29/01/2018

Rien ne va plus dans la péninsule arabique : Grandes puissances, faites vos jeux !

Rien ne va plus dans la péninsule arabique : Grandes puissances, faites vos jeux !

Cet article a été aussi publié en : enEnglish (Anglais)

Décidément, l’Arabie saoudite n’arrive plus à se faire respecter par les Émirats de la Péninsule arabique. Signe, sans doute,  que cette puissance régionale est minée de l’intérieur, malgré l’arrivée fracassante sur les scènes nationale et régionale du prince Mohammed Ben Salmane, le nouvel homme fort du pouvoir saoudien.
Le Qatar s’était déjà émancipé de l’influence saoudienne
Malgré le blocus imposé par Riyad au Qatar, celui-ci résiste aux pressions économiques de ses voisins de la Péninsule arabique. Ce que reprochent le pouvoir saoudien aux Qataris, c’est qu’ils aient cherché à s’émanciper de sa tutelle. Doha a volontairement profité des révolutions de ce qu’on a appelé, un peu vite, le « printemps arabe » pour chercher à gagner en puissance et se poser en rival de Riyad. La chaîne de télévision qatarie al-Jazeera a été mise au service de tous les mouvements des Frères musulmans qui, à l’époque du déclenchement de ce vaste mouvement de contestation, représentait la seule véritable force politique dans nombre de pays arabes.  Et si le Qatar tient tête, c’est qu’il a trouvé en la Turquie, autre championne de la cause des Frères musulmans, un allié de poids. Le divorce entre Riyad et Doha est une aubaine pour Recep Tayyip Erdogan, le président turc, qui se voit tout d’un coup autorisé à aménager une base militaire turque dans le Golfe arabo-persique.
Les Emirats arabes unis infligent un nouveau camouflet à l’Arabie saoudite
Mais aujourd’hui, c’est d’un nouveau camouflet à la puissance saoudienne dont il s’agit. Voilà que ce petit Emirat a l’intention de créer au Yémen une république du Yémen du sud dont il pense qu’elle lui serait inféodée.  En effet, depuis dimanche 28 janvier 2018, les indépendantistes sudistes, armés par les Émirats arabes unis, se sont dressés contre le pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi, reconnu comme l’autorité légitime du Yémen par la communauté internationale avec la ferme intention de chasser les forces de Hadi hors d’Aden et de sa région pour fonder une nouvelle République du Yémen du Sud, comme celle-ci a existé entre 1967 et 1990.
L’action de la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite est un échec
Voila bientôt trois ans que la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite intervient sans succès au Yémen pour défaire une rébellion chiite (houthis) aidée par l’Iran, la puissance rivale de l’Arabie saoudite.  Il est clair que l’Arabie saoudite est incapable d’imposer sa loi à l’ensemble du Yémen face à une rébellion chiite déterminée, très bien organisée et très bien armée. Le royaume saoudien ne dispose tout simplement pas du personnel suffisant pour entreprendre une intervention au sol.
Le prince héritier Ben Salmane a bien tenté de former une « alliance militaire islamique anti-terroriste » (lire anti-chiite) mais il n’a reçu que des refus polis des puissances qui disposaient de forces militaires nombreuses, comme le Pakistan et l’Egypte, qui auraient pu, éventuellement, engager sur le terrain un personnel nombreux..
Quant aux forces locales alliées, elles sont trop fragiles et trop peu fiables en raison du jeu entre tribus, hommes forts (zouama) et rivalités de toutes sortes.
Le président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié en Arabie saoudite, ne contrôle même pas la ville d’Aden où son gouvernement s’est réfugié, n’arrive pas à progresser le long de la mer rouge pour prendre le port d’al-Hudaydah, piétine dans la province de Marib pour progresser vers Sanaa et est mis en échec dans ses tentatives de dégager la garnison gouvernementale encerclée dans la ville de Taëz.
Le constat devient évident : l’action de la coalition internationale ne mène nulle part, sauf à mener une guerre sans fin dans ce pays désertique et pauvre parmi les pauvres.
Ce constat, les autorités émiraties ont du le faire et trouver qu’il était temps de tirer leur épingle du jeu. Depuis des mois, ils ont armé et entraîné une force sudiste, soi-disant pour lutter contre les chiites houthis et contre les groupes jihadistes qui prospèrent dans le pays, al-Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA) et l’Etat islamique.
Pourquoi les Emirats arabes unis prennent-ils le risque de s’affronter à Riyad ?
Pour les Emirats, l’enjeu en vaut la chandelle. Si l’offensive des indépendantistes sudistes réussies, ils savent pouvoir compter sur l’alliance émiratie. En contrepartie, les Émirats auront à disposition le port d’Aden, éminemment stratégique là où mer rouge et océan indien se rencontrent.  Il ne reste plus qu’à convaincre le sultanat d’Oman de rester neutre, ce qu’il aspire de toute façon à être pour faire passer des convois terrestres ou maritimes entre les Emirats et le port d’Aden.
Grandes puissances : Faites vos jeux !
Les grandes puissances ne peuvent rester à l’écart de l’énorme partie de poker qui est en train de se jouer dans la région.  Les pays occidentaux, Etats-unis en tête, disposent de bases militaires et de centres de commandement dans toute la région, Arabie saoudite, Qatar, et Emirats arabes unis. La Russie est restée absente de cette région, malgré ses efforts pour entamer un dialogue « apaisé » avec les monarchies de la Péninsule arabique. Mais Moscou n’a certainement pas oublié que l’éphémère République du sud Yémen survivait grâce à l’assistance économique de l’Union soviétique. Si, donc, une république du sud Yémen revoit le jour, il est probable que ses dirigeants se tournent à nouveau vers Moscou pour bénéficier de son aide politico-économique. Après Tartous en Syrie, les Russes pourraient très vite disposer d’une nouvelle base à Aden et entamer par la même occasion un dialogue fructueux avec les Emirats arabes unis. Grandes puissances, faites vos jeux !

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28/01/2018

YEMEN : Situation extrêmement dangereuse à Aden avec de forts risques d'internationalisation

 
     FRONTLIVE CHRONO
      Dimanche 28 janvier 2018

Situation extrêmement dangereuse à Aden où les indépendantistes sudistes se sont emparés d'une bonne partie de la ville, fragilisant un peu plus un camp gouvernemental (seul reconnu par la communauté internationale) incapable de venir à bout de la rébellion chiite des Houthis. Qui contrôle Aden contrôle la circulation maritime sur la mer rouge. A noter qu'al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQAP), considérée comme la branche d'al-Qaïda la plus dangereuse, et des réseaux de l'Etat islamique sont très présents à Aden. Une situation que tous les décideurs politiques doivent suivre avec la plus grande attention.
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Jean René Belliard
 
 
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22/01/2018

SYRIE : le régime accusé d’une nouvelle attaque chimique près de Damas

SYRIE : le régime accusé d’une nouvelle attaque chimique près de Damas

Cet article a été aussi publié en : enEnglish (Anglais)

Au moins 21 cas de suffocation, concernant notamment des enfants, ont été rapportés lundi 22 janvier 2018 dans une ville de la Ghouta orientale, enclave rebelle assiégée à l’est de Damas. L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) accuse le régime d’avoir mené une nouvelle attaque chimique.
Neuf civils ont par ailleurs été tués dans des tirs d’obus rebelles sur un quartier de Damas, selon la télévision étatique syrienne.
Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, le pouvoir de Bachar el-Assad a été accusé à plusieurs reprises par des enquêteurs de l’ONU d’avoir eu recours au gaz de chlore ou au gaz sarin lors d’attaques chimiques parfois meurtrières.
« Après des tirs de roquettes menés par les forces du régime sur le secteur ouest de la ville de Douma, une fumée blanche s’est répandue, causant 21 cas de suffocation« , a annoncé lundi l’OSDH.
Six enfants et six femmes figurent parmi les blessés, selon l’OSDH.
« Des habitants et des sources médicales évoquent les effets du gaz de chlore, mais l’OSDH ne peut pas confirmer », a précisé à l’AFP le directeur de l’ONG, Rami Abdel Rahmane.
Les patients souffraient « d’irritations des voies respiratoires, de difficultés respiratoires, ils toussaient, avaient des rougissements aux yeux », selon le docteur Bassel, un responsable à l’hôpital de Douma où ils ont été transférés.
« On a constaté qu’ils sentaient comme une odeur d’eau de javel ou de chlore, on leur a enlevé leurs vêtements« , a-t-il souligné.
Le 13 janvier, une attaque similaire avait déjà visé la périphérie de Douma, selon l’OSDH, qui rapportait « sept cas de suffocation« .
Quelques jours plus tard, le directeur de l’ONG Human Rights Watch (HRW) Kenneth Roth, avait évoqué cette attaque lors d’une conférence de presse à Paris: « Sans surprise, Assad a repris son utilisation d’armes chimiques (…). Du gaz de chlore a été utilisé durant le siège de la Ghouta orientale« .
Assiégés depuis 2013 par les forces du régime, les quelque 400.000 habitants de ce fief rebelle vivent déjà une grave crise humanitaire, alors qu’ils subissent au quotidien des pénuries de nourriture et de médicaments.
En avril 2017, une attaque au gaz sarin sur la localité de Khan Cheikhoun (nord-ouest) avait fait au moins 80 morts, les enquêteurs de l’ONU accusant le régime d’en être responsable.
Cette attaque avait poussé les Etats-Unis à lancer une attaque sans précédent contre une base aérienne en Syrie.
Le régime syrien avait également été accusé d’avoir répandu du gaz de chlore sur trois localités du nord de la Syrie en 2014 et 2015.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé jeudi le Conseil de sécurité à relancer les efforts pour punir les responsables d’attaques chimiques en Syrie, après les veto russes en novembre sur la poursuite des enquêtes internationales.
Washington met Moscou en garde après la nouvelle attaque chimique présumée par le régime
Les Etats-Unis ont critiqué, lundi 22 janvier 2018, le manque d’influence de la Russie sur son allié syrien alors que le régime de Bachar el-Assad est accusé d’une nouvelle attaque chimique contre une enclave rebelle près de Damas.

Washington, qui n’était pas en mesure lundi de confirmer les récentes allégations, a pointé du doigt l’obstruction russe aux tentatives d’enquêtes de l’ONU sur ces attaques chimiques présumées.
« Les civils sont tués et ce n’est pas acceptable« , a réagi le secrétaire d’Etat adjoint Steve Goldstein.
« La Russie a échoué à débarrasser la Syrie d’armes chimiques et elle bloque les organisations (de prévention) des armes chimiques. Trop, c’est trop« , a-t-il ajouté.
« On verra demain » (mardi) si les Etats-Unis portent ces dernières accusations devant le Conseil de sécurité, a poursuivi M. Goldstein.

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20:01 Publié dans Armes chimiques, Douma, Etats-Unis, Ghouta orientale, Khan Cheikhoun, Russie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | |