04/11/2014

1er au 3 novembre – Nouvelles des guerres du Moyen Orient

Front irakien

Bagdad – Une série d’attentats
Deux attentats à la voiture piégée visant des pèlerins chiites ont tué au moins 19 personnes à Bagdad, dimanche 2 novembre. Il fallait s’attendre à de tels attentats contre la communauté chiite qui se prépare à fêter le dixième jour de l’Achoura. 
L’Achoura est le jour où le troisième imam chiite, Imam Hussein, a été assassiné à Kerbala avec 72 de ses compagnons.
La première explosion, qui a fait 13 morts et 29 blessés, a eu lieu dans le quartier Al-Ilam, dans le sud-ouest de la capitale, près d'une tente où les pèlerins chiites se rendant en pélérinage à la ville sainte de Kerbala venaient pour recevoir de la nourriture. Le second attentat à eu lieu à Sadr City, le grand quartier chiite situé au nord-est de Bagdad.
Une autre attaque à la voiture piégée a eu lieu contre un point de contrôle de la police dans le centre de Bagdad. Cet attentat a fait au moins cinq morts et 17 blessés.
Video en langue anglaise :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=1c6bbb3b8519

Kerbala – la ville sainte chiite
Des centaines de milliers de pèlerins chiites vont commémorer à Kerbala la mort de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet. Les célébrations, qui culminent mardi 4 octobre, sont souvent l’occasion d’attentats commis par des Jihadistes sunnites pour qui les Chiites sont des « mécréants » qui méritent la mort.  La tension est d’autant plus extrême que les Jihadistes de l’Etat Islamique sont retranchés au sud de Bagdad, non loin de la route reliant la capitale à Kerbala. C’est la raison pour laquelle plus de 25.000 soldats et policiers et 1500 miliciens chiites ont été déployés tout le long de la route reliant Bagdad à Kerbala.

Bataille de Baiji
La bataille de Baiji et Tikrit se poursuit mais pour l’instant l’armée irakienne ne semble pas avoir pris le dessus sur les Jihadistes de l’EI. Elle n’a pas encore réussi à pénétrer dans aucune des deux localités.
Vidéo en langue arabe – Remarquez la cadence des tirs sur la ligne de front :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Mossoul
Les forces spéciales irakiennes se sont rapprochées de Mossoul :
Vidéo :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Un chef de l’Etat Islamique tué dans les bombardements
Selon la chaîne de télévision Al-Iraqiya, Abdallah al-Masri et trois de ses lieutenants auraient été tués au cours d’un bombardement de leurs positions par des avions de l’armée de l’air irakienne. Les faits se seraient déroulés dans la localité d’Aziz-Balad, dans le Sud de la province de Salaheddine. L’opération contre le chef jihadiste aurait été menée sur la base des informations collectées par les services de renseignement irakiens. Pour le ministère irakien de la Défense, Abdallah al-Mesri était l’un des commandants les plus cruels de Daesh. 

Les Jihadistes de l’EI poursuivent leurs exécutions de membres de la tribu al-Bou Nimr
Les Jihadistes de l’Etat Islamique ont encore assassiné au moins 36 membres de la tribu al-Bou Nimr dont 200 membres avaient déjà été tués à la fin de la semaine dernière. Parmi les personnes nouvellement exécutées se trouvent quatre femmes et trois enfants.
On nourrit la plus grande inquiétude pour de nombreux autres personnes car on pense que près de 1000 membres de cette tribu ont été capturés par les Jihadistes qui auraient décidé Selon un dirigeant de la tribu, il y aurait une fatwa qui ordonnerait l’exécution de tous les membres de la tribu al-Bou Nimr, y compris les bébés.
Ces exécutions visent à faire peur aux tribus locales pour les dissuader de s’allier au gouvernement de Bagdad contre le califat islamique.

Front syrien

Bataille d’Aïn el-Arab (Kobane en kurde)
Pour la première fois, les combattants kurdes syriens de l’YPG ont mené, avec leurs frères Peshmergas irakiens et des éléments des Borkan al-Firat (Armée Syrienne Libre), une offensive à l’ouest de Kobane contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. Ils auraient infligé des pertes importantes aux Jihadistes. Les combats ont été particulièrement importants dans le secteur oriental de la ville, et notamment dans le quartier de Kaniya Kurdan où les combats se sont poursuivis jusqu’à minuit, dimanche 2 novembre. Les Jihadistes n’ont pu s’accrocher à leurs positions et on du battre en retraite, laissant 15 tués sur le terrain. De violents combats ont également eu lieu au sud de l’agglomération et là aussi, les Jihadistes ont battu en retraite, laissant cinq morts derrière eux. Il s’agirait de cinq jihadistes étrangers tués dans la destruction de leur véhicule.

Il y a Kurdes et Kurdes …
Un membre du Conseil de sécurité du Kurdistan irakien aurait identifié près de 200 Kurdes qui se battent aux côtés des terroristes de l’Etat Islamique. 
 «Nous avons identifié la plupart de ces individus», a déclaré ce responsable kurde. Mansour Barzani a ajouté que certains de ces traîtres kurdes ont été tués, lors des combats, en Syrie, et certains autres ont été abattus par les Peshmergas, tandis que d'autres, encore, collaborent avec les terroristes de l’Etat Islamique. Masrour Barzani a déclaré au journaliste du quotidien "Ash-sharq al-Awsat" : «Le plus grand problème des Peshmergas, c’est qu’ils ne sont pas équipés d’armes sophistiquées. Nous avons besoins d’armes lourdes, comme des chars, des blindés, des canons lourds, des équipements de déminage, des explosifs et des roquettes anti-char.
Le problème est qu’on sait que certaines armes fournies par la coalition internationale aux Kurdes irakiens se trouvent désormais aux mains des Jihadistes de l’Etat islamique. On ne sait pas si ces armes ont été capturées à l’issue de combats qui auraient tourné au désavantage des Kurdes, ou si ces armes ont été vendues ou amenées par des transfuges. Toujours est-il qu’on a retrouvé aux mains des Jihadistes, entre autres, une mitrailleuse MG 42/59 comme celles fournies par l’Italie à la région autonome du Kurdistan d’Irak.

Conflit entre le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et le Front des Révolutionnaires Syriens (FRS)
Peu d’éléments nouveaux sur le terrain en ce qui concerne le conflit qui oppose le Front al-Nosra (al-Qaïda en Syrie) et le Front des Révolutionnaires Syriens (FRS) et le Mouvement Hazm, deux organisations financées et armées par les Etats-Unis. On sait que les Jihadistes du Front al-Nosra se sont emparées de la plupart des positions du FRS dans la province d’Edleb.
On en sait un peu plus, par contre, sur l’origine du conflit.
Le conflit aurait débuté lundi 27 octobre alors que les Jihadistes du Front al-Nosra et d’autres organisations rebelles avaient entamé une offensive contre les soldats de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) dans la ville d’Edleb. Les miliciens du FRS avaient reçu l’ordre de rester l’arme au pied et de ne pas participer à cette offensive. Cela n’a pas plus à tous les membres du FRS et plusieurs d’entre eux ont décidé de rallier les unités qui participaient au combat. C’est alors que Jamal Maarouf a décidé de lancer une offensive contre les renégats pour saisir leurs armes et a même demandé à ses fidèles de bombarder des villages où ces dissidents s’étaient réfugiés. En réponse, les Jihadistes du Front al-Nosra se sont joints à ceux de la faction Jund al-Aqsa  pour se porter au secours des dissidents du FRS. Mais leur entreprise a été entravée par des check-points du mouvement al-Hazm qui voulait les empêcher d’approcher les positions du FRS fidèles à Jamal Maarouf.
Samedi 1er novembre, après ses succès sur le terrain, le Front al-Nosra déclarait un cessez-le-feu à la condition que Jamal Maarouf comparaisse devant un tribunal islamiste pour être jugé selon la charia. Inutile de dire que Maarouf n’a pas montré le moindre signe qu’il allait répondre favorablement à cette convocation. Les responsables du Front al-Nosra accusent pourtant le FRS de corruption et de vol de fournitures destinées à d’autres factions rebelles.

Violents combats sur le front sud syrien
L'armée arabe syrienne (AAS) mène actuellement une grande offensive  dans l'Est et le Nord d'Al-Cheikh Meskin, situé dans le rif Ouest de Deraa. De très violents affrontements se poursuivent, dans la banlieue de Quneitra.
L'AAS cherche à reprendre, totalement, le contrôle de la ville d'Al-Cheikh Meskin, qui est une ville stratégique et qui se trouve sur le point de jonction de plusieurs provinces du Sud de la Syrie.
A Deraa, les combats sont, aussi, très violents. Les unités de l'armée traquent et éliminent les Takfiris et détruisent leurs véhicules blindés.
Les affrontements se poursuivent enfin dans la banlieue de Quneitra, une ville que les rebelles occupent actuellement et que l’AAS veut libérer.

Front libanais

Bekaa / Qalamoun
De violents affrontements ont opposé ces dernières 24 heures les Jihadistes du front al-Nosra aux combattants du Hezbollah dans le jurd de la Békaa proche de la frontière syrienne au niveau de la région du Qalamoun.
Les Jihadistes du Front al-Nosra auraient tenté de progresser vers les positions du Hezbollah à l’intérieur du territoire libanais. Des affrontements ont alors éclaté dans les jurd de Younine et de Nahlé à proximité de la frontière avec le Qalamoun syrien.
L’offensive jihadiste aurait eu lieu sur deux fronts, le premier du côté du jurd d’Ersal, et le deuxième de l’intérieur du jurd syrien vers la région de Rass el-Maarra.
D’autres combats ont eu lieu dans la région de Wadi Rehyane, au sud du jurd d’Ersal et proche du jurd de Younine. D’importants groupes de Jihadistes sont retranchés dans cette région montagneuse. 
Il apparaît que l’objectif des Jihadistes soit de trouver un refuge avant le froid glacial de l’hiver dans les montagnes.

Forces al-Rida
Pour contrer l’offensive des Jihadistes, le Hezbollah a dépêché des combattants des forces al-Rida dans le jurd du Qalamoun et les régions jouxtant le territoire libanais. Ceux-ci ont reçu pour mission de prêter main forte aux soldats syriens et aux combattants du Hezbollah sur place.
Les forces al-Rida sont une formation militaire supervisée par le Hezbollah et composée de jeunes syriens des régions d’Alep, de Homs et de Damas.
Ces combattants ont été entrainés aux combats de rues par le Hezbollah. Ils ont déjà combattu à Homs et au Sud de Damas autour du mausolée de Sayeda Zeinab. La plupart d’entre eux ont pris part à la bataille de Rankous dans le Qalamoun.

Jean René Belliard

28/10/2014

Nouvelles des guerres du Moyen Orient – entre le 25 et le 28 octobre

Front syrien

Kobane (Aïn el-Arab)
Les forces kurdes ont réussi à repousser pour la quatrième fois consécutive, l'assaut des Jihadistes de l’EI contre la localité de Jamarak.
Jamarak revêt une importance particulière, car il est l'unique voie de passage entre Kobane et la Turquie, par où pourraient passer armes et renforts. Le fait de perdre ce point de passage constituerait un coup fatal, à la fois, pour les Kurdes. Samedi,  les califatistes ont pilonné la ville de Kobane, au sud et à l’ouest mais la résistance des Kurdes les a contraints de reculer.
Dimanche 26 octobre, une seconde attaque a eu lieu, toujours, sur ces deux secteurs. Cette seconde attaque est intervenue, après l'arrivée d'un nouveau convoi d'armes et de munitions, pour les Jihadistes, (depuis la Turquie voisine, semble-t-il !), mais les Kurdes ont réussi à y faire face. Le Nord-Est de Kobane est, en ce moment, le théâtre de très violents combats entre Jihadistes et Kurdes syriens, notamment dans la localité de Sogh al-Hal et dans les deux autres localités d'Al-Sanaa et de Kani Araban, dans le Nord-Ouest de Kobane.
Plus de 50 Jihadistes ont été tués, dimanche, à Kobane.
Vidéo des combats à l’est de Kobane :
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&...

Incertitudes sur les renforts promis à Kobane
En ce qui concerne les renforts, qu’ils soient kurdes irakiens ou combattants de l’Armée Syrienne Libre, la plus grande confusion règne en ce moment. Les Kurdes de l’YPG auraient demandé aux autorités kurdes irakiennes de limiter à 200 le nombre de Peshmergas envoyés à Kobane. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a aussitôt accusé le principal parti kurde de Syrie, le Parti de l'union démocratique (PYD), dont l'YPG est le bras armé, de ne pas vouloir de l'aide des Peshmergas par crainte de passer sous l’autorité des Kurdes irakiens.
Ankara reproche au PYD ses relations avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui lutte depuis trois décennies en Turquie pour l'indépendance du Kurdistan et qui est inscrit à la liste des organisations terroristes. Il reproche également aux Kurdes de Syrie leurs relations ambigües avec le gouvernement syrien.
Quant aux fameux renforts de l’Armée Syrienne Libre annoncé sur la chaîne qatarie al-Jazira, il semble que la promesse n’ait pas été validée par le chef du Conseil militaire d'Alep, le général Zaher el-Saket. Celui-ci a affirmé que ses combattants devaient se concentrer aux opérations de guerre sur le front aleppin.

La promesse du colonel Oqaidi – un plan américain ?
Le colonel Abdel Jabbar Oqaidi, qui serait à l’origine de l’annonce, aurait-il promis l’envoi de 1300 combattants de l’Armée syrienne libre sur demande de ses sponsors, les Turcs et les Américains ? On sait que les États-Unis et la Grande Bretagne ont donné la priorité au colonel Oqaidi pour la fourniture d’armes à l’ASL au cours des deux dernières années. Il aurait été tentant pour les stratèges américains de lancer les troupes d’Oqaidi dans la bataille pour Kobane pour faire d’une pierre deux coups : sauver la ville kurde de la menace de l’Etat islamique et satisfaire le souci turc de ne pas créer une place-forte kurde à sa frontière.

Un convoi de Peshmergas a quitté l’Irak pour Kobane
80 combattants kurdes irakiens ont quitté leur base d’Erbil, dans le nord de l'Irak, pour rejoindre la ville syrienne de Kobane et la défendre contre les jihadistes de l’Etat islamique. Un autre groupe de 72 Peshmergas doit les rejoindre par voie aérienne, la Turquie ayant autorisé leur passage par leur territoire.
Quarante véhicules transportant des armes, des pièces d'artillerie et des mitrailleuses se sont dirigés vers la province de Dohouk et ont franchi la frontière" avec la Turquie le mardi 28 octobre.
Les 72 autres combattants kurdes s'envoleront pour la Turquie mercredi 29 octobre.
Cette vidéo montre le convoi des Peshmergas :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=c61a938b0031

Province de Deir ez-Zhor
Et on reparle de la tribu Chaitat qui s’est soulevée contre les Jihadistes de l’Etat Islamique. On a appris que les califatistes avaient décapité dans l'est de la Syrie quatre membres de la tribu sunnite des Chaïtat, déjà victime en août d'un épouvantable massacre après s’être rebellés contre l’Etat islamique.  Plus de 700 membres de cette tribu avaient été décapités et leurs têtes exposées.
"Daesh a décapité dimanche quatre hommes de la tribu Chaïtat dans la ville de Boukamal dans la province de Deir Ezzor, les accusant de collaborer avec le pouvoir syrien.

Front irakien

Bagdad
34 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées à la suite de deux attentats kamikaze, mardi 28 octobre 2014. Le premier a eu lieu à Bagdad, dans le quartier commercial de Karrada, en plein centre ville, tuant dix personnes
Le second a eu lieu à Jurf al-Sakhar, à 60km au sud de Bagdad, une localité qui venait d’être reprise par l’armée irakienne et les milices chiites. Le kamikaze a fait exploser son Humvee près d’un check-point, tuant 24 personnes.

Victoire de l’armée irakienne à Jurf al-Sakhar (60 km au sud de Bagdad)
La localité de Jourf al Sakhar, à 60km au sud de Bagdad, contrôle l'entrée des villes saintes irakiennes de Karbala et de Najaf. Elle est donc d’une grande importance stratégique pour la communauté chiite irakienne. L’armée irakienne et les milices chiites l’ont libérée il y a une semaine. Près de 200 Jihadistes de l’Etat islamique ont été mis hors de combat à cette occasion. Pour les militaires, elle est la clé de la libération de la province d’Al Anbar, devenue depuis plus de deux ans le centre de la rébellion sunnite en Irak. .
Le premier ministre irakien a salué la libération de cette localité : "cette libération pourrait servir d'exemple. Elle a été le fruit d'une étroite synergie entre l'armée nationale et les forces volontaires et les irakiens eux-mêmes," a déclaré Haydar Al-Abadi.
La victoire a été le fruit d'une parfaite coordination entre le Hezbollah d'Irak et d'autres milices d'une part et l'armée nationale irakienne de l'autre. La libération de Jarf al Sakhar est un coup dur pour l’Etat islamique qui voit s’éloigner leur rêve de s’emparer de la capitale irakienne. 

L’Etat Islamique capable de détruire des avions de combat de la coalition
Les services de renseignement allemands estiment que les combattants du groupe Etat islamique (EI) possèdent des lance-missiles capables de toucher des avions de ligne, selon le journal Bild am Sonntag.
Les services du BND (Bundesnachrichtendienst) auraient confié leurs soupçons à des parlementaires allemands au cours d'une réunion confidentielle la semaine dernière.
Selon le rapport du BND, les combattants de l'EI sont en possession de lance-missiles issus des stocks de l'armée syrienne, certains datant des années 70, d'autres plus modernes et de technologie plus avancée.
Ces lance-missiles, connus sous le nom de Manpads d'inspiration russe, pourraient également avoir été fabriqués dans d'autres pays, comme la Bulgarie et la Chine, selon le journal.

L’armée de l’air irakienne a mené 555 raids aériens entre le 1er et le 26 octobre
Vidéo du ministère de la défense irakien :
http://www.liveleak.com/ll_embed?f=8282df53b601

Jordanie

Arrestation d’un idéologue d’al-Qaïda
Un des principaux idéologues d’Al-Qaïda, libéré en juin 2014, a été de nouveau arrêté lundi 27 octobre en Jordanie pour "propagation d'idées terroristes". Ce Jordanien d'origine palestinienne avait été libéré le 16 juin 2014 alors qu'il purgeait depuis 2011 une peine de prison pour avoir recruté en Jordanie de combattants devant rejoindre les talibans en Afghanistan.
Le procureur général auprès de la Cour de sûreté de l'Etat a placé Issam Barqawi, alias Abou Mohammed al-Maqdessi, en garde à vue pour avoir "propagé sur internet les idées d'un groupe terroriste, le Front al-Nosra", branche d'Al-Qaïda en Syrie.
Considéré comme l'un des principaux idéologues de l’islamisme radical, il a été l'un des mentors d'Abou Moussab Zarqaoui, qui était le chef d'Al-Qaïda en Irak avant d’être tué par un raid américain en 2006. Après leur rencontre en 1992, les deux hommes avaient rejoint le groupe "Jaich Mohammed"  puis avaient été condamnés à cinq ans de prison en Jordanie pour appartenance à un groupe  illégal.
Ils avaient été libérés en 1999 à la faveur d'une amnistie générale puis s'étaient séparés à la suite de divergences idéologiques.

Turquie

Regain de tension en Turquie – Trois militaires tués
Des rebelles, probablement kurdes, ont tué, samedi 25 octobre, trois soldats turcs dans le sud-est de la Turquie. L’armée  a attribué cette attaque aux rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Les trois soldats, qui n'étaient pas en service, ont été tués dans la rue dans la ville de Yuksekova dans la province de Hakkari, dans le sud-est du pays à la frontière avec l'Iran et l'Irak. L'attaque n'a pas été revendiquée.
Le PKK, engagé dans un conflit qui a fait quelque 40.000 morts depuis 1984, observe depuis mars 2013 un cessez-le-feu globalement respecté par les deux parties.
Mais des tensions ont émergé au cours des dernières semaines entre les autorités d'Ankara et les rebelles kurdes de Turquie qui ont menacé de rompre la trêve en raison de l’inaction du gouvernement turc à venir en aide aux combattants kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobane, assiégée par les jihadistes de l’Etat islamique.

400 kg d’explosifs volés par le PKK
On assiste depuis quelques jours à un accroissement des actes hostiles du PKK en Turquie. Des combattants du Parti des Travailleurs du Kurdistan ont intercepté un camion militaire turc transportant 400kg de nitrate d’ammonium dans le district de Sipoli, province de Sirnak, proche de la frontière irakienne.

Front Yéménite

Combats meurtriers entre houthis et tribus sunnites alliées à al-Qaïda
De violents combats ont opposé au cours du week-end du 25 et 26 octobre des rebelles chiites et des tribus sunnites alliées à al-Qaïda dans le centre du Yémen, faisant des dizaines de morts, selon des sources tribales.
Les rebelles chiites d'Ansarullah ont tenté par trois fois d'attaquer des positions tribales dans les montagnes qui surplombent Radah, dans la province de Baïda. « Ils ont été repoussés à chaque fois au prix d'importantes pertes, les combats ayant fait des dizaines de morts, notamment dans les rangs des houthis », c’est-à-dire des rebelles chiites.
Hier toutefois, les houthis ont réussi à s'emparer de plusieurs des montagnes autour de Radah après que des avions de combat yéménites et un drone eurent lancé des raids contre des positions d'al-Qaïda et de leurs alliés des tribus sunnites. 20 membres d'al-Qaïda auraient été tués au cours des raids sans qu’il soit possible de confirmer ce bilan de source indépendante.
Dans une vallée proche de la zone des combats, deux véhicules transportant des combattants d'al-Qaïda ont été visés par un drone faisant dix morts, ont affirmé plusieurs sources tribales. Les États-Unis, alliés du Yémen dans la lutte antiterroriste, sont les seuls à disposer de drones dans la région. Dimanche 26 octobre, , l'armée de l'air et un drone, probablement américain, ont attaqué des positions tenues par des combattants d'el-Qaëda et de tribus sunnites dans le centre du pays, tuant plusieurs de ces combattants, mobilisés pour contrer la progression des rebelles chiites dans le pays.

Asie centrale

La Transcaucasie et l’Asie Centrale vont-elles devenir le prochain objectif des Jihadistes ?
Voici l'avi du politologue Stanislav Tarassov:
Nombreux sont les analystes enclins à considérer que l’EI présente un danger sérieux aussi pour les pays d’Asie Centrale. L’orientaliste Saïd Gafourov, par exemple, affirme :
« Au grand regret, les forces armées ni du Tadjikistan, ni d’Ouzbékistan, ni de Turkménie ne sont pas, probablement, en mesure d’opposer une résistance à l’infanterie de l’EI. Elle est maintenant manifestement la meilleure du monde. Les islamistes ne sont limités pour le moment que par le facteur géographique. L’Asie Centrale se trouve quand même assez loin. Les tribus pachtounes à ce jour ne se joignent pas à l’EI. Eux et les Kurdes leur sont opposés, car ils ont leurs propres traditions de l’islam, celles du soufisme.
La plupart des analystes partagent l’opinion, suivant laquelle l’Afghanistan est un foyer d’instabilité en Asie. Et pratiquement l’échec des Américains dans ce pays n’a d’autre effet que d’encourager les talibans à une expansion en direction du nord. Dans cette situation une alliance avec des intégristes islamiques proche-orientaux est tout à fait possible. Si elle prend corps, toute la région va s’enflammer, dit Saïd Gafourov.
On doit dire que la situation en Asie Centrale est liée à la configuration des rapports entre la Russie et les Etats-Unis. Ici il faut agir en commun, en dépit de toutes les divergences. Si les ultra-radicaux parviennent à raviver le feu du jihad en Asie Centrale, la chaleur en sera ressentie aussi bien dans le continent européen qu’américain.

Jean René Belliard (Auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

13/06/2014

Des combattants chiites irakiens repartent de Syrie pour l'Irak

La milice chiite irakienne Abou Fadel al-Abbas quitte la Syrie pour l’Irak
La milice chiite irakienne Abou Fadel al-Abbas se retire de la Syrie où elle était déployée pour défendre avec le Hezbollah libanais le Sanctuaire chiite Sayyidah Zaynab à Damas. La milice est retournée en Irak pour défendre les villes saintes menacées par l’EIIL.
Le groupe Abou Fadel al-Abbas compte de nombreux combattants originaires d'organisations soutenues par l'Iran (comme les Kataëb du Hezbollah irakien et Asa'ib Ahl al-Haq). Il dispose de personnel en uniforme, d’armes modernes et un commandement autonome. 

Le Hezbollah libanais envoie 1000 combattants pour remplacer les miliciens d’Abou Fadel al-Abbas
Pour compenser le départ des miliciens chiites irakiens, le Hezbollah libanais dépêche 1000 combattants pour garder le sanctuaire de Sayyidah Zaynab.

Moqtada es-Sadr forme une nouvelle milice pour défendre les lieux saints
A noter que Moqtada as-Sadr, un dirigeant chiite qui s’est illustré dans la résistance aux Américains, vient d’annoncer la formation d’une milice chargée de protéger les villes saintes et les sanctuaires chiites irakiens.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)

16:38 Publié dans Hezbollah, Irak, Kerbala, Milice Abou Fadel al-Abbas, Moqtada Sadr, Najaf, Sayyidah Zainab, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |