21/09/2017

Syrie : Moscou avertit Washington après des tirs de rebelles soutenus par les USA contre les forces du régime

Syrie 
DeirezZhor
Moscou avertit Washington après des tirs de rebelles soutenus par les USA contre les forces du régime
La Russie a accusé, jeudi 21 septembre, les rebelles syriens appuyés par Washington d'avoir ouvert le feu contre les troupes gouvernementales près de Deir ez-Zhor et averti les militaires américains qu'un nouvel incident du même type entraînerait une riposte.
"Les troupes syriennes ont été victimes à deux reprises de tirs nourris d'artillerie et de mortier depuis des positions situées sur la rive orientale de l'Euphrate, où se trouvent des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) et des forces spéciales américaines", a déclaré le général Igor Konachenkov de l'armée russe, cité dans un communiqué.
Selon le général, des militaires des forces spéciales russes se trouvent actuellement aux côtés des troupes de Bachar el-Assad dans les zones qui ont été prises pour cible.
Les endroits d'où proviennent les tirs seront frappés immédiatement, avertit Moscou
Moscou a informé un haut représentant de l'armée américaine via un canal de communication au Qatar que, désormais, "les tentatives de tirs provenant des zones où se trouvent les combattants des FDS seront stoppées immédiatement". "Les endroits d'où proviennent les tirs dans ces zones seront immédiatement frappés à l'aide de tout l'équipement militaire disponible", a-t-il averti.
La Russie avait déjà accusé mardi les groupes rebelles syriens soutenus par les Etats-Unis de prendre pour cible les forces de Bachar el-Assad et de gêner leur progression face aux jihadistes de l'Etat islamique (Daech) sur l'Euphrate.
Selon l'armée russe, les rebelles ont également ouvert des barrages situés en amont de l'Euphrate pour gêner la traversée du fleuve par l'armée du régime, qui mène une offensive contre les jihadistes de l'EI à Deir ez-Zhor,.
En franchissant l'Euphrate, l'armée gouvernementale s'est rapprochée du théâtre d'opération des rebelles appuyés par Washington.  
Les FDS ont accusé l'aviation russe de les avoir bombardées 
Samedi, les FDS ont accusé l'aviation russe de les avoir bombardées au nord-est de Deir ez-Zor, ce que Moscou dément.
Plus de 85% du territoire de Deir ez-Zhor libérés par les forces du régime
"Plus de 85% du territoire de Deir ez-Zhor se trouve sous le contrôle des troupes syriennes. La ville sera entièrement libérée la semaine prochaine", a indiqué Igor Konachenkov.
 
Jean René Belliard

 

20/09/2017

L'administration américaine veut changer l'accord sur le nucléaire iranien pour éviter un retrait américain

Iran 
Nucleaire
L'administration américaine veut changer l'accord sur le nucléaire iranien pour éviter un retrait américain
Les Etats-Unis ne resteront dans l'accord sur le nucléaire iranien que si "des changements sont introduits", car le texte "doit vraiment être revisité", a déclaré mardi 19 septembre le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson.
Le "défaut le plus flagrant" de l'accord conclu en 2015 avec les grandes puissances est le fait "qu'il a une fin" et "ne fait que remettre le problème à plus tard", a-t-il estimé sur la chaîne de télévision Fox News, en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU.
Selon le texte, les restrictions sur certaines activités nucléaires iraniennes seront progressivement levées à partir de 2025. "Ce qui signifie que nous pouvons quasiment commencer le compte à rebours pour le moment où ils reprendront leurs capacités nucléaires" militaires, a déploré le chef de la diplomatie américaine.
Le président américain Donald Trump, qui a de nouveau critiqué de manière virulente l'accord iranien mardi 19 septembre devant l'ONU, doit décider d'ici mi-octobre s'il "certifie" ou non devant le Congrès que Téhéran respecte ses engagements. En cas de non certification, les parlementaires américains pourraient réimposer des sanctions levées dans le cadre de l'accord, ce qui risquerait de le faire voler en éclats.
"Le président veut vraiment refaire cet accord", le "renégocier", et "nous avons besoin du soutien de nos alliés européens et autres pour faire comprendre aussi à l'Iran que cet accord doit vraiment être revisité", a insisté Rex Tillerson. "Si nous devons rester dans l'accord iranien, des changements doivent être introduits", a-t-il dit.
L'ambassadrice américaine à l'ONU précise les propos de Trump
Donald Trump est mécontent de l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, mais n'a pas dit que les Etats-Unis allaient s'y soustraire, a souligné mercredi l'ambassadrice américaine aux Nations unies, au lendemain du discours du président devant l'Assemblée générale de l'organisation.
"Cela ne signifie pas clairement qu'il a l'intention de se retirer. Cela signe clairement qu'il est mécontent de l'accord", a déclaré Nikki Haley sur l'antenne de CBS.
Le chef de la diplomatie russe juge les propos de Trump "extrêmement inquiétants"
Le chef de la diplomatie russe a jugé les propos tenus par Donald Trump sur l'accord nucléaire avec l'Iran "extrêmement inquiétants". "Nous allons défendre ce document, ce consensus, qui a été accueilli avec soulagement par la communauté internationale tout entière et qui a réellement renforcé la sécurité, tant au niveau régional qu'international", a ajouté Sergueï Lavrov.
Téhéran et les Européens refusent de renégocier l'accord
Téhéran et les Européens refusent de renégocier l'accord historique censé garantir le caractère strictement civil du programme nucléaire iranien en échange d'une levée progressive des sanctions.
La France propose des "compléments" à l'accord
La France a mis sur la table la possibilité d'un "complément" pour l'après-2025 afin de sortir de l'impasse, mais rien ne dit que cette initiative puisse aboutir.
"Nous devons garder l'accord de 2015 car c'est un bon accord avec un contrôle strict de la situation actuelle", a déclaré le président français. "Nous devons ajouter deux ou trois autres piliers: un pour un meilleur contrôle des missiles balistiques et des activités balistiques, qui ne sont pas couverts par l'accord de 2015; un deuxième pour l'après-2025 parce que l'accord ne couvre pas la situation après 2025; et un troisième pour ouvrir des discussions avec l'Iran sur la situation actuelle dans la région" du Moyen-Orient, a-t-il ajouté. "Mais ce serait une erreur d'abandonner cet accord sans rien d'autre", a-t-il dit.
Rohani : L'Iran respecte l'accord nucléaire mais réagira en cas de violation
L'Iran respecte l'accord nucléaire de 2015 mais réagira avec "détermination" si ce texte vient à être dénoncé, a prévenu mercredi le président iranien Hassan Rohani devant l'ONU.
"Nous n'avons trompé personne, nous n'avons pas été malhonnêtes" dans l'application de l'accord, mais Téhéran "répliquera avec détermination" à toute violation du texte, a ajouté M. Rohani, alors que les Etats-Unis menacent de plus en plus de dénoncer l'accord.
L'armée iranienne veut une "réponse ferme" au discours de Donald Trump
Mohammad Ali Jafari
Général Mohammad Ali Jafari
Le commandant des gardiens de la Révolution iranienne a invité mercredi 19 septembre Téhéran à apporter des "réponses douloureuses" aux propos tenus la veille par Donald Trump devant l'Assemblée générale de l'ONU.
Qualifiant la République islamique d'"Etat-voyou" aux mains d'une "dictature corrompue", le président américain a notamment laissé entendre qu'il pourrait dénoncer l'accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran.
"Adopter une attitude intransigeante face à Trump n'est qu'un début", a déclaré le général Mohammad Ali Jafari, selon les propos rapportés par Sepah News, l'agence de presse des gardiens de la Révolution.
"Il est de la plus haute importance stratégique que les Etats-Unis soient confrontés à des réponses plus douloureuses à travers les actes, le comportement et les décisions que l'Iran prendra dans les mois qui viennent", a-t-il poursuivi, invitant le président Hassan Rohani, qui doit s'exprimer à son tour ce mercredi à l'ONU, à apporter une première réponse ferme à Donald Trump.
"Avec les défaites successives et éreintantes que l'Iran a infligées à l'Amérique dans la région, il est naturel que son système nerveux et sa cohérence aient volé en éclats", ajoute l'officier.
Une première rencontre entre les ministres des AE américain et Iranien
Les ministres des Affaires étrangères des pays signataires de l'accord (Iran, Etats-Unis, Chine, Russie, Allemagne, France, Royaume-Uni) doivent se réunir mercredi 20 septembre en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Il s'agira de la première rencontre entre Rex Tillerson et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif depuis l'arrivée en janvier de Donald Trump à la Maison Blanche.
 
Jean René Belliard

 

19/09/2017

Syrie : Dernières nouvelles de la bataille de Deir ez-Zhor

Syrie 
Euphrate
Des unités spéciales de l'armée syrienne ont traversé l'Euphrate à l'est de Deir ez-Zhor le lundi 18 septembre au matin
Dimanche 17 septembre au soir, des unités spéciales de l'Armée Arabe Syrienne (AAS), avec l'appui de conseillers militaires russes, ont traversé  l'Euphrate à l'est de la ville de Deir ez-Zhor et ont pris position sur sa rive orientale, a révélé le média russe pro-gouvernemental Riafan, citant ses correspondants sur le terrain. 
L'opération a été couverte par les forces aérospatiales russes qui ont mené une série de frappes aériennes sur les positions de l'Etat islamique sur la rive orientale de l'Euphrate. 
Puis, les forces pro-gouvernementales ont engagé des unités de l'EI dans un échange de coups de feu, forçant les jihadistes  à se retirer vers le nord. 
Les soldats de l'AAS fortifiaient, lundi 18 septembre, leur tête de pont sur la rive orientale et devraient rapidement progresser vers le nord.  
Vidéo de la traversée de l'Euphrate
Le bureau d'information du 5e corps d'assaut de l'AAS, surnommé "Chasseurs de l'EI" (ISIS hunters - صائدو داعش) a mis en ligne une vidéo montrant la traversée de l'Euphrate le 18 septembre au matin:
 
dixneufseptembre 
Mardi 19 septembre : Dernières nouvelles de la bataille de Deir ez-Zhor
Mardi 19 septembre, l'Armée Arabe Syrienne (AAS), la Garde Républicaine Syrienne (SRG) et leurs alliés ont continué à élargir leur tête de pont sur la rive orientale de l'Euphrate.
Les forces gouvernementales ont pris le contrôle total des villages de Marat et Mazlum après avoir repoussé une contre-attaque des jihadistes de Daech, tuant une quarantaine d'islamistes. Après cela, les troupes gouvernementales, avec des unités de la redoutable 4ème Division blindée en tête, ont avancé dans la direction de Khsham, sur la route d'al-Mayadin. 
 
Progression également en direction de Mayadin sur la rive occidentale de l'Euphrate 
Les forces gouvernementales ont également progressé en direction d'al-Mayadin sur la rive ouest de l'Euphrate. Des affrontements avec les jihadistes de Daech ont eu lieu dans le village d'al-Jubaliah sur la route d'al-Mayadin. Cependant, le village n'a pas encore été libéré. Les combats sont toujours en cours.  
Les jihadistes de Daech opposent une forte résistance au nord de la tête de pont
Les forces gouvernementales sont confrontées à de violentes contre-attaques des jihadistes de l'EI au nord de la tête de pont installée sur la rive orientale de l'Euphrate, a déclaré, mardi 19 septembre, le porte-parole de la Défense russe, le major, le général Igor Konashenkov.
Le général Konashenkov accuse la coalition internationale 
Konashenkov a accusé par la même occasion les forces assistées par les Etats-Unis de ne pas lutter efficacement contre les jihadistes. Il en a voulu pour preuve le fait que les contre-attaques et les bombardements les plus sérieux des jihadistes ont été menés à partir du front nord de la tête de pont, c'est-à-dire à proximité des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) assistées par la coalition internationale.
"Selon les rapports des commandants syriens de première ligne, l'armée syrienne rencontre les contre-attaques les plus sévères et les tirs à partir de la direction nord. C'est-à-dire où se trouvent les forces des FDS et les unités des forces spéciales des États-Unis, qui administrent une assistance médicale à ces militants au lieu de libérer Raqqa. Vous ne devez pas posséder des connaissances militaires profondes pour voir la cohérence dans toutes ces coïncidences", a déclaré le général Konashinkov.
Konashenkov a ajouté que les rejets d'eau des barrages de l'Euphrate contrôlés par les forces soutenues par les États-Unis empêchent le gouvernement d'avancer au nord de Deir ez-Zhor.  
"Ainsi, la situation de l'eau sur l'Euphrate s'est considérablement détériorée au cours des dernières 24 heures. Dès que les troupes du gouvernement syrien ont commencé à traverser la rivière, le niveau de l'eau dans l'Euphrate a augmenté en quelques heures et la vitesse actuelle a presque doublé à deux mètres par seconde ", a-t-il déclaré. "Comme il n'y a pas eu de pluie, la seule source de ces changements dans la situation de l'eau est la décharge d'eau induite par l'homme dans les barrages en amont de l'Euphrate. Ces établissements sont détenus par des groupes d'opposition contrôlés par la coalition dirigée par les États-Unis. "  
"Si la coalition internationale menée par les Etats-Unis ne souhaite pas lutter contre le terrorisme en Syrie, alors qu'elle ne gêne pas au moins ceux qui s'y attellent de manière continue et efficace", a ajouté le général russe.  
Mais malgré cela et la forte résistance des islamistes de Daech, les forces gouvernementales ont réussi à libérer 60 km2 sur la rive orientale de l'Euphrate.     
Les Forces Démocratiques Syriennes FDS), appuyées par les USA, se rapprochent de l'Euphrate
De leus côtés, les FDS se rapprochent «rapidement» de la rive orientale de l'Euphrate. Mais elles ne l'ont pas encore atteinte car elles progressent avec prudence après le bombardement dont elles ont été la cible par les armées de l'air russe et syrienne, dans la zone industrielle de Deir ez-Zhor.
Les FDS seraient maintenant à environ 2 km de la rive orientale. Cette information confirme qu'elles n'ont toujours pas pris le village d'al-Hussiniyah. 
 
Jean René Belliard

 

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