08/11/2017

L'Etat islamique fait l'éloge posthume d'un membre important du Mouvement islamique d'Ouzbékistan (MIO) tué en Irak

Ouzbékistan 
MIO
L'Etat islamique fait l'éloge posthume d'un membre important du Mouvement islamique d'Ouzbékistan (MIO) tué en IrakAbdul-Hakim-al-Tatari.png
Dans la dernière parution de son bulletin Al Naba, l'Etat islamique a fait l'éloge d'un combattant tatare russe mort en combattant à Baiji, en Irak, quelques jours seulement après son arrivée sur le champ de bataille.
Avant de rejoindre l'État islamique, ce jihadistes avait fait une longue carrière au sein du Mouvement Islamique d'Ouzbékistan (MIO.  
Un Tatar âgé de 53 ans 
Selon le bulletin, Abdul Hakim al Tatari était âgé de 53 ans, ayant femme et enfants. Il avait rejoint le MIO il y a près de 15 ans après avoir quitté la Russie. On ne sait pas de quelle région de Russie il était originaire, cependant, sa kunya suggère qu'il était d'ethnie Tatar.
La plupart des Tatars de Russie vivent au Tatarstan et au Bachkortostan. 
Selon Al Naba, al-Tatari
aurait combattu aux côtés du MIO dans les zones tribales pakistanaises avant de rejoindre l'État islamique en 2015 avec une grande partie du groupe. 
L'émir du MIO, Usman Ghazi, avait fait allégeance à Abou Bakr al Baghdadi et  rejoint le groupe jihadiste Wilayat Khorasan, appartenant à l'Etat islamique. Peu après avoir rejoint l'État islamique, les partisans de Ghazi s'étaient joints à d'autres combattants de l'État islamique dans la province de Zabul, en Afghanistan, s'affrontant aux Talibans. Beaucoup de membres de l'Etat islamique, parmi lesquels Ghazi, ont été tués au cours d'affrontements avec les talibans. Mais des dissidents du MIO sont toujours en Afghanistan et se battent aux côtés des Talibans et d'al-Qaïda.
A noter que le chef du Parti Islamique du Turkistan critique le califat "illégitime" de l'Etat islamique et la faction du Mouvement Islamique d'Ouzbékistan qui a rejoint l'EI. 
Peu de temps après avoir rejoint Wilayat Khorasan, Al Tatari a gagné la Syrie avec sa femme, ses enfants et d'autres membres du groupe. Pour gagner la Syrie, le groupe est passé par le Waziristan, au Pakistan, en Afghanistan, puis de nouveau au Pakistan avant d'entrer en Iran et en Turquie.
De Turquie, Tatari est entré en Syrie après un voyage de deux mois. 
Le groupe a payé environ 2 000 $ par personne pour faire le voyage et payer les documents nécessaires.
Le groupe aurait changé de véhicules près de 50 fois et marché pendant des dizaines de kilomètres. 
Selon Al Naba, Al Tatari a demandé à être transféré en Irak quatre jours après son arrivée en Syrie et a rejoint les jihadistes combattant dans la ville de Baiji. C'est là qu'il a été tué au combat.
Le bulletin ne donne pas la date exacte de sa mort, mais la ville a été reprise par l'armée irakienne et diverses milices soutenues par l'Iran en octobre 2015. 
Al Naba a déjà publié la nécrologie de plusieurs militants morts en Irak ou en Syrie. Par exemple, Abou Omar al Turkistani, ancien commandant du Jihad islamique, tué par la frappe d'un drone américain en Syrie après avoir rejoint une unité d'Asie centrale affiliée à al-Qaïda à Edleb.

 

07/11/2017

Coup de théâtre en Arabie saoudite : les deux principaux leaders de l'opposition syrienne arrêtés par les autorités saoudiennes

Arabie saoudite 
Oppositionsyrienne
Coup de théâtre en Arabie saoudite : les deux principaux leaders de l'opposition syrienne arrêtés par les autorités saoudiennes
(Rédigé par Walid Nassef et Jean René Belliard)
Ahmed al-Jarba (G) et Riad Hijab (D) 
Nouveau coup de théâtre en Arabie saoudite. Dans le cadre des purges politiques à grande échelle menées par le prince héritier Muhammad ben Salmane, Riyad a ordonné l'arrestation d'Ahmed al-Jarba et de Riad Hijab, deux anciens leaders de l'opposition syrienne soutenus par l'Arabie saoudite.
Les deux hommes, qui avaient jusqu'ici bénéficié d'un soutien inconditionnel de l'Arabie saoudite, alors que leur autorité au sein de l'opposition syrienne était fortement contestée, sont à présent accusés en Arabie saoudite pour "blanchiment d'argent et contrebande".  
Il s'agit là d'un signe supplémentaire que les purges de Muhammad ben Salmane visent non seulement à asseoir son pouvoir face à l'opposition potentielle des déçus par sa nomination comme prince héritier en remplacement du prince Muhammad Ben Nayef, mais également à réorienter radicalement la géo-politique du régime saoudien. La démission surprise du premier ministre libanais, est une autre indication de l'entrée en fanfare sur l'échiquier de la politique internationale du prince Muhammad Ben Salmane.  
Il faut désormais s'attendre à de profonds bouleversements, non seulement en Arabie saoudite, mais également au Moyen orient, avec la bénédiction et le soutien du président américain Donald Trump.  
Mohammad Ben Salmane, malgré son sourire affable, n'a pas la politesse des rois, est loin d'être naïf, et sait parfaitement que nombreux sont ceux qui, en Arabie saoudite comme ailleurs, aimeraient bien lui mettre des bâtons dans les roues pour l'empêcher de réformer son pays. Il faut désormais oublier l'image d'une Arabie saoudite handicapée par la vieillesse de ses dirigeants. 
Le message de Muhammad Ben Salmane 
Le message de Muhammad Ben Salmane à tous les puissants Saoudiens, y compris à Saad Hariri, est que personne n'est trop puissant pour échapper au nouveau pouvoir du prince héritier; même un citoyen saoudien. (Hariri), quand bien même serait-il  le Premier ministre d'un autre pays. Reste à savoir comment le nouvel homme fort de la monarchie saoudienne va manœuvrer pour  régler la crise constitutionnelle qu'il va provoquer au Liban, tout comme la crise d'autorité au sein de l'opposition syrienne à la veille d'une nouvelle conférence sur la Syrie à Genève ?

Jean René Belliard

ptolemee@belliard74.com

06/11/2017

Le Liban après la démission de Hariri ne sera plus jamais le même

Liban  
Sabhane
Le Liban après la démission de Hariri ne sera plus jamais le même
Thamer el-Sabhane, ministre pour les affaires du Golfe 
Le ministre saoudien pour les Affaires du Golfe, Thamer el-Sabhane, a affirmé lundi matin 6 novembre que le Liban, après la démission samedi de son Premier ministre, Saad Hariri, "ne sera plus jamais le même".
"Le Liban, après la démission (de Saad Hariri), ne sera plus jamais le même. Il n'acceptera plus d'être une base pour le terrorisme contre nos pays. Et les dirigeants libanais ont le choix de faire de leur pays un État de terrorisme ou de paix", a écrit le responsable saoudien qui mène une offensive verbale virulente contre le Hezbollah depuis plusieurs semaines.
Ses propos interviennent moins de 48h après la démission surprise de Saad Hariri au moment où il se trouvait en Arabie saoudite. Le Premier ministre démissionnaire avait alors lu un discours dans lequel il fustigeait le Hezbollah et l'Iran, affirmant également craindre pour sa vie.
Le 30 octobre déjà, Thamer el-Sabhane avait souligné que "ceux qui s'imaginent que la teneur de (ses) tweets reflète un point de vue personnel vivent dans l'illusion, et ils verront dans les prochains jours ce qu'il se passera".
Selon certains observateurs, l'Arabie saoudite aurait poussé M. Hariri à démissionner. Mais quelques heures après cette démission, Thamer el-Sabhane avait assuré que Riyad n'avait pas incité le Premier ministre libanais à jeter l'éponge.
Liban, Syrie, Irak, Yémen : les dossiers de la tension entre Riyad et Téhéran
La démission de Saad Hariri intervient dans un contexte de fortes tensions sur plusieurs dossiers entre les deux poids lourds de la région, l'Arabie saoudite sunnite, qui soutient M. Hariri, et l'Iran chiite, grand allié du Hezbollah. Les deux puissances régionales sont farouchement opposées sur des questions comme la Syrie, le Yémen et le Liban, où elles soutiennent des camps adverses.
Le nouvel homme fort d'Arabie saoudite, fer de lance de la lutte contre l'influence iranienne
Le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane, s'est en outre imposé comme le fer de lance de la lutte contre l'influence iranienne dans la région.
Une crise libanaise qui devrait durer
En 2011, le Hezbollah avait renversé le premier gouvernement Hariri après la démission de ses ministres, poussant M. Hariri à quitter le pays avant d'y revenir en juin 2016.
Saad Hariri n'est toujours pas rentré au Liban, et le chef de l'État, Michel Aoun, attends son retour pour se prononcer sur sa démission. Le chef du gouvernement démissionnaire pourrait regagner Beyrouth dans les prochaines heures, selon des informations non confirmées.

Crise
Il sera « difficile » de nommer le prochain Premier ministre, estiment les milieux sunnites
(Yara Abi Akl)
Tout comme l'ensemble du Liban, les leaders sunnites restent sous le choc après la démission surprise, samedi 4 novembre, du Premier ministre Saad Hariri, mais considèrent urgent de commencer à songer à l'après-Hariri, comme en témoigne la dynamique qui s'est créée hier autour de Dar el-Fatwa (Union des organisations islamiques du Liban), où le chargé d'affaires saoudien, Walid Boukhari, et l'ancien Premier ministre, Nagib Mikati, ont été reçus tour à tour.
Difficile de trouver un nouveau premier ministre sur fond de regain de tension entre Riyad et Téhéran
Dans les milieux sunnites, nombreux sont ceux qui estiment qu'il sera difficile de trouver un successeur à Saad Hariri dans les circonstances actuelles, d'autant que le nouveau Premier ministre est appelé à gérer l'organisation des élections législatives prévues en principe en mai 2018 et que la démission de Hariri est intervenue alors que la querelle irano-saoudienne ne fait que s'amplifier.
L'ancien premier ministre, Nagib Mikati, propose une solution
C'est peut-être ce paysage complexe qui expliquerait l'initiative lancée hier par l'ancien Premier ministre Nagib Mikati, depuis Dar el-Fatwa.
À l'issue d'un entretien avec le mufti de la République, Abdellatif Deriane, qui a plaidé en faveur de « la pondération et du dialogue », et après son entretien avec Walid Boukhari, M. Mikati a annoncé à la presse avoir présenté à son hôte une « initiative pour résoudre la crise actuelle et préserver en même temps l'unité de la communauté sunnite ». Selon ses explications, il appartient au mufti d'en annoncer les détails en temps voulu, mais, d'après ses proches, Nagib Mikati propose la formation d'un cabinet neutre qui serait formé de personnalités non candidates au scrutin de 2018. M. Mikati a ainsi exclu être lui-même candidat à la succession de Hariri, affirmant vouloir s'engager dans la bataille électorale à Tripoli.
S'il a choisi d'annoncer son initiative à partir de Dar el-Fatwa, avec toute sa dimension symbolique, politique et religieuse, c'est dans un souci de montrer qu'il s'agit d'une question « éminemment sunnite et de barrer la voie à des surenchères dans ce cadre ».

Jean René Belliard

ptolemee@belliard74.com