JEAN RENÉ BELLIARD

  • Israël : Netanyahu promet d’annexer un pan stratégique de la Cisjordanie s’il est réélu

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    PAR JEAN-RENÉ BELLIARD / LE 

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    Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis mardi 10 septembre d’annexer un pan stratégique de la Cisjordanie occupée s’il remporte les élections législatives du 17 septembre.
    « Aujourd’hui, j’annonce mon intention d’appliquer, avec un futur gouvernement, la souveraineté d’Israël sur la vallée du Jourdain et la partie nord de la mer Morte », a déclaré M. Netanyahu lors d’une conférence de presse à Ramat Gan, près de Tel-Aviv.
    La vallée du Jourdain représente environ 30% de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.
    L’annonce de M. Netanyahu intervient à une semaine jour pour jour d’élections législatives israéliennes qui s’annoncent âprement disputées.
    M. Netanyahu, qui fait campagne à droite et courtise l’électorat des colons juifs favorables à l’annexion de la Cisjordanie, est actuellement au coude-à-coude avec son plus proche rival, l’ancien chef de l’armée Benny Gantz, à la tête du parti centriste « Bleu-blanc ».
    Les Etats-Unis, qui ont apporté un soutien indéfectible à Israël depuis l’accession de Donald Trump à la Maison Blanche début 2017, doivent de leur côté présenter le détail de leur plan de paix pour le Moyen-Orient après les élections israéliennes.
    Ce plan sera « une opportunité historique et unique d’appliquer notre souveraineté sur nos colonies en Judée et Samarie et en d’autres lieux clés pour notre sécurité, notre patrimoine et notre futur », a ajouté M. Netanyahu, devant des drapeaux israéliens.
    A quelques jours des législatives d’avril, M. Netanyahu avait déjà promis d’annexer les colonies juives en « Judée et Samarie », nom biblique de la Cisjordanie occupée.
    Si la colonisation par Israël de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, elle s’est accélérée ces dernières années sous l’impulsion de M. Netanyahu et de son allié à Washington, Donald Trump.
    A ce jour, plus de 600.000 Israéliens mènent une coexistence souvent conflictuelle auprès de trois millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
    Réactions arabes:
    Faire exploser le processus de paix
    Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a déclaré mardi que les ministres arabes des Affaires étrangères avaient condamné le projet du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’annexer des parties de la Cisjordanie occupée.
    « Les déclarations de Netanyahu sur l’annexion des terres de la Cisjordanie constituent une violation du droit international et des résolutions de l’ONU », a déclaré Aboul Gheit à la presse à l’issue d’une réunion d’une journée des ministres au Caire. « Le Conseil estime que ces déclarations compromettent les chances de progrès du processus de paix et ses fondements. »
    Jordanie: attiser les conflits et la violence
    Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a condamné l’annonce par le Premier ministre israélien de son intention d’annexer des colonies israéliennes illégales dans les territoires palestiniens occupés et d’imposer sa souveraineté sur la vallée du Jourdain et le nord de la mer Morte.
    Al-Safadi a affirmé le rejet par le royaume de la déclaration du Premier ministre israélien et l’a considérée comme une violation flagrante du droit international et une décision qui coûterait la mort du processus de paix et saperait le droit de la région et de ses peuples à trouver la paix.
    Safadi a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités et à déclarer son rejet de la déclaration israélienne, à la condamner et à adhérer à la légitimité internationale ainsi qu’à ses résolutions et à ses efforts visant à engager un véritable effort effectif pour résoudre le conflit sur la base d’une solution à deux États garantissant la création d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale, dans la perspective du 4 juin 1967.
    Safadi a souligné le refus de la Jordanie et sa condamnation de la déclaration de Netanyahou sur son intention d’annexer les territoires palestiniens lors de la session d’urgence tenue par le Conseil de la Ligue arabe pour discuter des répercussions de la déclaration israélienne.
    « Une violation flagrante du droit international »
    Hanan Ashrawi, haut responsable de l’OLP, a qualifié la promesse d’annexion de la vallée du Jourdain, formulée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de « violation flagrante du droit international » et de « vol de terres, nettoyage ethnique et dévastation de toutes les chances de paix ».
    « Lors de chaque élection, nous payons le prix de nos droits et de notre terre », a déclaré Mme Ashrawi à l’AFP. « C’est pire que l’apartheid. Cela déplace tout un peuple marqué par l’histoire, la culture et l’identité. »
    « Enterrer le processus de paix »
    Saeb Erekat, secrétaire général du comité exécutif de l’OLP, a déclaré que l’annonce de Netanyahu avait enterré toute perspective de paix.
    « Si l’annexion est mise en oeuvre, il aura réussi à enterrer toute perspective de paix pour les 100 prochaines années », a déclaré Erekat sur son compte Twitter.
    « Les Israéliens et la communauté internationale doivent mettre fin à cette folie, l’annexion est un crime de guerre et signifie la perpétuation de l’apartheid, de la violence, de l’extrémisme et du carnage. »

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  • Maroc/Espagne: 155 migrants traversent la frontière en force à Ceuta

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    Un groupe de 155 migrants africains est parvenu à pénétrer vendredi dans l’enclave espagnole de Ceuta, dans le nord du Maroc, en franchissant la clôture hérissée de barbelés, a annoncé à l’AFP un porte-parole de la préfecture locale.
    « Tous sont originaires d’Afrique subsaharienne, la majorité de Guinée Conakry », a précisé ce porte-parole. Ils ont franchi la clôture frontalière à 7H20 locales (5H20 GMT), à la faveur du brouillard, blessant légèrement 12 gardes civils qui tentaient de les intercepter, selon le porte-parole de la préfecture. Plusieurs ont reçu des soins pour des coupures.
    C’est la première fois depuis un an que des migrants parviennent à franchir en groupe la haute clôture surmontée de barbelés coupants qui sépare la ville du Maroc, selon la préfecture.
    Ceuta présente avec Melilla, autre ville espagnole dans le nord du Maroc, la seule frontière terrestre de l’Union européenne avec l’Afrique.
    Depuis le début de l’année, 3.427 migrants sont parvenus à entrer dans ces deux villes par voie terrestre, soit 18,1% de moins qu’en 2018 selon le dernier bilan du ministère espagnol de l’Intérieur. Parmi eux, 671 sont entrés à Ceuta, notamment en se cachant dans des véhicules.
    Une fois en territoire espagnol, ils se rendent habituellement dans un centre d’accueil pour y déposer une demande d’asile. Selon le ministère de l’Intérieur, 14.591 migrants sont par ailleurs arrivés par la mer en Espagne depuis janvier, soit 42,5% de moins que l’an dernier.
    L’Espagne, première porte d’entrée de l’immigration clandestine en Europe en 2018, a été dépassée cette année par la Grèce, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
    Régulièrement épinglé par les ONG pour son traitement des migrants, le gouvernement socialiste espagnol a promis d’ôter les barbelés coupants des clôtures frontalières et de les surélever dans le même temps.

     

     

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  • Iran: Le président Rohani défend la carte diplomatique face aux critiques de l’aile dure du régime

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    Le président Hassan Rohani a défendu lundi l’option du dialogue pour résoudre la crise autour du programme nucléaire iranien, face à des critiques de l’aile dure du régime après la visite surprise du ministère des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif en France.
    « Je pense que nous devons utiliser tous les outils pour (servir) les intérêts nationaux », a affirmé le président Rohani dans un discours retransmis en direct par la TV d’Etat. « Si je sais que je vais à une réunion susceptible de conduire à la prospérité dans mon pays et de régler les problèmes des gens, je n’hésite pas », a-t-il ajouté. « L’essentiel est l’intérêt national », a-t-il insisté sous les applaudissements du public, lors d’un évènement marquant les réalisations du gouvernement dans les zones rurales.
    Le gouvernement iranien fait face à des critiques après la visite surprise de M. Zarif à Biarritz en marge du G7. M. Zarif a rencontré des représentants de trois pays européens – Allemagne, France et Grande-Bretagne- signataires de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. Cet accord a été dénoncé par les Etats-Unis, qui ont réimposé des sanctions économiques étouffant l’Iran.
    « Malvenu »
    L’administration du président Donald Trump applique une politique de pression maximale sur Téhéran, qui a répliqué en se libérant progressivement des limitations de son programme nucléaire prévues par l’accord.
    Lundi, le journal ultraconservateur Kayhan a qualifié de « malvenu » le déplacement de M. Zarif en France. Kayhan a jugé que le fait qu’il s’agisse de la deuxième visite de ce responsable en France en quelques jours envoyait « un message de faiblesse et de désespoir ». Ces démarches « sont entreprises dans l’optique imaginaire d’une ouverture mais cela ne donnera aucun autre résultat que davantage d’insolence et de pression » de la part des Etats-Unis, a critiqué le journal.
    Le représentant du guide suprême au sein des Gardiens de la révolution islamique a aussi jugé ces efforts vains. Leur « hostilité envers la Révolution islamique et ce conflit sont sans fin; on ne peut parvenir à une solution ou une réconciliation par (…) le dialogue », a dit Abdollah Haji-Sadeghi. « Nous ne devrions pas nous attendre à quoi que ce soit d’autre que de (…) l’hostilité », a-t-il affirmé selon l’agence semi-officielle Isna.
    « Deux mains »
    En revanche, dans le journal réformiste Etemad, la visite de M. Zarif est jugée comme le « moment le plus prometteur » depuis le retrait unilatéral de Washington de l’accord il y a 15 mois.
    La montée des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, avec des attaques mystérieuses sur des navires dans la région stratégique du Golfe, des drones abattus et des pétroliers saisis, a fait craindre une escalade incontrôlable.
    Tout en défendant le dialogue, le président Rohani s’est dit en faveur d’un usage concomitant de la manière forte. « S’ils saisissent notre navire quelque part (…), nous négocions (…) et nous pouvons aussi saisir leur bateau pour des raisons légales », a-t-il dit. Il faisait référence à un pétrolier iranien saisi au large de Gibraltar et qui a été depuis libéré par les autorités britanniques, et à la saisie par l’Iran le 19 juillet, 15 jours après cet arraisonnement, d’un pétrolier battant pavillon britannique. Ce navire est toujours retenu dans le Golfe. « Nous pouvons travailler avec les deux mains (…), la main de la force et la main de la diplomatie », a-t-il noté. « Nous devons utiliser notre (…)puissance militaire et sécuritaire, notre puissance économique et culturelle et notre puissance politique. Nous devons négocier. Nous devons trouver des solutions ». « Même si les chances de réussite (…) sont de 10%, nous devons nous efforcer et nous lancer », a encore plaidé M. Rohani.

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