22/10/2018

Libye : Au moins un tué et plusieurs blessés lors d’affrontements avec des groupes tchadiens dans le sud du pays

PAR JEAN-RENÉ BELLIARD LE 

Article traduit en Anglais, Espagnol, Italien

Le maire d’Al-Sharqiyyah, Imhimmed Arab, a confirmé le décès d’une personne alors que plusieurs autres étaient blessées au cours d’affrontements entre le bataillon Khalid Ibn Al-Walid et des bandes tchadiennes dans le secteur d’Umm al Aranib à Murzuq.
Immhimmed Arab a souligné que des affrontements se poursuivent toujours au siège de la compagnie chinoise située dans la région, ajoutant que les blessés ont été transférés à l’hôpital pour y être soignés, qualifiant leurs blessures de légères.
Des formations armées, comme la brigade Toubou « al Qatariun » et une brigade arabe, Khalid Bin Walid, affiliées à l’Armée Nationale Libyenne (ANL) du général Khalifa Haftar, mènent des opérations militaires pour chasser les groupes d’opposition tchadiens, qui se trouvent dans la région.
Des rebelles tchadiens, mais aussi soudanais, écument le sud de la Libye. Ils sont accusés d’enlèvement et d’extorsion contre les Libyens.

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21/10/2018

Arabie saoudite: Derniers développements de l’affaire Khashoggi et analyse de Frontlive-Chrono

PAR JEAN-RENÉ BELLIARD LE 

Traduit en Anglais

L’Analyse de Frontlive-Chrono

Mohamed Ben Salmane.jpgLe prince Mohammad Ben Salmane (MBS) fait partie de ces jeunes héritiers de régimes particulièrement  autoritaires (comme Kim Jong Un en Corée du Nord) qui ont été élevés à « l’occidentale » et qui ont hâte de réformer leur pays tout en assurant leur pouvoir. Ils ont tous un point commun. Ils veulent être reconnus comme les dirigeants d’un soi-disant « nouveau monde » par opposition à l’ancien.
Intelligent et « nice looking », le prince Ben Salmane est particulièrement soucieux de son image de « réformateur éclairé et moderne » en Occident. La libéralisation « sociologique » au profit des femmes (autorisation de conduire, d’assister à des matchs sportifs), le projet d’un grand consortium balnéaire comme on en trouve sur toutes les plages paradisiaques à travers le monde ont séduit les pays occidentaux dans un premier temps.
Mais depuis sa nomination comme prince héritier en juin 2017, Mohammad ben Salmane s’est très vite retrouvé au centre de plusieurs controverses . Parallèlement à la série de réformes et une politique de modernisation à mettre à son crédit, la répression contre les dissidents, notamment des religieux, des intellectuels ou des féministes, s’est accentuée.
En septembre 2017, les autorités saoudiennes ont arrêté une vingtaine de personnes, dont des prédicateurs influents et des intellectuels.
Le 4 novembre 2017, une vaste campagne anticorruption a été lancée sous l’impulsion de « MBS ». Un hôtel de luxe de Riyad servira pendant trois mois de « prison dorée » pour des dizaines de princes et hauts responsables au centre d’une purge. Nombre des suspects, dont le prince milliardaire Walid ben Talal, sont libérés après des « arrangements » financiers mirobolants avec les autorités.
Le 4 novembre 2017, le Premier ministre libanais Saad Hariri annonçait, à la surprise générale, sa démission depuis Riyad, accusant le mouvement armé Hezbollah et l’Iran de « mainmise » sur son pays. L’Arabie saoudite est accusée d’avoir forcé M. Hariri à quitter ses fonctions et de le retenir contre son gré. Il faudra l’intervention de la France pour trouver une porte de sortie. Saad Hariri rentrera au Liban trois semaines plus tard, et renoncera à démissionner.
Toutes ces purges obéissaient en fait à un objectif: asseoir l’autorité du « jeune prince » que certains, au sein  du régime, cherchaient évidemment à lui disputer. Mais, comme on sait, le nerf de la guerre, ou de la puissance, c’est l’argent. Les purges avaient également pour objectif de redonner au pouvoir les moyens financiers que ces princes ou ces richissimes hommes d’affaires avaient acquis au détriment du régime, si l’on en croit les accusations des autorités saoudiennes. On parle de contrats avec de puissantes sociétés annulés et transférés à d’autres appartenant à des proches du prince Ben Salmane, notamment dans le domaine de la construction.
En ce qui concerne l’affaire Khashoggi, ce qu’on sait, c’est que M. Khashoggi s’était exilé aux Etats-Unis en 2017 par crainte d’une arrestation après avoir critiqué plusieurs décisions de Mohammad ben Salmane. Il était également un opposant de l’intervention militaire de Riyad au Yémen.
Le problème est que ce journaliste saoudien écrivait notamment pour le Washington Post et critiquait les agissements et décisions du « jeune prince » dans des médias américains de tout premier plan. Il s’agissait là d’un crime de « lèse-majesté » particulièrement grave, car il contrariait singulièrement les aspirations du prince Ben Salmane à apparaître aux yeux de l’Occident en général et des Etats-Unis en particulier comme le dirigeant « éclairé » de ce fameux « nouveau monde » qu’on nous promet, et pas seulement à Riyad, sans qu’on en voit réellement le début d’une apparition.

L’identité des deux hauts responsables saoudiens limogés renforce les soupçons sur l’implication de MBS
L’Arabie saoudite a limogé samedi deux des principaux collaborateurs du prince héritier Mohammad ben Salmane après avoir admis que le journaliste Jamal Khashoggi avait été tué dans son consulat d’Istanbul.
Le général Ahmed al-Assiri, chef adjoint du renseignement saoudien, et Saoud al-Qahtani, conseiller « médias » à la cour royale, faisaient tous deux partie du cercle rapproché du prince Mohammad Ben Salmane, surnommé MBS. Leur limogeage s’est accompagné de l’arrestation de 18 suspects saoudiens.

Général Ahmad al-Assiri.jpgAhmed al-Assiri
Âgé d’une soixantaine d’années, le général Assiri était un conseiller de haut rang proche de la cour royale et assistait souvent aux réunions à huis clos du prince héritier avec des dignitaires étrangers en visite dans le royaume. Avant d’être promu chef adjoint du Renseignement général en 2017, le général Assiri était le porte-parole de la coalition militaire intervenant au Yémen depuis 2015 contre les rebelles houthis soutenus par l’Iran.
Parlant couramment le français, l’anglais et l’arabe, il avait acquis à l’étranger la réputation de harceler les journalistes dont les articles critiquaient les « bavures » saoudiennes au Yémen. Au printemps 2017, il avait été la cible d’un jet d’oeuf lors d’une conférence à Londres et le gouvernement britannique s’était excusé pour cette « agression ».
Le quotidien panarabe à capitaux saoudiens al-Hayat a qualifié le général Assiri -formé à la prestigieuse école militaire française Saint-Cyr- de « pilote saoudien le plus connu au monde ».
Avant son limogeage samedi, le New York Times avait rapporté que l’Arabie saoudite attribuerait la responsabilité de la disparition de Khashoggi au général Assiri pour tenter de dédouaner MBS.

Saoud al-Qahtani
Homme-clé de l’entourage du prince héritier, Saoud al-Qahtani était jusqu’à samedi conseiller « médias » à la cour royale. Il a organisé des interviews avec MBS pour des journalistes étrangers et a également dirigé le « Centre d’études et d’affaires médiatiques », une unité opérant au sein de la cour royale.
Selon des sources saoudiennes, M. Qahtani, 40 ans, a animé des campagnes de propagande en ligne contre les adversaires du royaume, comme le Qatar et l’Iran. Avec 1,3 million d’adeptes sur Twitter, ce haut responsable était connu pour ses messages hostiles aux dissidents et à ses rivaux.
Dans un article paru dans le Washington Post au début de l’année, Jamal Khashoggi affirmait que Qahtani entretenait une « liste noire » pour les journalistes critiques du royaume et qu’il était connu pour les intimider.
Dans une interview posthume publiée vendredi par le magazine Newsweek, Khashoggi a qualifié M. Qahtani et un autre haut responsable saoudien, Turki al-Cheikh, de « voyous ». « Les gens les craignent. Vous les défiez, vous risquez de finir en prison, et c’est ce qui s’est passé », a déclaré feu Jamal Khashoggi. Il a qualifié M. Qahtani d' »homme le plus important dans les médias », affirmant qu’il contrôlait les activités de relations publiques du gouvernement saoudien.
L’an dernier, M. Qahtani a écrit sur Twitter: « Je ne fais rien de mon propre chef, sans des ordres. Je suis l’employé et l’exécuteur de mon roi et de mon prince héritier ». 

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20/10/2018

Syrie: Daech libère 6 des 27 otages de Soueida en échange avec le gouvernement syrien

PAR JEAN-RENÉ BELLIARD LE 

Texte en Anglais, Arabe, Espagnol, Italien

Le groupe Etat islamique (EI) a libéré six des 27 otages de la province de Soueida détenus depuis le 25 juillet, en échange de prisonnières de l’EI détenues par le régime syrien et d’une rançon, a indiqué samedi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
« Deux femmes et quatre enfants de la province de Soueida ont été libérés cette nuit », a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane. « Il s’agit de la première vague » d’un accord scellé avec le régime syrien, « sous la supervision directe de la Russie », pour « libérer tous les otages » contre « 60 détenues de l’EI auprès du régime et une rançon de 27 millions de dollars », a-t-il ajouté. « Les 21 otages restants devraient être libérés dans les prochaines heures ou les prochains jours », a poursuivi M. Abdel Rahmane.
Fin juillet, l’EI avait mené assauts coordonnés et attentats suicide dans plusieurs localités de la province méridionale de Soueida, faisant plus de 250 morts, un des bilans les plus lourds depuis le début de la guerre en Syrie en 2011.
Une trentaine de personnes, notamment des femmes et leurs enfants, avaient été enlevées par le groupe jihadiste après ces attaques contre la communauté druze, majoritaire dans cette province.
Depuis, deux otages ont été exécutés : une jeune femme de 25 ans et un étudiant de 19 ans. Une femme de 65 ans est aussi morte en détention.
Les tentatives de médiation menées auprès des ravisseurs, par la Russie et le régime syrien, avec l’implication de représentants des familles ou de hauts dignitaires druzes, avaient toutes échoué dans un premier temps.
Le dernier round de pourparlers a toutefois porté ses fruits: le marché conclu porte sur une rançon d’un million de dollars pour chacun des 27 otages encore en vie, l’arrêt d’une offensive du régime contre l’EI dans une zone désertique de la province de Soueida, et la libération de plusieurs dizaines d’épouses de jihadistes, selon l’OSDH.
Dans le cadre de l’accord, les forces démocratiques syriennes (FDS), formées de combattants kurdes et arabes, et soutenues par une coalition internationale anti-jihadistes menée par Washington, « devraient également libérer des détenus de l’EI » dans le cadre de cet accord, selon M. Abdel Rahmane, qui n’a pas précisé leur nombre.

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