22/03/2015

22 mars 2014 - Eclairage sur les conflits yéménites

Le Yémen est en plein chaos, forçant les derniers personnels civils et militaires américains encore présents dans le pays à l'évacuer en toute hâte. Comme en Irak, en Syrie et en Libye, la situation est complexe en raison des affrontements entre trois camps principaux : le pouvoir officiel - les Chiites et les Jihadistes

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03/06/2014

Comprendre les évènements au Yémen

Les combats ont repris au Yémen entre rebelles chiites et l’armée

Qui sont les rebelles zaïdites ?
Les Chiites yéménites sont Issus du courant religieux chiite zaïdite. Encore connus sous le nom de Houthistes, ils  habitent sur les hauts plateaux yéménites et notamment la province de Saada. Le chiisme yéménite présente de nombreuses différences au niveau du dogme par rapport au chiisme duodécimain iranien. Les Houthistes représentaient, en 2007, 30 % environ des 22,2 millions de Yéménites qui sont en majorité sunnites. De plus, ils partagent de nombreuses interprétations religieuses avec la majorité sunnite chaféite.
Les Houthistes  se plaignent d’avoir été marginalisés par le pouvoir sur le plan politique, économique et religieux, et demandent le rétablissement du statut d’autonomie dont ils bénéficiaient avant 1962. Ils assurent défendre une identité menacée selon eux à la fois par la politique du pouvoir central, qui maintiendrait leur région dans le sous-développement, et par la poussée d’un fondamentalisme sunnite à l’égard duquel Sanaa a longtemps entretenu l’ambiguïté.
La rébellion zaïdite a éclaté en 2004 à la suite de la capture des principaux chefs Houthistes et la mort au combat de leur chef, Hussein Al Houthi, tué en septembre de cette année là par un missile au cours d‘une opération clandestine de la CIA en représailles contre l’attentat contre le destroyer Cole. Hussein, figure de proue du mouvement, a été remplacé depuis lors par son frère Abdul Malik.
Les houthistes dénient toute instrumentalisation de leur cause par une puissance étrangère et insistent au contraire sur l’aide que le royaume saoudien apporterait au pouvoir yéménite.
Il semble pourtant que l’Iran apporte une aide aux rebelles chiites du Yémen. Le gouvernement yéménite accusait l’Iran d’être le commanditaire du navire intercepté le 23 janvier 2013 avec, dissimulée à bord, une grande quantité d’armes et notamment des missiles anti-aériens. Les autorités yéménites devaient trouver à bord des missiles SAM 2 et SAM 3 cachés dans un conteneur. Selon les informations, le navire et sa cargaison avaient été remis en Iran à un équipage yéménite de huit hommes pour livraison sur les côtes yéménites.
La livraison était vraisemblablement destinée aux rebelles chiites.

Les rebelles zaïdites en conflit presque permanent avec la puissante tribu sunnite des al-Ahmar
Les rebelles Zaïdites, qui contrôlent une partie du nord du Yémen depuis leur soulèvement contre Sanaa en 2004, et dont l’organisation a pris le nom d’Ansar Ullah (partisans de Dieu) est en conflit avec la puissante tribu des al-Ahmar et son parti al-Islah pour le contrôle de la région d’Amrane (ou Omran) et Ibb.
Les Zaïdites, qui appartiennent à la communauté chiite, ont pris le contrôle, en février 2014, de la localité de Houth située à 180km au nord de Sanaa et de la région d’al-Khamri, fier de la puissante tribu des Hached. Les violents affrontements avaient débuté le 5 janvier 2014. Les rebelles zaïdites, fortement implantés dans le nord du pays où ils contrôlent notamment la province de Saada, tentaient de gagner du terrain avant la délimitation des provinces qui formeront le nouvel État fédéral yéménite. Ansar Ullah participe en effet au dialogue national, et cherchait à gagner du terrain pour mettre ses adversaires devant le fait accompli.
Les combats avaient cessé après que les rebelles zaïdites et d’influentes tribus du nord du Yémen aient décidé d’y mettre un terme. Les affrontements avaient quand même coûté la vie à 150 personnes en une semaine. Mais la tribu des al-Ahmar n’avait pas pris part à l’accord L'accord et a décidé de maintenir ses combattants sur le pied de guerre dans la région.

 
Les affrontements viennent de reprendre
Les affrontements ont repris, le 23 mars 2014 après un accrochage avec l'armée yéménite qui avait fait douze morts. Les rebelles chiites exigeaient le départ du gouverneur et du commandant régional de l'armée, qu'ils accusaient d'appartenir au parti rival islamiste d'al-Islah.
Après une relative accalmie, de nouveaux combats se déroulaient à partir du 2 juin 2014 aux portes de la capitale Sanaa.  Les affrontements ont éclaté à l'aube lorsque yéménite est intervenue pour déloger les rebelles d'Ansar Ullah d'une position au sud d'Amrane, qui commande la route vers Sanaa. Les rebelles, soutenus par des combattants tribaux, ont riposté en bombardant des installations des télécommunications et bloquant la circulation sur l'axe routier reliant Amrane à Sanaa. L’Etat-major yéménite faisait appel à l’armée de l’air pour soutenir le 310è bataillon de l’armée et les membres du parti islamiste sunnite al-Islah de la tribu des al-Ahmar. Selon certains rapports, les combats auraient fait, depuis le 2 juin, une centaine de tués parmi les rebelles zaïdites et 20 dans les rangs de l’armée.

Jean René Belliard (auteur de Beyrouth, l'enfer des espions)