitablement au retour de l’Etat islamique en Syrie et en Irak.
    En réponse aux questions du parlement français, Philippe a déclaré: « Le retour inévitable de l’Etat islamique dans le nord-est de la Syrie et peut-être aussi dans le nord-ouest de l’Irak est une menace pour notre sécurité. »
    Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré qu’il s’entretiendrait prochainement avec les dirigeants irakiens et kurdes pour trouver des moyens de sécuriser des milliers de combattants étrangers de l’Etat islamique détenus dans des camps et des prisons en Syrie.
    « Les combattants jihadistes, j’ai dit tout à l’heure qu’il y en avait 10.000 qui sont aujourd’hui dans des prisons dont il faut assurer absolument la sûreté et la sécurité », a-t-il déclaré à l’Assemblée nationale.
    « Ils peuvent agir rapidement si ces camps ne sont pas correctement gardés. Je rencontrerai très bientôt les dirigeants irakiens, y compris les Kurdes, pour faire face à cette urgence », a déclaré Le Drian aux législateurs français.
    M. Le Drian a souligné que seuls « quelques dizaines de combattants français » étaient détenus dans le nord-est de la Syrie, contre des milliers de jihadistes syriens et irakiens « qui peuvent agir très rapidement si d’aventure ces camps n’étaient pas suffisamment gardés ».https://vid.alarabiya.net/2019/10/15/101519EKW/101519EKW___101519EKW_video.mp4

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  • Esclavage en Libye: Paris demande une "réunion expresse" du Conseil de sécurité de l'ONU

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    Esclavage en Libye: Paris demande une "réunion expresse" du Conseil de sécurité de l'ONU
    La France demande une réunion "expresse" du Conseil de sécurité des Nations unies au sujet de la vente de migrants africains comme esclaves en Libye, a annoncé mercredi 22 novembre le ministre français des Affaires étrangères.
    "La France a décidé ce matin de demander la réunion expresse du Conseil de sécurité des Nations unies pour aborder cette question. Elle le fait comme membre permanent du Conseil de sécurité, elle a la capacité de le faire et nous le faisons", a-t-il souligné devant l'Assemblée nationale.
    La France qualifie de "crimes contre l'Humanité" les faits d'esclavage en Libye
    Le président français a pour s part qualifié de "crimes contre l'Humanité" les ventes de migrants africains comme esclaves en Libye, exposées par la chaîne américaine CNN.
    "La dénonciation par la France est sans appel" et il faut que "nous puissions aller beaucoup plus loin pour démanteler les réseaux" de trafiquants, a-t-il déclaré après une rencontre avec le président de la Guinée et de l'Union africaine, Alpha Condé.
    "Ce qui s'est passé (en Libye) est scandaleux (...) inacceptable", a jugé ce dernier, qui est aussi président en exercice de l'Union africaine (UA).
    Pour le président français, "ce qui a été révélé" par CNN "relève bien de la traite des êtres humains. C'est un crime contre l'Humanité".
    Ce trafic "nourrit les délinquances les plus graves" et "les réseaux terroristes", "génère 30 milliards d'euros par an, touche malheureusement 2,5 millions de personnes - et 80% des victimes sont des femmes et des enfants", a-t-il ajouté.
    Il a confirmé l'annonce, faite par le chef de la diplomatie française  un peu plus tôt, que la France prenait "l'initiative au Conseil de sécurité" de l'ONU en demandant une réunion sur ce sujet.
    "Je souhaite que nous puissions aller beaucoup plus loin dans la lutte contre les trafiquants qui commettent de tels crimes et coopérer avec tous les pays de la région pour démanteler ces réseaux", a-t-il ajouté, en appelant à l'adoption de "sanctions contre les trafiquants".
    La semaine dernière, un documentaire choc de la chaîne de télévision américaine CNN avait exposé l'existence de ventes d'esclaves près de Tripoli, vivement dénoncé en Afrique et en Europe.
    Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d'une impunité totale en Libye, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l'Italie qui se trouve, à 300 kilomètres des côtes libyennes.  

     

  • Rohani à Macron: Non ! L'Iran "ne cherche pas à dominer" le Moyen-Orient

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    Rohani
    Rohani à Macron: Non! l'Iran "ne cherche pas à dominer" le Moyen-Orient    
    L'Iran "ne cherche pas à dominer" le Moyen-Orient, a déclaré mardi 21 novembre le président iranien Hassan Rohani à son homologue français lors d'un entretien téléphonique, selon un communiqué de la présidence iranienne.
    "Notre présence en Irak et en Syrie est à l'invitation des gouvernements de ces pays pour lutter contre le terrorisme (...). L'Iran ne cherche pas à dominer (...) la région", a déclaré M. Rohani à son homologue français, quelques jours après que la France s'est inquiétée des "tentations hégémoniques" de Téhéran au Moyen-Orient.
    "Notre objectif est d'œuvrer pour la paix et la sécurité et d'éviter le démembrement des pays de la région", a assuré le président iranien au cours de cet entretien. "Après Daech, il faut aussi lutter contre les autres groupes terroristes", a-t-il ajouté.
    Le président français avait affirmé vendredi 17 novembre que la France souhaitait que "l'Iran ait une stratégie régionale moins agressive" et que soit clarifiée "sa politique balistique qui apparaît comme non maîtrisée". Le 16 novembre, son ministre des Affaires étrangères, en visite à Riyad, avait critiqué ce qu'il avait qualifié de "tentations hégémoniques" de Téhéran au Moyen-Orient.
    Le président français, qui a annoncé son intention de se rendre en Iran dans le courant de l'année 2018, a dit vendredi sa volonté de "dialoguer" avec Téhéran.
    Rohani à Macron : Le Hezbollah fait partie du peuple libanais
    Le président iranien, Hassan Rohani, a insisté sur l'importance du Hezbollah, le mouvement chiite libanais politique et armé, que soutient Téhéran.
    "Le Hezbollah fait partie du peuple libanais, il est très populaire dans ce pays et son armement est défensif et sert à contrer d'éventuelles attaques contre le Liban", a insisté M. Rohani. Et de poursuivre : "Nous devons maintenant faire en sorte que les mouvements libanais forment un gouvernement en toute sécurité pour le bien de leur pays".
     
    Myard 
    Point de vue de Jacques Myard  sur la politique "iranienne" du gouvernement français
    Le Proche et Moyen-Orient, un chaudron explosif ! 
    Tous les observateurs saluent l'initiative du Président Macron de recevoir à Paris Saad Hariri exfiltré d'Arabie-Saoudite, une opération qui tire une épine du pied de Riyad, mais qui peut provoquer des retours de bâton contre les intérêts français.
    La situation au Proche et Moyen-Orient dépasse très largement la personne de Saad Hariri qui apparaît comme l'otage de multiples forces géostratégiques antagonistes.
    Tout d'abord, il y a l'Arabie Saoudite qui accuse l'Iran de pousser ses pions partout dans la région, au Yemen, en Irak comme en Syrie.
    Cette présence iranienne forte n'est pas inexacte - sauf au Yémen - mais elle est aussi le résultat des erreurs de Riyad et de Washington depuis plus d'une décennie, surtout en Irak et en Syrie.
    Ensuite, face à cette situation, l'Arabie Saoudite semble même envisager une alliance avec Israël contre l'Iran avec le soutien de Trump. Le grand mufti d'Arabie Saoudite Abdelaziz al-Cheïkh a d'ailleurs lancé une fatwa appelant "les musulmans à s'allier avec les Juifs pour combattre le Hamas et le Hezbollah", il est évident que c'est l'Iran qui est visé.
    Dans ces conditions, lorsque Riyad "démissionne" S.Hariri, c'est avant tout le Hezbollah qui est visé, lequel, de plus, est la bête noire des Israéliens. Le risque est majeur pour la stabilité du Liban. Le mouvement chiite libanais dispose d'au moins 60.000 miliciens armés et aguerris, toute attaque contre lui peut provoquer la reprise de la guerre civile au Liban.
    Dès lors, les déclarations du ministre Le Drian à Riyad selon lesquelles la France est « inquiète » de la « tentation hégémonique » de l'Iran au Moyen-Orient est de nature à entraîner Paris dans un conflit où il n'y a que des coups à prendre ; l'Iran est incontournable pour la stabilité de la région et c'est aussi pour nos entreprises un grand marché.
    A ce titre la France devrait aussi s'interroger sur les conséquences pour nos entreprises de la volonté du Prince héritier de lutter contre la corruption, une noble cause...
    Pierre Conesa, très bon connaisseur de l'Arabie Saoudite, souligne à raison les risques de la purge engagée par Ben Salmane Saoud pour les entreprises européennes dont les affaires ont largement prospéré grâce à quelques princes compréhensifs, aujourd'hui en disgrâce...
    Pour toutes ces raisons Paris devrait plus que jamais garder en mémoire la règle d'or en diplomatie de Talleyrand : "Pas de zèle, Messieurs !"
    Jacques MYARD - Maire de Maisons-Laffitte - Membre Honoraire du Parlement
    Président du Cercle Nation et République.