12/09/2017

Ouzbékistan : Un complot pour tuer le président ouzbek démantelé ?

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Un complot pour tuer le président ouzbek démantelé ?        
 
Le site web du Mouvement populaire de l'Ouzbékistan (MPO), un mouvement d'opposition, apprend que des membres des services de sécurité de l'Etat ouzbek (SNB) auraient conspiré pour assassiner le président réformiste Shavkat Mirziyoyev. 
L'Ouzbékistan a récemment fait la une des sites d'information et des organes de presse. Au cours des derniers jours, Mirziyoyev a tenu sa promesse de lever les contrôles monétaires de la monnaie nationale. Il  a également effectué une visite historique au Kirghizistan voisin, mettant fin aux relations tendues entre les deux pays d'Asie centrale. Ces relations s'étaient détériorées pendant le régime d'Islom Karimov en Ouzbékistan.
Or, l'analyste politique Usman Khaknazarov a déclaré sur le site web du MPO, qu'un complot prévoyait d'assassiner le président ouzbek lors de sa visite au Kirghizistan.  
Selon les affirmations de Khaknazarov, un «membre actif» de l'État islamique (Daech) devait mener une « action terroriste » contre Mirziyoyev. Ce plan, a déclaré Khaknazarov, a été fomenté et organisé par des généraux de la BNS au cours de la deuxième quinzaine d'août. Le complot n'a pas été mis à exécution en raison de l'arrestation du membre de Daech par les services de sécurité de l'Etat kirghize (GKNB) le 2 septembre.
Ces informations sont à prendre avec prudence, même si Khaknazarov est considéré comme un spécialiste sérieux, spécialisé sur les questions concernant l'Ouzbékistan. ,Cependant, le pays n'est pas étranger aux rumeurs les plus diverses, souvent non fondées. Et on peut, par exemple, s'interroger sur les raisons qui pourraient avoir poussé la SNB à vouloir assassiner le président 
Mirziyoyev ? 
Lutte de pouvoir après le décès d'Islam Karimov ? 
Il y a un an, Mirziyoyev  a succédé à l'autocrate Karimov. Il semble que la lutte de pouvoir n'ait pas tardé à faire rage, un peu comme la lutte entre Beria, Malenkov et Khroutchev après la mort de Staline en URSS. Inoyatov et l'ancien ministre des Finances, Rustam Azimov étaient les deux autres membres du triumvirat uzbek au pouvoir. Or, Inoyatov est le chef du SNB.
Mirziyoyev a récemment écarté Azimov du triumvirat pour asseoir son pouvoir. Azimov avait pourtant été crédité comme la cheville ouvrière des réformes financières et économiques engagées par l'Ouzbékistan après la mort de Karimov en septembre 2016. Il s'agit notamment du retour de la Banque européenne de reconstruction et du développement (BERD) en Ouzbékistan.
Après le départ d'Azimov, Mirziyoyev s'est retrouvé face à face avec Inoyatov, connu comme le «faiseur de rois». Inoyatov aurait été opposé à certaines réformes politiques que Mirziyoyev a mis en œuvre, comme un plan visant à libéraliser la monnaie ouzbèke, source d'un énorme marché noir.
Le chef de la sécurité n'a visiblement pas réussi à empêcher la réforme monétaire lancée le 6 septembre. 
Selon un autre source d'information, Mirziyoyev aurait réorganisé la direction de la sécurité le 4 septembre. Il a renvoyé le ministre de la Défense, Qobul Berdiyev, laissant Inoyatov seul rescapé de la direction de la sécurité de l'ère Karimov. Mirziyoyev a remplacé Berdiyev par son allié Abdusalom Azizov. Il est clair que le nouveau président a l'intention de remplacer les personnes nommées par feu le président Karimov par ses fidèles alliés.
Berdiyev était  ministre de la Défense de l'Ouzbékistan depuis 2008. 
Ces luttes au sommet du pouvoir ouzbek, sans apporter de confirmation de la tentative d'assassinat du président, les rendent pour le moins plausible.  Khaknazarov n'en est pas à son coup d'essai. Dans un article distinct, publié le 11 septembre, il a accusé le SNB de tenter de «saboter» les avions de l'Ouzbékistan Airlines afin de menacer et de dissuader Mirziyoyev de remplacer un membre conservateur du SNB, Valery Tyan, à la tête de l'entreprise. L'article mettait indirectement en cause Inoyatov. Khaknazarov a accusé Tyan d'être plus intéressé à "travailler" pour les intérêts personnels d'Inoyatov, au point de transformer la compagnie aérienne en une entreprise corrompue qui s'est impliquée dans la contrebande de marchandises entre l'Ouzbékistan et la  Corée du Sud.
Ce qui est intéressant dans les accusations de Khaknazarov, c'est l'instrumentalisation supposée d'un membre de l'Etat islamique par un service de renseignement d'Asie centrale au risque de déstabiliser un pays crucial pour la lutte contre Daech. Si ces accusations sont exactes, il devrait y avoir très vite de nouveaux développements en Ouzbékistan.  
 
Jean René Belliard

 

Course de vitesse entre forces pro-gouvernementales et FDS soutenues par les USA dans la province de Deir ez-Zhor

Course de vitesse entre forces pro-gouvernementales et FDS soutenues par les USA dans la province de Deir ez-Zhor 
(De notre correspondant en Irak, Fahd M.)
 
Les forces Tiger, une unité d'élite de l'Armée Arabe Syrienne (AAS) et la Garde Républicaine Syrienne (SRG) ont poursuivi leurs opérations de nettoyage pour éliminer les jhadistes de Daech du secteur de l'aéroport de Deir ez-Zhor.
L'armée syrienne s'apprête à franchir l'Euphrate pour bloquer les Forces Démocratiques Syriennes soutenues par les USA 
On a  constaté que l'AAS et la SRG ne donnaient pas l'impression de se préparer à lancer une opération militaire pour chasser l'EI de l'intérieur de la ville de Deir ez-Zhor. Cela pourrait laisser supposer qu'elles se préparent plutôt à franchir la rivière Euphrate pour se porter au devant des Forces Démocratiques Syriennes, une coalition de groupes rebelles arabes et kurdes soutenue par les Etats Unis.  
Les Forces Démocratiques Syriennes ne sont plus qu'à 5km de Deir ez-Zhor 
Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont développé, avec l'aide de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, leur avance dans la province de Deir ez-Zhor . Elles se sont emparées de la zone industrielle de Deir ez-Zhor, de la base 113 de la défense aérienne, de Bi'r Hisyan et quelques autres points clés, selon des sources pro-kurdes .
Avec ces avancées, les FDS ne seraient plus qu'à 5 km de la ville de Deir ez-Zhor. 
Plus tôt cette semaine, les forces soutenues par les États-Unis avaient annoncé des plans pour "libérer la ville de Deir ez-Zhor" et former un "conseil civil" pour gouverner la ville après sa libération attendue. 
Lundi 11 septembre, "un groupe de cheiks tribaux" lié au Conseil militaire de Deir ez-Zhor (DMC) contrôlé par les FDS a publié un communiqué affirmant que le DMC et les FDS allaient libérer la ville de Deir ez-Zhor "des griffes des mercenaires de l'EI". La déclaration a également annoncé la formation de comités qui superviseraient la formation du Conseil civil de Deir ez-Zhor pour administrer la ville et sa province après sa libération.
Risques d'affrontements entre forces pro-gouvernementales et FDS   
La déclaration n'a pas révélé comment les forces soutenues par les États-Unis entendaient libérer Deir ez-Zhor de Daech  alors qu'une partie importante de la ville a déjà été reprise par les forces gouvernementales. Si les forces soutenues par les États-Unis tentent vraiment de s'emparer de tout ou partie de la ville de Deir ez-Zhor sous le prétexte de combattre l'EI, on pourrait assister à des affrontements entre les forces pro-gouvernementales et les FDS.  
Si elles ne parviennent pas à s'imposer à Deir ez-Zhor, les Forces Démocratiques Syriennes pourraient se rabattre sur les champs pétroliers d'Omar et s'en emparer.    
Dernières nouvelles :  
Aux dernières nouvelles, les forces Tiger, une unité d'élite de l'armée syrienne, seraient prêtes à franchir l'Euphrate et n'attendraient plus qu'un ordre pour se mettre en mouvement. Il semble que l'objectif soit de s'emparer des champs pétroliers Omar, situés sur la rive orientale de l'Euphrate, avant l'arrivée des FDS. Mais l'atteinte de cet objectif dépendra, naturellement, de la résistance qu'opposeront  les jihadistes sur la rive occidentale de l'Euphrate. 
 
Jean René Belliard

 

11/09/2017

Syrie : la coalition aurait bombardé une colonne de forces pro-gouvernementales près de Deir ez-Zhor

Extrait de la 738ème newsletter publiée par Jean René Belliard le 11 septembre 2017

Selon plusieurs médias, la coalition aurait bombardé une colonne de forces pro-gouvernementales près de Deir ez-Zhor 
Les avions de la coalition dirigée par les États-Unis aurait bombardé une colonne militaire des forces gouvernementales syriennes près de la ville de Deir ez-Zhor. L'information a été donnée par Sky News Arabia lundi 11 septembre, citant des sources locales. 
Les frappes aériennes auraient frappé la colonne près d'un champ pétrolier à l'est de la ville de Deir ez-Zhor et auraient tué un certain nombre de membres de milices soutenues par l'Iran et auraient détruit des équipements militaires.
L'incident aurait eu lieu près du champ pétrolifère de Thaim situé au sud-est de la ville où des combats intenses sont en cours entre l'Etat islamique et l'Armée Arabe Syrienne (AAS). 
Selon la chaîne de télévision Sky News Arabia, les frappes aériennes seraient un message à l'AAS et ses alliés de s'abstenir de traverser la rivière Euphrate.
Ni l'armée syrienne ni la coalition dirigée par les États-Unis ont commenté l'information donnée par Sky News Arabia
Des informations antérieures données par des sources liées aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis ont rapporté des  propos qu'aurait tenus le major-général Rupert Jones, commandant en chef adjoint de la coalition dirigée par les États-Unis en Syrie et en Irak, selon lesquels la coalition ne permettra pas aux troupes gouvernementales de traverser l'Euphrate et est prête à les frapper si elles tentaient de le faire. Ces propos n'ont pas été démentis par la coalition.
 
Pour plus d'informations, écrire à ptolemee@belliard74.com